‹ Guerre de la SécessionChapitre 36 sur 38 · PIÈCE ANNEXE · texte numérisé non relu

PIÈCE ANNEXE

DiMOun du général JCao-OLellAB àl*iiuuigiin(ti(m dn DMnmmMit ftiBénlf» WMt-Voitit to U jviii ïaM (<).

Mesdames, Messieurs ei frères iTannes,

Toutes les nations ont des jours voués aux souvenirs de leurs joies et de leur^ malheurs ; des fêtes pour les succès, des prières et des jeûnes dans les revers. Si toutes ont des triomphes pour les vivants et des lauriers pour les bearenx vainqueurs, toutes aussi ont des funérailles et des larmes pour les braves tombés sur les champs de l>aiaille. C'est oe dernier devoir que nous accomplirons aujourd'hui.

La poésie, rhistoire, la tribune de l'antiquité ne résonnent que du bruit des armes. Elles sembleot avoir bien plus de préféreooe pour les exploits de la guerre que pour les arts de la paix. Elles ont maintenu jusqu'à nous les noms des héros et des victimes. Notre Ânden Testament est rempli du rédl de nobles actions et de morts héroïques des patriotes juifii, tandis que TEvangite de notre divin Sauveur et Expiateur nous présente souvent des traits dè la vie militaire potur glo-

(I) Nous avons pensé ijnc cf discours iiil<TPs*<'rait iii>> In leurs, non-srnirrapiil (.'ôiiijiic psècc à l'appui iiu» appellations de UpoUUqoe des ËUlt-Unis (page iOS de ce volume), nuit (■•im:u- r.Mi^.'igacinents génémx n MognpfeiiiM tv V0mét tijpÊÊn, d di|M dtnialntMw et du mpect de (oot.

rider le devoir et le dévouement religieux. Ces récits funèbres . fiu fait vivre jusqu'ù nous, è travers les âges, la {^luire de ceux dont la mort a été honorée il y a dos siècles. Quui<^uc iu>us n'ayons plus les noms de tous tes l^raves qui oombattircni et tombèrent aux champs du Marathon, aux Thermopyles cl sur les collines de I» Palestine, nous n'avons pas perdu la iiu inuire de leurs exemples. Aussi longtemps qu'un sang pur coulera dans les veines de l'homme, aussi longtemps qu'un i iLHir humain battra nu récit des morts glorieuses et des dévouements patriotiques, aussi longtemps ces leçons de l'anliquitc stimuleront l'ardeur des hommes généreux el des bons cilovens.

Il était d'usage chez les (irecs que les pères des plus vaillants prononçasicnl l'oraisoii funèbre des viclhiies. Quelquelois ce irisle devoir fut dévclu aux hoiiiines d'Etal et aux grands orateurs. Hlûl à Dieu qu'un nouveau Démosthènes ou un second Periclès pût surgir pour prendre aujourd'hui ma place ! 4»r il trouverait un thème digne de son éloquence et de son pouvoir. Ce n'est pas à titre d*orateur que je suis ic^ mais comme ancien commandant en chef, comme survivant des victimes de nos rudes combats contre l'étranger et contre Teunemi intérieur, comme remplaçant des pères de ces braves, et dans le même sentiment qui inspirait David gémissant sur les désastres du mont Gilboa. Dieu sait que Tamonr de David l>our JonuihaQ n'était pas plus profond que le mien pour ces auiis de longues et aventureuses années^ dont nous allons ins^ crire les noms sur œ monument^ et dont l'éloge demanderait une éloquence qui n'est pas donnée à des lèvres mortelles.

Oui, mes camarades, nous soniii es assemblés aujourdliui • ïM)ur honorer nos inoils. Nous voulons honorer des frères, • unis h lîons par les li«>n< l<'s plus sacrés et les plus chers, qui

ont sacritie j^eiiéreusenicul leur v ie à leur pays pendant celle guerre, si juste cl si légale tant qu'elle n'a poiu" but que d'étouffer la rébellion et de préserver notre nation des maux inlînis du démembrement, l'ne telle l irconsianee excite dans DOS âmes les plus nobles émotions de noire nature humaine, lierié, trbtesse, prière. Nous sommes fiers d'avoir eu de tels

OQOciloyens, tristes de les avoirs perdwi et nous prions Dieu de nous faire marclier sur leurs traces, de pouvoir mourir comme eui» Vùme prête à sa destinée. Nous nous sommes réuais pour coosacrer un- cénotaphe qui rappelle h nos des*-

cendants les plus éloignés les jours néfastes de celle grande rébellion.

Ce iiioituHienl n'esl destiné ([U a une partie des victimes de cette malheurousf pnerro, aux officiers et soldats da l'araiée régulière. En cela nous ne soinraes pas anlmt^s d'un esprit étroit et exclusif, car personne plus que nous n honore et n'aime la ménioire des braves de l'armée volontaire tombés si glorieusement à nos cotés. 11 peut m apparlenir de parler (Je leur dévouement illimité au pays, do leur héroïsme devant la mort» à moi qui ai eu pour lot de les commander sur plus d'an champ de carnage. Je ne suis que Técho des sentiments de Tarmée régulière en manifestant ma liaute estime pour nos frères des volontaires. Mats nous, des réguliers, nous n'avons pas d'Etat qui se charge d'honorer nos morts. Nous appartenons plus spécialement h la nation entière, à la Confédération, et nous ne pouvons pas légitiinement demander du gouvernement fédéra) une distinction eitoeplionnelle en notre faveur. Nous sommes peu nombreux ; nous ne sommes qu'une petite troupe de camarades; mats les liens qui nous unissent sont étroits. Les uns datent déjà des jeux de l'enfance à l'ombre de cos collines de granit. Les autres se sont formés dans un Age plus tuùr, dans les montagnes abruptes et dans les fertiles vallées du Mexique, ou nnx grands mugissements de l'Océan- Piicifiqae, ou dans les plaines sans fin de TOuest. Nos sentiments et notre coufiaooe mutuelles sont nés de dangers partagés, de souifranoes communes, dans les longues mardies, aux durs bivouaes, au milieu de la fumée de la poudre et de Kennemi. \V est-Point nous adopte tous de son large cœur, gradués et civilienSf officiers et soldats. Nous sommes tousses enfants, jaloux de sa renommée et ambitieux de Taccroltre encore. Généraux et auUlats, nous tous qui sommes prêts à mourir pour la patrie, nous garderons toujours tes sentiments que nous inspirent ce monutncnt ; nous garderons le culte do nos morts, loi^ours égaux et frèros devant le commun dan-

ger, loujuurs prêts comme eux h rencontrer calmement Theure siipn^rae, qui nous attend peul-^êlre à la mAtne heure et sur if iix^me t hamp de halnille. Tels sont les liens ipii nous unis- 5i-nt, liens de corifi itcrnilé d'armes, les plu? forts entre tous ceux qui existent parmi les hommes. \\ était «ionc nalurel que nous consacrassions ce rnonu nient a ceux qui nous ont devHncés sur le chemin du péril ei de I booneur que nous bouiutes appelés à suivre.

Qu'est-ce que cesl que cette armée régulière à laquelle nous appartenons?

Quels sont les hommes dont la morl mérite ces Ttinéi ullest

Quelle est la cause pour laciuelle ils uni donné leur vie?

Noire urmée régulière ou permanente e^l le noyau où se conservent en (emps de paix les traditions militaires du pays, aussi bien que l'orgaiâtsaticHi, la science et l'instruction indispensables aux armées modernes. Elle est aussi ancienne que la nation. £lle est de même origine, elle se date de la Révolu» tion, avec quelques changements et progrès accomplis jusqu'ici. Nous pouvons même en faire remonter l'origine au delà de la Révolution, dans les anciennes guerres de France. La guerre de Sept-Ans de ce côté-ci de TÂtlantique ne t'est paa bornée au scalpel des Feaux-Kouges des Grands-Lacs; mais nos ancélres aussi y participèrent, et, pour la première fuis comme Américains, iU furent mêlés à de grandes o[>éra4ioiis d'armées civilisées.

Des régiments américains combattirent sur les rives du Saint-Laurent et de TObio, sur les bords de l'Ontario et du lac Georges, sur les lies des Caraïbes et de TAmér ique du Sud. Louisburg, Québec, Duquesnc, Bloro^ Purlubello attestent la valeur des troupes provineiales ; et c'est à celte école {{oe se formèrent des soldats comme Washington, Putnam, Lee, MontgMnery et Gates. Ces hommes, et d'autres encore, tels que Greene, Knox, Wayne et Steuben, furent les fondateurs de notre armée permanente ; c'est sous eux que nos ii-onpes acquirent cette discipline et cette solidité qui les mirent à même de se mesurer avec les vétérans de l'Angleterre et souvent de les battre. L'élude de l'histoire de la Révolution et surtout des dépèches de Washington peift convaincre le

plus sceptique de la bravoure des troupes provinciales dans l'œuvre de fondation de notre iîïd«^pcndauce et de l'édiôce pour le maintien duquel nous combaUoos aujourd'hui.

L'année 1849 trouva noire armée sur an pied de guerre loin d'être à la baatear dea eîrconstances ; mais elle s'accrut rapidement, et celte nouvelle génération de soldats se montra en majeure porlle digne de la tftehe qoi lui incombait. Ui champs de Landy*8-Lane, Gbippewa» Qneenslown, Plaltobnrgy Nonvelte-Orléens, forent témoins de ta bravoure des régn- Hors. Puis s*ouvrit tm temps de paix extérieure de plus de trente ans, marqué par divers dumgeinents dans rorgwisatien et la foroe de l'armée régolière, et par les inddenls des fianglantes guerres indiennes. De celles^ deoi^ tarent des pins remarquables : celle des Black*Ilawk , e^ nos troupes eurent à subir un ennemi plus crud eneore que les Indiens, le terrible choléra ; et celle de la Floride, où les Séminoles, au milieu de leurs marais pestilentiels, bravèrent nés ^ferts pendant plttsieura années, et oà se produisirent des traits d'bérotome célébrés par le monument IWe « à ceux qui tombèrent tous sauf deux, sans essai de retraite. •

Entiu \a yucnc du .Me\ii|ue vint remplaçai les combats couvre les Indiens et le ujonotone servic4i des frontières. Pour la première fois depuis bien des années les réguliers furent concentrés en masse et prirent la principale part dans les batailles de Li lle iniporlanle et romantique i-net i e. Palo-Alto, Resaca et Fort-Brovvn furent les trophées des seuls réguliers; cl dans les batailles de Moiilerey, Bueua-Visla, Vera-Cruz, Cerro-Gordu, ainsi que dans les succès détinitifs de ia vallée, nul ne pourraient aftirmer qu'elles auraient été gagnées siioaTaction des réguliers. Quand la paix couronna nos vicloires dans la capitale des Montexuntas, l'arokée fut aussitôt dispersée tout le long des immenses frontières et engagée dans des guerres aussi harassantes que meurtrières contre les In*diena des plaines,

Treiseans s*écoulèrent; ki guerre actuelle ddala, et le gros lia Tannée fut appelé à combattre renneroi intérieur. Mais je 00 pub point passer aux événements du présent sans rappe-

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lor les noms des braves (pii ont éié si lungtemps des nôlrcs et qui iiiaiitU']uini ne sout plus, des Taylor, des WorlU, des Brady, des B: i)k^. des Tollen, des Duncan.

Il y a tliui^ I hisiniro de Venist) un triste épisode, auquel h\ lyre du |>ûèle ei le pinceau du peintre ont souvent fait appel pour toucher les cœurs. Un vieillard dont la longue vie sVtait gtorieuseuient écoulée au service de TElat comme magistral et ooœme guerrier, et qui devint ooto doge de Venise, fut couvaincu de Irabisoo* U solnt oon-seuleiusiii la peine de moiif lualB encore une autre peine qui durera ausai longtempa que lo nom même de Venise. La place où aon portrait aurait élre autfpenda dans la galerie de» dogéa fat voilée de noir, et anjourd^hoi cette sombre fraïque est celle qui frappe le plus le ref^d dans le palais. Ob! qu'un voile comme celui qni remplaae le portrait de Marine Faliero puisse cacber àrbisloire les non» de ceux qui, jadis nos camarades, lèvent aujoard'bui leurs armes contre le drapeau sous lequel nous avions oombatiu cAte à cdte pendant tant d*aonées! Mais si épais qu'il soit, ce voile ne pourra cacher Vangoisse qui remplit nos cûeurs, quand nous jetons un regard derrière nous, el (juand nous nous rappelons l'atîeelion et le respect que nous avions pour des hommes qu'il est in.iinlenanl de notre devoir de eoiiilt iUrc' jusqu'à la mort. Pourijuui tant de courage, d'hahileh' el de persévérance ii'a-t-il pas été employé k la «létense des « Stars and Slrii)es » contre un ennemi étranger, plnt<')t qu'à cette gratuite et injustifiable rébellion, <nii no se serait pas maintenue si longtemps sans les talents el l'énergie de nos anciens camarades !

Mais nous avons raison de nous réjouir, en ce jour sacré et «émouvant, de ce qu'un grand el noble monument du passé demeure vivant parmi nhns, et ait honoré de sa présence la consé* cration de celte tombe de ses enfiinta. Noua pouvons être fiers d'être ooounandés ici par le héros qui fixa la victoire aux bords du Niagara, qui éclipsa les exploite de Gorlès, qui, f|uoique général consommé, préféra toujours^ quand l'honneur et le devoir Je pernietlaient, la branche d'olivier de la paix aui lauriers sauvants de la guerre, et qai« à la fin d'une Ion-

goe et glorieuse carrière, reste solide ejinme une colonne de granit contre iaqu^Utt s'épuiseut en vain les orages de la ira- ' bison. Sa carrière oous sarfi loiijours d'un noble exemple. Dans IwAges fuiurs, qia&od ce monuroeot ne sera plus qu'une ruine el que lee noms y ineorils ne pourront plus rappeler que de lointaines légendes, le nom de \V infi«»ld Sooil vivra encore dans loutas lee mémoires» comme les gravures nou* vellement taillées sur les monuments des Pharaons depuis longtemps oubliés.

Vais il est temps de nous rapprocher du présent. Pendant la guerre qui ébranle aujourd'hui ]a patrie jusque dans ses fondements, l'armée régulière a eu un réie des plus honora*

l)les. Trop peu nombreuse pour agir seule, elle a participé jl toutes les grandes baïaillts à l est des Alleganies et à bon nombre de celles de l'ouest. Ses inuitLuses pertes prouvent i(u'elle a toujours élu au fori du nnubal, el les rapports de -es chefs nionlrenl (|U*elle a àuaiulenu haut le bon renom do >ei) devanciers. Ses vigoureuses charges gagnèrent plus d'une journée, et, dans la déiailr, plus d une fois aussi elle sauva l'armée de destruilion ou de terribles épreuves. Elle peut être liére de la part qu'elle a prise aux batailles du Mexique, C'Omme aussi à celles de Manassas, de Gaines-Mill, Malver- UiU, Aotielao), Shiloh, Slone-Hiver, Gettysburg, et aux grandes batailles qui vicnnenl d'être livrées du Rapidan au Chickahominy. Elle peut être aussi fière des offiviers sortis de ses rangs et qui sont noblement morts pour le pays, que de ceux qui vivent encore et dont les noms sont dans toutes les bouches. Geun-ci sont trop nombreux pour que je les mentionne ici, car je ne voudrais pas m*exposer à en oublier un seul. Hais le plus bel épisode de Fhistoire de Tannée régulière est le touchant exemple de fidélité que fournirent les sousofficier» et soldats Iraltreusemeni fails prisonniers an Texav, iiu début de cette guerre, et qui résistèrent à toutes les sétluctions exercées contre eux pour les engager i violer leur serment et abandonner leur drapeau. De rai'gent, des tecre^, (les grades leur furent offert par les rebelles; ils dédaiguèreut tutti ; ils se résignèrent à leur triste sort, et quand enfin ils

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fureot éobangés, ils viareot ai»8ii4t ie raogar far dob éksmpê de bataille pour Teoger rtosolte faite è leur intégrité. L'histoire n'offre pas de pins brillant exemple d'hoooeor et de fidélité que oeini de oss braves, tentés en vain, je regrette de devoir le dire, par leors anoiens oflloiers, par des ebefs qu'ils avaient soovent suivis aa oombst, et qu'ils étaient babltnée è niiner et à respecter, mais qu'ils lie connaissaient plus depuis (| Lie CCS officiers avaient trahi leur drapeau.

Telle est rnrmée régulière, telle est son histoire, tels sont ses 'officie j s et soldats' Nous n iiNon.^ pas bcsoiii d eiiibouchcp la trompette poui l ure .son uli>gu. Nous n'avons qu'à en appeler aux uonilii eux rhamps de bataille arrosés de son sani^, des tropiques aux rives glacées du St^Laurenl, de rAtlanti(pie au Pacifique. Laissons ses ossements parler pour elle; ils sont plus éloquents que mes lèvres.

Pourquoi sommes-nous réunis ici en cejoarf Ce n'est pas pour les funérailles d'an de ces braves; ce n'esi pas pour gémir sur les pertes d*ane de nos bauilles. Non, c'eet pour les obsèqnes des meillenrs et des pins courageux des enfants dn pays, tombés dans des combats presque innombrables, dont plusieurs furent des plus sanglants qu'ait enregistrés l'histoire. Ces hommas, dont nous voulons garder les noms et perpétuer la mémoire en leur rendant aujourd'hui les plus grands honneurs faits aux guerriers, sont tombés partout 06 la rébellion armée a montré la tète, au fond du Nouveau- Mexique,' di\ns la grande vallée du M ississipi, dans les plaines du Kciituky, dans les nionlaunes du Tennessee» au milieu des uiarais de la Caroline, dans les elianips fertiles du Maryland et dans les épaisses forets de la Virginie. Ils et aient de tous âges, <le toHî» grades et de toutes confinions. Il n e^t }>,(s ix-eessairo, il ne serait pas posi»ible de «1im>ihm- iri (ielle hmi^ih' li^t( ttJiu;lire. .!<' ne puis essayer tie iioiiinu i luus ceux (jm ic merileiit. Je nienlionnerai seulement quelques-uns d eulrc eux, bien dignes de représenter tous les autres.

Parmi les premiers en ho!vne;n" el en renonnn(''C, je vois le héros (le \in;^l h;i(f)i!les, John Î5edi;\Mck. aim.d)le el doux comme une fi»mme, brave cuiume un liou, toujours huuuéle

bomine^ alnoère ei à la haulear de bh làohe. U fut on modèle que tous devront s'efforcer d'imiter, que peu pourront égaler. Dans les rudes batailles qui précédèrent sa mort, il eut l'ocenslon de déployer les qualités les. plus élevées d*un général et d'un soldat; e*e8t après avoir échappé miraculeusement i la mort qui ravageait tout autour de lui, qu'il succomba dans on moment relativement calme, sous la balle d^un carabinier. Il mourut comme .un soldat peut le désirer, la confiance dans le cmur et un calme sourire sur la face. Hélas ! notre grande nalîoo ne possède que peu de fils semblables à John Sedgwick !

Gomme lui aussi, i la tète de son corps» nous fut enlevé le vénérable Mansfield, après une vie illustrée entr'autres par son habileté et son sang-froid à Fort-Brown» è Monlerey, à Boenavista.

F. Heynolds et Reno, tous deux dans la vigueur de leurs ans 1 Us avaient montré leur capacité et leur courage au Ifexique et dans cette guerre civile ; vaillants officiers de qui la patrie espérait beaucoup, mais qu'il a plu à Dieu de rappeler à lui!

Lyon tuniba au printemps de son àj^e, conduisant sa petite année conirc an ennemi très supérieur en nombre, ayant donné duns sa trop courte vitf un brillant exemple de patrie-

ùsuie ot d'habilelé.

L'iuipélueux Kearny et autres généraux comme Richardson, Willinms, Terril, Stevens, Wee<i, Saondcrs, Strong et Haycs

lornuinTcnl leurs jours au milieu d'une carrière déjà bien l emplic Lo jeune Bayard, de même ([ue l'ancien chevalier sans peur et sans reproche, fut moissonné trop lét pour son pays.

Nul régiment n'eut de plus brave et de plus dévoué commandant que le furent Russel, Davis, Gorre, Simons, Bailey, Pulnnm et Kingsbury, tous lombes au fort de la bataille, les uns vétérans, d autres jeunes de service, tous honnêtes gens et vivement regrettés.

iNos batteries aussi payèrent une forte délie à la destinée dans la personne des commandants Gibbs, la première victime de la guerre, Benson, llaggard, Smead, Lee, Hart, Haslett, et des vaillants jeunes gens qui avaient nom Kirby,

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Woodroffe, Dimicki Gushing; tandis que le géDio dépions la mort des braves Wagner et Cross. Sur lés champs de bataille restèrent aussi les corps des héroïques Mac Rea, Beed, Bes- Gorn, Stone, Sweett et autres officiers de compagnie.

Toot h cAtô viennent ces vétérans sous-officiers et soldats, anciens compagnons de Scott au Mexique et témoins de cent combats contre les Indiens de Toucst ou de la Floride, encadrant (les jcuDcs gens pleins de courage et faisant du tout une Croupe aussi vaillante que solide, (|uoique sans grand espoir lie gloire personnelle. Dans leur humble sphère, ces li»ninK«s servirent leur pays avec autant de fidélité et d*hor*near que les généraux les plus renommés. Leurs noms ii*arrtveront peut-être pas à la postérité; mais leur courage et leur loyauté resteront en bon exemple. Longicmps leurs régiments en seront tiers, car plus d'un aurait mérité une distinction pareille h celle du « premier grenadier de France, * ou de ce sfildat russe donnant sa vie pour ses camarades.

îl y a encore une autre catégorie de mililaires sorlis île ce inonde depuis le commencement de !a guerre, et qui. sans «v«iir eu la chance de mourir sur le cbamp de bataille, n'en sont pas moins dignes d'«^lre ntenlionnés ici. Il y eulSumner, brave, honiuHe cl clu x nloresquc N^'téran de plus d*un demisiècle de service, qui avait montré iiiaiiiles fois avec sérénité ses cheveux blancs au plus fort de la bataille, (|ui m'avait souvenldilque la mort (|u il désirait serait celle iu combat; il succomba chez lui par suite de maladie.

Snàlb, C.-F.. cet excellent et élégant soldai, que beaucoup d'entre nous se ruppellenl avoir vu souvent sur cette place, échappa aux balles et aux boulets pour nmurir chez lui du mal qui a tant enlevé de bons soldais î\ l'armée.

.lolm Budford, calme cl inti épide; Milchell, si éminenldails la science ; Plummer, Palmer et beaucoup d'autres moururent dans les maladies contractées au service.

Mais je ne pourrais clore cette longue liste de marlyrs sans payer une dette sacrée »le devoir officiel et d alVeclion personlu'lle. Un d eux csi murl qui avait des titres tout parliciiliors à mon amitié et à ma reconnaissance. C'était à la fois un ardent patriote, un caractère élevé, uu vrai soldat, le beau

idéal d^un officiel' d'élal-tnajor, mon aide-de>cainp \ê ootonel

Coiburn!

U y nurnil une leçon à lirer pour la iiaiion (ie ces morts et de ces glorieux services? C'est que de nos jours la guerre est une science, ot il peut- Hre niainlenanl clair à Tesprit le plus prcveiMi i[ut I lur l'organisation et la conduilc des armées, pour les hautes combinaisons de la stratégie et pour leur exécution, il faut posséder un eerlain degré do eormaissances théoriques diverses (|ui constituent la science ou l'art do la j^uerre. Compter sur le succès quand les plans ou Texéculion (Tune campagne sont confiés à des hommes , quelque bion doués qu'ils soient, qui n'ont aucune connaissance de la guerre, est aussi cliiméri({ue que d'alleodre d'un habile chirurgien le gain d'un difficile proci^s.

Mais quelle est la cause honorable et sainte pour laquelle ces hommes ont donné leur vie, et pour laquelle la nation demande encore te sacrifice d*un sang précieux?

Aussitôt après la guerre de Tindépendance, on reconnut que la Confédération, grandie pendant la lutte, était près de se dissoudre par son propre poids, te gouvernement central élait trop faible; il ne pouvait que recommander aur divers Etats les mesures qui lui semblaient les meilleures, et il ne possédait aucun pouvoir réel de législation, parce quUl manquait delà forée exécutive qui sanctionne les lois. L'influence nationale et le respect de soi-même diminuaient; on voyait avec frayeur s'approcher le moment où nos institutions démontreraient une fois de plus au monde l'impossibilité d'un gouvernement fondé sur la liberté humaine et la liberté uidividuelle. La nation marchait h la dissolution et ^ la ruine, lorsque, il y a environ 80 ans, nos meilleurs et plus sages patriotes se mirent sérieusement à chercher un remède aux .maux qui menaçaient la grande œuvre de la Révolution. Leurs délibérations furent longues et souvent orageuses ; un moment Ton put douter d'un heureux résultat. Mais enfin, du nulieu du conflit des intérêts divergents, des préjugés de partis, des amours-propres personnels, se dégagèrent des sentiments de conciliation et de sagesse q\\'\ aboutirent a ia Constitution sous lB(|ueUe uoub avons vécu si longtenips.

Elle ne se Ai pas en un jaur, mais fui le résultui de {wlleois travaux, de sages codcessloQs» et» en somme, da plus por patriolUme. Elle fut finalement adoptée par les peuples de tous les Etats, quoique avec répugnance par plusieurs d'en- If'eux, et non comme étant exactement ce que tousdésiraieni» mais comme le mieax possible dans les circonslaiices. Elle fut acceptée parce qu'elle nous donnait une forme de gouvenement sous laquelle la nation pouvait vivre prospère et heureuse aussi longtemps que le peuple resterait dans les sontîinents qui lui avaient donné naissance, el ([u'il voudrait rester éloigné des misères et des calamités qui avaient précédé son adoption.

Sons cette salutaire Constitution, lo proférés de la nation fat sans exemple dans l'histoire. Les droits et les libertés des ritoyens furent assurés au dedans et au dehors ; de, vastes territoires, arrachés aux sauvages et aux bùies féroces, entrèrent dans la civilisation et dans l'Union. Les arts, tes sciences, le commerce se développèrent; notre pavillon si* répandit sUr toutes les mers et nous primes place parmi les grandes nations de la terre.

Mais au-dessous de cette riante surface de prospérité, sur laquelle nous voguions toutes voiles dehors, comme un vaisseau sous la brise d'été, se cachaient de dangereux récifs, qui maintenant nous arrêtent et rendent anxieux les pilotes les plus eipériinentés. Rendu confiant par le succès, le navire fihiit toujours; Téquipage n'entend plus d'avertissements; il oublie les dangers auxquels il a échappé au commencement du voyage, et il arrive en aveugle au bord du maëlstroro qui va Tenglontir. Les mêmes éléments de dissidence, de préjugés étroits, dHntéréts particuliers, d'instUulions hétérogènes jqul rendirent si difficile réiaboration de la Constitution, roena<cèrent plus d*une fois de ki détruire. Mais pendant longtemps, heureusement, la nation posséda une série de chefs politiques qui aux plus hauts talents surent réunir le même esprit de conciliation qui animait les fondateurs de la république, et ainsi, pendant plnsiears années, nous échappâmes aux mal* heurs qni nous menacèrent. Le temps et une prospérité prolongée firent oublier les calamités antérieures à la Gonstîta*

tion. On ne voulut plus savoir que la conciliation, la solidarité d'inlérato et fine maloelle charité avaient été la base et devaient être le support de notre goa?emeinent , comme au reste de tout gouvernement et de tontes relations de la vie. £nfin des hommes apparurent qui, par leurs vues et leurs préjugés de parti, négligèrent toute considération de bien public et de bien général. Les extrêmes d'un parti fournirent ruGcasioDy ou peut-être un prétexte vivement attendu, aux extrêmes d auire part de quitter la voie des remèdes pacitiques et de la protection fournie par la Gonstitutitm, pour chercher leur refuge contre les maux possibles de Tavenir dans la guerre et dans la destruction de TUnion.

Débarrassée de sophismes et de pièges, la cause directe de la guerre, telle qu'elle se présentait aux citoyens honiiètei» et patriotiques du Nord, est siiii[)leii)t'nt celle-ci: Certains Ltals, nu pliihU iino portion des habitants de cerlains lltats, uni craint ou lait seMiblanl de craindre que leurs droits et l'.'uis prnp» i»''t('s ne fussent inena(,t^ par rav^nonienl au pouvoir d'un f^rlain parti. Qnoupio la Constiiuimn et la condition actiiotlo du iioiiverncinent les couvrissent d'une sûre protection contre les maux apj)réhendés, ils préft^rèrenl chercher leur sécurité dans la destruction du gouvernement qui pouvait les proléger, et dans remploi de la force contre les troupes nationakis qui occupaient une forteresse natiemle.

Laver cette insulte faite A notre drapeau, nous sauver du triste sort des républiques divisées de rilalle et de l'Amérique du sud ; préserver notre gouvernement de destruction ; ren-> forcer son pouvoir l(^^al et maintenir noire existence comme nation, — telles sont les causes qui nous ont fait prendre les armes.

La rébellion contre ini gomernement comme le nAtre, assurant tous les moyens d'arrangement pacifique, ne doit point être confondue avec une révolution contre un pouvoir despotique refusant toute satisfaction aux griefs. Une (elle rébellion ne se fonde sur aucun motif sérieux et ne nous laisse que le choix de la supprimer ou de voir notre nation se détruire. I, «0

Dans un temps comme le nôlro el dans de telles dissensions, tout esprit de parti doit se fondre en un sincère el courageux patriollsme, n'ayant d autre vue que le bien du pays ioul entier.

C'est dans ce sentiment et par ces motifs que tant de nos camarades ont donnf^ leur vie, et de ceu%-I<1i nous sommos loat personnellement solidaires par honneur <m jidelité. Ce dévoiierjM'iil de nos anciens camarades doit-il être stértîe? Sera-t-il dit dans les {"^ges futurs (pie nous avons manqué de la vigueur nécessaire pour terminer l'œuvre qu'ils ont c*>mmenoée? Qu'après tant de nobles vies généreusement sacrifiées, nous avons hésite et nous nous sommes arrêtés avant que la patrie soit sauvée? Que le oiel nous en préserve t qu'il fortifie ei affermisse nos oœurs! '

O, mânes de nos héros, èmes de dos vafllants frères d*annes, jetei en nous votre volonté indotiptable» ei s'il vous est permis de rester en communion avfo ceux qui sont encore en^ chaînés de ce oété-ci de la mort, plânes toujours sur nous au milieu du danger et du malheur, applaudisses aux forts, soutenes les ohancelaDis, afin que nui ne doute du salut de la république et du triomphe final de notre grand et vieux drapeau!

A travers Torage qui entraîne le navire de l*Etat, nous voyons un phare qui nous redonne respérance et la confiance.

11 ne peut pas être que cette grande nation ait déjà terminé

son rôle dans l'histoire ; il ne peut pas Afre que noire étoile, qui se levait naguère avec de si bi illanles promesses pour l'avenir, soit déjù à son déclin. Ce doit être Tintenlion de la divine Providence que c^ pays, si longtemps l'asile de 1 oj)primé, le refuge de la liberté religieuse el civile, se relève de nouveau dans un plus bel éclat, unilie, pui jfie el amélioré pnr nos malheurs, restant toujours un exemple et un encouragement pour ceux qui désirent le progrès de la race humaine. 11 n'est pas donné à nos faibles intelligences de sonder les voies de la Providence, mais nous les comprenons quand nous consultons le passé. P Ml est ainsi aujourd'hui. Noos ne pouvons pas pénétrer tus

dMsetns dn Grtetetir, trop haats pour nos esprito limités. Vais toota l*lii8toire, ainsi qtio la^ révélation chrétienne, nons enseigne que ses décrets, quoique insondables, sont justes.

Accomplissons donc honnêtement et compléten)cnl notre lâche , cherchons à comprendre et h remplir notre devoir tout entier; ayons une confiance sans borne dans la bonté de Dieu , qui conduisit nos pères travers les mers et les soutint au milieu de dan^it i plus iiranrls eiicore que ceux que surau»nla son propre peuple élu dans son grand exode. 11 ne nous a pas amenés ici et ne nous a pas soutenus jusqu'à ce jour pour nous donner en risée à l'hunianité. Si nous faisons notre devoir et avofis confiance en lui, il ne nous abandonnera pas dans l'adversité.

£t maintenant, fermée dans la foi que Dieu sauvera notre patrie, noua dédions ce monument à l^lionneur, au patriotisme, à la loyauté, à la mémoire des braves^!

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XXni. GaMPAGME de 1804. — Op^ATIOflS 9B-

CONDAIRKSET PRÉLIMINAIRES EN FlORIDE,

EN Alah.vma, en Tennessee. — Massacre nu FORT PlLLOW. — EtAT DE LA SITUATION 1UUTAIB£ AU PBWTfiilPS I864« 5-23

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