RUD
L*avanl-fardo de Gregg attaqua résoinnent le poste confédéré et l'enleva au moyen d*on feu meurtrier do
l** Maine, armé de cai abioes Henry à 16 coups. Toujours en escarmouctianl, la colonne s'avança par le eliemin des Quakers, et elle atteignit, vers midi» la route Boydton,où elle se rallia au corps en couvrant sa gauche.
Hancock» en s'avançant sur le chemin Vaughan, ren« contra les piquets ennemis vers W. P. Gummins-Place, à 6 heures du matin, et depuis là son avant-garde eut aussi des escarmouches conlinaeiles. Le passage du Hatcher-Run était couvert par des abatis et défendu par un fort poste de cjivalerie démontée. A 8 heures du malin il fut attaqué par la division figan et enlevé sans trop de peine.
Après avoir passé la rivière le corps marcha vers Fooest en deux colonnes, passant aux environs de Dabnevs-MiU et de Armstrongs-Mill. Entre onze heures et midi, elles atteignirent la route de Boydlon vers le moulin Arnold et les maisons Rainie. Là elles trouvèrent l'ennemi bien posté, et ayant de forts ouvrages vers Burges-Mill. Le combat s'engagea aussitôt, et les piquets confédérés furent refoulés. La cavalerie Gregg alla courir plus à gaucbe et en avant vers la route du While-Vak;
grâce aux clairières qui se Irouvent sur ce point, elle vit passer des trains sur le chemin de fer Soatti-Side; mais elle ne pot ^ea approcher. Elle rapporta que-tout le cours du Halcber-Run jusque près du chemin de fer, était couvert d'abatis et de retranchements, gardés par de l'artillerie et de la cavalerie démontée. Toutes les recon- Daissances du 'i^ corps confirmèient aussi que malgré le grand mouvement tournant opéré on était loin d'avoir atteint l'eitréniié des lignea fortifiées de l'ennemi.
Sur de telles informalions, le général Grant, qui Tenait d'arriver sur les lieux avec le général Meade, avait k preiidre une prompte résolution, car la surprise espérée était déjouée. Ne sachant trop ju.<'[ii'ou li pourrait être mené dans son mouvement tournant, et n'ayant ni suffisamment de rations pour se lancer plus avant dans l'inconnu, ni toutes les forces qu'il aurait pu avoir pour un assaut dans les meilleures conditions, il se décida à la retraite. Après avoir reçu avis de l'approche du S*corp8^ et de la jonction déjà effectuée de sa gauche avec les flanqueurs de droite de Hancock, le général Grant fit donner Tordre de la retraite, et partit lui-môme de la gauche pour rentrer à son quartier.
fiiaiheureusement la réunion des 5" et ^ corps annoncée au général Grant n'était pas encore un fait aooompli. Quelques tirailleurs des deux corps s'étaient hien mêlés
entr'eux aux avant-postes, mais répaisseur de la forêt etiedtd ile des chemins qui la croisent avaient entravé la jonction des masses.
Les 9" et tt* corps s'étaient bien mis en marche le 37, à l'heure voulue^ au point du jour, le 0* corps par ki route de Squirrel-Level, le 5^ par celle de Vaughan, tous deux
tendant vçrs le Hatcher-I{ un entre Burges-MIll et Armstrong-Mill. Entre une et deux heures après-midi, ils arrivèrent eu position, devant les ouvrages du Hatcber-
ftiln, après atoir esearmoacbé à chaqaa clairière et à chaque carretoar, de neof à dit heures da malin. Des engagemenls de plus en plas vifo eurent lieu dans
l'après-midi, mais sans but précis et à travers les bois. Le 9» corps à la droite engagea ses divisions Terrero et "Wilcoxen grandes bandes de tirailleurs contre des abatis; le 5« lança aussi en avant une portion des divisions Griffin et Grawford contre les ouvrages* Quelques riflepits purent être enlevés, mais les ouvrages eux-mêmes, domîDant des clairières, demandaient une canonnade préalable- et on assaut dans les règles. Celui-ci ne fut pas tenté. Les masses s'arrêtèrent prêtes à le donner aussitôt qu'une action commune aurait pu être concertée; en attendant les chatijoa de lirailleiHs se répandirent de droite et de gauche dans les bois plutôt au gré de leur imagination qu'en vue d'un objectif déterminé.
Cette attitude d'observation des deux corps pouvait d'ailleurs être utile, quoiqu'elle Petit été à un degré bien
supérieur si elle avait été moins passive. Ils entendaient tirailler vivement sur leur gauche depuis quelques heures, et ils pouvaient espérer que pendant qu'ils maintenaient les confédérés de front Hancock réussissait à les tourner par leur droite.
On vient de voir que c'était le contraire et que le 9* corps avait été non moins arrêté que les d« et 5*« Bien plus, au moment od il allait se remettre en action pour lancer une pointe contre les ouvrages de Druges-Mill et ensuite commencer >a retraite, il fut lui-même vivement assailli sur sa droite et k revers.
Le général confédéré Hill avait eu tout le temps de ' reconnaître que l'armée fédérale était partagée en deux colonnes cherchant à se rejoindre et n'y réussissant pas. Il en profita pour lancer dans la lacune la division MahoDc, et c cluit elle qui, vers les 4 heures, attaquait
si brusquement te St^ corps. Celui-ci paya d'abord ua large tribul à la surprise. Quelques canons durent être abandonnés et la brigade Smilh de la division Ëgan fut mise en déroute. Mais les troupes se rallièrent bîentftt antonr d'nne position d'artillerie contenable prise pins en arrriêre, et le combat s'établit régulièrement. A son lour Hancock prit l'offensive et refoula la division Maliuiie sur ses lignes du Halcher-Run, en lui l eprenaDt les canons et la moitié des prisonniers qu'elle avait capturés au début. Il lui fit en outre 400 prisonniers, coupés en masse sur la route de Boydton. De ce côté la cavalerie eut aussi une chaude action à soutenir dans laquelle elle perdit environ 200 hommes, mais fit autant de prisonniers.
A la nuit et sous des torrents de pluie, la retraite fut commencée. Le "2" corps, qui avait beaucoup tiraillé toute la journée, et surtout dans la dernière afiaire, se serait d'ailleurs trouvé gèaé de munitions pour reprendre la lutte sur le même pied le lendemain. Le :28 au matin, les S* et 9* corps se replièrent aussi, et le soir toutes les troupes rentrèrent dans les anciennes lignes. L'artillerie et la division Mile les avaient bien gardées. Cette dernière avait mAme fait une sortie qui avait amené la capture d'une ligne avancée de rille-pits et d'une tr^niauie d'hommes. Dans la nuit suivante, l'ennemi rendit la visite, surprit et enleva tout un bataillon d'avant-postes entre le 3« et le 5* corps.
Pour favoriser ce mouvement de Tarmée du Potomae, Parmée du James s'était en même temps avancée de nouveau contre Ricliuiond. Le général Butfcr avait aussi réparti sa fli inoiislration en deux actions séparées : une de front par le 40« corps, directement sur les routes de Darbeytovrn et de Williamsborg; l'autre, parle 48* corps, pour un plus large mouvement sur la droite, sur le
chemin de fer du York-River. La première réussit à enlever quelques abatis et quelques prisouoiers, la seconde échoua complètement et avec une perte d'en- Tîron iâOO bommes.
Les pertes totales des deux armées du Potomac et du James lurciU i cicaivcmenl minimes; elles ne se montèrent qu'à environ 3300 hommus, deux canons et ufie vingtaine de voilures, ce qui n'éUiit p;is payer trop clier les leçons à tirer de l'opération considérée comme simple reconnaissance. Par là les états-majors avaient pu appreo* dre plusieurs choses fort utiles.
ils surent qu*il faudrait mieux compter dorénavant avec le vigilant espionnage qui les entourait conatamment En effist, la plupart des fermes» dans les lignes ot dans le voisinage de l'année fédérale, avaient gardé leurs habitants, particulièrement les femmes, les enfants, les vieillards, car tous les iiommes valides avaient été requis par la conscription. Ces uiaiauns, trop scrupuleusement respectées et souvent transformées en hôtels et auber^a\s milti;iires n'en ét;iient pas moins foncièrement sécessionnistes et formaient tout autant de centres d'espionnage fort préjudiciables à l'armée. On y lit meilleure garde; quelques-unes furent brûlées, d'autres séquestrées et occupées.
Le général Grant apprit encore que les positions fortifiées des sudistes s'étendaient plus loin sur leur droite qu'on ne l'avait cm d'abord , et que dans une contrée
aussi boisée il ne pouvait être question d'opérer avec des masses el sur un Iront un peu étendu sans s'être auparavant ouvert quelques routes militaires en vue des opéi'ations projetées.
Ne fût-ce que pour rendre possible une direction quelconque des divers corps devant agir simultanément, il fallait deux ou trois places d'armes dans la forêt et quelques ebemins les réunissant; U folUit pouvoir s'avancer
SOGiSessivementde positions en positions jusqu^à ce qu'on pûl amener le gros de l'armée devant l*enDemi auiremeni qa'en trois oa quatre longues colonnes processionnelles, séparées les unes des autres par d'ÎDeitricables fourrés marécageux, et ne pouvant tirer presque aucun parti de leur artillerie.
Ce sont ces conditions particulières de terrain, jointes an système] appliqué en grand des lignes retranchées, qu'elles favorisaient, qui avaient \\ii[mé au général Grant l'étrange dispositif des opérations du 27 octobre, nous montrant quatre corps d'armée en diversions, les iS\ iO", 9* et 5% pour un seul, le 2% en action décisive. Nulle part, sur cette zone du Hatcher-Run , on n'aurait pu faire marcher et engager de liront l'effectif de deux corps d'armée.
pionniers fbrent de rechef mis à rœuvre pour oordui er des routes sur la gauche et sur ses revers, et l'armée ^ ivaiH-a lentement, la hache auUint que le fusil à la main, sur le terrain des rifle-pits enjieiais. A pari ces utiles et rudes cheminemenls , h part la canonnade journalière el variée des forts sur le Irunl t( (|uelques raids et escarmouches de droite et de gaurlie, les opératinns lu irent, à dater de novembre, un caractère de calme relatif qu'on pouvait bien appeler du nom de quartiers d'hiver.
En se bornant à maintenir seulement ses positions^ suffisamment menaçantes pour obliger le général Lee de les
surveiller constamment et en forces, Grant, comme chef suprême des armées des Etats-Unis, ne faisait point une mauvaise opération. Tandis que la conscription dans le Nord lui organisait des renforts de recrues et de nouveaux régiments, le Sud était à bout de levées et de matériel. Chaque escarmouche qui lui coûtait quelques hommes lui était fatale, car ces hommes ne se remplaçaient plus. Des jeunes gens de seize ans, des vieillards de soixante ans avaient été requis pour les garnisons des
placer, et l'armée active avail sous ses drapeaux tout ce qu'elle pourrait compter en lait d'effectifs.
Sor d'autres poluls d'ailleurs, sur terre et sur mer» des opôralioDS étaient en cours pour ruiner ses ressources, ponr lai couper ses derniers chemins de fer^ pour lui bloquer hermétiquement ses ports» pour envelopper ses corps séparés, en un mot pour l'écraser 'et pour Caffainer en même temps.
Eii altciulaiil (jiie ces entreprises se dél iai Lissent et donnassent leurs fruits, Granl n'avait ricri de mieux à faire que de rester en expectative devant Pttersburg- Richmond» d'y contenir les masises de Lee et de s'y préparer à une reprise énergique des hostilités au printemps de IMS» si ta nation élail décidée à poursuivre la lutte, ce queies élections présidentielles allaient dire.
Laissons maintmiant les armées de Meade et de Butler dans leurs quartiers d'hiver des bords du James et de l'Appomalox, pour voir comment s'étiiient cfTccluées sur d'autres thé.-Ures les opérations auxquelles nous faisons allusion ci-dessus» et l'influence qu'elles allaient avoir sur la situation respective des belligérants au point dé* oisif.
Gampagiui de Sherman en Géorgie. ^ ComlMito de Buzsard-Boostv de Reeaca, de New^Hope- Ghiirch. — Retraite méthodique de Johnton. — Mouvements tournante de Sherman et batailles d'Atlanta (90, 22, 38 juillet). — Johnaton remplacé par Hood. Occupation d'Atlanta par lea fédéraux C)..
GoDformémenl au plan d'ensemble dont nous avons parlé au chapitre XXIV ('), plan que ies généraux Grant et Sherman avaient débattu en commun à plusieurs re* prises, et entr'autres à Cincinnati lors du départ du premier pour Washington en mars 1864, et conformément aux ordres subséquents du lieutenant-général , Sherman réunit ses lorcus à la fin d'avril et au commencement de mai aux environs de Ghatlanooga, pour rouvrir la c^impagne. Il commença, le 6 mai, son mouvement en avant dans la direction do Dalton, espérant pénétrer tout d'abord jusqu'à Atlanta. Une fois en possession de cet important carrefour de chemins de fer de la région du Sud, il verrait à se déterminer un autre objectif, suivant les circonstances.
(1) An» souri''> iiour .anns ihilii)iiée» en 'le notif prciiiifr voliimi'. fnin> detMis Rpéciatenwiii aji>ut»'i |nnir (« chatuiri' ri |hiiii le» suiwiiiu ciirucri jnl It-j (i|i<'-ratiiiM> dr ^lirmian (li'uv lurc!» nc^nli . >7i«rfWfl« ami lus ftiiufniuiiin , a iiiiliUi^ Iliin;r,iii|i\ , Ity col. S. N. Uowan ami »'-o»l. K. B. Imin. Niw-Vork. ttir|iani»mi, 1 vol., ikiis. ei The *to»f ùf tht §rm m«reh. Iqr M||«r Nklioli. NMF-Yoft. IMiS. Huper fttm, — 1 ml. ia-tt*.
£n premier lieu ii avait k triompher de l'armée confédérée qai lui élail spécialement opposée. Cette armée» eommandée par le général Jobnston, comptait environ 60 mille hommes, répartis en trois corps d'armée, sons les généraux Polk, Hardee, Hood, chacun d'eu& comptant de deax à trois divisions.
Sherman avait en outre à franchir trois rivières et une chaîne de monii^nes dont l'ennemi avait fait autant de lignes de défense» à savoir les rivières d'OostanaaIa, d*Etowah et de Ghattahoocbee, et les montagnes de Renesaw.
Au moment de la reprise des hostilités de 1864, l'armée confédérée était fortement établie dans des positions i o liaiicliées en avant de [)allon k Buzzard-Roost, à cheval sur le chemin Ue fer Géorgie-Tennessee. En arrière de . cette position» d'autres s'étageaient le long du chemin de fer, spécialement à Resaca» au défilé d*AUatoona, à la ville de Dallas^ aux montagnes de Kjnesaw» et sur les rivières sus-indiquées à l'endroit où elles étaient traversées par le chemin de for.
Les forces de Sherman se montaient à environ cent mille hommes, répartis en trois armées, sept corps d'armée et vingt-cinq divisions» comme suit ;
Armée de l'Ohio» maintenant commandée par le général Scholield, à la place de Bumside, et réduite au 113* corps (le 9* étant retourné à l'armée du Potomac)» divisions Uascall et Gox.
Armée du Cumberiand» toujours sous le général Thomas, trois corps :
4* corps, Howard; divisions Stanley, Newton et Wood.
14* corps» Palmer; divisions Jeff. Davis, Johnson, ' Balrd*
^ corps, Hooker; divisions Williams» Geary, Butlerlield.
Armée du Tennessee» sous le géuéi'al Me Pberson; trois corps.
48« corps, Logati; divisioDS Osterhaus, Morgan Smiiti« John Smith, llarrow.
46' corps (partiellemeat), Dodge; divisions Raosom« Corse, Sweeney.
17* corps (partieilemeoi), Blair; divisions Woods» Leggeit
Le reste des 18* et 17* corps, sons Hnrlbot el Stocum,
était encore à Memphis et à Vicksburg, et rejoindrait plus
lard.
La cavalerie, sous Stoneman, comptait les divisions Stoneman, Garrard, Me Cook, Kilpatrick.
L'artillerie, sous Barry, comptait 254 pièces.
Chef d'état-nugor, colonel Bowan.
Chef quartier*maitre général, Easton.
Inspectear général, colonel Ewing.
Chef ingéoieor, capitaine Poe.
Chef de l'ordonnance, capitaine Baylor.
Chef (lu service saoltaire, M(MH t\
Chef du corps des signaux, cupiiaiue Bachtal.
Chel du commissariat, colonel Beckwith.
Le 6 mai an matin, l'armée du Tennessee se trouvait près de Gordons-Mille, sur le Chickamauga; l'année da Comberland, vers Ringgold, sur le chemin de fer: l'armée de l'Ohio, près de Red-Clay, sur la voie de Géorgie,
droi( au îiurd dt; Dalton.
Les monta{?nes appelées Kocky- Face-Hidge séparaient les deux armées ennemies.
Sherman ne voulut pas attaquer de front les positions et les défilés de Btizsard-Roost, couverts par de forts retranchements et des dignes le long dn Mill-Creek : il résolut de les tourner par leur gauche. Me Pherson se porta par Ships, Willanow et Snake-Greek-(iap contre Hesaca, sur le chemin de fer, à 48 milles en-dessous de Dalton, avec ordre d'y faire une brusque attaque, d'y détruire
le chemin de fer, puis de se retirer un peu en arrière, pour prendre une bonne position de flanc à Snake-Greek, prêt à tomber de là sur i'eimemi, quaod il se mettrait en retraite. Pendant ce temps, les autres eorps menaceraient la posilion de front et de flanc.
Thomas s^avanca sans opposition, le 7 mai, sur Ton* licU-Uill, iju il occupa. Le leDdemain et le surlendemain, il fit attaquer les lignes de Buzzard-Roost par les divisions Newton et Geary, qui enieveretil quelques riflepits après de vives escarmouches, mais s'arrêtèrent de« tant les oavrages mêmes.
Scbofield s'avança, le 9, sur Dallon. Le même jour. Me Pberson arrivait en vue de Resaca, après avoir surpris et mis en déroute une brigade de cavalerie à Snake- Creek-Gap. Ayant trouvé Resaca trop fortifié, il n'essaya pas de l'attaquer et se reijlia sur Snake-Gap. Informé de Pétât des choses, Shcrman fit filer, le iO, toutes ses forces sur Resaca, sauf le corps Howard, laissé en démonstration devant Buzzard-Roost, et, le 12, tout le gros de Tarmée marcha sur Resaca.
Le même jour, lohnston s'était mis en retraite sur Resaca et y arrivait en forces avant que les fédéraux pus* sent l'attaquer. Ses lignes de retrandiements, appuyées à la rivière Oostanaula, lui permettaient de s'y déployer et d*y livrer bataille.
L'action coninienca le 14 au soir par la construction d'un pont que Slierman fit jctt ren aval de Resaca à Lays- Terry, et se continua toute la journée du io; à la fin de cette seconde journée, Hooker délogea les confédérés des collines dominantes, ce qui les força à la retraite. Dans la nuit du 15 au 161 ils se replièrent plus au sud, après avoir brûlé le pont du chemin de fer.
Encore à lemps, en revanche, Sherman s'empara du pojit siii la ruute ordinaire, et il fit commencer sur-lechamp la poursuite par toute l'armée. 11 avait capturé à
^ lis -
Besaca huit canons et un grand nombre d*effels de cam* peinent et d'équipement.
Le 17 au soir, l'arrière enrieiuie, rommandée par Hardet^, fut alteirile aux environs d'Adaii-svillp par la division Newton, ce qui donna lieu à une chaude affaire. Le 19, Jobnatoo essaya de tenir à Gassville, où il afait quelques retrancbements ; mais voyant contei^r sur son front et sur ses revers de fortes colonnes fédérales, il se retira pendant la nuit derrière la rivière Elo* wali, après avoir brûlé les ponts près de Cartersville.
Shermann qui avait marché et escarmouché coutinuel* lement depuis son dépari, donna quelques jours de repos à son armée, Thomas vers GassviUe, Me Pherson à Kingston, Schofleld vers la gare et les ponts de Gassville, Ces quelques jours furent utilement employés par les étatsmajors à reconnaître les environs, à faire prendre ()ossession par ia division Jeff. Davis, de Rome plus à dioiti.avec ses précieuses fonderies, à s'assurer des ponts à Kingston et à Rome, et à rassembler des trains chargés de vingt jours de rations de vivres et de fourrage. Après avoir laissé garnison à Rome et à Kingston Tarmée se remit en routo le 23 mal.
L'ennemi avait pris de nouvelles et fortes positions derrière l'Etowali, et entre autres an\ défilés d'AMatoona, mais Shcrman n"était point obligé de s'y lieui tei ; lUiiva^Ud'autres l'iMiti s |Kii:i s .i vaiicer ronlre son principal* objectif, AM iiiia. 11 résolut de lournei cnroiv les lignes ennemies |iar leur gauche et de quitter le chemin de fer. (/est puur cela qu'il avait organisé l'immense train meoliouué àdessus.
Tandis que des démonstrations fùrent fistites par Tar- Hère garde aux environs de Gartersville, le gros de Par-
mée marcha de Kingston sur Dallas en trois colonnes. Le générai Johnstou découvrit à temps oe mouvement
et 86 replia eo arrière» en envoyant promptement le corps
de Hood vers Dallas pour y barrer le passage aux fédéraux. Celui-ci s'élahlit d nis des ouvrages et dans une position naturellement forte à New-Hope-Church, où il repoussa deux attaques da général Hooke le S5 et le 26 mai. Le 27, l'armée se concentra devant New-Hope- Gbnreh comme pour l'attaqner. Matsen mômetempBSherman commença à la faire filer par la gauche ponr aller reprendre le chemin do fer vers Ackwurth, au débouché méridional des défilés d'Allatoona.
Ce mouvemeot était en train de s'exécuter lorsque Hood qui s'en était aperçu attaqua à son tonr, dans la joamée do 96, l*armée de Me Pherson, restée un peo isolée en ' arrière vers Dallas. Henreosement Me Pherson avatt^mme d*babîtode fait couvrir ses lignes de quelques atatis et épaulements. Derrière celle protection, il fit bonne résistance et finit par repousser glorieusement l'attaque de Hood. Le reste de l'armée qui avait suspendu son mouvement le reprit le surlendemain, la cavalerie étant lancée en avant on plntèt en arrière dans la noavelle direction» pour ^emparer de tontes les avenues d'Allatoona. Le 6 juin, tout le gros de l'armée était revmio sur le chemin de fer et s'était concentré aux environs d'Ackworth, l'ennemi s'étant à son tour retiré, par suite de ce mouvement, sur Kenesaw, derrière les Lost-Mountains.
Le général Slierman, qui, pendant cette petite campagne d'une quinzaine de jours en dehors du cliemiu de fer, avait expérimenté la lourdeur de son armée, par le fait de ses trains^ se b&ta de reprendre possession de la voie ferrée comme ligne de communication* 11 la ût réparer et transformer les défilés d'Allatoona en une noavelle base. Des magasins y furent établis; d'autres ouvrages s'y élevèrent cl une garnison y fut laissée. IVjiu remplacer dans Tarmée active les délacliemenls qu li allait élre obligé
d'écheloDiier sur ses communications à la garde de la ?oie ferrée» Sherman appela à lui tous les renforts disponibles de son département, et déjà le 9 juin deux divisions du
I7« corps, soos le général Blair, le rejoignirent à Ackworth.
Le 10 juin, Sherman se remit en route et se trouva le 1 1 devant les lignes de i*ennemi, parapets et redoutes d'un frooi d'environ deux milles de longueur couvrant la petite ville de Marietta. La position était admirablemeni ^isie, quoique un peu étendue. Les hauteurs environnantes étaient garnies de vi^^ies qui pouvaient signaler tons lesmouveinents des fédéraux. Jotinston avait placé à sa droite le corps de lioud, à cheval sur la roule de Marietta à Ackworth, au côqIi^ Polk, à gauche Hardee s'appuyant aux Lost^Mountains.
Le général Sbennann déploya ses troupes le i% ayant il sa droite Hooke, au centre Palmei, sur le chemin de de fer, à gauche Howard, le reste en réserve vers Biix- Shanty. Son intention celte fois était d'attaquer et non plus de tourner les positions. 11 voulait donner par là du moral à sa troupe et ne pas habituer l'ennemi à on seol mode d'opération. La ligne de lohnston lui paraisesnt trop étendue, il la percerait au centre entre les Pinse et Kenesaw-Mountiiin. Après des reconnaissances et des canonnades préalables le ^3 et le l'i, *i;ins lesquelles le général confédéré Polk fut tué, le centre marcha en avant le 15. L'ennemi se retira presque sans combat de ses pre* mières positions sur d'autres plus concentrées derrière le Nose-Creek.
Sherman le suivit de près, grandement entravé toutefois par d'incessantes pluies. Le 23 juin une chaude affaire se livra entre les corps de Hooke et de Hood, et le ^6 le
général Sherman ordonna, pour le lendemain, I nssmi des lignes confédérées surdeux points au sud de Kencjvtiw, près de Little-Kenesaw par Me Pberson, l'autre à un
mille plus au sud. Cette fois Tassaut désiré put avoir lieu. Les eoDfédérés tinreot, et ne tinreut que trop bien. Les
deux colonnes des assaillants furent repoussées, avec une
perte totale, d'eiivii ou irois mille hojjintcs, laiidis que les confédérés des corps de Hardee et de Loring, les seuls qui eurent à combattre» oe perdirent que cinq à six ceuls hommes.
L'armée fédérale eut néanmoins à cette affaire le réel avantage d'avoir montré aux confédérés qu'elle saurait
aussi ail il de vigucui', dans l'occasion, contre leurs retranchements, et d'avoir gaorné assez de terrain pour les forcer à rester blottis dans leurs lignes de Kenesaw.Tout en les y gardant de près Sherman reprit les mouvements de flanc. Le l*' juillet» il fit relever Me Pherson sur le front et h la droite par la division de cavalerie Garrard, et le fit filer plus k droite et en avant, escorté de la division Stoneman, pour menacer les passages de Chattahoochee vers Turners-Ferry et Nickajack-Greek.
Ge mouvement, en pleine exécution, dès la nuit du 3 au 3, détermina Johnston à se replier le 3, sur le Gbat*
taboochee, ou li avait^uiie forte tête de pont, avec des lignes avancées vers Smyrna-Church.
Thomas, qui l'avait suivi pas à pas sur le chemin de fer refoula ses aTani-postes te h juillet, et le lendemain déjà les deux armées s'entreliraillaienl le long et au travers du Cliattaliuuchee. Cecoui*8d'eau, profond et rapide alors et d'une largeur d'une soixantaine de mètres, n'était pas un obstacle à dédaigner. Sans perdre de temps Sherman ordonna à Schofield de le passer aux bouches du Soap- Greek à sa gauche, dans la nuit du 6 au 7 juillet. Schofield réussît complètement dans l'entreprise, il surprit même te poste confédéré sur ce point et lui captura un canon. Un pont de pontons fut aussitôt établi, avec quelques retranchements sur des collines plus en avant pour le cou*
vrîr. Un peu plus loin sur la gauche la eatalerie de Garrard alla s'emparer des ponts de Rosswell, tout en j détmisaDt de grandes manufactares d'effets militaires fonetionnaDl dans cette localité. Tonte Parmée, qui peo-
dant ce teiii[J6 av.iit lail des démonstrations vers la droite, se replia sur sa gauche pour passer la rivière à Snap- Creek et à Hosswell. La division Newton alla promptemenl renforcer la cavalerie de Garrard. Le général Howard jeta aussi un pont, le 8, à deux milles en dessous de celui de Schofield, et le 9 ie passage sur la rive droite commenta sur les trois points. En apprenant cela Johnston évacua ses ouvrages de la rive droite, brdla ses ponis et replia son gros sur les ouvrages extérieurs d'Atlanta.
Le général Sherman s'arrêta quelques jours sur les deux rives du Chaltahoochec avant d'aller plus loin. Il se fit joindre par deux mille hardis cavaliers sous le général Rousseau, qui opérèrent un brillant raid en partant de Decatur en Alabama, le 40 juillet» et en arrivant» par Talladega et Opelika, à Marietta le 22 juillet
Le 17 juillet déjà l'armée fédérale s'était remise en mouvement, après avoir rtiuni de nouveaux approvisionnements à Allatoona, h Marietta et à Vinings-Statiou ; le \ S, continuant sa marche, le général Me Pherson ?^!teignit le chemin de fer d'Augusta à un point à sept milles à Test de Decatur. Le même jour le général Schofield occupa Decatur. Après avoir enlevé les rails sur une grande distance, ces corps s*approcbèrent d'Atlanta en longeant la voie. Le général Thomas s'avança de son côté par les diverses roules traversant le Peach-Tree-Creek, et le 20 les forces se réunirent sur le front septentrional et oriental de la place.
Dans le même après-midi l'ennemi sortit de se^ retranchements et prit Poiïensive contre te centre de Sherman sur la route Buckhead.
Depuis trois jours le général Johnston» trouvé trop pru-
dent et trop temporisateur Hichmund, avait été remplacé pai le IjouiUaut général Hood. C'était un tort du gouvernement confédéré. Johnston avait montré certauitimenl des taleolâ comme commandant en cMai il avait su défendre pouce à pouce le terraio de Chattanooga à Àtianla» eoDlre une armée double eo nombre de la sienne, sans se laisser entamer» et avait forcé celle-ci à mettre 72 jours pour gagner un pareonrs d'une centaine de milles. Il arrivait mainkiiaiU sur sa base, où il serait en mesure de livrer bataille avec plus d'avantages que sur le Tennessee ou sur l'Elowah; on- aurait dû lui laisser achever celle portion de son plan, avant de le juger sans appel et de procéder contre lui aussi sommairement.
Ouui tju'il en soit Uood voulut justifier sa réputation d'énergie et d'intrépidité personnelle en passant au plus tôt à i*offensive, et le premier résultat de celle décision fut l'action du 20 après midi. Les corps de Uooker et de Howard, qoi en supportèrent le poids principal, se maintinrent sur leur terrain et refoulèrent les assaillants, non sans une lutte acharnée qui dura jusqu'à la nuit. Les fé* déraux perdirent enriron ifiOÙ hommes r les confédérés uiJ peu uiouis.
Le lendemain ceux-ci prirent uue position plus concentrée immédiatement dans les ouvrages depuis longtemps préparés autour d'Atlanta. On ne s'occupa plus que de les relier par des ahatis, des fossés de tirailleurs, des palissades et chevaux de frise. L'armée fédérale resserra encore ses positions vers la place; toutes les torces passèrent le Peach-Tree-CreeK, «'l s'établirent sur les hauteurs plus en avant, ayant toujours rboiiias à lu droite, Schotield au centre, Me Pherson à la gauche, s'étendant entre les deux, chemins de fer de Nashville et d'Angusta, et un peu au sud de ce dernier.
Vers midi, le Ilood attaqua en forces cette extrême
gaoche de flaDC et à revers. Me Plierson se porta aasstl6i dans la direction de la fusillade la plu8 nourrie, en se faisant suivre par les réserves» et le brave général tomba an des premiers, pereé de trois balles dans la
poitrine. A^é de 37 ans seulement, il semblait ic^civô par ses grands talents et par son noble caractère aux plus hautes destinées. Le gênerai Logan, du ^-V corps, chargé de le remplacer intérimairement» prit en mains i*armée du Tenessee, rallia la gauche, ta reporta en avant» et bientôt la bataille devint générale. Sherman avait fiiit converger Thomas et Scbofield vers la gauche, en gardant toutefois une notable portion de ce dernier en réserve. Le corps confétlérc de Polk, maintenant couimande par A. Stewart, qui pressait de Iront l'armée de Me Pherson, fut repoussé à son leur, el le corps de ilardee, qui l'avait attaqué de flanc et à revers et avait d'abord enlevé des positions importantes et trois batteries, dut battre aussi en retraite à l'arrivée des réserves» en laissant sur le terrain les trois quarts des canons capturés. L'attaque avait été repoussée, mais non châtiée, car les confé*^ dérés ne perdirent qu'un millier d hommes. Eu bummo la journée était fatale aux fédéraux, (jui, outre quelques canons, perdirent environ 3800 bomuies, dont le vaillant Me Pherson, pleuré par l'armée et par le Nord tout entier.
D'autre part l'armée fédérale ne fut point ébranlée de cet échec relatif, elle s en trouvutdu contraire renforcée iaui ;ileuient; elle venait de prouver (fue, môme fort loin de sa base, elle ne craignait pas de livrer de grandes batailles, ce qui n'était pas dans le stjrle habituel des opérations de la guerre en cours.
Toutefois Sherman ne ju^ea pas devoir recommencer des attaques meurtrières contre de fortes lignes retranchées» quand il pouvait tenter d autres voies de succès.
Les ouvrages d*Àtlanta anraieni demandé de patients et rudes travaux d'approche, avec de sanpilants as^uts au bout. li résolut, avant d'en venir à celle exlrcaiilé, de tourner de nouveau la position pour lui couper setf commonicatiODs ei ses approvisionnemeots.
* Hood n'avait plus, pour se ravitailler régulièrement, que le chemin de fer du sud sur Maçon, ia ville la plus importante de la Géorgie, chemin détachant de East- Point, à quelques milles au sud d'Atlanta, un emhranchement vers i'esl, soit la ligne de West-Poinl et de Montgomery en Alabama. Le chemin de fer d Augusla avait été détruit, on se le rappelle, par la cavalerie de Garrard, qui Pavait ruiné, entre Covington et Decatur, sur un long parcours. Sberman décida de se porter sur le chemin de fer de Maçon par un nouveau mouvement tournant du gros de ses troupes.
Le plan adopté fut que l'armée du Tennessee se mouvant par la droite marcherait sur East-Point tandis que Stonema», avec sa division de cavalerie et ceHe de Garrard, irait atteindre le chemin de fer pins au sud vers Me Donouiîh, en faisant un grand circuit pur la gauche, et que la division de cavalerie de Me Cook ferait un mouvement semblable par la droite, pour venir atteindre le même chemin de fer aux environs de Fayetteville et de Lovejoy. Le â8 juillet, ces deux ailes de cavaliers devraient se rejoindre vers Lovejoy sur cette même voie ferrée de Blacon, à environ 18 milles au sud d'Atlanta.
Au moment de partir, le vaillant Stoneman demanda
au général Sberman la pennission de compléter sa nussion en poussant de Lovejoy sur Maçon et Andersonville, pour y délivrer les fédéraux détenus sur ces deux points daus des prisons devenues célèbres. Une trentaine de mille hommes du Nord y gémissaient sous les étreintes de la misère et de la faim, t L'idée a quel-»
que chose de captivant, « repufRlit Sherman, et tl auiorisa Stonemao à la poursuivre, après «ju il aurait battu Wheler el détruit la voie ferrée, mais avec sa seule division el eii reDYoyant Garrard eu arrière.
Ce plan, compliqué de cette faiblesse, semble inférieur dans son ensemble à la justesse ordinaire du jugement de Sherman. Du moment qu il pensait à porter toute son armée sur le chemin de fer de Maçon, point n'était besoin de détacher sa cavalerie aussi loin; elle pouvait lui ôtre d'une plus grande utilité en couvrant immédiatement son mouvement, tandis qu'en le prévenant trop à t'avance elle le démasquait et le compliquait, sans parler des dangers que pourraient courir ces corps lancés isolément au cœur du pays ennemi.
Ces expéditions partirent en temps vouln, mais aucune d'elles ne donna les profils espérés. Me Gook arrira sans résistance à Palmetto-Station , puis sor Lovejoy. Il détruisit une partie des deux voies, tua quelques centaines de mules et lit une centaine de prisonniers, mais il n'apprit rien de Stoneniaii. Il revint .sur ses pas, trouva k Palmetto-Station des forces lui barrant le passaiip, ( i iio se fit jour qu'avec grande peine, devant abandonner toutes ses captures, une partie de ses trains et 5 à 60^ de ses cavaliers.
Stoneman, pins malhenreox encore» ne put pas même ramener son monde. Qnelqoes-ans seulement en revinrent pour annoncer que tout le reste, environ 4500
hommes, avait été cerné el capturé le 31 juillet, sur rOconoe-Creek, à une trentaine de milles de Maçon.
Ces revers des corps détachés ne devaient cependant pas avoir pour résultat d'empêcher Sherman de suivre à son plan général. Dans la nuit du 26 au 37, l'armée se mit en marche poor commencer son mouvement tournant autour des lignes d'Atlanta en se portant à l'ouest, de la place. Le 28, l'aimée se trouvait en lignes concentrées.
la droite à l'église d'Ezra sur la route de Hdls. Ferry, frODt contre l'est. Les hommes étaient en train de prendre position et de se retrancher pour les bivouacs de la nuit, quand l'ennemi s'aYaoça en forces par la-route de Bells- Ferry. C'était le corps de Hardee avec la cavalerie de Lee. Ils se déployèrent sur ud terrain ouvert, en face du 45* corps fédéral , et marebèrent bravement à Tat* taque, aprte un quart d'heure de canonnade préliminaire.
Leur marche décidée et régulière était digne d'admiration, dit un témoin oculaire, mais îa réceptipn ne le fut pas moins. Des feux nourris de tirailleurs et des salves au commandement les reçurent, et furent suivis de charges à la baïonnette qui, après quelques péripéties et des eembats acharnés» aboutirent à la retraite de Hardee en grand désordre et avec de rades perles. Il eut âOOO hommes hors de combat, et les fédéraux: 6 à 700.
Depuis ce moment Hood, un peu corrigé de ses exercices de bravoure, rentra dans la défensive, que son prédécesseur avait inaugurée et dont ses effectifs affaiblis lui faisaient une nécessité.
Le général Shcrman, tout en serrant de pins près les lignas ennemies sur le front, fit aussitôt jiagner un peu plus de terrain sur ia droite. Le 1"" août, SchofM^ld, puis le corps de Palmer se transbordèrent de la gauche à la droite et prirent position en dessous de l'Ijtoy-Creek en se prolongeant vers East-Point.
Le lendemain et les jours suivants les démonstrations et les canonnades continuèrent sur le front, tandis que le général Scbofield s'emparait, après de sanglants combats, le 5 et le 6 août, de quelques positions avancées entre Utoy-Creek et le chemin de fer.
Quant à aller plus loin immédiatement, il n'en pût être qaestian; il e(tt fallu être plus-en forces, et Sberman n'osait risquer un assaut qui aurait pu compromettre
SOfi opt'ialiuu. Les pubition- fie Pennemi étaient à la vérité fort étendues, d'une (juinzaine de milles environ, soit depuis les euvirons de Decalur jusqu'à East-Poiot, eo tournaot autour et au uord d'Atlanta. Ces lignes étaient bien établies, garnies non-senlement de toute l'année, mais des milices locales d'Atlanta et des envi* rons. Avant de faire un pas plus décisif, Slierman, qui attendait du gros Parrolt, pour couvrir son fronl et ses ponts du Chattahoo(-liee , lit continuer la construction d'ouvrages de campagne, en même temps que des démonstrations sur tout le front. Le 40 août, il y lui arriva de Gbattanooga cinq des Parroit de 100 et SOO liv. attendus, ils furent aussitôt mis en batterie et ils envoyèrent des obus dans la ville à 4000 et 4800 yards de distance, y causant passablement de ravage et de' confusion, îl servirent en tout cas à faiie donner à ce qui se passait la noiu de siège d'Atlanta.
Sherman n'avait cependant pas l'intention de procéder à un siège régulier, qui aurait pu lui être &tal par le souci de sa longue ligne de communications à garder et par les renforts qui pouvaient arriver en tout temps à
renneiiii. Dès le IGaoùt, il donna les ordres pour faire reprendre le grand mouvement par la droite le 18,
Avant d'en suivre les principaux traits^ mentionnons que de notables mutations avaient en lieu dans ses étatsmajors. Le commandement définitif de l'année du Ten* nessee avait été remis le 27 juillet et, par ordre du président, aux mains du général Howard, qui avait relevé le général Lo^çan. Celui-ci i tait redescendu modeslenionl et avec non moins de zèle â son illustre 45** corps. Les géné^ raux Hooker et Palmer, le premier surtout, en avaient été fort mécontents. Croyant avoir droit de se plaindre de l'avancement de Howard à leur détriment, ils demandéroot k être relevés de leurs fonctions à eette armée. Leur
demande leur ayant été accordée, le 20* corps passa de Hooker à Sloeum, appelé de Vicksburg et intérimaire* ment an général A. S. Williams. Le corps de Palmer, le 14% fut donné à leff. Davis, et ceint de Howard, le 4* à Stanley.
Les ordres étaient déjà émis pour le mouvement généra! du 18, lorsque Sherman apprit qu'un grand corps confédéré de cavalerie el d'artillerie, sous Wtieeler, ai^issait sur ses derrières et venait de capturer divers trains et petits postes le long du chemin de fer de Cbatlanooga. Ç'au* rait été, semble-t-il, une raison d'accélérer son mouvement oflensif pendant que Hood était privé d'une portion de ses forces. Sberman pensa an contraire que cet affaiblissement de son adversaire loi procurerait la possibilité d'atteindre son but seulement avec tome portion de ses forces avec sa cavalerie; il donna conlr'ordre aux divers corps el lança en avant six mille cavaliers sous Kilpatrick, [)oar répéter l'opération du général Me Gook, Kilpatrick partit bravement, dans la nuit du 18 au 19, de son camp de Sandtown, détruisit le chemin de fer de West-Poiot vers Fair-Bom, celui de Maçon vers Jonesboro, mais, ayant ' sans cesse sur les talons la cavalerie confédérée de Rop avec 4 pièces d'artillerie, il ne put pas s'arrêter aussi longtemps qu'il l'aurait follu à brdler des gares, des trains, des magasins et des ponts, de manière à inquiéter Atlanta, el il dut revenir précipitamment par Decatur, où il arriva le 27, ayant ainsi tourné tout autour des positions ennemies.
Quoique brillant, ce raid ne donnait pas de profit quant aux opérations générales, et Sherman dut reprendre de nouveau son projet de marche par la droite. On comprend que ce mouvement créât chez lui quelque hésitation, car il n'était pas sans péril, n s'agissait d'une marche de flanc pendant deux à trois jours au moins sous les canons de l'ennemi et tout en se gardant une hase et des ponts indispensables sur le Clialtahoochce. Cela, il est vrai, était
Ton ID. 0
maintenant facilité par tes nombreoi ouvrages de fortification que les fédéraux, depuis quelques semaines, avaieiit peu à peu élevé autour de la place ofll^nt un développe^ ment total d'une dizaine de milles. Les impedimenta et les malades fure'nt envoyés en arrière dans la tète de pont du Gliatlahoochee, et le mouvement commença décidément dans ia nuit du août.
Tandis que l'armée de l'Oliio restait en nUcau sur le front, les autres corps filèrent derrièreeUe,etle27 au soir les trois armées étaient eu train de se masser, Tarmôe du Tennessee à droite vers Fairbnm sur le chemin de fer de West-Poînt, l'armée du Gumberland an centre vers Red- Oak, l'armée de l'Obio à gauche vers IHggs et Mims. La journée du iS fut remplie à mieux concentrer les masses vers le centre et à détruire en grand le chemin de fer de Wcbl-Puiul. Tout cela sa lil .>ai)s aucun*' IcuUttivo d'attaque ou de résistance sérieuse de lluod, qui n'aurait cependant pas eu de meilleure occasion d'appliquer utilement la bravoure offensive qui lui avait valu son haut commandement.
Le S9, le général Sberman fit continuer la marche en pivotant sur la gauche pour faire front vers Test et atteindre le chemin de fer de Maçon. A la droite, Howard se dirigea sur Jonesboro; au centre, Thomas sur Gonch; à
la gauche, Schofield sur Morrows-Mills. Les routes à suivre étaient coupées par de nombreux ravins et cours d'eau du bassin de la rivière Flinl. Le soir, l'armée prendrait poï.iiion sur l'une de ces lignes parallèlement au chemin de fer. Le mouvenu m se fit en ivh bon ordre, avec quelques escarmoucbeâ seulement au centre et sur la gauche surtout
Le 30, l'armée se resserra tout en dirigeant Schofield contre le village de Roogb et Ready, sur le chemin de fer de Maçon, un peu au sud d'East-Point, oii l'ennemi était en position. Howard était en marche dans ce bat.
lorsqnll fot attaqué par les corps de Lee et de Hardee,
débouchant de Joneshoro. Après un combat d'environ deux heures les assaillants furent repoussés.
Pendant ce temps, Schofield avait atteint le chemin de fer k un mille au sud de Rough et lleady et s'était mis ii le détruire; les autres corps étaient soccessivemeot arrivés sor la ligne plus au sud et avaient aussitôt entrepris avec ardeur le tratail de destraction lusqu'à quatre ailles de Jonesboro, ce qni coupait complètement les commanicattODS d'Atlanta avec le Sud par toîo ferrée. L'armée de Hood> dont les deni corps de Hardee et de Lee ataient fait leur concentration principale à Jonesboro, tandis qne le reste tenait toujours Atlanta, était aussi coupée par son centre.
Pour ùvvr parti de cet avantage, Sherman détacha un nouveau rideau contre Atlanta et tourna son gros contre Jonesboro, tout en faisant continuer l'annihilation de la Toie. Dans la nuit suivante, l'ennemi évacua à la fois Atlanta et Jonesboro, après avoir fait sauter les arsenaux et poudrières de la place, et détruit ses magasins. Il se retira par la roule de Me Donongh, et Slocum, resté devant Atlanta tandis que Sherman avait suivi Hardee sur Lovejoy, occnpa la place le 2 septemlire.
Le premier but de la campagne était atteint. Dôs le 3, l'armée fédérale fut concentrée vers Atlanta; le 7, elle y était établie solidement et en bon ordre, l'armée du Gom> berland au centre, à Atlanta même et aux proches alentours, l'armée du Tennessee à droite vers East-Point, l'armée de l'Ohio à gauche vers Decatur.
Cette campagne offensive dé quatre mois, irréprochablement menée à part quelques détails que le général Sherman est le premier à confesser dans ses rapports, y compris le malheureux raid de Stoneman, était couronnée d'un entier succès, qui allait en permettre de plus marquants encore.
- un -
Sortes derrières, pendant les décisives opérations d'août et de septembre» le général eonfédérô Wbeeler avait tait beaucoup de brait et rien de plus. Il s'était avancé jasqne tout près de Nasbville; mats finalement traqué par les généraux Rousseau, Steadman et Granger qui ne lui laissèrent pas le temps d'enUtmor sérieusement les bases secoiiihiires et la ligne de communication de Sherman, ce rai 1 n'eut aucun proût pour les opérations de Hood, et ne lit au contraire que le priver d'une force qui lui aurait été fort utile pour couvrir les alentours de ses lignes si étendues d'AUanU à Jonesboro.
Le général Sherman fut récompensé de ses lauriers par le brevet de major-général dans l'armée régulière*
Atlanta transformé en base lédérale. — Evacuation forcée de la place par ses habitant» et polémique à ce sujet. — Opérations de Forrest et de Hood sur les derrières de Shernuoi. — Combat d'Alatoons. — Résolution de Sherman de laisser une partie de son armée à Thomas pour garder le Tennessee et Hood, et de traverser aveo le reste toute la Oéor* gie. ^ Dépêches à ce' sujet. ^ Organisation de la grande marche. — Arrivée de Sherman ft l'Atlantique. — Assaut du fort Mo AUister. Oooupatlon de Savannah.
Pendant que le général Sherman s'établissait à Atlanta, décidé à s'y faire une nouvelle et solide base pour d'u!lérieures opérations, les forces de Hood qui avaient d'abord été divisée^ Hardee et Lee vers Paliaetto*Station» et Hood avec Stuart vers Me Donongh, se réanirent aa snd-oaest d'Atlanta, les derniers ralliant les premiers. Se basant sur le chemin de fer de West^Point et sur l'état d'Alah.tma, ils s'établirent dans de nouvelles positions retranchées à Paimetto-Station , avec leur gauche très étendue vers le Chattahoochee et au-delà jusqu'à Powder- Spring, et leur droite tenant Jonesboro. De cette façon ils laissaient les fédérani indécis snr leurs futures entre> prises» et se ménageaient» par des ponts sur le GhaAta*
hoochee, aux environs de Hivcr-Town, le moyen d aller ûpcn*rsiir ses derrières,
llood reçut fiut hiin < renforts de l'AIabama, et à cette occasion ses états-majors subirent diverses mutatioDs. Stephea Lee remplaça Hardee appelé à Gbarlestoo; Gheatham prit le Gommandement de l'ancien corps de Hood, et Stewart garda dôfiDÎtiTement celoi de Polk La cavalerie, considérablement augmentée, fui groupée sons Wheeler. Le génC'ral Beauregard rerut la diiccùojti suprême de toutes les forces opérant dans la région centrale.
Le général Sherman eut aussi à réorganiser tes corps» où bon nombre d'bommes avaient fini leur tempe de •enrice et demandaient à rentrer dans leurs foyers. D^antres Tinrent les remplacer, soit comme recmes ou
convalescents ou réengagés des anciens régiments, soit
comme régiments nouveaux. Ces iiiiUa.iions amenèrent une répartition plus symétrique des unités supérieures comme suit :
L'armée du Tennessee, général Howard, fut consolidée en deux corps :
Le 15s sous le général Osterhans, comprenant les divisions Woods, U;i7,eu, John Saiilli ut Corse;
Le 17% sous Kansou, comprenant ies divisions Mower, Leggett et G.- A. Smitb, ayant encore avec lui un régiment de cavalerie noire Alabama et le i*' Missouri du génie avec un train de pontons.
Le général Scbofield retourna à son quartier-général de KnoxTilte, laissant le commandement du 83* corps au général Cox. La cavalerie fut formée en deux divisions, sous les généraux Garrard et Kiipatrick.
Plusieurs généraux reçureiil des congés temporaires pour aller s'occuper des élections présidentielles dans leurs étals, eoir'autres les généraux Logan et Btair.
Tout cela dit déjà que ia prise d'Atlanta par les fédé' iau& De fut pas immédiatdmeot saivie d'opérations a€tîTe& Le mois de septembre, en effet, s'éconla én réorganisation ei en préparatifs. Un des premiers soins de Sherman fot d'assurer sa ligne d'approvisionnement et sa nouvelle base. Dans ce but il plaça deux divisions, Newton du 40 et Morgan du 14*, k Ghattanooga, et une autre» la division Corse du 15% à Rome.
Il fit en même temps élever de nouTéaus ouvrages à Atlanta, et ordonna de faire de cette place un poste plus concentré et exclusivement militaire. Par un ordre du 4 septembre, autant pour se prémunir contre les dispositions hostiles des habitants que pour maintenir d'une manière plus serrée ia discipline, il fit savoir que la ville devait être évacuée par tout ce qui n'était pas militaire 00 attaché à Tannée fédérale, sanf les nègres, qui seraient admis à prêter le serment de fidélité et seraient employés a l'ai uiéô. Toute personne civile trouvée indûment dans la place serait remise au prévôt-maréchal pour être employée aux travaux des forts ou recrutée dans un des régiments, il en serait de même à Tégard de tous les postes au sud d'Atlanta.
Cette mesure sévère, mais indispensable à la conduite de la guerre dans une telle région, et que justifiaient du reste les dispositions do la population et son armement pour défendre les fortifications contre les fédéraux, donna lieu à de vives réclamations de la part des autorités de la ville et à des protestations de ia part du général Hood, voulant voir là une violation des lois habituelles de la guerre. Toute une polémique s'engagea qui fit grand bruit, car elle fut suivie avec attention par de nombreux lecteurs. Nous n'en ^aurions mieux foui iiir la substance (ju'eii donnant la traduction textuelle des deux, principales pièces.
Le 14 septembre les conseils d'Atlanta a(lre5:>èreul au général Shennao la loUre qui suil :
c MoDflieur. — Les soussignés, mairo ei membres du conseil de la ville d*Atlanla, étant pour le moment les seuls organes légaux de la i) ululation de la dite Tille pouvant exprimer ses besoins et ses vœux, tous demandent très sérieusement et tràs respectueusement de vouloir bien revenir de l'ordre lui enjoignant de quitter Atlanta.
> A première vue» il était évident que cette mesure nous imposerait de dures pertes» mais depuis que nous ravons vue partiellement en exécution» nous avons pu noDs convaincre qu'elle aurait les plus désastreuses con*
séqucaces et enj-^eiidiciait de terribles souffraiices.
> Maintes pauvres femmes sont en étal avancé de grossesse; d'autres ont des enfants en bas âge, et ont leur mari à l'armée, ou prisonnier ou tué. Les unes disent :
• J'ai un entant malade à la maison. Qui veillera sur lui 1 quand je serai loin ? > D'autres disent : < Qu'allons-
• nous faire? Où irons^nous ? Nous ne connaissqps point
> de maisons où nous puissions nous réfugier, nous » n'avons pas le moyen d'en conslruae, d'en louer, d'en » acbeter. Nous n'avons pas de parents, pas d'amis hors
> d'ici. • D'autres encore disent : • Je voudrais emporter
> tel objet, tel meuble; mais comment? Que deviendra
> ce qu'on laissera en arrière? > Nous leur répondons: « Le général Sherman, suivant ses ordres, fera transporter
> votre propriété mobilière à Rough et Ready, où le gé*
> néral Hood la prendra. • A cela on' nous réplique : « Mais nous voudrions quitter le chemin de fer à tel ou
> tel endroit; comment nous procurer les transports né-
> nécessaires? >
> Nous vous soumettons seulemènt ces quelques faits pour vous montrer les difficultés de l'application de cette
mesure. Lorsque yous aTancies, une bonne partie des popalatioos s'esl repliée sor Àllanta, puis de là pins au sud. La contrée au-delà est done déjà remplie de monde.
et sans maisons suffisantes pour Vy recevoir. Nous sommei» informés que l)eaucoup de gens doivent déjh s'entasser dans les églises ul dans d'autres bâlimt iits semblables. Gela étant, comment les gens encore ici, la plupart femmes et enfants, trouveront-ils à se loger? £t comment penser à les exposer aux rigueurs de rhiver dans tes bois» sans abri, sans subsistance» au milieu d'étrangers, impuissants d'&illeufe à les assister?
» Ce n'est là qu*une faible image des conséquences de cette mesure. Vous savez que les souffrances et les horreurs ne peuvent pas être exprimées par des mots. L'imagination seule peut se tes représenter, et nous vous demandons de vouloir bien prendre ces choses en considération.
> Nous savons que votre temps et votre esprit sont si constamment occupés par les soins de votre commandement, que nous hésitions <i appeler votre attention sur ce sujet. Ma!> en pensant qu'il se peut que vous ne l'ayez pas examiné sous toutes ses faces, et qu'en y réfléchissant davantage, vous veuillez, nous l'espérons, vous abstenir d'excepter notre population des lois de toute humanité, nous avons repris courage. Jamais un cas semblable ne s'est produit précédemment dans les Etats-Unis. Et qu'ont fait ces gens inoffensifs, pour être ainsi chassés de leurs demeures et réduits a devenir des vagabonds vivant de charité ?
f Nous ne savons pas exactement le chiffre de la population encore dan& DOS murs, mais nous sommes sûrs que, si on lui permet de rester chez elle, un nombre respectable pourra se nourrir sans assistance pendant plusieurs mois, et un autre nombre nsspectable plus longtemps encore, sans avoir besoin d'assistance.
» En résumé, nous vous demandons très sérieusement et 8oleooel1emeot de refenir de votre ordre, oa de ie modifier en ce seos qu'il soit permis à eette infortoiiée population de rester dans ses demeures» eu y vivant de ses petites ressources.
» iieipectueusemenl,
• (Signé) James M. Galhoun, maire.
> E. E. Rawson, conseiller.
t L. C. WtxLs, conseiller. »
A cela le générai Sberman répondit le lendemain comme suit :
« Messieurs. — J'ai rerii votre pétition du U demandant la révocation de mes ordres pour l'évacuation d'Atlanta par tous les habitants. Je l'ai lue attentivement et J'ajoute pleine foi à ce que vous me dites de la détresse qui résultera de cette mesure. Toutefois je ne révoquerai point mes ordres, et cela simplement parce qu'ils n'ont pas eu pour but de s'occuper du côte liamanitairc de la question, mais de me mettre en mesure de prcp irer dos luttes futures, dans lesquelles les intérêts de millions et même de centaines de millions de braves gens en debors d'Atlanta sont profondément engagés, il nous faut conquérir la paix, non-seulement à Atlanta, mais dans l'Amérique entière.
• Je connais le caractère vindicatif de nos ennemis, et je sais que nous pouvons peut-cire nous attendre à plusieurs années »ropératioiis militaires; c'esl pour cela qu'il me paraît prudent de prendre les mesures nécessaires en temps opportun. La destination d'Atlanta comme place de guerre est inconciliable avec les mœurs d'une cité paci* flque. U n'y aura plus nt industrie, ni commerce, ni agriculture pour fournir aux besoins des fomilles, et tAt ou tard la misère chasserait tous les habitants. Pourquoi ne
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pas s'en aller aujourd hui, ituistjue toutes les dispositions 80Dt prîMS pour laciiitâr ïù dépbuseniMl <to U popolaliOD, au tiea d'attendre que les boulets plongeante des deoi armées en latte renouvellent les scènes du mois
écoulé?... Je ne puis traiter avec vous ce sujet d'une manière complète, car il faudiail vous faire {lart de ce que je veux ealieprendre; mais je vous affirme (jue mes plans militaires me foni une nécessité de renvoyer les babiiants d'Atlanta, et je ne pois que tous renouYoler mes offres de service afin que cette émigration dans l'un ou l'autre sens s'accomplisse, autant qu'il est possible, d'une manière facile et confortable.
» Vous ne pourrez jannis témoigner pour la guerre plus d'horreur que je n'en éprouve moi-même. La guerre c'est la cruauté» et vous ne réussirez point à l'adoucir. Aussi les bonkmes qni ont déchaîné ce fléau sur le pays méritent-ils toutes les imprécations, toutes les malédictions qu'un peuple peut foire tomber sur leurs 4ètes. Pour ma part, je n'ai rien fait pour amener cette guerre, eljciciiique je fais aujourd'lmi un plus gi autl sacrifice que vous pour assurer le retour de la paix, loulelois il vous est impossible d'avoir la paix tant que la nation restera divisée. Si les Ëtals-Uois acceptent mainleoaDt la sciswon» ils n'en resteront point et le travail de dé* sorganisation continuera jusqu'à ce que nous partagions le sort du Mexique, c'est-à-dire la guerre civile en permanence... Revenez à l'Union, reconnaissez de nouveau l'autorité du gouvernement national, au lieu d ciaployer vos maisons, vos lues, vos grandes roules aux terribles nécessités de ia guerre, nous deviendrons aussitôt, moi et mon armée, vos protecteurs et vos soutiens, et nous vous garantirons du danger, de quelque côté qu'il puisse venir.».
» 11 vaudrait autant pour vous protester contre la fou*
— uo —
dre que d'eo appeler de ces terribles épreuves de ia goenre. Elles sont inéritabtes, et le seul moyen par le* quel les habitanfs d'Atlanta pourront retrouTer un Jour ebez eax ia paix et la tranquillité, c'est de mettre un terme h la {îuorrc, en avouant qu'elle commença dans riniquilê et qu'elle se continue par l'orpfueil. Nous ne voulons ni vos nègres , ni vos chevaux» ni vos maisons, ni votre terre, ni quoi que ce soit de ce qui vous appartient; mais nous vous demandons et nous obtiendrons de votre part une juste obéissance anx lois des Etats «Unis. Nous arriverons à ce but, dussions-nous pour cela détruire toutes vos propriétés.
» Je le répète, en vertu du contrat national, les Etats- Unis avaient en Géorgie certains droits qui n'ont point été abandonnés et qui ne le seront jamais. Les Etats do Sud ont commencé la guerre en s'emparant des forts, des arsenaux, des monnaies, des douanes bien avant llnstallation de M. Lincoln, et cela sans avoir l'ombre, l'apparence d'une provocation. Moi-même j'ai vu dans le Missouri, le Kentucky, le Tennessee, le Missis^îipi des centaines et des milliers de femmes et d'enfants qui s'enfuyaient de devant vos armées, désespérés, faméliques et les pieds ensanglantés. A Mempbis, à Vicksburg, et dans l'intérieur du Mississipi nous avons nourri par milliers et par milliers les familles de soldats rebelles que vous aviez laissées à notre charere et que nous ne pouvions nous résoudre à voir soulTrir. Maintenant que le fléau vous visite à votre tour, vous changez de sentiments, vous m-LUi lissez les horreurs de la guerre; mais elles vous étaient indifféren- . tes lorsque vous expédiiez par le chemin de fer soldats et munitions, boulets et mitraille dans le Kentucky et le Tennessee pour désoler les demeures de centaines et de milliers de bons citoyens qui demandaient seulement à à vivre en paix à leurs foyers et sous le gouvernement
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que ^élaieùt donné leurs ancêtres. Tontcfois ced rappro* cbements ne servent à rien. Je veai la paii, je crois qu'on ne peut l'obtenir que par le rétablissemenl de l'Union et par la guerre, et je eombatsdaos Tonique intention d'arriver à ce résultat prochainement et d'une manière complète.
» Quoi qu'il en soit, messieurs, (jiKuid (••'lté paix sera venue, vuub pourrez coni[)ler entièrement sur moi. Ahirs je partagerai avec vous mon dernier morceau de pain, et je yeilleraî sur tous pour défendre vos demeures et vos familles contre le danger, de quelque part qu'il vienne. Maintenant il vous faut partir. Emmenez avec vous les viellards et les invalides, nourrissez et soignez-les, construisez pour eux en des contrées plus tranquilles des habitations convenables pour les {garantir des inttanpéries, jusqu'à ce qu'enfin les folles passions des hommes se soient calmées et permettent à l'Union et à la paix de s'établir de nouveau dans vos anciennes demeures d'Atlanta. »
Aussitôt que tous les arrangements pour l'exécution de la dite mesure furent terminus, Slitîrniaii la notifia au général Hood sous pavillon parlementaire, et lui proposa dans ce but un armistice de dix jours, à dater du i% septembre, limité à la contrée de Rougb et Ready et à deux milles à la ronde, où se. transporteraient les fa* milles désirant se réfugier au Sud. Hood accepta en protestant dans ces termes :
t l*ermeltez-moi d'ajouter que la mesure sans précédent que vous proposez dépasse en cruauté raffinée tous les actes à ma connaissiincc de la sombre liisiuire de cette guerre. Au nom de Dieu et de Thumanité, je proteste contre cet acte expulsant de leurs foyers les femmes et les enfants d'un brave peuple. >
Le général Sberman répliqua te même jour au général Hood comme suit:
< Général, j'ai rbonoeur de voos accusér réception da Toire lettre de ce jour, remise par MM. Balt el Graw, eonseotaol à l'arrangement proposé poor faciliter i'éiracoation vers le Sud de la partie de la popalation d'Atlanta qui préfère aller dans cette direction, le Toas envoie ci-joint une copie de mes ordres, qui vous feront connaître parfaitement, je pense, mes intentions.
» Vous dites que la mesure proposée est « sans précédent, » et vous en appelez à la < sombre histoire de cette guerre pour un équivalent à cet acte de raffinée et ingénieuse cruauté. • Elle n'est pas sans précédent, puis* que le général Jobnston lui-même l'a appliquée sagement et complètement en amenant à Atlanta toutes les popula« tiens depuis Dalton. Je ne vois pas pourquoi Atlanta ferait une exception. Il n'est pas non plus nécessaire d'en appeler à « la sombre histoire de la guerre » quand il y a tant d'exempl* s sous les yeux. Vous-même, vous avez brûlé toutes les maisons le long de vos glacis, et j'ai vu aujourd'hui cinquante maisons que vous avez rendues inhabitables, parce qu'elles se sont trouvée& sur votre chemin et sur celui de vos bommes. Vous avez établi vos défenses d'Atlanta si prés de la Tille, que cbacun de nos boulets et beaucoup de nos balles, manquant leur but, allaient frapper des habitations de femmes et d'enfants. Le gé- , néral llardce fit la même chose k Jonesboro, el le général Johnston aussi- de même à Jackson, en Mississipi.
• Je ne vous ai pas accusé de cruauté sans coeur pour cela, et je pourrais citer cent autres exemptes où je laisserais tout bonnéte homme juge de prononcer lequel d Wre nous a eu de la pitié pour les familles d'un ■ brave peuple. » L'humanité commande que ces familles d'Atlanla soient éloignées de scènes auxquelles on ne doit pas exposer des femmes et des enfants, et le « brave peuple » doit dédaicrner de lal^ser ses femmes el ses enfants aux $oin$ de barbares, comme vous dites, violant les règles
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de la gaerre, telles qu'elles sont enregistrées dans les I»age8 de la f sombre histoire. »
• Au nom du sens commun, je yoqs demande de n'en pas appeler d'une manière aussi sacrilège à un Dieu juste, TOUS qui, au milieu de la paix et de la prospérité, avez plongé la nation dans la guerre, dans une sombre et cruelle guerre: vous qui nous avez forcé à combattre, qui avez insulté notre drapeau, saisi nos arsenaux et nos (bris laissés à la garde honorable d'un paciiîque sergent» capturé les premières garnisons placées cliez vous pour TOUS protéger contre les nègres et les Indiens, longtemps avant qu'aucun acte ait été commis contre vous par le « haineux gouTememeot de Lincoln; > tous qui aTez cherché à forcer le Missouri et le Kentockj d*entrer dans la.rebeUion contre leur gré; qui avez f&lsiflé le Tote de la Louisiane, jeté vos corsaires conlie d inaocents bâtiments marchands, chassé des familles unionistes par milliers, brûlé leurs maisons et déclaré par acte de votre congrès la confiscation de toutes les créances dues aux gens du Nord pour marchandises reçues d'eux. Si nous devons être ennemis, soyons aussi des hommes sachant eomhat« tre, sans faire d'hypocrites appels à Dieu et à l'humanité.
» Dieu nous jugera à notre temps, et il prononcera lequel est le plus humain de combattre dans une ville pleine de femmes et de lamilles d'un « brave petiple, » ou d'éloigner celles-ci à temps pour qu'elles puissent se mettre en sûreté parmi les leurs. »
Pendant l'armistice, 446 familles^ dont 705 adultes, 860 enfants et 79 domestiques, furent éTacuès sur Rough et Ready et vers le Sud , avec un bagage de 680 liTres en moyenne par famille. Un beaucoup plus grand nombre de familles fut évacué, à leur demande, du côté du iNord.
Ce furent les confédérés qui rouvrirent les premiers les hostilités vers la fin de septembre. Le président Jefferson
0avis venait de les visiter» et daas toas les discours qu'il avait dû pronoDcer à cette occasioii, il avait aDnoDoé la ruÎDO prochaiDe des envahisseurs, se trouvant à Atlanta, disaU4l, dans une position pire que celle de Napoléon à Moscou en 4813. La rivière du Tennessee serait sa Bérésina ; les confédérés iraient de nouveau libérer les Etals du Tennessee, du Kentucky, et montrer leur drapeau victorieux sur i'Ohio.
Le fait est que les cosaques de Platow avaient de dignes émules dans les cavaliers de Forrest. Ce damier se lança de nouveau vers le nord et franchit le Tenneflsee le SO septembre» près de Waterloo en Alabama, détruisit une portion du chemin de fer entre Decatur et Athènes, s'empara de cette place et de deus mille de ses défenseurs, puis ilu poste et de la garnison de Sulphui -Braiich. Arrêté le 27 septembre devant Tiilaski, il va détruire le chemin de fer de Challanoofça-Nasliville aux cnviiuns de Tiillahoma et de Dechard. Pourchassé par Rousseau et par Steadman, Forrest se retire sur Fayetteviile, où il pai tage son corps en deux colonnes^ une sous lui de trois mille cavaliers et une sous le général Buford de quatre mille. Tandis que ce dernier court vers l'Alabama et va livrer des combats vers Huntsville et sous Athènes,' Forrest apparaît devant Columbia le l**"" octobre et fourrage tous les environs pendant deux à trois jours. Dans la nuit du 4, it envahit I.awi eiiceijourg cl finit par repasser le Tennessee le 6 à Bainbridge, après avoir considérablement endommagé le chemin de fer. Deux jours auparavant, Buford avait aussi repassé le Tennessee k Browns-Ferry. Ces courses de cavalerie n^avaient été que le prélude d'un mouvement bien plus important. Le 1*' octobre, Tannée de Hood se mit en marche sur leurs traces vera le nord; la cavalerie prenant l'avance se jeta sur les commonica* tion> diiectes de Sherman à Marietta, tandis que les trois corps d'infanterie se dirigèrent sur Dallas.
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ShermaD, même sans ies discours de Jeflferson DàTis, n*aaraU pas eu de peine à pénétrer TintentioB de son adversaire. Les poinles de Wheeler et de Forrest avaiect déjà e« pour résultat de le nettre en garde de oe côté» et II avait lait renforaer qoelqnesnans des postes aasoraet sa li^ne d'approvisionnement. Les deux divisions Newton et Morgan allèrent renforc(>r la division Sieadman à Chatlanooga; avec lt3S quatre mille c ivaliors de Huuaseau et trois mille autres sous Washburo qui vinrent s'y joindre de lleinphis» cela faisait nue force capabie de résister de front k une première attaque en attendant qoe des secours arrivassent aoil do reste de l*amée, soil des dépôts do nord. LeS8 septembre, Sherman envoya Thomas prendre le commatidciuentde celle armée qui, le 3 octobre, établit son quartier-général à ISasli ville.
Après avoir paré à la sécurité de la base principale de Itiasbviile et par elle du Tennessee, il s'agissait toutefois de ne pas laiaeer Hood en oser à son gré avec les bases secondaires el les points intermédiaires* Rome» Gbattanooga, Allatoona entre autres, où se trouvaient de vastes magasins et de pfécienses ressources en approvisionnements et en matériel ne pouvaient lui être abandonnés, ne tùL-ce que pour quelques instants.
Aussi, dès le 4 oclobre, le général Slicrman se mit aux. trousses de Hood, en ne laissant que Slocum avec le âÛ« corps à la garde d'Atlanta. 11 alla d'abord prendre posi> tion à KenesaW'Moontaîn. En avance sur lui marchait la division confédérée Franch, qui avait détruit le- chemin de fer et le télégraphe dans tous les environs de Big-Santy et allait nierutcer les magasins d'Allaloona, où était concentré plus d'un million de rations, sous la garde d*un seul régiment, le 93«' Illinois, commandé par le lieutenant-colonel Tourtelotle.
L'inquiétude de Sberman à l'endroit de ce poste im*
portadt était augmentée par le tait que le télégraphe étant rompu il ne pouvait ni prévenir Tourtelotle du danger qui le menaçait, ni lui faire envoyer de prompts renforts des postes Toisiiis oa à sa portée par le chemta de 1er. Toutefois» au moyen de hardies estafettes et de ses officiers do corps des signaux, il parrint à faire transmettre dans la matinée du 5 octobre, au général Corse, à Rome, !*avis de se transporter immédiatement avec sa division à à Allaloona. Corse partit sui -le-cliamp par chemjn de ter avec un train de deux r^imeois d'iotaïUehe, et il atteignit Allatoona à une heure après-midi.
Un accident de machine empdclia le départ immédiat du train pour aller prendre un second confoi. C'était fatal, car entre deoi et trois heures la division Freneh arriva devant la place. liUe commença au^sitôl rallaquL' en même temps que l'investissement. Celui-ci était complet le 6 au matin.
Après une canonnade de deux heures, Freneh somma les défenseurs de se rendre dans le déhii de cinq minutes, sans quoi il donnerait l'assaut Corse, qui a?ait deux mille hommes et SIS canons, repoussa cette sommation, comme il espérait repousser aussi l'attaque des six à sept mille hommes de son adversaire. Celle-ci ne se fit pas attendre et fut erUrepnseavec une grande ardeur.Mais les ouvrages étaient très solides, bien disposés, et les défenseurs s'inspiranl de l'énergie de leur chef se montrèrent inébranUi* bles. Les assaillants furent repoussés. Retenant à la charge jusqu'à quatre fois, Freneh fui toujours refoulé a?ec des pertes sensibles.
Vers les 1 1 heures du même matin, Sherman avait personnellenient atteint le Mont-Kenesaw, à 18 milles de là. et il avait pu voir et cn(t iidre la canonnade. Trop loin pour espérer de secourir Allatoona à temps, Sherman recourut encore à ses vigies et à son utile et habile corps de si*
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g&aux. Sur toutes les pointes environnantes allèrent s'agiter, par les soios du capitame BaichUl, les petits drapeaux télégraphiques pour crier, à Ja garoison de tenir boD» que ie général arrirail au secours. Goumui de montagne en montagne, le signal finit par parvenir à Corse, qui donna la réponse que la place tenait et tiendrait jus-
qu au bout.
Rassuré par celle nouvelle et par la cei lilude que Corse, dont il connaissait I tu roïque fermeté, avait réussi à entrer dans les lignes d'Allatoona, Sherman fit aussitôt avancer des troupes dans cette direction, ainsi que d'autres dans celle de Dallas, pour menacer le flanc de French. L^Mrrtvée, dans ta soirée, des à* et IS* corps au mont des i^iis ^i'iiie Mountainj et du 23^ corps ver-s Dallas, fit renoncer Freocb à sou eutreprise, et il se retira, le 7, sur Dallas.
Pendant ce temps le gros de Hood avait marché rapidement droit au nord sur Resaca. Sherman, avisé de la chose par sa cavalerie, mit aussi son armée en route vers le nord. Après deux jours de forte marche il arriva
avec son gros à Kingston, le 11. Le lendemain la marclie fut coultfmee sur Rome, une biigadc de llazen y avant été lancée à tout hasard par le chemin de fer, pour tâcher d'y prévenir l*ennemi. Le flanc de celui-ci fui en même temps menacé par la cavalerie de Garrard et par le 23" corps envoyés au-delà de i'Oostanaula. Garrard réussit à déloger une portion des forces confédérées de ta petite vallée de Gbattooga en leur enlevant deux canons. D'autre part des reconnaissances de Corse montrérent que le mouvement de Hood sur Rome n*était qu'une feinte, et qu'il se dirigeait plus au nord sur Resaca et Dallon.
Sur ces avis Sherman se mit en route, le 13, vers Resaca, laissant à Corse te soin de tenir Rome. Les divisions
Beilknap, du 17« corps, Ransom, (îe l'armée de Ho\var(î, fureut lancées on avant en chemin do ler sur Resaca, où elles arrivèreDt te soir vers minuit. L'effectif d'une bri« gade, sous le colonel Baum, y avait déjà été envoyé les jours précédents» el aTait bravé le 12 au soir, deax attaques et les sommations de Hood. Geloi-ci oe s7 était pas arrêté longtemps» il est vrai; it avait coDtinaé sa roataplus au nord, avait capturé tes garnisons de Tilton et de Dation, et détrait un grand parcours du chemin de fer.
Le 44 au soir Sherman arriva k Resaca avec le gros de son armée. Le 45 il envoya l'armée du Tennessee sur Snake-Creek-Gap, afin d'y retenir l'eunami» j&L Stanley, avec le 4° et le 14* corps, sur Tilton, à travers les montagnes de Viilanow, pour agir sur le flanc de Hood ou le f6rcer à livrer bataille. Hais celui-ci ne cherchait pas cette gloire pour le moment; il céda et s'échappa par Snake- Greek-Gap, avant que l'avant-garde de Hovrard l'eât atteint, il se retira au sud rapidement par la vallée de Coosa, pour s'établir vers Gadsden, occupant les délilés entre la rivière et les montagnes Lookout.
Le 10 octobre Sberman porta son armée dans la direction de Lafayelle, où il refoula les avant-postes ennemis; puis il s'établit un camp àTaylors^Ridge, vers le col Ship. Le 47 l'armée du Tennessee s'avança sur Lafayette, tandis que les autres corps restèrent dans le camp. Le 1$ elle traversa le Chattooga, à Tryons-Factory et vint camper vers Summerville. Le 49 elle atteignit Alpine, et Tannée du Cumberland Summerviiic, Le -JO elles s'avancèrent ensemble sur Gaylesville, où le 23* corps et la cavelcrie Garrard arrivèrent aussi, ayant marché par Viliauow, Dirt-Town et Govcrs-Gap.
Les dislocations furent rectifiées de manière à ce que l'armée du Tennessee s'établît sur Little-Ri ver, Tannée de l'Obio à Gedar-Blutr, avec un pont sur le Goosa, et en s'étendant vers les montagnes du Centre et Bleues; Tar-
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mée du Gumberland en réserve à GayleftvîUe* Daos cette riche vallée da Gbattoo^ l66 provisions ne manquaient pas, les fédéraux pouvaieni y rosier quelque temps en vivant du pays. Sheman sV mit en observation, pendant qu'il faisait restaurer la voie ferrée» détruite sur un par* cours d'une trentaine de milles.
Là il menaçait du gros de ses forces les communications de Hood, tandis que celui-ci croyait de son côté entamer vivement celles de son adveratre. Lee uns et les autres, obligés de traîner des vivres avec eux pour plusieurs jours, avaient fait en somme peu de chemin; mais Hood avait montré une mobilité d'offensive qu'on ne lui supposait pas et à laquelle on n'était habitué jusqu'ici que de la part de raids de cavalerie.
Sa i<\che n'était pas fai Ne. car, outre les forces de Sherman qu'il avait à ses trousses, il rencontrait devant lui l'armée de Tliomas. Celui-ci avait laissé les postes du Nord-Âlabama, Decatur, Hontsville, Stevenson, à la garda de leurs seules garnisons, et avait concentré son monde aux environs de Ghattanooga et de Bridgeport. Rousseau avait été rappelé de la poursuite de Forrest pour masser sa cavalerie et son infanterie montée vers Athènes; la brigade de cavalerie Groxton avait à veiller aux passages du Tennessee, de Decatur à Eatsport; enfin la division Morgan du ik* corps alla renforcer les dlvisionb deja k Chatlariooga.
C'était faire cerles beaucoup d'honneur à la petite armée de Hood que de lui vouer Uiui d eilorts. On voulait, il est vrai, la couper de ses communications, en môme temps que l'empôcber de franchir le Tennessee, et couvrir tous les points du chemin de fer Nashville-Ghattanooga^ Atlanta, ce qui pouvait bien exiger ces grands mouvements de troupes. lis ramenaient les armées belligérantes à peu près sur le même terrain où elles avaient ouvert la campagne au printemps, mais dans des situations près*
<iue inverses» puisque Slierman avait maintenant sa hase à Atlanta, tandis qu'en mat elle étaîl le principal appui de son adversaire Johnslon.
Toutefois des opérations de cette nature ne pouvaient guère se polontrer; elles devenaient trop palpablement ridîcnlrs pour le Nord. F.lles montraient la grande armée du centre s*ûpuisant à revenir sur ses pas et à reperdre tout le terrain de ses exploits pour courir après un minime et insaisissable adversaire, ou se paralysant à un service de simple garde-voie.
Cela surtout ne pouvait convenir sous aucun rapport à un clitif du tempérament de Sherman. Après avoir reconduit Hood jusqu'à portée de Thomas, il pensa que le moment était venu de réaliser un projet couvé depuis longtemps et d'employer ses forces d'une manière plus % active et plus utile. Il les partagerait en deux portions : l'une sous Thomas, qui tiendrait téle à Hood, couvrirait le Tennessee contre ses invasions et le suivrait sans relâche, s'il rctou ruait vers le sud; i auLre qu'il commanderait lui-même et avec laquelle il s'enloncerait plus au sud dans la Géorgie pour atteindre l'Atlantique.
Déjà au printemps il avait été question de celte entreprise dans les pourpalers entre Sherman et Grant, et celui-ci ne fut pas surpris quand Sherman la reprit formellement dans une communication eu date du iO octobre, de GeuU eville en Géorgie.
Le général Granl y donna son assentiiueut dès le len demain par dépèche télégraphique, mnis en faisant savoir qu'avant la prise de Hichmond il ne pouvait pas envoyer de renforts à Thomas, ni de troupes à Savannah, comme Sherman Teût voulu, et en désirant qu'on couTrit le Tennessee le plus possihie.
Le même jour, 4f octobre, d'explicatives dépêches furent échangées par le télégraphe entre les quartiers* généiaux de Sherman et de Grant comme suit ;
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« lùngâloa-Goor^e, 11 oclobre, h 11 beureà 11 miaule» du matin*
> Au lieutenant-général Grant,
» Hood a transporté son armée de Paimetto-Stalion par Dallas et Gedartown sur le Coosa-River» au sud de Rome» où il est aetuellement. Il a jeté uo corps sur ma route à Ackwordh, que j'ai été obligé de suivre. Je tiens Atlanta a?ee le 20- corps et j'ai de forts détachements tout le long de la ligne. Gela réduit comparativement de beaucoup ma force active. Nous ne pouvons pas rester ici en défensive. Avec 23,000 hommes et sa hardie cavalerie Pennemi peut toujours rompre mes communications. Je préférerais infiniment faire mon deuil du chemin de fer et de toute la eontrée de Ghattanooga à Atlanta, y compris cette dernière ville, envoyer en arriére tous mes blessés, impotents, etc., et m'avancer avec l'armée active vers la mer à travers la Géorgie. Hood pourra retourner en Tennessee et en Kenlucky , mais je crois qu'il sera plutôt forcé de me suivre. Au lieu d ètre en défensive, je serai en offensive, au lieu de devoir veiller à ce qu'il fera, c'est lui qui devra veiller à mes plans. La diflférence à la guerre est d'au moins 25 %. Je peux gagner Savannah, Gbarleston ou les bouches du Gbattahoocbee.— Prompte réponse, car je sais que je n'aurai pas le télégraphe longtemps.
> (Signé) W."?. SHERiiaNN, maj.-gén. >
A .cette dépèche le général Grant répondit aussitôt comme suit :
« Gily-Poioi, Virgioie, Il oc(ot)ro id6k, 11 l|SI hearas du niaiio.
* Au major-général Sherman,
> Reçu votre dépêche d'aujourd'hui. Si vous êtes sûr de pouvoir foire votre expédition vers la mer, tout en tenant fermement la rivière^* Tennessee, vous pouvea la
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faire, en détruisiinl luul le cliemiu de fer au Mid de DallOQ OU do CIjallaûooga, comme vous jugerez le mieuji. » (Signé) U.-S. Ghant, licut.-général. » Deux jours après, Shermaa demanda qae ses iostructioQS lai permissent diverses alternatites sur lametllenre rould à choisir à travers la Géorgie, suivant les circons* tances. < Quand vous apprendrez que je serai en ronle, ajoiita-t-il, ayez l'œil sur Morris-Island, vers Charleslun, sur Ossabaw-Sound, au sud do Savannah, en Géorgie, sur les baies de Pensacola cl de Mobile. J'arriverai vers l'un ou l'autre de ces points, et croyez que je pourrai occuper Maçon, Milledgwiile, Augusta et Savannah en Géorgie, et prohablement de là aller prendre à revers Gharleston. Ce mouvement n'est pas purement militaire ou blialcgique, mais il témoignera de la vulnérabilité du sud. • .
Le général Grant eut encore le temps de répliquer en donnant son consentement, tout en indiquant sa préférance pour Savannah comme objectif, et Dalton comme la limite au nord de la destruction du chemin de fer.
Les préparatifs de la grande marche furent aussitôt
ordonné^i et poussés avec activité par le général Sherman.
lis n'étaient pas sans dilliculté vu la conditition de tenir ferme la rivière du Tennessee contre les entreprises de Hood, secondés des raids de Forrest. A cet effet, Thomas fut renforcé du corps, Stanley, du 23% Scbofield, de deux divisions du 16* corps dans le Missouri, et d'une nouvelle remonte de cavalerie soignée par le général Witson, arrivant de l'armée du Potomac. Le tout, vu la faiblesse des régiments, ne lui ferait pas plus de 35,000 hommes d'armée active, dont 7 a 8000 cavaliers. Il lui ait en outre une vingtaine de mille bommes dans les garnisons de Murtresboro, Stevenson, Bridgeport, Huntsville, Decatur, Ghattanooga et Daiton. C'était hieo
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suffisant, ea sachant las employer ei se servir des fortifications àéjk établies pour tenir tète SQi trois corps de Ilood, même secondés des intrépides cavaliers de Forrest,
de Wheeler et de Roddy, alors concentrés vers Florefice, et comptant en tout une quar iniiniH^ di^ mille hommes au plus. Il fut particuiièrenieiit recommandé k Thomas, mis au Gooraot par Sherman de tous les détails de son plan de campagne, de toujours tenir les traces de Hood et de ne pas le laisser s'échapper vers le sud.
Thomas n^eut pas ce souci. Hood ne pensait qu'à envahir le Tennessee; dans ce but il réussît à dé|oaer la vigilance de Croxton et à se loger sur la rive droite de la rivière, le 30 octobre, à environ trois milles au-dessus de Florence. En apprenant cela Sherman répondit à l'officier qui lui en apportait le message qu'il fournii-ait volontiers à Hood des rations pour sa campagne.
U avait, âaos oes entrefaites, replié peu à peu vers Allanta les troupes qu'il voulait emmener avec lui, en détruisant le éhenin de fsr sur ses derrières, depuis Dalton. La il novembre il échangea de Kingston ses dernières d^éebes avec le général Halleek à Washington, et le 12 il commença cette romanesque et crrandiose marche, grandie pai" le mystère et par ia nouvrautê, et qui tint en suspens pendant deux mois toutes les popu« lations des Etats-Unis.
Les troupes que Sherman avait gardées avec lui corn* prenaient un elTeclif total d'environ 05 mîtle hommes» la plupart vétérans des contrées de i^Ouest.
filles furent réparties en ailes» corps et divisions comme suit:
Aile droite, général Howard, deux corps:
15* corps, Osterhans; divisions Woods, Uasen, John
Smith, Corse.
17* corps, Biair; divisions Mower, Leggetl, Giles Smith.
Aile gauche, général Slocura, deux corf>«; : 14* corps, Jeff. Davis; divisions Garlin, Morgan, Baird. 90* corpSk Williams; dtvisioos Jackson, Geai?, Ward. Cavalerie Kilpalrick; les deai brigades Marray et AtkîDS.
Artillerie : n pièces.
Pour la marche les dispositions suivantes furent prescrites par ordre géaéral en date de Kingston du 9 no- Yemhre :
« L L'ordre babitoel de marche sera autant que possible eo quatre colounes sur quatre roules différentes et parallèles on conTergeant aux points qui seront indiqués dans les ordres jonmaliers. La cavalerie do général Ktl* patrick recevra les ordres spéciani da commandant en chef.
» H. Il n'y aura pas de train i^'ciitTal d'approvisionnement: chaque corps aura son propre train de munitions et de provisions, distribué ordinairement comme sait: Derrière chaque régiment marcheront an cbar et une ambulance; derrière chaque brigade une proportion convenable de chars de munitions, de provisions et d*imbu* lance. En cas de danger chaque chef de corps armée pourra changer cet ordre de marche, de manière à dé* barrasser de leurs voitures les brigades d'avant et d'arrière-garde. Les diverses colonnes partiront ordiuairerement à 7 heures du matin et miLi cheronl quinze milles par jour, à moins qu il n'eu dOii ordonné autrement.
• III. L'armée vivra du pays pendant la marche. A cet effet chaque brigade organisera un parti convenable de fourrageurs sous un des meilleurs officiers, qui recueillera le long de Ut route toutes les provisions et tes fourrages nécessaires ponr que les chars d'approvisionnement soient toujours garnis de 10 jours de rations au moins. Il e^ défendu aux soldats non fourrageurs d'entrer dans les habitations ou d'y commettre aucun dégât. Dans les
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halles ou au bivouac il leur sera permis en refanche dd rectteillir idas l^mnes, ainsi que le bélail Bur le front de lenrseorpa.
• IV. Les oommaiidaotB de corps d*année ont la eoM« pélenee de bire détruire les moulins, 1^ maisons, les filatures, etc., et à cet égard on suivra les principes ci-dossons : Dans les districts où l'armée ne sera pas molusieo aucune tieslruction de propriété ne sera permise; mais là où des guérillas entraveront notre marche, et où les • iMibitants auront brûlé les ponts, obstrué les rentes on comnis d'Antres actes d'hostilités locales» les comman» danis de corps d'armée feront procéder comme représailles à des destructions pins ou moins grandes.
» V. La cavalerie et l'artillerie ponrront s'approprier sans limite les chevaux, mnlels et Toitures des habitants, en (listinguaDt toutefois eiiLre les gens riches, ordinairement hostiles, et les pauvres ou les industriels, ordinairement neutres ou amis. Les partis de fourrageurs pourront aussi prendre des chevaux et mulets pour remplacer les leurs, ou pour servir de bêtes de somme aai régiments, ils s'abstiendront en tont temps de paroles menaçantes; les officiers donneront des certificats par écrit des réquisitions» si on les leur demande, mais pas des récépissés. Ils s'efforceront de laisser k chaque famille une portion raisonnable de leur propriété.
» VI. Les nègres valides et pouvant être utilisés aux diverses colonnes pourront être recueillis et emmenés; mais chaque commandant de corps d'année se rappellera lonjonrs que la qestion des subsistances est très importante et que son premier devoir est de nourrir ses hommes armés.
» Vn. L'organisation immédiate d'un bon bataiUon de
pionniers pour chaque corps d'armée et composé, si possible de nègres, est aussi recommandée. Ce bataillon suivrait 1 avant-garde pour réparer et élargir les routes, aiia
que les colonnes ne soient pas retardées par les maufais passages. De mÂne» les eheii de corps d'armée doivent s'exercer à faire marcber IMufanterie à côté des routes, pour laisser celles-ci à l'artillerie et aux voilares. Ils doi- Tent aussi instruire la troupe à assister les voitures aux montées et aux mauvais passages.
> VIII. Le capitaine Poe, in<ïénieiii -cliof, assignera à chaque aile un train de ponlons. compltitemenl équipé ei • organisé, avec une escorte [jcrijuioenle convenable, t
En cinq à six jours toutes les mesures préliminaires furent mises à exécution; les trains furentdivisés et cliargés; les batailloDS depiomiiefe nègres forméSi conduisant avec eux une trentaine de mulets chargés d'outils daps des pa<* jiiere 00 des caisses en besace. Les bâtiments publics de Rome Airent détruits par Corse; ceux d'Atlanta le forent par Poe, et le 14 le gros de l année se mit en route des environs d'Atlanta vers le sud. Une seule brigade du MassachusseU resta encore à xUlanta avec le capitaine Poe, jpour en achever la destruction. Ces derniers corps en partirent le 46 dans la nuit, à la lueur de Tincendie et aux sons de l'hymne de John Brown, jouée par la Êuaikre du 33* llassachussets.
Il n'était pas à prévoir que la marche de 6S mille hommes bien organisés, armés et équipés, rencontrât de grandes difficultés, tant que lïood serait retenu au aord par ses beaux pUiis de campa^jne et par la vigilance de Thomas. Il y aurait toutefois à lutter contre des milices locales, contre des coureurs de cavalerie, contre quelques garnisons sédentaires sur des points importants, à Maçon, à SliUedgeville la capitale, à la prison de Milieu, à Augusta et contre les diUGcultés du terrain offrant de nombreux cours d'eau à traverser.
Trois rivières entre autres pouvaient servir à l'ennemi de lignes de défense, à savoir FOcmulgee passant à Maçon, et rOcouu passant a MilledgcvUic, toutes Ueui affluents
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fie l'Alatamaha. qui se jette dans l'Atlantique vers Darien, a enviroû 50 mules au sud de Savannaii, puis l O^echee qui id jette daos la baie d'Ossabaw, à une quinzaine de milles au sud de Sayaouab. Les routes ne manquaieot pa» pour marcher d'Atlanta dans la direction de Savaonab. La principale était le chemin de fer de 3ilacoo, se courbant un peu Ters le snd pour atteindre cette TiUe» pais courant de là sur Savannah en faisant une antre coarbe fcrs le nord et en passant entre autres à Goi Joii, Sdiidcrsville, Botswick, Gushingsville» Milleo, Scarborou^b, Gamerou» Egypt, Eden.
Une autre voie ferrée dans cette même direction» celle d'Atlanta à Gbarleston par Augasta, coort presque parallèlement et à une moyenne d'une quarantaine de milles au nord de la précédente , passant entre autres à Deca* tur, Govington, Madoson, Greensboro, Union*PoiDt» Augusta.
ne Gordon, sur la voie du sud, se détache au nord un eml)ranchement destiné à aller rejoindre le cliemin de fer d'Atlanta à Augusta, et n'allant encore qu'à Ëatooton, passant à Milledgeville. De Milieu, un autre embranche* ment vers le nord va rejoindre à Augusta la ligne d'At^ lanta à Gharleston.
Trois routes de premier ordre s'offraient ainsi à Sherman pour la première partie de sa marche dans la direc- - tion de Savannah, à savoir celle du chriaui de 1er d'Atlanta à Maçon à droite, celle du chemin de fer d'At* lanta àAugusta à gauche, celle sur Milledgeville au centre. Avec son plan de vivre du pays^ de ne pas sinquiéter de ses derrières et d'aller se trouver une nouvelle base au plus près possible sur l'Atlantique, Stiermao n'avait pas de i)rél"érence à avuii puur leo chemins de fer sur les rou» tes ordinaires. Au contraire, et puisqu'il ne pouvait détruire ceui.-ci hors de son rayon d'action, moins il en
serait rapproché, moins il eoaraii de risque de rencontrer une concentration de torces adverses. Sa pi-emière opération était de s'établir entre Maçon et Âugusta pour diviser les forces et l'attention de l'eaœmi et lui donner d'égales inquiélodes sar Millau, Savaomh ei Gliarlesloo.
Par ces nusons^Sbemian dirigea d'abord son gros snr Miliedgeville, en ayant soin de foire faire à sa cavalerie des dÎTersions eooTenables dans la direction do sud, ainsi gue de Jonesboro et de Macua. L'aile gauclic, le iO cotps avec Slocum, dut s'avancer d'abord le long du chemin de fer d'Augusta pour obliquer ensuite à droite vers Miliedgeville où elle devrait se trouver le 2i novembre, après avoir détruit le chemin de fer josqu'à Madison. Le centre gauche, le 14* corps, avec lequel marcha fliier* mail, i»artit d'Atlanta le 16 par mfcsaia, Gorington, pais par Shady*Daie directement snr Blilledgeville.
L'aile droite sous Howard (lartit de Whitehall, le 13 novembre, en deux colonnes; celle de droite, 15' corps, Oslerhaus, avec le quartier-général de Howard et le bétail par Rough et fteady, puis à gauche sur Me Donough ; la colonne de ganche, 17* corps^ sons Blair, avec le train de pontons par la route directe de Me Donongh. La cavalerie et Osterhaus snr la droite eurent quelques escar* mouches aux environs d'East-Point et de Rough et Ready.
Le 40, toutes les troupes étaient en moiîvpmenl, et la marche se continua. Chaque corps était muni d'une colonne d'approvisionnements contenant pour 40 jours de rations de pain, de sucre, de café et de sel, des troupeaux de bœufs aussi pour autant de rations de viande, et trots Jours de fourrage en avoine et en mais.
Malgré l'intérêt que présente celle marclio, nous ne croyons pas devoir la suivre dans st s détails jourrialiers. bien ordonnée et toujours bien contrôlée, elle ne présenta pas d'incidents militaires marquants; elle trouva des
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vivrôs en abondance, et ne rencontra d'autre opposition que celle des eavalie» de Wheeier et de quelques rivières à passer soos lears feux et soos ceux de bibles corps de nîliee& Les prisonniers fédéraux transportés de Maeon k Millen, ne porent être délivrés^ attendu qu'ils furent éva* eués à temps de cette dernière ville, en partie sur Golumbus, en partie sur Cliai ieston.
Les principales localités que traversèrent les fédéraux furent Milledgeville, la capitale de l'Etat, Andersville, Louisville, Milieu. Contre Maçon et contre Augosta ils ne firent que des diversions» pour faciliter leur marche plus au sud. Ils recrutèrent 4 mille vigoureux nègres, détnii« sirent plus de 350 milles de chemins de fer sur leurs derrières, et des propriétés publiques et particulières pour environ 40 millions de dollars.
Au commencement de décembre les avant-gardes arrivèrent devant les piquets du général Ilardee commandant les défenses de Savannah, et le iO décembre toute l'armée fédérale était en position devant cette place, après une heureuse marche de 300 milles effectuée en 24 jours.
Ce li'était pas tout que m iver ii la côte de l'Atlantique, il fallait encore s'emparer d'un port ou d'un des postes tenus par l'ennemi. Or les ouvrages de Savannah, munis d'une garnison de 15 mille hommes, étaient trop solides pour cela. Sur ce point Sherman se borna à couper tous les chemins de fer alimentant la place et à la surveiller de près, tandis qu'il communiquerait avec la mer, par la baie d'Ossabaw, à remboucliure de l'Ogecliee. Celle baie n'était fermée du côté de l'Océan que par le fort .\Jc Allister, grand ouvrage de 23 canons, presque tons t n barl)ette avec des défenses avancées et des p:^lissaiics. Ce fort avait déjà résisté à plusieurs attaques de la marine; mais le front de terre était relativement beau* coup plus laible.
Sherman pensa avec raison que i)our s'emparei de ce poste, tenu seulement par 2 à 300 hommes sous le major AndersoD, il fallait brusquer l'attaque, sans travaux d'ap* procbe ni caDCMHoade. Il déaigoa à cet effet la divisioo HaiOD, 80D anciesne dtfisiao, qai, dit le 10 au soir, fat portée de l'antre côté da flea? e. Le li afNrèi-mîdî» dNiae colline des environs, Sbermaa oonflmntqiia, pâr m corps de signaux, avec des bàtinmls fédéraux en avant dans la baie, et il apprit que Tamiral Dahlgreen et le i^cnéral Fostcr altenduieiii luipciiieiuraenl de ses nouvelles el le moyen de faire jonction avec lui. Le même soir l'assaut de Me Allister fut ordonné, et le lort fut enlevé après deux heures d'un rude combat. La baie étant ouverte aux bâtiments, ceux-ci y entrèrent, et le 43 Sherman eut une conférence avec Dabigreen et Foster, et envoya k Washington on rapport sommaire de ses beureuses opérations. Huit jours après il put y ajouter la nouvelle de l'occupation de Savannah, évacuée par le général Hardee, par crainte de s^ voir bloqué et pour renforcer la position de Charleslon, devenant d'autant plus précieuse aux confédérés.
Les fédéraux, dont les pertes totales depuis .Vtlantase montaient à 500 hommes, recueillirent à Savannah un matériel de guerre considérable, 167 pièces d'artillerie et 35 mille balles de coton. Ce butin, avec la ville elle* même, un des grands ports du Sud, constituait un brillant tropbée et couronnait dignement la marche de Sherman à travers le continent.
Il ne lui restait qu'à poursuivre sa course vers lu nord pour se relier aux autres opérations et les rendre plus décisives.
L*abord de Savannah avait été facilité à Sherman par quelques diversions plus eu moins utiles. Outre divers raids ordonnés par Ganby en Alabams^ Je général Foster^
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chef du département du Smi a l^ort-Royal, envoya une expédilion par le Broad-River, pour détraire le chemin lie far Mire Charleslon et Savunnati. Gett« eipédîtioD, sotts le commaiidepiiepl direol du générai Hatcb, comp* taii mnq mille honines^ y umpm one peUto brigade de la flotte. Remontent le Broad-River elle débarqua, le , • 29 novembre, Boyds-Neck, d'où elle s a van ri contre le rbeniin de fer à (iralianisville. Arrivé à Honey-llill, à environ trois milles de Graliamsvilie, Hatch rencontra les confédérés derrière de forts reiranchements. Il les attaqua et fut repoussé après deux Tifs combats qui Ini coûtèrent 7 à 800 bommes. Pendant la nuit, il opéra sa retraite sans être inquiété. Quelques jours plus tard le général Foster, revenant à la charge, fut pins heureux et parvint à 8C loger dans une position domiuanl le cliemiu do fer entre les rivières Talifinny et Cousawliatchee.
En résumé la grande marche de Sherman parfaitement réussie, et qui eût donné des résultats plus foudroyants encore, si elle avait pu être mieux reliée aux opérations en cours plus au nord, sur les points décisifs de Charlestbn ou de Richmond, méritait certainement d'être ad* mirée et célébrée comme elle le fnl. Elle constituait une nouveauté dans la guerre américaine. C'était la première fois qu'une armée osait se risquer aussi longtemps hors du voisinage d'un chemin de fer ou d'un neuve navigable, et rester un mois sans ligue de retraite en vivant du pays où elle marchait.
Il est vrai que cela avait été acheté au prix d'une autre armée, gardant celle de Hood, et que ce dernier, excellent et vaillant divisionnaire devant Tennemi, avait montré une absence totale <Ip jugement comme comman- * dant en chef. Les forces principales auxquelles il pouvait se rallier étant celles de Uardee aux environs de Charleston et de Savannab, ou celles de Lee en Virginie» c'est
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dans cette direction, et non dans la direction of>po^'e qu'il aurait dû» après la perte d\\tlanta, chercher une bsm et une nouvelle ligne d'opératioDS. En s'appoj&ot sor le ebemin à» fer d'Augasta et non sur cetni de TAlabama, il aoiait pn tout anaei bien menacer lee communications de 8ê8 adrenaires et ne leur aurait pas ouTert aussi facilement les siennes. Au reste l'idée de pénétrer avec une quarantaine de mille hommes au cœur du Tennessee gardé par autant de inonde et par des plat es fortes, sans s'inquiéter de 65 mille hommes sur ses derrières» est trop en dehors de toute espèce de principes de grande guerre pour qu'il soit indifférent qu*nne telle aberration ait été effectuée par la gauche plutôt que par la droite. La méthode de Johnston, consistant à défendre le terrain pouce à pouce, eût certes été plus rationnelle et eût ouvert de meilleures chances.
Nous allons voir d'ailleurs que si la stratégie de Hood élait au-dessous de toute appréciation» sa bravoure ne lui servit pas à grand'chose.
Invasion du Tennessee par l'armée confédérée, — Batailles de Franklin et de NaahviUe (décembre i864). — - Opérations aeoondaireSt en MIbflourl» en Tennessee, mn Kentnoky» en Virginie oceidentale, en Mlssissliil, en Alabama, en Lenieiene.
Nous avons iajssé Hu(m), au commf iK emenl de sepl(»mbre, aux environs de Florence recueillant des renforts ei des approvisionnements, faisant réparer les voies ferrées derrière loi, el se préparant à en?abir le Tennessee, pensant que cela nécessiterait la retraite de Sher*^ man de la Géorgie.
A ce même moment Forrest, sortant de capturer à Fort*HieiDan en Tennessee une canonnière el trois transports, vint établir des batteries autour de Jacksonville de l'autre côté de la rivière el isola trois canonnières et huit transports fédéraux qui s'y trouvaient en station. Le 4 novembre il ouvrit son feu sur les bâtiments et sur la place; les canonnières répondirent» mais ayant été ava* riées, tes fédéraux durent les brûler, ainsi que les trans* ports et des magasins pour empêcher qu'ils ne tombassent aux mains de l'ennemi. Des propriétés de plus d'un million et demi de dollars furent ainsi sacrifiées. Le lendemain Forrest traversa le Tennessee au-d^us d§
Juhiisuiiviile, marcha vers Clinton, puis alla rejoiodre Hood vers Florence.
Celte agression mit Thomas sur ses gardes. Il appela Scbofteld avec sod 23* corps à Jfohnsonville et pressa rentrôejea ligne do corps de A.*J. Smitb, venant dn Mis* souri, et des remontes de Wilson. En attendant il établit Schofiold avi'c les troupes iJisponililes aux envirua.^ de Fulasky, eu lui »Mijoignanl de veiller de |uès aux mouvcmenls de Ilood sans rien ris«|uer de «lécisif pour le moment, c'est-à-dire avant Tarrivée des renforts annoncés. *
Le 49 novembre le g^éral Hood commença son mouvement en avant, en prenant des routes parallèles, à partir de Florence, et se dirigeant sur Waynesborough.
Le Kénérnl Scliolielil. de son coté, levait son camp de Pulasky et se dispos^iil à se replter sur Colunibia.
Deux divisions du quatrième corps Stanley avaient déjà atteint LynnviUe, à 15 milles au nord de Pulasky, afin de protéger le chemin de fer et le passage des wagons. La brigade de cavalerie de Gapron était postée k Monnt-Pleasant, couvrant les approches ée Golumbia, el l;i garnison de celle ville avait élé renforcée d'une l»riijade de la division Rugerdii TA'' corps. Les deux autres brijïades de la dite division, (jui tUoent à Johnsonville, avaient reçu Tordre de se mettre en mouvement, l'une en prenant le chmin de fer de Nashville à Columbia» et l'autre par la route de Waverley à Gentreville, puis d'occuper tes passages du Duck-River, près Golumbia, de Williamspori, de Gordon-sferry et de Gentreville. Enn viron îiOOO liommes appartenant à la colonne Sherman, étaient réunis à Ctiallanooga. Gïlaient des convalesrenls et d'antres qui ayant lini leur temps de roii»,'é rejoignaient leurs régiments. Ils avaient élé répartis en brigades pour être employés selon le besoin. Thomas avait été aussi
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renforcé de viogi ncoveaux n^ments qaî n'avateni qa'und année de servioe; la plupart servirent à remplir les cadres des vieux régiments dent les hommes avalent fini
leur temps.
Conformément aux directions qui lui avaient été données antérieurement, le général R.-S. Granger retira les garnisons qui avaient été mises à Athènes» Decatur, Hnntsville» Alabama, pour les diriger du côté de Stevenson, laissant cinq nouveaux régiments à Murfresborouiîh, et ne gardant avec lui à Stevenson que les troupes de son commandement ordinairo. Ce déplacement fui rapidement exécuté par chemin de fer et sans aucuue opposition de Tennemî.
Dans ia nuit, le général Schoûeld évacua Pulaski et arriva le lendemain 24 à Golumbîa. L'ofAcier commandant à Jobnsonville avait reçu l'ordre d'évacuer ce poste et de se retirer k Clarksville. Le 24 et le 25 l'enru un escaiiHoaclia avec les troupes de Schofield à Coluinbia, et dans la matinée du 26 ses coloimes se pui tanl en avant pressèrent vivement les lignes du général Yankee, sans que ce fût une attaque bien en règle. 11 en fut de même le 27. L'ennemi annonçant par ses mouvements l'inten* tion de passer la rivière, le général Schofield alla prendre poste sur le côté nord dn Duck-River, pendant la nuit du îi7. Deux divisions du 23« corps furent placées en ligne sur le devant de la ville, dt iiianière à surveiller tous les passa^'es à sa portée. Pendant ce temps, le quatrième corps de Stanley était en réserve sur la route de péage de Franklin» prêt à repousser toute tentative que pourrait faire l'ennemi pour opérer le passage. La cavalerie sous Wilson, qui avait pris poste au-dessus de IMnfainierie, était anssi en observation des mouvements de Tennemi.
Dans la nuit du 29, vers les deux heures du malin.
reonemi, Après avoir forcé la cavalerid Witooo à la retraile, réussilà opérer son passage prte de la barrière de péage de Lewisborg» ei aoe heure après, une partie de son infanlerie passait aussi la rivière aux moiilMiff Huey (Huey's miiis), à six milles aU'dessus de Coiumbta. Les CoianaunicHiiuns avec la cavalerie ayant élô interrompues et la ligne de retraite du c^té de Franklin éUrni menacée, le général Schofield se disposa à se retirer dans cette dernière ville. Le général Stanley, avec une division du quatrième, fut envoyé à Spriog-Uill, à 45 milles nord de Columbia, afin de proléger les trains et de tenir ta route ouverte pour le passage du gros de l'armée. Des dispositions furent aussi prises pour opérer une retraite dans le cas où l'ennemi viendrait à faire une attaque du càiè de Huey's-Mills. Le ueneial SLanley arriva a Spriiig-Hill juste à temps pDiii cli isser la cavalerie ennemie et mcitn» les trains en sùrete; mais, attaqué plus tard par riiifantene ennemie, soutenue par ta cavalerie, il fut bien près de perdre sa position.
De son c6lé, le générai Schofield, bien qu'il n'eût pas été attaqué du côté de Huey^s-MiltSt n'en avait pas moins été occupé toute iaîoumée à empêcher l'ennemi d'opérer le passage qu'il avait en vue. Il avait réussi dans ce dessein en repoussant plusieurs foi» l'ennemi avec de grandes pertes. Après avoir laissé des ordres pour qu'un retirât toutes les troupes dès que la nuit serait venue, le général Schulield se mettait en route, à une heure tardive de raprès-midi, a la tète de la division Ruger, pour aller au secours du général Stanley à Spring-Uill. En approchant de la place, il tomba sur la cavalerie ennemie qui bivouaquait à SOO pas de la route. Il n'eut pas de peine à la faire décamper. Laissant là une brigade pour g.irder la route, le général Schofield avec le reste de la division Ru^er poussa sa pointe jusqu'à (a station Thompson, trois milles plus loin, où il trouva les feux de Ten-
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tient qoi brûlaieat eneore; on parti de cavalerie avait campé là à la brame, puis fi*était retiré ailleurs. La retraite do gros de l'armée devant Gotumbla s'était
heureusement effectoée dans la soirée do 99; le passage deSprinpf-Hitl avait eu lieu vers uiiimit sans que l'ennemi nous eût inquiété, et, après une marche de 25 milles, la troupe entière était rendue à Flanktin dans la matinée du dO de bonne héore et y prenait position pendant que la cavalerie allait s'établir sur la roote de péage de Lewisborg sur la droite et à Pest de l'intàDterie. ' Le jrénéral Schofield rangea aussitôt son armée en bataille sur la lisière inférieure de la ville de Franklin et accéléra le plus possible le passage de ses trains sur le côté nord du Harpeth-River.
L'ennemi avait suivi de très près Tarrière-garde du général Scbofleld dans 8& retraite sur Franklin et avait même dirigé plus d'une fois ses attaques jusqu'à dix heures du soir sor les ouvrages que le général avait fait élever pour sa défense; mais la position de ce dernier était excellente avec ses dea\ flancs appuyés sur la rivière, il se maintenait résolument sui suii terrain et repoussait toutes les attaques de quel rôlô (ju^ellf s vinssent. Nous eûmes à cette occasion 189 tués, 1033 blessés et 1104 manquants à l'appel ou disparus, faisant un total de 2326. L'ennemi avait fait 702 prisonniers et pris 33 drapeaux. Le major-général Stanley avait été grièvement blessé en ralliant une partie de ses troupes qui avaient été assaillies et mises en dù^ardre.
L'ennemi de son côté avait eu 1750 liommes tués, 3800 blessés et 70îi faits prisnimicrs, consliluaut en tout une perte pour l'armée de Hood de (1:^5^^ liommes. Dans ce nombre se trouvaient six. ofliciers généraux tués, six blessés et on fait prisonnier.
Lors de l'évacuation de Golambia, le général Thomas
donna Vodi'ô au générai Milruy, à Tullahama, d'abandonner ce poste el de se retirer à Murfresborougli, de réunir ses forces à eeiles du général Rousseau dans colle dernière ville, ei de maintenir dans sa position la gar* oison du blockhaus soit du fort sar le poni d'Elkriver« Nashville fut mis en état de défense; on plaça une garnison dans ses mars fortifiés, et on y ajouta tous les Toion-* laires (jui avaient été organisés en division par les soins du hrrgadier i^énéral à brevet J.-L. Dunaloson, el étaient tous (les employés appartenant aux bureaux du quartiermaître et du commissariat de la {guerre. Ces i,'ens, aidés des employés du chemin de fer et dirigés par le brigadier-général Tower, travaillaient sans relâche à la construction de nouvelles défenses.
Le major-général Steedman, avec cinq mille hommes
distraits delà colonne du général Sherman el une brigade d'bomraes de couleur, avait pris le chemin de fer de Cbaltanooga le 29 novembre et arrivait à Cowan dans la matinée du 30. Là il recevait l'ordre de se rendre immédiatement à Nashviile. Dans cette même matinée du à la première heure du jour» Tavant-garde du major* général iL*J; Smith arrivait à Nashville venant de Saint- Louis par le ebemio de fer. Le général Thomas se trouvait avoir ainsi à sa disposition une force armée égale à celle de Tenncmi, Il lui était iiilerieur soult ineiit en cavalerie, niais il ne devait pas tarder à recevoir (juelques mille hommes de cette arme qui allaient être équipés et montés, et alors il pourrait prendre Toffensive et disputer à Hood la possession du Tennessee.
Ne voulant pas courir les risques d'une nouvelle bataille, et avaiiL atteint le but qu'il avait en vue, savoir de couvrir la retraite de ses trains, le jiénéral vSchofield, suivant la direction qui lui avait été donnée par le général Thomas» se rabattit sur Nashville pendant la nuit, et
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forma sa DoaveDe ligoe de bataille sor les hauteurs d^alentour, dans la juuroée dn 1*^ décembre. Le eorps d«
A.-J. Smith occupait Taile droite près de la rivière do Cumberiand, au-dossous de la ville, le (jualrième corps, qui était commandé temporairement par le brigadiergénéral Thomas i. Wood depuis le moment où le géoérat SCaoley anît été blessé, formait le centre; le 23* corps, commandé par Scbofletd, était placé à l'aile gaoche s'élendant jusqu'à la route de péage de Nolensville. La cavalerie du général Wilson était postée sur la gauche do frénéral Schofield, protégeant l'espace de terraio entre l'aile gauche et la rivière au-dessus de la ville.
Les troupes du général Steedman arrivèrent à Nashville dans la soirée do I* décembre, et le 3, lorsque la cavalerie alla prendre position à Edgefield sur le côté
nord de la rivière, elles occupèrent le môme terrain qui venait d'être abandonné.
DaoB la matinée du 4, après avoir escarmouche les deui jours précédents, l'ennemi réussit à occuper une position avec ses saillants» sur le sommet de la colline du Montgoméry, à 600 mètres du centre de notre année. H
avait sa principale ligne sur le terrain élevé du côui siulest de BrownVCreek, s'étendaol depuis la route de Nolensville jusqu'à l'exlrême droite de son adversaire, à travers les routes de Franklin et de Grauu.v-Wljiie dans la direction occidentale des collines du sud et du sud*oue8t de Kichland-Creek, et au-dessous de ce ruisseau jusqu'à la route de Hilisborough avec cavalerie s'élendant sur les deui flancs jusqu'à la rivière.
Do 4 an 7 décembre, l'ennemi, avec une division tirée dn corps de Gbeatham et de Lee, et deux mille cinq cents hommes de cavalerie de Forrest fit i;i (caUlive de s'emparer du blokhaus situé à la croisée du chemin de fer sur le ruisseau d'Overall (OceraU's Creekj et aussi du
fort BoMcrans à Marafi^bûrougb, mais il fut repotmé avec perte par les généraa» Milroi et Hotueeau qui coin* mandaient les garaisons.
La cavalerie confédérée de Boford entra dans Morfres-
borouii, nuis elle en fut bien vite chassée par un régiment (rmfciulôrie et une section d'artillerie. En se retirant elle prit une roule du côté du noid dans la direction de Lebanon ensuivant le côté sud du Cumberland, menaçant de passer du coté nord de ta nvicrc et de couper les communications par chemin de fer avec LoaisYille qui était alors le seul lieu d'où le général Thomas tirait les approvisionnements de son armée» la rivière au-dessous de Nashville étant bloquée par les batteries établies sur ses bords. Des canonnières sous le commandement du lieutenant Leroi Filch, en observation sur la rivière, naviguant tantôt au-dessus, tantôt audessous de la ville, eiui>êohèrenl de celle manlpre le passage. Le général Wilson de son côté envo\;ut un détacbement de sa cavalerie à Gatlatin pour surveiller la contrée du voisinage.
Du 3 au 15 déeoBbro, l'armée de ilood, autoiir de Nashville. ne changea pas de position et rien d'important ne survint pendant ce temps; les derniers jours les deux ariaéi^s se trouvèrent arrêtées par les glaces. Cependant !p ?pnéral Thomas faisait shs préparatifs pour prendre roffensiveau premier momciil , sa cavalerie était remontée et il avait reçu tous les approvisionnements nécessaires.
Le ih, le général Thomas réunit tous les chefs de corps, et leur annonça son Intention d'attaquer Pennemî dés le lendemain, pour peu que le temps fût favorable, et leur expliqua son plan d'opérations. A.-I. Smith» à l'aile
droite, devait disposer ses colonnes le long de la route de llarding el Litaiiaci vivement la gauche de l'ennemi, en se faisant soutenir par trois divislous de la cavalerie
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4e WilsoD, qot eliargetaient aossi lorsque Poceasion se préeenteraU. Wood, à la lAle da I* corps, laissant une
forte ligne de tirailleurs sui i.i rulline Laurent, «lovait mnpîer ses troufies en ordre de bataille, sur la roule du Hilisborough appuyant Smith sur sa gauche, et agir contre la gauche et les derrières du poste avancé do l'ennemi sur la collîDe de MoDtgoméry. Schofield formerait le corps de réeenre couvrant la gauche de Wood. Sleedmao avec les troupes de GhattaDooga» la garolsou régulîtee de Nashvllle, sous le commandement du brigadier-général Miller, et les employés du quartier-maître, sous le commandement dn bripadier-général à brevet Donaloson, devaient pourvoir à la défense intérieure de la ville. Ces divers détachements étaient sous les ordres immédiats du major-général Steedman.
Au jour fixé, rien ne s*y opposant, l'armée fat rangée en bataille de très bonne heure et prête à mettre à exécution le plan du général, en chef. Les accidents de terrain avaient permis de dérober à la vue de l'ennemi les divers préparatifs qu'on venait de faire, et un épais brouillard qui ne se dissipa que vers midi n'avait pas peu contribué à tenir le tout secret L'ennemi ne s*atten* dait nullement à une attaque quelconque de la part du général Thomas, surtout contre son aile gauche.
Le général Steedman avait fait, la veille, une vive démonstration contre h droite de l eiinemi, à l'est de la route de Noiensville, et avait réussi à attirer si fort son attention de ce cdté qu'il s'était cru obligé de renforcer cette aile droite aux dépens de son centre et de sa gauclie. Dés que Steedman eût complété ce mouvement, Smith et Wilson se mirent en mouvement le long de la route de Uardin^ et commencèrent le grand acte de la journée en faisiiui utje conversion sur la gauche de l'ennemi et en s'avaoçant contre sa position à travers les
routes de Harding et de Htllsborougb . La di? îsioD de Joba« 80D cavalerie» recevait en même temps Tordre d'avoir l'œil sur une batterie de l'ennemi placée sur les bords du Cumhei iaiKi iibelCs-Landin?, ii 8 nulles au ^ud do Naslivillc. Le reste de la cavalerie de Witsoo avec la division Uatch en tète et celle de Knipe eo réserve, surprit Tennemi posté le long de la eriqoe oa roisseaa de Richlapd (Richland creek) près delà maison Harding, le chassa de sa position et loi fit un eertain nombre de prisonniers. Puis, continuant son mouvement en avant et conversant légèrement sur la gauche, la colonne tomba sur uno redoute armée de 4 canons. La position prise d'assaut par une partie de la division Hatch, la batterie fut aussitôt démontée, et les pièces tournées contre TennemL Gela se passait vers une heure de l'après-midi* Une seconde redoute, plus forte qoe celle qn*on venait de prendre, fut aussi emportée par les mêmes troupes; quuiie canons et trois cents prisonniers furent capturés à cette occasion. La division Mac Arthur du corps de A. J. Smith, manœuvrant sur la gauche de la cavalerie (Wilson), prenait aussi part au deux assauts en arrivant presque en même temps à la redoute.
Le général Thomas trouvant que le général Smith n'avait pas pris sur la droite toute la distance qu'il eût désirée, ordonna au général Schofield de se porter avec sou 33° corps sur la droite du général (Smith) atio de laisser à la cavalerie plus de liberté de mouvement pour opérer sur les derrières de l'ennemi. Cet ordre fut promptement exécuté par le général Schofietd, dont tes troupes concoururent ainsi aux dernières opérations de la journée.
Dès que le 4** corps placé sur la gauche de celui de A.-J. Snulh fut assure des succès remportés sur le flanc de l'ennemi, il monta à Tassant de la colline de Montgo-
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mcTV 011 se trôtlVait U position la plus avancée de Hood, reiiiitui la (le vive force, vers une lieiire de l'<i|)ics-inidi, et fit un nombre considérable de prisonniers. Marchant ensuite de cooceri avec la division Garrard qni faisait partie du corps de A.>J. Smiih, le quatrième corps continua à avancer, emportant d^aasaut la ligne entière de l'ennemi qui lut était opposée, s'em parant de plusieurs pièc-es d'artillerie, d'un bon nombre de drapeaux et faisant 500 prisonniers. L'ennemi, chassé de sa première liijne d'opération, fut forcô de st- r(*porler en arrière et de prendre position sur la base du Ilarpeth's- Hill, ayant toujours sa ligne de retraite sur Franklin par la grand'ronte à travers Brentwood, et celle près de Granny White.
A la nuit tombante, le général Thomas l'ectilia sa ligne (le bataille en la tenant parallèle à la route de Hilisborougli <lu rôté de l'est: ScîiornMd occupait Talh^ dioile, Sniilli le centre et Woud l'aile gauche avec la cavalerie sur la droite de Schofield. Steedman conserva Fa première position du matin.
Dans cette journée, seize pièces d'artillerie et liOO prisonniers avaient été capturés. L'ennemi avait été forcé de se replier sur tous les points avec grande perle; Tarmée f<^dérale, au contraire, avait éprouvé comparativement lort peu d'accidents. Les troupes du général Thomas avaient montre beaucoup de fermeté et d'entrain dans toutes les opérations.
Ainsi se terminait cette invasion du Tennessee dont on avait fait tant de brait. Le seul parti qui restât désormais à Hood était celui de la toite.
L aruiéc entière, maintenant sa ligne de bataille, blvoiiaqna toute la niiit sur le même terrain qu'elle occupait à la dernière heure du jour, 5> dt cembre, se disposant h renouveler le combat le lendemain de très bonne heurCt
Le 40, à 6 lionres du malin, en effet, le général VSood, à la lêle de son corps, refoulait les tirailleurs ennemis audelà de la nrale de Franklin, du côté de l'est, puis pivo* tanl légèrement sur la droite, il «'avançait directement an sad de NashfiUe, poussant Pennemi devant lui, juigu'à ce qu'il se tit arrêté par une nouvelle ligne d'ouvrages élevés pendant la nuit sur la colline d'Overton,à 5 milles en* vlron au sud de ia ville, et à pareille distance à l'est de la roule de Franklin. — Le général Sleedrnan, de son cùlé, s'avançait de Nashville vers la route de Nolen-^ville, rangeait ses troupes en bataille sur la gauche du fjénéial Wood, dont il protégeait convenablement te flanc, et faisait ses dispositions pour coopérer aux mouvements qui auraient lieu dans la journée. A.-J. Smith, à la tète de son corps d'armée, allait prendre position sur la droite du
corps, et en se ralliant à lui, il complétait la nouvelle ligne de bataille. Les troupes du gcuéral Schofield gardèrent la position qu'elles avaient le jour précédent, a la tombée de la nuit, faisant face h l'est dans la direction du flanc gauche de Tennemi et formant une ligne perpendiculaire à celle du général Smitb. ^ La cavalerie du général Wilaon, qui avait passé la nuit dans un poste» à 6 milles de là, sur la route d'Hillsborough , fut démontée et rangée en bataille sur la droite de Schoûeld. Vers midi, cette colonne avait réussi à se placer sur les derrières de l'ennemi et s'étendait à travers la loute de péage du Granny W tute, l'un des deux passages qui conduisaient à Franklin.
Dès que ces dispositions furent achevées, et après s*étre assuré lui-même que tout était selon ses vues, il donna l'ordre de continuer le mouvement sur le flanc gauche
de l'ennemi. On s'en trouva bientôt rapproché de (iOO mètres sur tous les point**. Son cenln! éiait faible en comparaison de sa droite sur la colline d'ûverton ou
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1 «l.l lia
niéind de sa gàiiehe placée sur les collines ({ttî bordent la route de Granny Wbite, mais nonobstant cela le général Thomas ne désespérait pas de gagner ses derrières
et de loi couper sa retraite sur Flankltn.
Vers les trois heures après midi, la bi ii^ade Posi, du corps de Wood, appuyée de la brigade Slreight, regul Tordre du général Wood d'emporter d'assaut la position d'Overlon. Le général Steedman ayant reçu communication de ce dessein, ordonna au colonel Morgan, qui commandait la {4* brigade des troupes de couleur des Etats- Unis, de coopérer au mouvement. Le terrain sur lequel les deux colonnes étaient disposées pour monter à l'assaut se trouvant ous'ert et exposé de tous côtés à la vue de IVnnemi, il avait ju^^é nécessaire de forliller le p< in( menacé par des renforts tirés de son centre et de sn gauche. L'assaut se fit et fut reçut par d'épouvantables décharges . de tout genre de mitraille et de monsquéterie. Les troupes de IfJnton continuèrent h avancer, mais lorsqu'elles furent sur le point d*atteindre le sommet de la coltine, un corps de réserve de Tennemi les arrêta par un feu terrible qui fit chanceler les assaillants et finit par les obliger a la retraite, laissant bon nonibie de moi Is el de blessés, tant blancs que noirs, parmi les abatis. Le géné* ral Wood se hâta de rallier ses troupes dispersées et de les disposer pour une nouvelle attaque.
Cependant les généraux Smith et Schofield, secondant les efforts do corps, faisaient avancer leurs troupes vers les ouvrages de l'ennemi qu'ils avaient devant eux. Bien ne put leur résister, la ligne ennemie fui bientôt rompue en douze endroits différents, toute l'artillerie était capturée et des milliers de prisonniers tombaient entre les mahis du vainqueur, entre autres quatre officiers généraux. La perte de PUnion fut insigniflante. Tous ceux qui échappèrent forent poursuivis jusque sur Ie9
}iauteui> ilu Brenlwuod ci du liaipeth. La cavalerie à pied du général Wilson saisissant le moment de l'attaque des généraux Smith et Schofield preoait rennerai à revers et 8*emparait de la roule du Grtuoy White de manière à lui couper la retraite. Les troupes de Wood et de Steedman en entendant les cris de victoire qui lui Te* n?iient de l'aile droite remontèrent immédiatement à l assant (le la colline d'Overton. Leur attaque fut si impétueuse cpie malgré un \vn k'!ril»l(% tout plia sous leurs efforts. L*arlillerie et un ^jrand nombre de prisonniers loml)ei'eni entre leurs mains.
L'ennemi dispersé, ayant perdu tout espoir de se rallier, s^enfuit à la débandade dans la direction du défilé de Brentwood, où il fut poursuivi par le 4* corps^ Tépée dans les reins^à la dislance de plusieur» milles; la nuit seule vint mettre fin k cette scène et les troupes victorieuses purent enfin se reposer de leurs travaux.
T.iiidis que le 4' corps poursuivait Pennerai sur la route de Franklin, le général Wildson faisait monter à cheval, en toute bâte, les divisions Knipe et Batcb, leur ordonnant de se mettre à la poursuite des fuyards par la rente du Granny Wbite, et de faire ensorte d'atteindre Franklin avant l'ennemi. Après avoir couru pendant un mille, nos awaliers tombèrent sur un poste de cavalerie ennemie commandé pnr Cliaiuur, que masquait une barricade élevée à travers la roule. La position fui aussitôt attaquée et emportée par le colonel Spaiding à la tète du 12* régiment de Tennessee (cavalerie) ; l'ennemi dispersé dans toutes les directions laissa an vainqueur un certain nombre de prisonniers, entr'autree le brigadiergénéral E.-W. Itucker.
Dans ces deux jours nous avions fail 4i6i prkdnniers, y ri ii[)|n is 287 oitioiers de tout grade, à partir de celui de
major-général, et pris 53 pièces d'artillene et quelques
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iiiiltiors de fusils ou armes de petil calibre. L'einemi nous abeodeiioft ses aerls et ses blessée. *
U avelerie de Wileoii soi? ie de près per le eerps dtenéede et par les généraux. Smitli el Schofield avec leurs (mupes, en étapes ordinaires, poursuivirent le reste des luvards en passant le liarpethnver, le liullierfurd'sCreek et ie Dukriver, non sans grande dilficultê» ces rivières ayant été beaucoup grossies par des pluies abondantes. La poarsiiite ne cessa qae le déeembre, longue le général eut acquis la certitude que Ilood, secondé d'un cdié par les obstacles naturels qui avaient retardé notre poursuite et de Tautre par la viii nieuse résisLaiice de son arnère-garde, sous le coiiua.iniU'[i)ent de Forrest, avait réussi à se faire un rempart du Tennessee, en passaul de l'autre côté à fiainbridge.
« A l'e&ception de son arrière garde, dit Tbomas» p l'armée de Hood n'était qu'un ramassis de gens démo-
> ralisé% désorganisés» de va-nu-pieds mal armés, qui
> cbevcbaient toutes les occasions de s'évader, de déserter
> ta cause qu'ils servaient» afin de mettre un lei me à f leurs souffrances. »
Le général Graut, qui avait d'abord été mécontent et impatient des lenteurs de Tlioni-is. an point de quitter son quartier-général de City-Poinl pour venir le reioindr$ dans l'ouest et s'enquérir lui-même de l'état deseboses» apprit à Washington -Gity la nouvelle de la bataille de Nasbville» et il déclare aussi franebement que modestement, dans son rapport, que son résultat iusiîflaVv complètement la patience et le jugement distingué <\u ,;éuàTa\ Thomas.
Mus à Pooest dans le Missouri et au-delà du Mississipi, une aventure confédérée assez semblable à celle de Hood n'avait pas mieux fini, quimiue ayant eu pour résultât de Turcer Thomas à retarder son oITensiTe,
Le général Price, avec une foive d'environ 40 mille hommes, avait résolu d'envatiir l'Etat de Missouri, où il relèverait le parti esclavagiste. A la fin d-'ao4t, il avaii atteint Jacksonport» il iaaça des proelafflalioiis inenaçantes. Roaecmii, qui eommaDdait alors k St^Lonis» n'avak que peu de lorees dtoponibles. Le corps du général Smiili, alors <*n route pour rejoindre Slief iiiaii, fut anêlê et dirigé sur Sl-Louis. Une 'brigade de t av ilerie, sous le colonel Wiiislow, y fut aussi envoyée (ie Meniptus. Pendant ce temps, Price avait continué de s'avancer. Le ^ septembre, il attaqua Pitoi-Koob et eu délogea la garnisoD. Mais de là il n'osa marcher plos à l'est. H tourna au nord rers le Missonri, et» remontant la rivière, il entra dans le Kansas. Le général Gortts, qui commandait en chef au Kansas, réunit immédiatement coniK! Price loutes les troupes à sa portt'e, en niùme temps t^ue la cavalerie lie Hosecranz, sous Pleasanlon. traquait les talons de la colonne confédérée. Dès ie 20 oclohre, Price fut atteint et obligé de livrer bataille sur le Big*Bloe, non loin de Kansans-City, et là il fut eomplécement défait Traqué sans relâche, il perdit presque toute son artillerie, ses trains et deux à trois mille hommes. Le reste se relire précipitamment sur le nord de PAricansajt, ponrchasM' [>ar la cavalerie fédérale pendant plusieurs joui s encnrp. Price avait néanmoins réussi à jeter l'alarme et à commettre de vastes dégâts dans l Etat du Missouri, dégâts que Itosecrae aurait pu empêcher avec un peu plos d'actifité.
Les confédérés n^avaionl pas été les* seuls à tenter des entreprises et des raids dans les parages de ronesl. Un peu après que Sliermau avait évacué Atlanta, et pour entretenir des diversions de tous côtés, le générai Canby avait lancé deui expéditions de cavalerie dans ie bot de
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eouper te Miittiiiiicitioiis du port de Mobilet el de retenir des troupes sur ce point
Une de cee expéditioiis partit de B&ton-Roiige en LoqU sUne, mais se perdit en route et Ait sans résotlata favorables.
L'autre, partie de Vicksbiirg avec une brigade de cavaliers nègres, sous le général Osband, pril possession du chemin de fer Mississipi -Central près de Canton, et le détruisit sur un parcours d'une trentaine de milles^ avec les ponts sur la rivière Big-Black et de grands magasins.
Un peu plus tard, un autre raid partit de llemphis sous le général Grierson. Gelui-ei surprit, le 95 décembre, le c^\n\i (le Forrest à Veioiia en Mississipi, dciniisit le cheniin de fer Mobile-Ohio avec 16 wagons chargés de voitures et de pontons pour l'armée de Hood, 4 mille carabines anglaises neuves, et des approvisionnements considérables. Trois jours après il attaqua et captura la garnison confédérée de figypt» et y brAla un train de 44 vragons. De là il tourna au sud-ouest, alla couper le chemin de fer Mississipi-Gentral à Vinona, détruisit les manufacluics el les magasins de Bankslon, les laîn iqiies de machines et les bâtiments publics de Grenada, et arriva à Yicksburg le 5 janvier I80d.
Fendant ces opérations dans la région méridionale les confédérés fie voulant point abandonner Toffensive,
avaient envahi le Tennessee oriental et la Virginie occidentale.
Si sur celle zone il ne s'était pas Hvré de grandes affaires, en revanche les escarmouches y avaient été incessantes. Le général confédéré John Morgan avait reparu * dans la Virginie occidentale, à la tète de hardis cavaliers et avait complété ses états de services par d'autres ratsias semblables à celles que nous connaissons déjà de lui. Se-
coudé |)âf ttfl autre corps, soas te général Breckinrldge^ it donna beaucoup à faire aux troapei fédéralesdes généraux Burbridge et Gillem. Morgan n'y fdl toutefois pas aussi beureui que précédemmeot. Le 11 juin, il sobil une dé* faite complète de la part de Burbridge à Gyntbiana, ot te 4 septembre, surpris de nuit par Gillem, il fut taé dans rescarmouclie qui en résulta. Le Sud perdait en Morgan un de ses plus mii épides généraux, dont la mémoire léj^eiulaire. restera longtemps pnrmi eux, ainsi qu'au milieu des populations du bassin de rotao.
Breokinridge se chargea de le venger. Au commenoement de novembre» il rontra en Tennessee oriental avec une force plus considérable de partisans et d'aventuriers, surprit à son tour Gillem près de Morrison, lu 12 novembre, et lui captura toute son artillerie et un millier d'hommes. Avec le reste de son uiotidc, tjilU ia se retira |>n''eipitaiiiineiil sur kiKiwill»'. suivi de prèsjiar Bieckuirid;îe. Mais celui-ci n'osa atla(|ucr les ouvrages de Knoxville; il se retira, devant les forces réunies de Gillem et do général Ammen.
Afin de mieux assurer celte gauche de son front d'opérations, le général Thomas envoya en Tennessee orieni il le ^^énéra! Sluneman, (jui venait de rentrer des pristuis du Sud après échan^re rés^ulier, pour y prendre le rommandénient supérieur des corps détachés de Gillem, d'Ammen et de quelques autres encore. 11 se mettrait en offensive contre la Virginie, spécialement contre Saltvilla
Stoneman concentra son mondé vers Bcans-Station, et commença son raid le 12 décembre. Le 10, il haltil Breckiriri(l;.ze cl Vauîîhan, versMarion, et les poursuivit sur Wythevilleen leur capturant six pièces et 2UU hommes. 11 détruisit Wytheville et ses magasins. De là^ il revint à MariOD, où il rencontra de nouveau une force concentrée sons le général Breckinridge. Il se préparaît à l'attaquer
le leûdemaio» lorsque celui-ci s'échappa pendant la nuit. Stoneman, tout en le faisant poursuivre par un délachemeot» se porta sur Saltville« où il captura quelques bommes et huit pièces d'artillerie, et où il détruisit les salines et de grands magasins. Ayant ainsi parfaitement rempli sa mission, il revint eu Tennessee, et disloqua Burbridge à Lexiiiiiiou, el Gillem û KnoiLville, pour leurs quartiers d'hiver.
Opérations sur les côtes et sur mer. — Siège de Mobile par l'amiral Farragut. — Combat contre la flottille confédérée et particulièrement contre le «Tennessee.» — Prise des forts Gaines et Morgan. — Destruction des corsaires a Alabamai) et «Florida.» — Exploits du corsaire n Tallahassee. » — Progrés de la marine de guerre des Etats-Unis.
Les opérations importantes de Grant en Virginie et Sherman en Géorgie avaient du, dans le plan giucral do la campagne de 1864, être compiélées par une nouvelle tentative contre Cbarieston ou coDtre Mobile, qui servi* rait en tout cas d'utile diversion.
Ce dernier objectif (ut préféré en premier lieu et livré aui coaps de Pamiral Farragut et du général Ganby dès te commencement de l*été 1864.
La ville de Mobile, le second port du goire, est située au tuiid d une vaste baie d'une soixantaine de milles de profondeur et d'une vingtaine de milles de largeur du côté de la mer, dont elle est séparée par uni" s m te de dunes et de marécages, appelée presqu'île de Bon-Secours, par l'ile Dauphine et par d'autres ilôts. Le chenal principal se trouve entre Textrémité de la presqu'île de Bon- Secours au nord, appelée Mobile-Point, et 11 ie Danpbine au sud; il est battu par Je fort Morgan sur Mobile^oint
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et par le fort Gaiaes sur l'ile Daaphine, solides ouvrages en maçonnerie dans le genre de ceux de Gharleston. Un antre chenal pins à Toneet, entre Itle Danphine et la terre ferme, était commandé par le fort de campagne Powell. Ces ouvrages et deux ou trois batteries de côte, donnant un total d'environ 200 bouches à feu, étaient encore secondes d'une flotiilte de guerre qui n'était pas à dédaigner. Celle-ci se composait du bélier cuirassé le «Tennessee, > armé de deux gros canons à pivot de sept pouces de diamètre et de quatre canons de bordée de six pouces, et des ttois canonnières aussi cuirassées c Gaines» Morgan et Selma, > chacnne à quatre canons. Le contre-amiral Buchanan, l'ancien capitaine du « Merrimac, • commandait la llottille, ayant son pavillon hhord du » Tennessee. » Ce bàiiiuont avait déjà fait beaucoup de bruit, comme devant éclipser tous les autres monstres cuirassés qui, depuis deux ou trois ans, surgissaient sur les mers. La puissance olTensive de ses six énormes pièces était augmentée d'un solide éperon qui, joint à une force exceptionnelle de vapeur et au poids du bâtiment, porterait de redoutables coups. Sa vertu défensive résidait dans une grande vigueur de gouvernail, lui permettant de virer de bord rapidement, et dans un formidable revêlemeni. Celui-ci ae composait d'une épaisseur de deux a trois pieds do bois» recouvcrie de deux et par places de trois et de quatre i>ia(jU('^ de fer de deux pouces, les plaques ajustées entre elles par des rivets.
, En outre, les passes et la baie étaient semées de torpedôs.
Pour l'attaque de cette position, l'amiral Parragut disposait d'environ cinq mille hommes de troupes de débarquement sous le général Granper, et d'une escadre de 48 bâtiments de guerre, composée comme suit :
Odtitueiit iiuixal.
CaMMi.
Hartford,
ConuBaadkoU.
Winnebogo,
Stevens.
Ckickoiow,
PerkïDS.
MwHtn à M* IMT.
Cmm,
TBCitmêeh»
Gmao.
Mankaiim»
Nieboiaoo.
ConwHw à npwr.
Brooklyn,
Aiden.
CtÊUÊKt
Bichnwnd.
Jenkins.
Leroy.
Mouonyahela,
Slrong.
Lackawaima,
Marchand.
Onéida,
Biullany.
Conmaodaatt.
Ga!ma.
Weels.
Mitaeamei,
Jouett,
Octorara,
Graen.
S$mmale,
DonalsoD.
Pori-Boyal,
Gberardi.
Kennebec,
Me Cann.
Jtasca,
lii'uvvu.
Total:
En outre, 95 transports afec uoe escorte spéciale de dDi| bâtiments de gaerre.
Le 3 août, les Iroupes furent débarquées sur Viic Daiiphine, et le 4 août les ordres d'all^iquc avec instructions tiélaillees furent donnés à la flotte pour le lendemain. Le 5 août avant le jour, les ltui%. Coslon portaient à ciiaqae bâtiment ie signai « en a?aDt >, et toute i'escadre se mit en mouvement pour franchir ia barre (*)* -
(1) Lm ligMWI Coiloa, alui t^ftHéi du nom île l'inventeur, ucieB ofRcier tte la narine des Etaîi-Uliil. cl qni fcinal «m fude exIenMon pcudanl la gnem, wat ou dec plu» ingénieux pioèiiu 4e l*«Mt li infialir al »i pratiqua de» AmérictiM nr d» fm colo-
rèi 4*m C«MMt vitMili» êm ritm penvent se portar li Mil à ii Mt fcrt— <lllni. I4» flnttCoiloa «inMtrâM infiaÏMli iIim Ii iriM ftinr^n «I Ihii iiiwiwn nlmMilMi
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Elle marchait sur uoe Iod^qc file double, précédée en avanl-garde et en flanqaeu» de droite, contre le fort Morgan, par les quatre moniton. La double flle était for* née d'un bâtiment en bois accouplé à un navire bardé. En téte M trouTaient le «Brooklyn,! muni de Tappareil à pécher les torpédos, marchant avec «Octorara: • la seconde paire était formée du hâlimenl amiral anim é au «Metac(imel.i Venaient ensuite le dUchmoud» avec le tPort-Koyal,» le iLackawanna» avec le c Séminale,* le «Monongabela» avec le iKennebec»* le «Ossipec* avec le •Gaâena.»
Vera les 7 heures du matin, le feu s*engagea entre les monitors et les artilleurs du fort Morgan, ceox-ei sous les ordres du général Pa^îe, comiinuidant en chef de louleb le» defefiàes exierieuies de Mubile. A peine le combat était*il ouvert que le mouitor J<;ci«m^6À continuant à s'avancer donna contre un torpédo, dont i'etplosion ouvrit une large voie sous la coque même du bâtiment. L'eau s'y engouflira avoc une telle rapidité qu'en quelques instants le bâtiment sombra en engloutiseant tout son équipage, sauf six hommes.
La ligne se trouva naturelieinent arrêtée parce tembh», et soudain éctiec, mais le vieux Farragut, compreuanl que ee n'était pas le mment de se laisser aller aux hésitations» se h&ta de passer en téte avec son bâtiment» en donnant aux autres le signal de le suivre. Sans s'arrêter il lâche deux bordées de son tribord sur le fort Morgan qu'il inonde d'obus et de iiiitrculte.
Toute l escadre le suit en l'imitant et elle arrive ;i i entrée de la baie, sans avoir trop soufîert des forts cl hors de la portée de leurs canons. Mais là elle se trouve en présence de la flotille confédérée, qui commence aussitôt le feu.
L'escadre fédérale continue à marclier en se déployant
et 60 écrasant dû la supériorité de ses caooûs la faible flolille sudiste. Les trois caDonoières sont bieolôi obligées de se retirer de (a lice, le Morgan parvieot à ae sauver à Mahiie, le Sêima, gagné de vitesse par le MMmie$, est obligé de se rendre, le (Tomes, on vouiani se réfugier 84M1S le fort s^éeboua à la côte.
Restait toutefois le fameux Tennessee et qui pour l'heure justifiait bien sa haute réputation d'intrépidité et d*invntnérabîlité. Gomme un sanglier forcé il tenait téte à toute l'escadre de Farragnt, dans un des combats les plus violents qui aient jamais été livrés. Bravant les feux de ses adveisaiies et jaloux d'entamer le premier la lutte corps k eorps, Buchanan marche droit sur le Hariford pour le couler bas de son éperon, mais ce dernier évite le coup et lâche sur son adversaire deux bordées, qui ne changent rien à ses allures. Tons les bâtiments fédéraux s'ispprocbent et l'enserrent de leurs feux Mais soit l'effet de la résistance des armures du « Tennessee, • soit que le tir, au milieu de la fumée el des mouvements des combattants, fût mal ajusté, le bcitimenl confédéré va, vient, louine, lire toujours avec la même hciidki. Des chai*ges à fond sont ordonnées contra lui et l'amiral Farragut, encore ici, est le premier à donner l'exempte. Le « Hartford 1 s'élance à toute vapeur sur le cTennessee,> mais celni-ci le voit venir à temps et se dérobe d'un vigoureux coup de gouvernail. Le • Hartford » qui, au lieu de liap])ei" so[i adversaire perpendu iihiirement à son tlanc, glisstî le long de sa paroi, en (uulilw pour lui lâchera bout portant toute sa portée, qui, cette fois, semble causer quelque ébranlement Au même moment, deux autres bâtiments fédéraux renommés par leur vitesse, le t Monongahela • et le t Lackawanna * s'étaient aussi jetés sur le « Tennessee; > tous les deux rdusissentà
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irapper, mais ils s'avarient sous le ciioc plus qu'iU oe faoi de mal à leur ennemi.
Eafln le» monitors 8'avaDceiit à leur tour. < Ghicka« ttw > et c llaDhatlao • se placeot à quelques mèirea de t'arriére du Teimassee » el loi envoient à bout portant leurs énormes projectiles. Le feu des autres bAtinients continue en même temps, et, comme le « Hartford » allait donner une socomle cliarge, le «Tennessee» amena son pavillon. Quoique la cuirasse parût encore relativement en bon état, l'intérieur du navire avait beaucoup plus souffert par l'effet des cboes et de leurs réactions. Plusieurs sabords, complètement biaisés, ne pouvaient plus sH>ovrir ou s6 fermer, les chaînes du gouvernail étaient brisées, la machine avait subi des dérangements considérables, les casemates étaient empestées d'une épaisse fumée. Une quarantaine d'hommes seulement étaient mis bors de combat, dont l'amiral Buohanao avec une jambe enlevée par un boulet. Sur les navires fédéraux, dont plusieurs s'étaient eiposés à découvert au Itou de l'ennemi, gisaient plus de 900 morts et blessés.
Ce succès de la flotte fédérale, quoique chèrement acheté et des plus honorables pour le vaincu, n'élaU qu'une portion du programme des opérations. 11 s'agissait de réduire les forts qui restaient sur les derrières^ et Farragut les fit immédiatement attaquer. Les premiers coups, dirigés contre le fort Powell, amenèrent son évacuation dans la soirée même do 5, après que l'ennemi eût [dit sauter les casemates et une portion des parapets.
Le 6 août le fort Gaines fut investi par les troupes du général Granger, et par l'escadre, et, après un faible bombardement, sou commandant, le colonel Aoderson, capitula le S août.
Le lendemain Granger et Parragut allèrent investir le fort Morgan. Celui-ci, tout autrement solide, rèsîsla mieux
et fut bombardé à plusiears reprises sans ?ouloir se ren* dre. Le 22 août cinq batteries de terre et les monilo» oaTrirent une nouvelle et plus forte canonnade, poarsoivie sans inlerroptiuu jusqu'an lendemain. Le 28, après une explosion et un incendie sarvenos dans le fort,. le ^eueral Pa^e cuuseaUl à né^^ocier etàserendre,a?ectoOt son monde cl son matériel, s'élcvanl a 1404 hommes et i04 bouches à im.
Après cela les fédéraux se trouvaient maîtres absolus de la baie, qu'ils parcoururent et fouillèrent en tous sens. Quant au pdrt même de Mofiile, situé au baut d'un long cbenal près des bouches du Tombig-bee, il n'était pas si faciiemenl abordable. Les [lasscs pour y pénétrer étaient encombrées d'eslacades et de torpédos, qui auraient pu être luit daii^ereiix à la flottille. Farragul ne ju^ea pas devoir pousser ses succès jusque-là. Le port de Mobile n'avait pas grande importance par lui-même, du moment que ia haute mer lui était fermée hermétiquement; et pour une opération dans l'intérieur de i'Alabama, un point snr la baie pouvait à la rigueur suffire. La prise , de la baie et des forts qui en commandaient les passes, était déjà un grand profil. Il allait permettre de licencier en grande partie la Hotte de blocus stationnée jusqu'ici devant ce port. Aussitôt que tes canonnières pourraient être escortées d'un corps convenable de troupes de débarquement, il serait facile d'ailleurs de tenter un coup décisif sur Mobile.
Kn attendaiU, la Hotte de TAllantique se renforçait d'éléments d'action (jui ne tarderaient pas à peser [dus fortement >m- les résultats de lu guerre, eu perlectionuant le blocus des rares ports d'approvisionnement qui restaient aux confédérés.
A propos de marine nous ne saurions passer sous silence un autre triomphe de TUnion, deux mois avant
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Cehli de la haift de Mohilo, et qui til pins parler «1b lui eii Bur^e qu'en Amérique, savoir un combat enlie la corvette fédérale le • Kearsarge * et te fameux corsaire anglo-COOMM « Alabama. >
Nens aroDS dit pré^édemmeBtO) \a terreur eita dèvaetation que le navire dn capitaine Semmes avait réi>andues sur les mers fréqueuldes par Ja mariiie marchande réd«^raie, et les efforts gne la protectiou de cette manutj avati imposés à la llolle des Etats-Unis, fi avait l'allii t*parpiller uniï trent^iine de bâtiments sur h-s lucrs j^our la protection du coinnu'rce américain, jiour donner la chaire aux corsaires, pour les prévenir ou pour les ^^arder «(ans certaines stations qui leur étaient familières. En juin 1864 « TAlabama > se trouvait dans le port français de Cher* boQrgf et le • Kearsarge, > avisé par le consul américaifi de Londres» vint croiser devant le [)ort. Las de ce rôle passif le commandant do « Kearsarpe, » capitaine Winslow, |)rovo(|ua le capitaine Semmes en duel, Un prii|)usai»t de sortir de son por^ neutre {iour venir se battre en pleine mer.
La réputation prodigieuse que la partialité anglaise et française contre rt'uion avait rabri«|uéc au capitaine Semmes, quoique celui-ci ne se fût jamais battu que contre des navires marchands, lui foisait on point d*honneur d^accepter le défl. Sous les regards d*une foule immense de spectateurs recouvrant les hauteurs de ChertHinrj: et d'autres suivant en embarcations, « TAlabama • sortit du port le 49 juin. Il était escorté par la frégate cuirassée impériale « la Coiiromuî » chargée de veiller loyalement à ce que la lutte ne commençât pas dans les eaux de la juridiction française, et suivi par un yacht an* glaîs de plaisance, le « Deerhound » qui s'était réservé dans Paction en perspective on rôle plus important que
celai d' an simple luun:ite. Le < Rearsarge > en royant s^Yaoeer son adversaire se porta aussi eo mer, jusqu'à 19 kilomdlres^ poor respecter la aeslralité déelarte des eaux de France* Soudain il se towme sur l'^Alabana et marche droil à liil dans Hnleiilloa de le couler Sans s'arrêter dans sa coofse il brafe trois bordées, lancées, il est vrai, à de trop grandes distances pour être efficaces. A 8(M) mMres le « Knarsarge » voyant son adversaire I f tirer, s'arrôle et coiumcrïce les feux à son tour. La canonnade est rapide du rnit» de « l'Alabama, • plus lente, mieux lyustée du côté du «iKliearsargo. » Ce'ui-ci n'a que 7 canons» tandis que son adversaire en a 8. Les canons du « Kearsarge » sont: deux Dabigreen lisses de onze pou* ces; un Parrott de 30 livres^ ei quatre 3i livres lisses; ceux de • TAlabama, > un 100 livres et un 68 livres rayés» H six 32 livres lisses. L'équipage du premier était de hommes et r,»îlni du second de 450. Les forces étaient tiuiic à peu près é-îales. L'Alahama avait l'avanl;ige que très chargé de ctuii hfm, ses flancs n oITran iii que leur minimum de surface iiors de l'oan. I^e « Kearsarge • avait compensé son infenonie à cet égard eii blindant sa coque de toutes ses chaînes d ancra>îe.
Au bout d'un moment il devint visible que « l'Alabama » s'apprêtait à céder. Il chercha à se diriger vers la côte, car il avait reçu une grave avarie. Le < Kearsarge • le devança dans cette direction, et les deux bâtiments passèrent quel- (|ues moments à décrire des spirales plus ou moins ser^ rées, tout en se canuinianl, pom cliercher à se ballrc (l'enfilade. Au bout d'une heure, le corsaire ralentit sensiblement soa feu et commença k sombrer. Bientôt le drapeau blanc remplaça k son mât le pavillon confédéré, en même temps que l'équipage se sauvait à la nage ou dans les embarcations. Le • Kearsarge > suspendit son feu et mit aussi ses embarcations k la mer pour recueillir les prisonniers et prendre possession du b&timent abandonné.
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Dans ces enirefailes, le yachl anglais vint ae faufiler au ' milieu do sauvetage, recoeillil des nageurs et plusieurs embarcations» y compris celle du capitaine Semmes» puis fila à toute Tapeur sur la côte anglaise et à Sontbampton.
Les réclanialioiis il a capitaine Winslow el des autorités américaioes pour se faire restituer les prisonniers soustraits de cette façon à la reddition du corsaire restèrent sans effet.
Dans ce duel d'artillerie entre les deux bâtiments, « TAtabama > avait tiré 370 coups, et le « Koarsarge > seulement 173. Ce dernier, toudté vingi-buit fois, subit des avaries qui le forcèrent à entrer à Cherbourg pour s'y réparer.
* Une autre affaire qui se termina* non moins beureuse-
ment pour les fédéraux, quelques mois plus tard, fit moins iPhonneur à la manière dont (}uelques-uns de leurs marins entendaient le droit des j^ens et le respoct des neutres. Le fameux corsaire • Florida, » ea[)itaine Morris, arriva le 5 octobre à Baliia, port du nord du Brésil, venant de Tenerissa, et s*y encra pour réparations et réapprovL sionnements. La corvette de guerre fédérale < Wassuchets, * capitaine Gollins, en croisière devant le port extérieur, se rendit aussi dans le port intérieur pour garder de prés le corsaire. En même temps, le consul américain àBahia, M. Wilson, demanda aux autorités brésiliennes de refuser le séjour dans le port au « Florida, » vu qu'il avait naj^uère violé la neutraiilé des eaux lirésiliennes pour y effectuer une prise. Le gouverneur de lialiia refusa naturellement d'accéder à une telle demande, et comme il avait remarqué des préparatifs alarmants sur le < Wassuchets, • il exigea du consul américain la pro- ' messe que le bâtiment fédéral respecterait le port de ' Babia et n'y entamerait aucune lutte. Le consul américain donna sa parole, et pour plus de sécurité encore, les
atilontés du port ancrèrent le » Florîda » sous les l>aUeries de deux navires «le gnerie iaestliens.
Le capitaine Morris se croyait dès lors en parfaite séniriti* . et il permit à ses hommes de descendre à terre, huk-ittéme , avee une 'partie de ses oflicîers, s'y trouvait dans la nuit do 6 au 7 octobre, lorsque son bâtimeiU fut tout à coup escaladé par les embarcations armées du « Wassucheis. * Une mêlée s'engagea d'abord sur le pont; puis le • Wassncbets, > qui s'était avancé, vint tirer un cmip de canon à boni portant sur le « Florida, » qui lui jiliallil son mal de misaine. Le corsaire se trouva ainsi capturé avec la moitié de son équipage, dont imit ofliciers.
Les autorités brésiliennes» à l'ouïe de celte brutale vio- lation de tous les usa^res, ordonnèrent le branle-bas de ciimbat sur leur flottille, et le contre-amiral du pori . somma le capitaine Gollins de reprendre son ancrage, sinon il serait coulé bas. Le capitaine Gollins promit quil allait obéir, mais trouva moyen, sous divers prétextes, de traîner ei> longueur l'exécution de sa promesse, ainsi «juc (roiupèclier rolllcier brésilien qui lui avait a|)|)orU' la suiiiiualuHi do monter à son boid. Pendant ce temps, il avait fait amarrer le * Florida » an « Wassucliets » à longue distance, et c)uand il se mil en marche pour aller pacitiquemeot, pensaît-on, rcprendi^e son ancrage, le corsaire était remorqué par la frégate fédérale. L'escadre brésilienne ouvrit aussitôt te feu, à laquelle le capitaine Gollins ^ut au moins la courtoisie de ne pas répondre, quoiqu'ayant reçu huit boulets de la corvette « Janoaria; • il se contenta de doubler de vitesse, et, ayant fait monter et cliauUcr par ses hommes le « Fli»rida, » il put bientôt filer avec une vitesse "supérieure à celle dos bâtiments brésiliens lui donnant la chasse et gagner les Etals-Unis.
tiàtODS*nous de dire que ce tour à raméricainey malgré
h grande popularité qn'il valut au capitaine GoUins, lui immédiatement biâmé et puni par le gowamemeat de 11. Lîneolii. M. Witooo fot révoqoé et le capîtaiiie ColiîM Miis e» jogemeoL Saœ même attendre lea piaîaiea du goufemement de Rio4u)eiro, le présiéenc déeida que ■le € Florida » et son équipaije ser;iieiit reslilues aux autorités (le Baliia. I.cs hommes le futeiu en effet, mais un aixiUent <|iii ^ni \tnl au bâtiment, dans le port de Hampton, et le fil cuuier, em|)ècha sa remise.
Ces avantages des fédéraux aor lea mers avaient eu pourtant une ombre. Un autre corsaire^ plus formidable qae ces derniers, venait encore de faire son apparition. C'était le cTallabassee,» capitaine lobn Taylor Wood. Ce rapide steamer, construit aussi en Angleterre, fit d'abord avec succès le commerce de contrebande de blocns entre B»irmuda et Williuinglon, et jeta dans ce dernier port, la principale source d'approvisionnements de Hiclimond- Petersburg,, de fortes cargaisons d'effets militaires et autres.
Après s'y être fait armer et barder de fer, il eo sortit, comme corsaire, an eommenoement do mois d'aoât et se
rendit sur les C(Mes de fa Nonvelle-An.qleterre, où en une semaine il raylura et coula une vingtaine de bâti mon Is marchands. Sachant éviter toute une escadre de navires de guerre fédéraux envoyée contre lui, il alla se refoire au port canadien d'Halifax, en échappant à quatre ou cinq croiseurs devant ce port. Les autorités britanniques, qui oommencatent à devenir de plus en plus neutres, au fur et à mesure que le Nord remontait ses affaires, somnèrent bruyamment le « Tallahassee > d'avoir à évacuer le jM)rl dans les vingt-quatre l^eures, ce rpie le corsaire effectua, en échappant de nouveau à la noisière iï'déralo. Tne fois en mer il captura et coula encore une quinzaine d'autres navires marchands, puis parvint à rompre le
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hldcus de WillmiugtoD) où il rentra eo triomphe et charge de butio.
Ce biiilaiil raid maritime eut toutefois de funestes oon« fléqiMiiees pour les confédérés. Il appela l'attontioa redoublée de leurs adfersaires sur le port de Willmington et sur le grand r6ie qu'il eommeoçaît à jouer. Ils y renforcèrent leur croisière» de manière k en rendre le blocus patfaUemeiit hermtlii|uo, mèniu pour le « Tallahassee, » et iiiéditereiit une atlaque en forces de ce point devenu ni iiEportaut, ainsi que du fort Fisherqui le gardait et dont DOW nous oeeuperoM tout à l'heure.
En attendant, l'émotion produite par l'apparition de CM corsaires et par leurs épbémèreMriomphes» ainsi que les compHcatioos qui menaçaient souvent d'en résulter, avaient été fort bien mises à profit par le ministre de la marine, M. Welles,etpar le gouvernement pour faire renforcer la flotte dt^s Ktats-Unis. Le conprrfis ne s'était refusé, dans ce but, à aucun sacrifice d'argent, et, comme les ressources en chantiers et en côtes, éléments premiers après l'argent, ne manquaient pas, la marine fédMe de guerre fit en peu de temps des progrès vraiment léériques.
Depuis le commencement de la j^uerre jasqu au moment où nous sdiiimes arrivés, l'administration nvait fait construire plus de tO(> bâtiments, et elle en avait acheté environ 400. Le personnel de la marine, de 7,600 hommes en I8(H, était monté à ttl,fiO0; celui des ouvriers dans les Ghantiers de l'Etat, de 8,S44 en 1861, était monté k 16^880. La marine marchande et les chantiers civib avaient facilement pu fournir le nouveau personnel, qui, après quelques mois d'école théorique et pratique, était devenu presque requivaleat de celui de la marine de guerre.
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flêtoatton pollUqy« intérieure. — Ctempagne étootoraie pour réleettm pjrMdmtiéUe. ^ tes dlvem partis en préMnoa. ^ I4liaotal et Mo CleUan. — RééleçUoo 4eI4ilC0Ui.
Pendiint les campagnes qui nous oui occupé dans les précédtiils chapitres, une autre plus importante encore avait suivi son cours dans les YAnis du Nord, et y avait atteint son apogée. C'était la campagne électorale qui s'ouvre régulièrement toos les quatre ans pour le choix ûu président de la république par le suffrage oni?eraei. il n'était entré dans l'esprit de personne aui Etats-Unis que l'affreuse guerre qui les désolait pût offrir un motif de suspendre le jeu régulier des institutions démocratiques et dispenser d'aucune élection, générale ou locale. On sait Torage et les inquiétudes qu'avaieut provoqués la Simple suspension de Vhabeas corpus, La criso de l'élection présidentielle, qui avait été le prétexte méuie de la guerre, serait de nouveau allronlée, et l'on cliercherait dans la voix du peuple librement exprimée à cette occa* siott, un enseignement pour l'avenir.
Le scrutin qui allait s'ouvrir avait donc une mission bien grave.
« Le peuple devait par son vote, dit un éminent écrivain français, M. Elisée Reclus, de l'auiontc duquel nous
aimons h. nous appuyer i^*), approuver ou désapprouve!' non-8eulemeDt U politise suivie par Lincoln, mais encore la gaem elle-mftme; il devait se prononcer défini* tivement, par la voix de son mandataire élo, aor la deeti* née fature de la république, déclarer s'il était à boot de saerifleee et s*il consentait enfin à laisser subsister à côtô (le lai cette confédération de planteurs ligués ponr étendre l'esclavage et fonder une féodaliiê dans ie Nouveau- Monde. Jamais la nation américaine n'avait été convoquée dans ses comices pour un vote plus aolannel. Lorsque le républicain LincolB aTaH été élu pour la première fois contre les démocrates Doniflas, Bell et Breekinrtdfe, les populations do nord de l'Amérique étaient matériel* lement les plus prospères du monde entier, elles jouissaient d'une paix ininterrompue depuis un demi-siècle et se lançaient joyeusement dans 1 inconnu en déclarant que la guerre était impossible, et que s'il y avait lutte elle se réduirait d'une part à de simples bravades et de Tantre à une promenade stratégique.
» Gn 4864, les choses avaient bien changé; les Àméri* caîns connaissaient maintenant la goerre civile dans toute son horreur» des contrées entières étalent dévastées, des centaines de mille hommes étaient tombés sur les champs de IniUille, le gouûre de la dette s'était creusé d'une manière effrayante, la hideuse banqueroute était aux portes. A eux de déclarer s'ils étaient Ins de ce terrible conflit on s'ils voulaient encore verser leur sang et leurs millions.
» Aussi l'agitation électorale, toojonrs si fiévrease aux Etats*Unis, prit^elle des proportions Inaccoutamées pendant l'année 1864, et souvent elle fit perdre de vue josqQ*à la guerre elle-même. Dès le mois de janvier les|»o/t-
(l)L'.4'wi l iiH i''-^ D'HJ'-Mouiles à( tfitH-tAft.'i. i|ui \i ii I j iriitre, DWn apporte tifi tvweau et renurquaiile tiavail ilc M. JI«n1u» .<iur la ffiierre il Am i i.;mi . anqnfl tmu? prenons la liltert/, l'autrur «'-Uni t'ifii plu-, i i>-r:[it'lv'nl que n '-i' l'ii m.Uh'Ti' m niin'. ir.'?npriinl,<*r Li subt- Uoce de tout ce duptlre, Bo«tft bornant a en élaguer *|uek)»ei apt>rrrtalion» errooéeé i Tembott
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timnê étaient 6q eampagne convoquant des assemblées {Hnéliminaires, publiant journaux et brochures pour 1*0eiMUMiider leur eaodidai; nais il fmi bitolùt évident qae detoos les nom» présemée aoi saffhiges popolalfee no petit nombre senkemeat seiaient sérieusement ditentés par les parfis en lotte. Cette fois il ne s'agissait plm- uniquement, comme dans la plupart des élections précédentes, de nommer un président quelconque, un homme nul ou médiocre qui consentît a se taire, pour prix de sa nominalioD, l'bumble serviteur d'une coterie; au contraire, l'opinion publique était fermement décidée k choisir peiEir ee poste si considérable de premier magistrat de l'Union on citoyen éminent, qni par sa conduite aniérieure eût déjà deimé des gages à sa patrie.
> Le général Grant, dont le nom avait été proposé aux votes de la nation par le Nm-York Herald, le journal le plus répandu des Etats-Unis, se hâta de décliner la candidature dès que Tagitatiou faite en sa faveur eut pris une certaine importance. Cet homme de goerre^ aussi modeste qoe sensé, ne se laima point séduire par l^sqiiotr» Ceodé pent4tre, de monter k son tour au fimtenilprésidentiel; il comprit parfaitement qoe aon nom avait one signiftcation toute militaire et par cela même contitoerait un vériiabie danger pour la république; il sentit m uuUe dans quelle position indélicate et tausse il se serait trouvé si cUacune de ses batailles, chacune de ses manœuvres stratégiquesavait été considérée comme une réclame électorale, et si lui, le subordonné direct de Lincoln et du congrès, s'était posé en prétendant politique. 11 refusa donc nettement de laisser discuter son nom dans les cooTentions préliminaires et donna le conseil à ses amis de reporter leurs voix sur le président. Quant à If. Chase, le secrétaire des finances» il ne sacrifia point sa candidature d'aussi bonne grâce. Il est vrai qu'il avait l'avantage de représenter en puiilique les opinions de la fraction la plus
avancée du parU républieain; mais en revancli6 il était Kéné dans sod ambition par le titre (te ie«rôtaire des lioancea qu'il devait à M. IJimoIii; bien que sa réputation dlnUgrilé fftl parCaitemeiit étobUa, il devAil ausai a'allêttdre à tootea lea oahwmiea qui oa peQWt manquer de poorsuiTre on boum nuAiaDt un budget de SS.mil* lions par jour. Il lutta cependant plusieurs mois contre les difficultés de sa position; muis hieniùi la crise financière s'aggrava, les emprunts deviureiU pi us onéreux, et lit dette s'accrut dans des proportions de plus an plus rapides. M. Chase eut alors la malbenraose idée d'wiler le congréa àMtreiodre le l»bre coamercede l'or, erejant qa*il pourrait ainal mettre on term àlaapdeolalion élire* née dea agioteurs; mais cette mesure tat repouaaée avec juste raison. Après cet échec, M. Cliase n'était plus assez fort pour lutter contre M. Seward, son rival en influence dans le cabiuel; il donna sa démission le i\) jum, et quelques jours après M, Feasendeo» Tua des sénateurs lea p4«a veraéa data les queitîona Annielèras» lui aueeédait ea qualité da saerMre du trémr. U législature de rOiiio» le pn> pre état de If . Gbaie, ajant vera la même époque émia un vote ftivorable k la réèleetêoa du présent Lincoln, il ne restait dtsormais plus à l'ambitieux homme d'étal (ju'à se désister formellement de sa umdidature: en adveiNiire généreux et sans rancune, il mit, vers la tin de la période électorale, toute son éloquence et aoo activité an service de M. Uooolo.
» Trois grands partis politiques se trouvaient en présence dans les Etats du nord, chacun avec son pro^^ramme
» t son armée d'orateurs. Les démocrates n'étaient point d accord entre eux au suiit de la queslion la pins importante, celle de la paix ou de la guerre; les uns, comme Vallandigham, Cox, Long, les deux frères Benjamin et Fernando Wood, voulaient qu'on demandât gr&ce aux
ptADlenn rebelles, et peal«ètre espéraient-ils qn^à (oree de compromis et de bemsiee ils féoselnieil à reeomti* tnerfVliioii ftnérimîae a« pmllt des eselavagietee do sad et du liord ; les antres, beamonp plus nombreux, se ré-
voilaient k l'idée d'une paix hontense et demandaient ta continuation de h jriiern' jusqu'à victoire définitive, mais ils cuntinu tieiit de révéïcr rosclavage coinme une institution gainte à laquelle les planteurs seuls avaient le droit de toufiber, et s'unissaieot avec le reste da parti pour acenser le président et le eongrèsd'inter?eBtîOBtyranniqQe dans les droits partlenKers des Etals. Les répoblicaiDS» pins vois que leurs adTersaires, approuvaient tout sim* piement la roarehe de la guerre etdeê aftûres en général et se déclaraient prêts k soutenir de leur mieux le gouvernement dans c^tte grande oeuvre de la destruction de l'esclavage et de la réorganisation de la société du sud. Ouant aux radicaux, ils reprochaient m j»r[si(1ci!l sa lenteur et sa pusillanimité; composé en majorité d'Allemands et d'antres dloyans d'ongioe étrangère, ce troisième'parti se prononçait en fàTonr de l'abolition immédiato de Heeelanie dans lea étals lojrans. Il demandait en outre une centrallsatîon politique beaucoup plus eomplèle et conseillait au gouTememenl dHniervenir ré* soiumeiil en faveur de ta liberté dans toutes les graves questions agitées en ^'.urupe.
• Ce dernier parti, qui du reste ne pouvait guère se faire dlltusions et qui par conséquent n'avait rien à ménager, prit les devants dans la lutte électorale. Dès le 31 mai, les ^délégués radicaux, pour la plupart Allemands d'origine, se réunirent en convention k Clevelaud, ville importante de POhio, et porteront leur voix sur le général Fremont et sur le général Cochrane, comme candidats à la présiiliioce et a la vico-pri'sidtnice de la république. Ces deux hommes avaient eu le tort, si c'en est un, d'être des pré-
curseurs; ils avaient eu raison ii up tôt, et dès le commencement de la guerre ils avaient compris que l'eschivige, cause unique de la rébeUion, devait être frappé au cœur. * FMnom «rtli w Hbonaaur 4a itow It kamM, iMrdre da jour qaï dédarMl libres à lo«japn l« esclaves des proprtétaifw missovrieus insurgés» el GoebraM» tes mi discoors teDQ ikWasbiJistoii d#fwi tos.mnbmdveRbinst, adressé ani nèifss eo Isa eoQjamide pren* dre les armes « pour leur propre liberté et celle du «enre huuiajii. » Censurés et renvoyés du service acliT, ces deux officiers n'en avaient p:is morns été les initiateurs d'un ntouvement d'émancipation que le gouveroement était obligé da suivra» et les délégués abolition istes, en pprlaot leurs vois sur Fremoni et Goebiaoef étaient eeitaîoemeal les ioterpréles da la reconnaiaeaoee que U imIhmi leur vauera dans raveair* Las deux sandidâls cooeanlireut d*abord k se mettre sur tes rangs; mais il dafînt bientôt évident que la liste radieste n'avait aueuae ebanee de réussite, si ce n'est dans rélat du Missouri, où les abolilionistes purs étaient en majorité. A. la tin du mois d'août, le général Fremoni se décida eolin à imiter M. Cbase et retira foriaeiiement sa candidature afin d'éviter 'iu'un partage dsa voix, dans le parti de la liberté râpa* blicaiae n'eût pour résultat le triompha des eompiisea de l'esclavage.
* Quelques jours après la convention de develand» Isa
délégués républicains se réunissaient à Baltimore. Leur làcbe était facile . satisfaits de la direction que le gouvernement imprimait aux alTaires, ils ii avaient qu'a féliciter M. Lincoln de son respect pour la constitution et de sa constance à toute épreuve, à l eucourager dans cette 'Conduite politique en lui offrant toutes les reasonrces nationales, et à le proposer, an peuple comme candidat pour une nouvelle période présidentielle de quatre an« nées. Seulement, pour satisfaire au vcsu lé^ptime de la
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iiatioD, qui ne voulait laisser gouverner que par des liommes éprouvés, \m dôiégnés de BaUisore ne choisi* ml poiM pour Itwr eandidit à ^ weoide siAgiiminre lit la iié|MiÛiqa« le vitt-préaidenl en «xereiee» IL Uw^ «iW HmliB» que tooe respedueBl» il eil vrai, à wm é% <» bame pf<olrilé, mie ^và ne te distinguait par au* cune autre qualité supérieure. Ils lireiit chois, de M. Andrew Johuson, aiicien tailleur, qui, par son amour du ti'avait, son bon sens et son énergie, s était élevé, comme Lincoln, à la dîgoité d'homme d'Etat, et donnait alors en qualité de gmiTerneur militaire do Tennessee des pieavea de son pAtrioitsme et de son inteUigeoee polfti<|U6. En outre, la nominatiou de M. laboson devait être on gage de réeônelKation ftiture avec les Etats méridionav»,
puisque, par sa naissance et ses anciennes relations, le candidat à la vice-présidence était un homme du Smi
» Les démocrates, beaucoup plus eiiïbarrassês que les républicains, à cause des dissensions de leur parti, attendirent aussi longtemps qu'il leur fut possible avant de se réonir en convention ; ils espéraient sane douta que, pendant Tîntervalle, leora adversaires eom* mellraieDt quelque fiinte -Irréparable, ou bien qu'euxmêmes réussiraient à s'enteadre sur le programme poli* tîqae à suivre et sur les noms à proposer au peuple. Ce fut seulement vers la fin du mois d'août que les délégués s'assemblèrent à Clucago. Les uns étaient des unionistes sincères qui avaient la naïveté de croire que ies liens fédéraux pouvaient encore sp renouer entre les sociétés démocratique}» du Nord et l'aristocratie féodale du Sud ; fraotros désiraient simplement qu'on fît de nouvelles ton* talives en faveur de la paix avant de ountlnaer la guerre jusqu'à épnisemeot complet de Tun dee belligérants; d'autres encore demandaient la paix, et la paix à tout |)rix, sans trop s^effrayer de voir un jour les Etata4Jnis tomber sous la dictature des planteurs du Sud et de leurs
amis; enfin, un certain nombre des prétendus démocratfliélaient vraiment des trattres à la république et se van* taimldo aobriqMl ée aerpaaia, eoppÊrkâttât «fii'oa leur anlt donné. Entre les MpriBMiUitoé'opiiiMiM jî diT«M tartame oordiale n'était gnère poaiible. Aoari las aéaoeai de la convention AirenMiea tréi orafianses, et« eonme on pouvait s'y alleadre, le projframme du parti démo- (THtique ne fut qu'une va^ïue déclamatioM au style ambigu, aux iilées rojiUadictoires; C€p*»r»dant, la teDdanre générale du manifeste, rédigé principalement par !bs cai^keads, était décidément pacifique. Habitués au)i compromis par leur attitude d'autrefois devant les planlenrs du Sad, les démocrates se décidèrent anftn à faira transiger les diverses fractions do parti en proposant an choii de lenrs amis les noms de deux hommes d'opinions différentes. La majorité des voii désigna comme candidats à la présidence et à la vice-présidence le général Mac-Clellan, un démocrate de la guerre, et M. Peudleton, un démocrate de la |)aix : telle est l'ingénieuse combinaison à laquelle on s'arriMa. Me Clellan crut devoir accepter rhonneur que le parti veiiait de lui faire; mais, dans le manifeste qu'il publia à cette occasion, il eut soin de se séparer nettement de tous les tièdes patriotes et des copperhead8 qui avaient contribué à sa nomination et protesta de son dévouement inébranlable à la cause de rUnion. »
Dan.s un remarquable discours [)rononcé à lui auguralion du monument élevé à Wesl-Pouit, à la mémoiro dtis. >()1(] ii> do l'armée réj^ulière, le 9 juin 18^4, le jiteneral Me Ciellau avait déjà exposé nettement ses vues politi* ques, qui étaient toutes en (àvenr du maintien de rUnioo et de la Gonstitutioii, ainsi que de la eontinuacion de la guerre, mats sans complications abolittonisles.
Dans sa réponse au comité qui avait provoqué sa candidature, il n'eut pas de peine à se séparer de leurs
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vues pacifiques, pour mainteoir ouvertement et francbement les sienne, et ii le fit dans dei termes qui lei coocilièreol t'estime de tout le monde» même de set ardenta advenalriik Voioi la Iraducltoii laitutU« d« etile qii mArile d'Mrt ciléa.
« Orange N.-J., 8 «epUiinbre 1^4/
» k M. Horaiîo Seymoor et autres membres do waM,
> Mettieors.— J'ai l'hoaneor de vous accuser réception de votre letlra miDf<Mrmattt de ma nomination, par la récenle convention nationale démocratique de Chicago, comme candidat an poste de président des Etats-Unis dans les iJi ochaines élections.
• Il n'est pas nécessaire que je vous dise que je n'ai nullement recherché celte candidature.
> Je suis heureux d'apprendre que lorsqu'elle a été décidée il a été tenu compté des actes de ma vie publique.
• L>iret de longs et variés services dans l'année en temps de paix et de guerre, a été de renforcer et. de rendre iniléiebiic dans mon esprit et ilans muu cœur I ainuur et le respect de l'Union, de la Coostitutioii, des lois, du drapeau de ma patrie qui y étaient gravés depuis mon enfance. Ces sentimanis ont dès lors gaidé tout k coors de ma vie et la guideront insqu'à sa fin.
» L'existence de pins d'nn goiivemement snr cette région du globe où flotta une fois notre drapeau est in* compatible avec la paix, la puissance et te bontiODr da peuple.
» l e maintien de l'Union était le seul objet avoué pour lequel celte guerre fui commencée. Elle auravV Av\ être toujours conduite pour cet objet seul» et confor* mémeot aux principes que j'ai eo l'occasion de proclamer quand j'élaîs en service actif.
» De cette façon l'œuvre <ie la réconciliation eût été facilu. et nous aurions» idcueilli le béuéâce de nos nom* i>reuses victoires sur terre el sur mer.
> L'Union a été formée origineUemeiil par l'application d'an esprit da eonciliatioo et de compromis réciproques. Poor la restaurer et la maintenir, le même esprit aaraii dA prévaloir dans les conseils et dans les cœars du peuple.
» Le rétablissement de ri'nion dans son intégrité est el doit continuer à être la condaiou indispensable de tout arrangement. Aussitôt qu'il sera évident ou même probable que nos pi csi iils adversaires sont prêts à la paix sur les bases de l'Union» nous devons user de toutes les ressources politiques donations civilisées, enseignées par les traditions da peuple américain et dans les limites de l'honneur et des intérêts du pays» poor assurer une telle paii, pour rétablir lUnion et pour garantir dans raventr les droits constitotionneU de chaque état. LUnion, Toilà la seule condition de la paix, nous n'en demandons pas davantage. ^
» Laissez-moi ajouter que je ne douie i);is ijue ce suit là, quoique non exprimé, îe senti iiient de la Convention comme du fieuple (nfelle rejiresenle, que si un étal quelconque veut revenir à l'Union, il y serait immédiatement reçu, avec une pleine garantie de tous ses droits constitutionnels.
> Si de francs, sérieux et persistants efforts dans un tel but Yenaiont à échouer, alors que la responsabilité des conséquences ultérieures retombe sur ceux qui restent en armes contre l'Union. Car l'Union doit être naintenue à tout prix.
» Je ne pcmnais regarder en lace iues braves camarades de l'armée el de la Hotte, qui ont survécu a tant de sanglantes batailles, el leur dire que leurs peines el que les sacrifices de tant de leurs frères morU et blessés
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Paoraîenl été en vain, et que nous devons abandonner la cause de cette Union pour laquelle nous avoo» lanl de fois expose nus vies.
» Une grande majorité de^otre peuple, daDS Tannée» dans la marine ou au foyer de la famille voudraii, comme moi, saluer avec joie le retour de la paix sur la base de l'Union ei de la Constitution, sans antre effusion de sang. Mais aucune paix ne saurait être permanente sans rUnion.
» Quant aux autres sujets présentés dans las résolutions de la Convention, je n'ai pas besoin de dire que je chercherais dans la Constitution des Ëtats-Uois et dans les lois qui en découlent la règle de macondaîle et les limites du pouvoir eiécutif; que je m'efTorceraie de rétablir réconomte dans les dépenses publiques, le règne suprême de la loi, et de faire reprendre à notre pays par une nouvelle impulsion du sentiment national, lâ place supérieure à laquelle il a droit parmi les nations de la terre.
» La condition do nos finances, la dépréciation du papier-monnaie et ies charges imposées par là au travail et au rapital, montrent la nécessité du retour à un sain système Hnancier, et que les droits des citoyens et des Ktats, ainsi que l'autorité de la loi sur le président, sur Tarmée et sur le peuple doivent être aussi cbera en tempe de guerre qu*en temps de paix.
» Croyant que ces vues sont bien celles de la Convention et du peuple que vous re])résentez, j'accepte la nomination. J'en assumerai le poids et la responsabiilité, si le peuple la ratifie.
> Connaissant ma propre faiblesse, je ne puis que rechercher avec ferveur la direction du maître saprème et, confiant dans son aide et dans sa louto-puissancc, faire de mon mieux pour ramener l'union et la paix au sein
de notre peuple affligé» pour rétablir et garder 8^ Uberlée el ses droite.
> Je sois» Meseiears, très re8pectaeiiseaent« Totre obéissaDt serilear.
Ce sage et habile programme ûe surprit poiot les aaia ÎDtinesdo général. < Il efttété^ eo effet» par trop oom* promis» reprend M. Elisée Redos, s'il nVaîl repoussé toute complieité d^idées avec Vallandigbani et antres
oi'gdiii;>dieurs dû la soi:ietc des « FiU de la libei lé, » qui 8'élait donné pour mission bien connue de briser une seconde fois le faisceau des Kiats répubiicainâ eu foodaot la • confédération da nord-ouest ■
I L'élai d'Incertitode qui ne peut manquer de précéder la période si grave d'un changement de magistrat su* prtae, et peul^ètre de politique nationale, était des plus favorables à la propagation de nouvelles absurdes, à
Péclosion de paniques soudaines, au développt iiionl de spéculations fiévreuses sur les fonds publics 1 1 sur les valeurs industrielles. Un agioteur du nom de Howard, ne craignit même pas de lancer dans le public une Causse proclamation signée du nom de Lincoln et demandant à la na- |ion une nou? elle armée de 400,000 hommes. D'autres spéculateurs, sans aller aussi loin, ne cessaient de répandre des rumeurs de toute espèce pour imprimer au marché flnan* cier de biuaques inouvemenls de hausse uu de baisse. Toutefois, plus on approchait du jour de réiection. et plus i! devenait évident que M. î.incoln serait maintenu à la tête de Tadministrâtion fédérale. Ainsi que le disait le président lui-même en son langage pittoresque : « Ce n'est point au milieu du gué qu'on change les chevaux de la foiture. • Chose remarquabiet 4ans plusieurs Etats, les démocrates eoi-mèmes se virent obligés de Toler une mesure que pourtant ils nignoraieni point devoir être fu*
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neste aux espéranceà de leiu* propi'e parti. Les membres répubiicaioâ des diverses législalores ayaût ddfliafidé que le droit de suffrage fût désormais accordé aux soldats qui 86 troovaio&t, loin de leur Ëtat natal, sur le Ibéfttra de la guerre» ^ membres du parti conservalettr a'osèreot pas toos s'epposer à cet amendement conslitutionnei, dans ta crainte qu'on ne les accusât dlndifférenee à l'égard des voloiiLaiios qui versaiciil leur sang pour la patrie. Un grand nombre de démocrates votèrent donc la mesure proposée par leurs adversaires, tout en sachant bien que sur dix soldats, neuf feraient certainemenl choix de candidats républicains. Dans presque tons les campa, la vue des ebiourmes d*esctaves, la confraternité d'armes a? ee les soldats nègres et le désir de frapper au cœur la rébellion pour terminer plus tôt la guerre, avaient fait de la grande majorité des volontaires des abolitionistes ardents.
> D'ailleurs le triomphe certain du parti républicain était prâsagé d'avance par le résultat de tontes les éleetions d'Etat et de tons les votes populaires. Dans le Maryland, l'amendement de la constitution abolissant définitivement l'esclavaîïe fut rudement coniliadii, siu toui par le clergé catholique, mais il fut enfin voie, i^ràce à l'appoint que les soldats absents fournirenl à la minorité abo- ' iitioniste. Dans le Maine, Ëtat dont les élections ont tou* jours été considérées comme un indice presque certain de l'opinion générale des populations du nord, le triomphe des républicains fut complet, puis ce ne fat qu'une succession de victoires dans chacun des autres Etats qui avaient à renouveler leur députation pour la session prochaine. A la fin de toutes ces élections, il se ti ouva qm \^ sénat futur se composerait de 31 unionistes contre 40 démocrates^ et la chambre des représentants de iH républicains contre 37 défensedrs de l'institution servile;
une majorité compacte était ainsi assurée dans iai dilll ebamlm potir l'atwHtioB <léfifiitiv« de l^ewiafage elpour la contiaintion énenglqne de la guerre. L*éleclioft de LineolB pour une deuiième période préeideMielie éiail donc eomifM d'avance; cependant on ne eroyait pas que le sn'-.cès dût être aussi grand qu'il le fut eu rtaliU'. Le 8 novembre, jour dn vote, les électeurs de vin^M-deiix Ktals sur vingt-cinq lirenl choix de délégués ayant pour mandat impératif d'élire M. Lincoln ; trois Etats seulemeM porl^^t leors voix sur Mac Glellan; sur ce nombre deux Etats>le Keutuckf et le Delaware, possédaient encore des noirs^ et par conséquent une aristocratie terrienne furtemeni constituée : l'autre Etat, le New-Jersey, était le houlevard du parti démocratique, principal ment à cause
. <lu V(iisina|;e de la grande ville de New-Yutk, où les Irlandais catholiques et autres complaisants de l'esclavage étaient aussi en majorité. De tous les Etats libres on seul dooc s'était prononcé en faveur de ta paix ou d'un compromis; partout ailleurs l'opinion publique alfirmait que la guerre devait être poursuivie jusqu'à la victoire définitive, et désignait pour mener cette œuvre à bonne fin I lioiîiiuf^ qui Pavait iléj;i si hien commencée. Les délégués
, r.liarj^és d élire Lincoln liient an nombre de contre 'ii ayant pour mission de porter leurs voix sur Mac- Clellan. Le total des voles exprimés avait été de i,OH,Mi voix ('). Rarement verdict aussi solennel avait élé pro* noDcé par la nation.
t Quant aux copperhêoàê qui voulaient à tout prix la ruine de 1 1 nion, il ne leur resta d'aiities ressources que 1*' crime. T^ndi^ i|ue parmi eux un certain nombre se rendaient au Canada pour y organiser des expéditions de pillage contre lee villes de la frontière, d'autres tramaient
diLondi raMlMMàMeolietlt de iSM, A1i«mU« ta» Ritu te md avaievl pviipMt, l«
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ém iDDiptraiiOiM cofitre la vie da président LidcoId et des prîneîpanx menbra da gouveroement de l'Union ; d*aiitree enfin réfraient anx moyeDs de ruiner des cités entières par d'effroyables catastrophes. C'est aiusi que dans la imit do "^•> iKtvi mhre, quinze jours à peine après Télectlon, nn jeune planteur de la Louisiane, noniuie Kennedy, aidé de quelques complices, essaya de mettre le feu aux grands hôtels de New-York, ainsi qu'aux navires du port et aux ehantiers de eonstmction. Il espérait que le feu se oommoniquerait de proche en proche à tonte la ville, et que la destnictîon de l'Bmpire-Gity vengerait suffisamment • les ravages des unionistes dans la vallée do la Shenandoah. *
• Ainsi ia force des eUib du nord, années, ressourœs financières, crédits, éUiit de nouveau remise tout entière aux mains du président Lincoln, et cette fois ce n'êtiit point une simple majorité relative, un hasard du vote qui faisait de l'ancien « fondeur de bûches » te premier magistrat de la république, «fêtait une majorité compacte» tétait presque runanîmité des voix: quand même le^ états (lu sud auraient pris part à l'élection pour faire pencher la balance en faveur de Mac-Ciel !an et de Pendlelon, Luicoln n'en aurait pas moins été Telu de la nation. Après trois années et demie d'une effroyable guerre, te peuple se déclarait plus que jamais prêt à la lutte et décidé à rétablir Tllnion. Cette éclaUnte manifestation nationale fut certainement un triomphe bien plus important que ne l'eût été un grand succès des armées de Sberman ou de Grant; on peut même se demander si la rééJectioo de Lincoln ne fut pas la vériuble victoire qui ôta le cooraj^e aux rebelles et leur fit tomber les armes des mains. Le fait est qu'après cet événement l'histoire de la lutte ne fut guère qu une succession de désastres pour la c^use des esclavagistes. Trompés par leurs chefs, les soldats
confédérés «rayaient au découragemaoi des popalAtîoos do nord el comptaient d'ane manière certaine snr l'élection de Mao^lellan : voici qu'au contraire île apprenaieni tout à coap que l'éla da peuple était Lincolo, et qoe tes Etats libres, avee lear immense supériorité de ressources, étaient résolus ii continuer la lutte avec le même acharnement que par le pa^sé. Les régiraents de Hood et (le Lee sentirent qu'on leur demandait de lutter contre la destinée : la désertion se mit dans les rangs, et ceux qui restèrent fidèles à leur drapeau se liatttrent désormais avec la certitude qu'ils seraient vaincus.
» Par une singulière ironie du sort, le jour même où la triompliaiite majorité de Lincoln poii ait un coup si fatal à la cause du muI, M. Jefferson Uavis inaugurait la session du congrès de Richmond par un message dans lequel il se félicitait de l'beureuse situation des affaires et constatait avec gratitude que « la Toute-Puissance ellemême voulait le salut de la Confédération. > Il avouait bien t quelques revers »« mais aussi que de succès n'a-* vait-il pas il ènumérer: les victoires de Kirby-Smitb dans le Texas et de Stirlîng Price dans TArkansas, la marche de Forresl dans le Tennessee occidental, les opérations de la cavalerie sur les deinéres dp l'armée de Sh<*rman! « Il n'eiiste point, s'écriait le président des Etats rebelles, il n'existe point de partie vitale de laquelle dépende l'existence même de la confédération. AOcan triompbe de l'ennemi ne peut avoir pour résultat la destruction de notre patrie. Ni la ebute de Richmond, ni celle de Wilmingtop, de Gharleston, de Savannah ou de Mobile, ne sauraient épargner à l'ennemi les flots de sang et les flots d'or qu'il ne cesseia de verser tant qu'il n'aura pas compris que la seule hase possible de la paix est ia reconiiaissance de DOS inaliénables droits. • Quant k la situation financière, M. Jefferson Davis affirmait « qu'elle n'avait rieù
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dedéeourapreant» » en dépit de la réeeote banqueroute à peine dégaiiée, et qae, « gr^e à une législation jadicieose, on pourrait facilement employer les abondantes rettoorces do pays, de manière à foire face à, tons les besoins de la guerre. > Bien que toutes les affaires allassent ainsi pour le mieux, le président des Etats eonfédéffe consiicrail la dernière partie de son messafïe k rerornuiaiHler mie mesure désespérée, celle Je l'anuemenl do 40,000 fioirs. Les citoyens ne sullisanl plus à la délensi; de la patrie, il faisait appel , non pas même à des mercenaires, mais à des esclaves, car, dans son opinion, le nègre ne devait pas faire partie de l'armée en qualité d'homme libre; Tespoir d'un affranchissement futur devait suffire. Redoutant toutefois d'être pris pour un révolutionnaire par son auditoire de propriétaires d'hommes, M. Davis se sentit obligé d'expliquer sa proposition par 4!e longs et subtils arguments et de poser celle thèse hardie que I esclave « n'est pas seulement une propi if iê, mais aussi une personne. > En entrant dans Tarmée comme personne, le noir devait, lui aussi, donner des preuves de < loyauté et de sèle , * et le gouvernement avait intér(^t par conséquent à • requérir, moyennant compensation,
l'entière propriété du travail de l'esclave Mais quelle
serait désormais la condition de l'esclave acheté? Serait-il retenu dans la servitude'? L\maiinj aiion lui serait-elle promise en récompense de ses hfins services? Ou bien encore, s'il était émancipé, comment s'y prendrait-on pour le faire autoriser par les Etats respectifs à résider dans le pays après la fin de la guerre? Sans doute on accorderait facilement cette permission de séjour en considération de la fidélité au service, et les esclaves auraient un double motif d'accomplir leur doToir avec sèie, Tespérance d'être libres et le bonheur de rester sur le sol natal pour lequel les nèjires ont un si fort attachement. » Ainsi, par ua singulier retour des choses, M. Davis, l'uu
de ceux qui voulaient fouder lear sociélé «tr Ut « pierre angulaire de l'esclavage, > proposait à son toor» jnaîs d'une manière bien timide et, malbenreoflement poor lui, près de deox années après l'édit général d'émancîl)Htion do président Lincoln , une mesure pour l'affranchissement futur do 40.000 iièjiies. La colère fut t^rande dans camp des esclava},^istes rijjides, pour lesquels la rviiude était une instiiulion sainte. « L'émancipation est une punition et non une récompense, > s'écriait VExaminer de Richmond. Toutefois, les ciiHX>n$tances étaient des plus grates, et Parmée confédérée manquait de soldais* La mesure réTolutionnaire de M. Jefferson Davis Ait votée par le congrès^ mais trop tard pour être d'aueune utilité, car les événements militaires se pressaient alors si rapidement, la situation générale était si tendue qu'il devouait impossible do procéder à un travail d organisation quelconque. •
Le triomphe décisif de la ranse du nord au scrutin, jomt auv Micccs éclatants de Sherman et de Farragut et à ceux moins accentuë.s mais non moins féconds de Grant, avançait considérablement la tàcbe militaire qui reslait à terminer pour arriver à la solution.
Cette t&cbe fut reprise aussitôt après Télection, et avec une nouvelle vigueur au sud et au nord, sur terre et sur ' mer, comme nous allons le voir dans les trois prochains chapitres, qui nous mèneront jusqu'à la fin de la grande crise et au rétablissement du gouvernement de rUnion sur toute la surface des Etats-Unis.
RepriM de» hostilités pour la oampagne de 1865. ^ Opérations préUmlnaires contre le port de WUmington. — Attaque échouée du fort FIsher par Butler. — Prise du f(»tFlalier par le général Terry. — Occupation de Wilmington par Sohofleld et Terry. — Campagne do Sherman à travers les Garolines.
Pour empluyer utilemcJil la saison d liiver en iiième temps que pour effectuer une utile diversion en faveur de l'arrivée de Sherman vers Savannab» le gouvernemenl de Wasbingtoo avait résolu de frapper uo grand coup contre le port de Wilmington, dans la Garoline-dn-Nord, le pli» important qui restiU au Sud> et par lequel il communiquait encore avec le dehors sur une large échelle, exportant du coton, et recevant en échange des approvisionnemenb, des munitions et des armes. Wilminglon était en outre une |il;icc d'une certaine importance stratt'^Kiue par sa situation sur une des principales artères terrées entre Hichmond et Charleston. Elle pouvait offrir aux fédéraux, une fois qu'elle serait entre leurs mains, l a- Vantage d'une bonne base pour opérer au sud de Ricbmood et pour empêcher la jonction des armées de Richmond^Petersbnrg avec celles de Cbarleslon et Sa« Tinnali*
Par la nature do âa Uaie ci des passes y conduisant, le bluttus en éiail presque iupuiwible et les cottfédénM, particulièremeoioeai de 1» grande position de Aichmond- Petersbiirg, avaient à Wilminglon leur centre d*appro?i« nement. Sa proiimilé da port anglais de Bermuda facili- Icrait les violations du blocus.
Le pont intérieur et la ville de Wilmin^ton sont situés sur la rive gauche de la rivière Gape-Fear, à î20 et 25 milles au-dessus de la \mi\ La baie, qui court du Nord au Sud presque parailéiement à la 66te, est fermée par l'Ue Gape-Fear et par un grand nonbre de petits tlots formant des passes d'une surveillance très dîffielle. Celleci ne pourrait s*eiercer convenablement qu'après avoir lait tomber le fort Ftstier sur la presqulle septentrionnale et dominant les passes do Nord. Pour cela il fallait une action combinée de la marine et de Tai inée.
lue floUc considérable fut réunie en oclobie a llampton-Buail sous l'amiral Porter, aiin d y terminer tous les préparatifs de l'opération, à laquelle concourraient les troupes de Tarmée du James. Malheureusement cette concentration éveilla l'attention des confédérés» ainsi que de la presse do Nord, et bientôt, par suite de diverses indisciîëtions, tout te monde sot et discuta le bot de l'ex* pédition.
Le gouvei nement confédéré se mit sur ses gardes, flt renforcer Wilmiii^'lon et le fort Fislier de défenseurs et de matériel. Le général Braxton Bragg, qui commandait le deparlemenl, se rendit lui-même à Wilniington et y orj^anisa les ressources; le {général Wlnting tut placé à la tête du corps de défense, comptant 5 k 6 mille hommes, et le colonel Lamb fut spécialement chaîné du commandement du fort Fisher
Ces mesures, ainsi que d'aotrss connues k Washington, tirent ajourner l'expédition jusqu'au commenoemenl de décembre. A ce moment le général Grant apprit que
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BraxtOD-Bragg était parti pour la Géorgie avec uoe partie des foroei de WilningtOD» afin de veiller à Shermaa, et il ordonna que le départ se fit aussi tôt que pooîbla Dans llntart alte tout avait été convenu entre loi, l*amiral Portes et le généial Botter, celoi-ei dotant fournir six mille hommes de Farmée do James sous le commandement direct du ^^énùral Weilzel.
Les ordres à ce dernier lui furent donnes le 6 décembre, par l'intermédiaire du général Butler; ils étaient fort explicites, tout en lui laissant la latitude désirable» Le général Weitzel avait deux buts à atteindre; en premier lieu fermer le port de Wilmington; en second Ueo» et après cela, capturer la ville même. Lee chances ordi* naires de snccès étaient augmentées en ce moment par l'absMice de Braxton>Bra gg dont on devaût profiter. Il faudrait effectuer un débarquement sur le continent CM Ire la rivière Gapc-Fear et l'Atlantique, au nord do l'embouchure septentrionale. Si l'ennemi tenait toujours le fort Fisher et les batteries gardant l'entrée du fleuve, les troupes devraient se retrancher, et, conjointement avec la marine» procéder à la rédaction méthodique et à la capture des ouvrages. Une fols ceux-ci tombés^ la flotte en* treralt dans la rade cl le port serait fermé. Si le fort Fisher et la pointe sur laquelle il est construit tombaient aui mains des fédéraux en même temps que le débarquement s'effectuerait, il serait convenable de tenter la capture de Wilmington par une marche forcée et une surprise. S'il fallait .m contraire eraiiloy^jr beaucoup de temps au premier objet, le second demanderait à être examiné ultérieurement. Si les troupes echuuaient à faire leur débarquement sous le fort Fisher, elles rejoindraient sans délai les armées opérant devant Richmond*
On pouvait reprocher à ces ordres on réel excès de précaution, les amenant à dire à la fois trop de choses ou trop peu. La dernière recommandation entr'autres était
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plos que superflue et aurait du re^lo!- dans les mains du commaudaut en chef, sur rapport immédiat de réciiec. Mais le général Grant avait cru devoir entrer dans ces délailf parce qa*ito s'aiiffesiaieol» suivatt lai, à un atiaple ehaf de division, quoique par llntonnédiiire daoom* maodiAl de l'année dv Janee. Le géoéra} Bmler en lot, parait-it, piqué, et il prit lui-même le commandement supérieur de l'expédilion, avec le général Weitz«l sous ses} ordn-s, à qui il ne communiqua aucun détail du programme. Le départ fut retardé josqa'au 43 décembre pour atteadre la coBfeclîoo d'une machine nouvelle, d'un grand torpédo flottant, ou l)ateau*pondre, sorte de brdiot chargé de 900 tonnes de poudre, qui devait être lancé contre le fort Fisher et le &ire sauter.
Le f & au soir la flotte arriva à son lieu de rendesvuus, au New-inlet près du fort Fisher. Les bâtiments de guerre de Porter n'y purent être que le 18, ayant du s'arrèler à Beaufort pour v prend le des munitions de gros calibre dont les momiurs t utr'autres manquaient. A ce moment la mer devint mauvaise et empêcha tout détiarquement. D'autre part les transports n'ayant des vivres et du charbon que pour quelques jours, ils ne purent tenir la mer qu'en allant se réapprovisionner à Beaufort, ce qui ajourna jusqu'au 94 décembre le rendez-vous à New*Iolet. Le matin même du S4, les opérations commencèrent, avant le retour de Beaufort du général Butler, par le bateau-poudre. Celui-ci, ressemblant pour l'iispect extérieur à un contrebandier ordinaire, s'avança contre le fort Fisher, et à 800 mètres il fui al)andonné par son équipage, après que la mèche eut été allumée. Un coup de vent subit h; lit dt'i iver, el il fil explosion a 400 mètres du fort, sans que la garnison sut de quoi il avait été question ; elle n'apprit que plus tard par les joumaui^ du Nord qu il s'était agi de la fure sapter,
Le débarquement tot eAé<»iié le ââ, au nord da fort sur la pointe fédéfale» sans aacone oppositloii» aprèa no iMmbardemeiitlMrmMlable, H eal vrai» des ouvrages par la flotte pendant tontes les Journées do t4 et dn SB. Les
flMlifleations univalent pas beaucoup souffert; en toni cas
moins que la llotie, panut-il. Non-seulement celle-ci avait reçu maints luojectiles destructeurs et bien ajustés des batteries de cùte, mais elle avait été terrifiée par l'explosion de quatre de ses canons Parrot de 100 livres^qui lui mirent bors de combat une eentaine dliomiies.
Le général Weitzel, débarqué d'abord atec S miite
hommes, se porta aussitôt contre le fort, refoula ses
avanl-postes, formés par la brigade Kirkiand, s'empara de deux batteries avancées, mais trouva les p,ira[ieU de l'ouvrage en trop 1 on élat et trop bien garnis (rarlillerie et de tirailleurs pour pouvoir être enlevés d'assaut, saus canonnade préalable et efficace sur ce front
Il en fit rapport au général Eutler, après s'être replié sur l'embarcadère. Le général Bntler en délibéra aTOC
l'amiral Porter, qui lui fit savoir qu'il ctait ii bout de munitions. Des milliers d'éiiurmes projectiles avaient déjà été dépensés presque eu pure perle, et la flotte avait besoin de retourner à l'approvisionnement à Beau fort.
D'autre part» la mer recommençait k grossir; Butler craignit de ne pouvoir plus lard ni reprendre, ni secourir les troupes à terre; il donna l'ordre de les réembarquer, et, fondé sur une large interprétation de la dernière re* commandation des ordres du général Grant da 6 décembre, il ciaL devoir ienlrer immcdiatement k Hampton-Road, ne fiU-ce que pour mieux organiser l'entreprise et se muuir d'un parc de siège.
C'était là une violation formelle des ordres. Puisque le flébarquemeul avmt pu s'effectuer, un assaut aurait ûû être tenté avant de renoncer à l'opératiott. Anmi le gè-
néral Butler fui appelé à rendre compte de ses procédés à ses supérieurs.
En attendant, une autre expédition fut organisée sous l'impolsioii de la marina. Ëlla fm oonâée cetta fois au généfai Terry» qui atait coBunaDdé proTisoirenifliil le 10* corpa 800S BoOer et tfé^i dktmj^, oa ae le rappelle» au aiége de Morrie-lslafid. Le corps eipédiUonnaire se composait des mêmes troupes que sous le général Weît* zel, avec ! addition notable d'une brigade et d'un parc de siège, avec un bon cbef-in;^énieur dans la personne du colonel Gomsiock. L'amiral Porter avait renvoyé sa flotte de gaem devant le fort Fisher, qu'elle canonnait de tempe en temps» et il exprimait l'espoir qu'avec des troQpee de détMtrqoement bien condnites, il seiait facile de triompher des onvragês.
L'expédition partit de Fort-Monroé le 6 janvier, avec les instructions suiv;iiiUis qm nous croyons intéressant et instructif de donner textuellement ;
Clty-PoiDl« SJwvîflr 1965.
• Au Brevet major-général Terry.
• Général. — L'expédition confiée à votre commandement a été organisée pour renonvel«r la tentative de capture du fort Fisber, N. G., et ensuite* de Wilmtngton, si le fort tombe. Yoos rejoindres aussitôt que possible la flotte
de guei re devarit les bouches du Gape-Fear, et annoncerez votre arrivée et celui de voire corps à l'amiral D.-D. Porter, commandant de l'escadre de blocus de l'Atlantique du Nord.
» Il est fort dcsiiabh' que la plus cuni[)lèie enienlc existe entre vous et le commandant de la flotte. Je vous engage en conséquence à vous consulter librement avec Tamiral Porter sur chaque point important du service, de manière à ce qu'il y ait toujours unité d'action. 41 sera bon d'avoir le programme entier des opérations couché par
écrîl. J'ai servi avec l'ami lai Forlei-, el je sais que vottft pouvez vous reposer sur son jugement et sur son éDeifi^. que iniliative.id voudrais donc lui laisser allant é» m-* poDsabilité qoe possible, dans les limites de la fOtre propra
• Le premier objectif est de prendre une solide postlloii sur la pointe où est bâti le fort Fisher, pour opérer contre ce fort. \ oiis aurez à vous occuper de la facilité avec lH(}iielle vous pourrez recevoir vos approvisionnements el à vous fortifier contre des forces supérieures détioucbant par l'uoe des avennes quelconques laissées à Tennemi. Si vous pouvez prendre nne. telle position» le siège du fort Fisber ne sera abandonné qa*à la réduction du fort, ou si un autre plan de campagne est ordonné par ce quartier général.
» Mes propres vues sont que, si vous eiïecluez un débarquement, unf portion de la flotte doit appuyer votre flanc, tandis que l'autre portion entrerait dans le lleuve. Les forces de terre ne peuvent pas investir le fort Fisher, tii ie couper de ses renforts et approvisionnements, tant que le fleuve est en possession de rennemi.
• Un parc de siège sera chargé sur des vaisseaux a Fon-Monroë, prêt à vous être envoyé à première réquisition, vos autres approvisionnements pourront être tirés de Beauiorl.
» Gardez vers vous la flotte des transports» jusqu'à ce que votre position soit assurée. Lorsque vous trouverez que vous n'en avez plus besoin, renvoyez-la, en .tout ou partie, à Port-Monroê pour nouveaux ordres.
» En cas d'échec dan> le delicn-ciut^iiieiil, rKHîeiiez vu* tre corps à Beauiorl, et faites rapport k ce quarlier-géuél'ai pour instructions ultérieures. Vous ne débarquerez pas à Beaufort sans nouveaux ordres.
. » Le générai Sberidan a été aviaé d'embarquer une
-Mode ses dÎTisiOQs k Baltimore, pour Foi l-Mooroë, où elle restera sur ses iraosparte» prête à vous être enfoyée ei TOUS «B afas besoin.
• (Signé.) U. S. Grant» lieutenant-général. »
'€es mfltfQCtions, qui ne différaieiit des précédentes qu'eu ce qu elles étaient \\\u^ |)récise8 et qu'elles n'autorisaient pas rahandon de l'enlreprise sans nouveaux ordres» furent ponctuellement saivie&
Le 8 janvier les difléreots b&timents se rallièrent au lien de reodez-voas devant Beaufort, etarrivèrent te I) devant leCape*Fear. Le matin do 13 le débarcjoement commença sous le couvert efticace de la flotte qui fournit de violents feux, et à trois heures de l'après-midi il ét<iit entièrement terminé, sans aucune perte. Le soir même, des patrouilles d'éclaireurs furent lancées vers le fort, et le lendemain nne grande reconnaissance se porta jusqu'à SOO yards du front du nord« capturam un ouvrage avancé ^ui fotanssicèt transformé en tranchée défensive. La recon* naissance avait montré que le feu de la flotte avait déjà grandement cndoramajîé les parajX'ts et les endommagerait plus encore. Aussi l'a^^ut lul-il ortiounê et préparé pour le lendemain.
Le i5 au matin le bombardemenl recommença de plus belle, par 44 bâtiments de guerre^ soutenus de 14 autres en réserve prêts à les renforcer et leur fournissant de la munition. Le feu cessa à trois heures après midi, et alors les troupes s'avancèrent à Tattaque en trois colonnes, dont une de marins. Api ès de rudes combats sur les délais des parapeb et des cas» in îles, et, de traverses en traverses, le fort fut définitivement r-î<piuré avec tout son personnel et matériel» à savoir hommes et 75 bouches à feu.
Les bàtimoBlB légers entrèrent aassilèt éais la rade.
suivis de canonoièi'eà et se dirigèrent vers les autres forts de Ift paase da sud, les forts Gaswell, Batd-Head» Sbaw, Campbell. Les confédéràs s'empressèrent de les évaener, réussissant à faire sauter les trois premiers, laissant eependaot aux fédéraux de nouTeaux trophées de 95 canons et mortiers.
Ce biiiiaiit succès parut trancher le procès en cours du général Butler qui avait déclaré le fort imprenable sans parc de siège, et à la demaude du générai Grant, il fut remplacé dans son commandement de Tannée du James par le général Ord. C'était une mesure bioi séf ère contre un homBie qui avait été un des premiers à la brèebe, et qui, depuis 1961, n'avait cessé de rendre de bons services, malgré quelques excentricités d'allures et un manque total d iiabiuides militaires résultant de son ancienne prolessiou d'avocat.
Le premier objecti/ de l'entreprise de Wiimington était atteint. Quant au second, il ne fut pas même tenté, et Von ne sait pouriiuoi. La flotte ne pouvait» il est vrai, remonter le fleuve qu^vee des navires peu lourds, et après avoir péché les torpédos qui l'infestaient. Toutefois quelques canonnières auraient pu l'essayer, et rien n indique que 5 à 6 mille hommes de troupes, escortées par elles, n'eussent pas pu enlever Wliniinglon à ce mom(^nt, sous l'impression de la chute de ses défenses extérieures. Le général Terry n'avait perdu en somme que 646 hommes dont UO tués. Avec le secours en personnel que pouvait lui fournir la marine, il lui restait assez de monde pour essayer l'assaut de Wiimington même.
On pouvait touttifois se déclarer satisfait de ce qui avait ele effectué, et pour aller plus loin le général Grant voulait relier les opérations contre Wiimington aux plans de la campagne générale de iSWi et aux remanieineiits d'effeetifo qu'ils pouvaient exiger.
11 était évident, par 6iem(iie, qu'après les succès de Thomas et de Shernan, qui avaient coDSidérablement réduit réebiqoier stratégique, uoe portion des forces de l'ouest devenait disponible et pouvait être plus utilëtoent employée dans Pest, ou dansie sud.
Kn conséquence le Kénéral Thumas tut avisé, dés lo commencement de janvier, de réunir toutes s»'s ironpos qui n'étaient paj; indispensiihles pour tenir ses curauiuuicaiions, et de les tcriir prèles à être envoyées dans Test. I.e 7 janvier, il lui fut mandé, s'il était sûr de la retraite lie Uood vers le sud, d'expédier aussi promptenent que possible à Washtoglon le corps du géoéni Schofield, que Graot voulait foire agir en Carotioe du Nord et spécialement contre Wilmington. Cet ordre» prompimm exécuté, dit le général Graot, amena l'avant-garde de ScboQetd à Wiislinii^Uiu 16 jours après, le 23 janviet, et le leste dans le rours de la quinzaine siiiv;iiite. Le 26 janvier, le corps du général Smith et une division de cavalerie furent aussi détachés de l'armée de Thomas et envoyés k celle du général Canhy pour opérer en L*ouisiane et en Alabaraa contre Mobile.
Une tentative de négociations de paix provoquée par te Sud, n'ayant abouti, dans une conférence, le 3 janvier, k bord d'un des bâtiments de la rade de Hampton, qu'à une sorte de mystification du gouvernement de l'Union, par suite de. sournoises et exorbitantes prétentions des dé' légués Confédérés, le. général Granl reçut ordre de re* prendre les opérations avec un redoublement de vigueur.
Pour cette reprise d'hostilités les perspectives étalent aussi riantes du côté des fédéraux que sombres du c6té de la sécession.
Les premiers avaient encore sous les armes 4 à 500,000 bomnea pouvant être renforcés, encouragés par les récents succès, et soutenus éneogiquement du gouverne-
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ment et de la oaliou tout entière, qui ven<iit dWfirtner sa ferme volonté de mener la guerre jusqu'au bout coûte que coûte. Plusieurs armées el corps d'armée éparpillés de tous e(Més, defODos disponibies faate d'eanenis, poQYaieDl enflD être concentrés. Des chefs expérimenlés» renommés maintenant par leurs exploits, populaires parmi les troupes, Granl, Sherman, Thomas, Cauby, Sheridnn, Meade, Ord, sei lit^nt ;i la têle de ces concentrations et laisseraient moins de part aux accidents.
Grant avait devant Richmond-Petersburg une centaine de mille hommes, sous Heade et Ord; plus une trentaine de mille sous Sheridan dans la Shenandoah et une vingtaine de mille sous Hancock à Washington et sur le front de la capitale. Sherman avait 60 mille hommes en Géorgie, Poster une vin;4aine de mille dans les m^mes parages et en Caroline duSiid, Caub) en Louisiane. kO mille; Thomas en Tennessee, 50 mille; Rosecranz et Cnrtis. dans l'ouest, une trentaine de mille. Semés, le long des côtes, en gar nisons intérieures et dans le Far-West une soixantaine de mille. Plus de 100 mille hommes étaient aux hôpitanx ou en congé, et une cinquantaine de mille en état plus ou moins patent de désertion.
Dans l auite camp, le décourai^ement et la défiance avaient fait place à l atdiMir (it s luttes précédentes. Noiiseulemenl la conscription ne donnait mais la désertion commençait à ruiner les effectifs sur une grande échelle.
Les généraux tels que Lee, Jobnston, Bragg, Kirbjr* Smilb, Price, Betunegard, Hardee, Bariy étaient en* eore suivis et obéis, mais ils ne commandaient plus
rélan, et les troupes avaient l'instinct (jue leurs sacriûces étaient inutiles, tju elles ne se ballciienl plus que pour l'honneur du drapeau, sauf du reste par les expioitâ an* téheurs.
£d résumé, le Sud était à bout de loicei et de ressources. H âvait rois récemment son principal espoir 4am la caupagne èleetorale du Nord» dans un changemenl do ^uforDeneot do i'Uaioo ooao aïoios dana la scisaion, qoi aortîraH doa agitalioDS politiquas. Là encore il s'étail groasidraosoBt trosapé» Uae fois que le senilin populaire eut parlé, ce fol à qui, parmi les adversaires du rêsaltai, montrerait le plus de respect de la loi et d'amoor du i'a)5 eu se «^Toupant autour du gouvetuement lé^at pour amener la lia de la terrible crise.
Les forces militaiies dont le tiouvernement confédéré dispo^iali encore se mootaieiU à environ iOO mille hommes» répartis en cinq années principales.
Lee, à Ricbmood«Petersboiig, avait environ 70 mille hommes, sons lés généraui de corps Longsireet, Hill, Breckinridge, Gordon, Anderson, avec les deux corps de cavalerie Hampton et Fitzhugh Lee. Eaiiy et Breckinridge, avec une douzaine de mille hommes, étaient plus spécialement destinés à la Sheoandoah et k la Virginie occidentale.
Braiton-Bragg, dans la Caroline d« Nord et dans le snd de la Virginie» avait one vingtaine de mille bo^imes.
Beauregard ou après lui Jdtiiisiou, (l;iiis les Carolines et en Géorgie, disposait «Tune quaranlauie de uiiile hommes; dont les corps de Hardee, de Wheeler, de Gheatbam.
Hood, dans rAlabama, avec Forrest et Manry, pouvait compter snr noe trentaine de mille hommes.
Kirby-Smith, perdu au-delà dn Misstssipi et dans le Texas, n'y avait pas moins d'une trentaine de miile hommes qui ens<^eiil el<? binri plus ntiles ph Virginie.
Divers détachements éparpillés se montaient à une vingtaine de mille bommee.
Telles sont les vaieors d'effectifs» qu'après mûr eia*
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ttm nom erdyons approcher le plos de la vérité. Nous aurions pa donner des chiliies exacts, tjrés des rapports officiels; mais comme il n'ei^t pas possible de savoir si les déserteurs, les malade, les hommes en congé, les aou- Yelles recraes jraoal portés ou aoo, et que Dons doutons que les rédacteurs des dits docnmeots on sanbeot pjos que nooi à cet égird, les ebîfliras précis n'auraient été qoe pnr roman.
Une occasion lente naturelle pour les fédéraux de recommencer la campagne se trouvait dans l'entreprise en cours contre Wilmington, dont il s agissait d'avoir raison jnsqu^an boot. A cet effet, le général Schofield fut plaeô par le gonrememeot fédéral à la tète d'one nouvelle division lerritoriale, eèlle de la Garoline dn Nord, sons les ordres supérieurs do général Sherman, avec mission d>nlever Wilmington, pois de s*en faire ensnite nne base, ainsi que de New-Berne, pour opérer dans l'intérieur du pays, contre Goldsboro entr autres, conjointement avee les forces de Sherman qui viendraient du Sud.
Conformément à ces instructions, Sebofield prit Toffensive le 10 février, disposant d'nne armée active de 33 mUle hommes, y compris les garnisons de New-Berne, da tort Fisher et environs. Tandis que l'amifai Porter
remontait le Gape-Fear avec les canonnières, les troupes marchèrent sur les denx rives. Le 49 février le tort Andersen, qui formait le corps des défenses de li nve occidentale, fut attaqué et enlevé après quelques escarmonches, qni provoquèrent la retraite des confédérés sur la place. Devant ceilensi, le et le 21 février, se. livré* rent plusieurs combats acharnés, à la suite desquels les confédérés^ dans ta nuit do 31 au Si, se replièraot sur Goldsboro. . .
Aussitôt après Toccupation de Wilminj^ton, des préparatifs furent (aits pour pousser l'offensive plus loin, en
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deux colonnes, une de cette place même, l'aulro de New- Berne. Dls ;LpproviâiODiiements considérables furent réunis k Wilmioglon, non-seulement pour l'armée de Schofield, mai» auSBi pour lea corps de Sherman qui allaiaiil attaindre cas parages, eo ? eoant de la Géorgie, à tracera leaCaroUoaa.
commencemeiit ée mars, les deiu colooiiaa de SciiolieUl s'avancèrent contre Goldsboro, celle de droite de New-Berne sous ie général Cox, celle de Wiliuiiigton sous le général Uouch, en remplacement de Terry, malade.
Celle dispoaitieii Ytcteate ne larda pas à être cbiMiée comme elle le mérilait Le S mars Bragg réiinil ses forces contre la cotoane de droite» l*altaqiia siibilemeiil à Wise* Forks, et la mil en déroute avec une perte d'ao millier
d'hommes. Lu 40 mars il la poursoifit et Pattaqua de nouveau. Mais avait pu se ralliei dans une position avantageuse et munie de linéiques épaulements. Il repoussa son adversaire et lut enleva à son tour, le ii, qaelqaes centaines de prisonniers et un canon, liragg dut se retirer et même évacuer Kingston, après en avoir détruit les poDts sur la Neuse.
Seiiofleld, qui avait marché avec une portion de sa gauche au secours de sa droite, passa la Neuse le 14, sur les talons de Bragg, et occupa Kingston. Continuant sa marche en avant, il força Bragg à évacuer aussi Goldsboro, le 19, queScholield occupa le 21, ayant ainsi parfaitement accompli la tâche qui lui avait été devdUie.
Ce qui l'avait facilité et avait forcé Bragg à ces évacuations successives, c'était l'approcbe de la grande armée du général Sherman, à laquelle nous devons revenir en
remontant un peu en arrière.
.Aussitét après l'arrivée de Slierman à l'Atlantique le
général Grant avait eu l'idée d'appelei ii lui a City-Poinl le gros de suii armée par eau. Mais le manque de transports à ce momeut et la coDÛaDce que le général Shermaii émit de pouvoir fairo le Irajoi par terro presque eu au»» peu de lamps et avec toutes ses troupes, firent cbanger d^idée au général Grant, et il donna Tordre à son lieutenant, le IHk décembre» de venir le rejoindre à travers les Garolines.
Le second plan était évidemment bien supérieur au premier; car Sherman était en forces suffisantes pour livrer bataille» et s'il parvenait à traverser tous les centres esclavagistes qui le séparaient de Ricbœood» y compris Colombie» Cbarleslon, Baleigh, il aurait percé de part en part les parties vives de la rébellion» et frappé un autre coup décisif.
C'est ensuite de radu[itio!t ce projet que Giaiil se liàla sagement de mettre les troupes de SchoOeld en campagne contre WilmingioQ et Goldsboro, et il annonça à Sherman le 31 janvier qu'elles seraient sous ses ordres aussitôt qu'il aurait efiectué sa jonction avec elles.
Sherman répliqua qu'il allait partir de Savannah, et qu'il comptait arriver aux environs de Goldsboro entre le 22 et le Ï8 février.
Shofield» sur ces renseignements» commença les opérations dont nous venons de parler» et nous avons vu que sll n'arriva que le 21 mars à Goldsboro, il se trouvait au moins le 21 février à Wilmingtoo, d*où il aurait pu déjà tendre la main à Sherman si celui-ci avait été dans le proche voisinage, et on il la lui tendit en effet par le Cape-Fear» le li mars, à Fa>ettevtlle.
Sherman» lui aussi» avait rencontré quelques difficultés» jointes à quelques trophées de plus quil ne Pavait d'abord prévu, et qui le retardèrent.
D'abord il ne put mettre en mouvement le gros de son armée que le février.
Il avait eu beaucoup de tracas avec tous les nègres libérés qui l'avaient suivi, et avec ceux qui continuaient à a€Ooarir dans les lignes. D'accord avec le aMîrétaire de la gaerre, Bf . Stantoo» qai Tiot le Yîstter à SavaDiiah, il Ait décidé que tonte la chaîne des tlols s'élendant sur ces côtes jusqu'à la Floride serait affectée en propriété provisoire aux nègres, ainsi qu'iinu bande de tcnaiii sur la côte. Ces terres, très riclies eu coton et en rizières, mais marécageuses et dangereuses aux blancs, pouvaient être fort bien habitées et aiilisées par les noirs. On les leor répartit» à raison moyenne de 40 acres par lànilleon par groape de travaillenrs correspondant à une luniUe, et Ton ne permit qa*aus noirs d'y demeurer sous la sur* veil lance de petites garnisons chargées de les protéger contre les gens hostiles du i)ays. Un officier spécial, le général Saxton, fut préposé à ce département. Disons par anticipation que cette colonisation de la i ace nègre, après avoir donné d'excellents résultats, soutfrit |)lus tard de la l'sslauratîon de Tétat de la paix et de la restitution de ces terrains à leurs anciens propriétaires.
Quoi qu'il en soit le général Shermao fut débarrassé pour le moment d une grave responsabilité, en même temps que de lourds impedimenta.
Il garda toutefois avec lui quelques millitT> des plus robustes vétérans nègres, pour alimenter ses régiments noirs, et ses effectifs des trains et des pionniers.
Ce renfort là n'était toutefois pas à compter. Il fallait» pom re prendre la campagne, avoir quelques réserves de plus a laisser à Savannah et sur la roule en garnison dans diverses places, et cela sans devoir s'afïiuliHi', au moment où Ton allait enfin rencontrer l'enneiiii. Pour satisfaire à celte exigence la division Grever, du corps de
Sberidaiij fût eoToyée à Sherman, destinée à former la
(piroisoB permaoente de Savannah. Le corps do Poster, comptant iin^ vingUiiue de mille huiniiiûs, fut aussi mis sous ses urdres. Le gênerai Sherman en attacha une portion à son armée, et destina l'autre à guetter Ctiarleston, k a*y iotrodoire à la première oecaaioQ favorabte» et à y teoir garnison ; pais k suivre de là les progrès du gros de l'armée eu longeaot la côte.
Tout cola, joint à maints préparatifs accessoires et aux eoiilérences nécessaires avec la mariii ' conduisit jusqu'à la tio de janvier, mais donnait à Sherman l'avantage de pouvoir emmener avec lui toute l'armée qui avait traversé la Géorgie. Daus les états majors» le seul changement marquant M celui occasionné par le retour de Logan, qui> rentré de son congé dans le nord, reprit son 15^ corps à ia place d^Osterbaus. L'armée resta divisée en deui ailes, sous Howard et Slocom, avec les 17* et 15* corps à droite, et les 14* el SO* à gauche, Kilpatrick à disposition de Sherman.
Les mouvements préparatoires commencèrent déjà dans la seconde quinzaine de janvier. Le il^ corps, Blair, avec la commandanl de l'aile dioile» Howard» Ait embarqué à Tbunderbolt et transporté à Beaolort, en Caroline du Sud» pour de là aller couper le chemin de fer Charleston-Savannah , près de la station de Pocotaglio. La division Leggett s'acquitta fort bien de cette tâche, et s'effectua un logement à reinliouchure du Pocotoglio-Greek, ayant des comiuunicalioni laciles par eau, par le Broad- Hiver, avec le dépôt principal de Hiitoo-Head. L'autre corps de Taile droite, le 13«, Logan, s'avança vers le même point, partie par eau» les divisions Woods et Hasan, partie par terre» la division Smitb par la route de la cAle; la division Corse en jonction avec l'aile gauche.
Celle-ci» sous Siocum, avec la cavalerie de Kilpatrick,
dut marclier ?ur Coosawatchie, en Carolioe du Sud, sur le chemin de fer Charleslon-Savannali, et sur Rohertville, sur le rhemin de fer de Columbia. Un pont de pontons avait été jeté sur la rivière de Savannah, en face de la fille, et la longue cbaïusée à travera les rizières avait élé dûment réparée. De grandes pluies, ?ers la fin de janvier, oommirent des dég&ls qai eiigèrest de nombreiiMB ré> paratiooa poor rendre la roote pralieable. Le 90* eerps, général Williams, avec les divisions Geary et Jackson, franchit le Savannah à Purisborg et marcha sur liardeeville, sur le chemin de fer do Cliarlesion, ou il >o mU en commuiiicalion avec Howard à Pocota^lio. Mais bientôt les pluies l'isolèrent, el ce m lut qu'avec grande peuie que l'aile gauche put, au bout de plusieurs jours de grands embarras, se remettre en marche et finalement se réunir à la droite» aox environs de Blackvitle, le 8 février, pour de là marcher sur Branchville.
L'aile droite se porta en avant le février, et eut fort à faire à surmonter les obstacles d'abatis et de coupures de routes élevés par les coureui b de Wheeler sur toutes les avenues de sou camp. Le i février, Logan atteignit Loper8»CrosB*Roads, et Blair Rivers-Bridge. Shermao» qui marchait avec cette aile» communiqua de Lopers-Gross avec Slocora à Sislers-Ferry. Le pont de Bivers-Bridge, tenu par l'ennemi, fut bravement enlevé, le 3 au matin, par les divisions Mower et Corse, qui rejetèrent l'ennemi en désordre sur Brinchviile. S'avançaut sur le chemin de fer, vei-s Grabam-Slation, les fédéraux commencèrent la destruction qui leur était si familière, et y procédèrent sans désemparer jusqu'au tO février, d'Ëdislo à Blackville, par l'aile droite; puis jusqu'à Windsor, par l'aile gauche, tandis que la cavalerie courait sur la gancbe en escarmouchant avec Wheeler
Toute l'armée s'étagea alors sur le chemin de lei* de
liidway à lohQston, coupant aiasi les forces confédérées qBi se ironTaient, d'one part, à Branchfîtle et Gbarleston, d*aotre part, Aiken et Aug ista, et qui étaient restées
éparpillées, incertaioes de i'objectif que Sherman s alait donné.
Gharlcston était encore tenu par Uardee avec une quinzaine de mille bommes; Augasta par des milices lo« ' cales, avec une portion de la cavalerie de Wheeler ; on y attendait aussi l'armée du Tennessee, appelée en toute h&te, mais qui, sans chemin de fer, avait un long trajet à parcourir, et la contrée avait été si bien dégarnie de vivres par les soldats de Sherman, qu'an corbeau, disaient-ils, ne saurait la traverser sans bavresac. Le reste de Wheeler, avec le corps de Wade-Hampton se concentrait vers Golumbia, où était le gros de Beauregard. Ge toi le point sur lequel Sbermaa aussi se dirigea dès le 12 février.
A Oranj^eburjr, à treize mill^ au nord de Brauchville, il eut à escarmoucher de nouveau, les confedei ês essayant de défendre l'£disto et ses abords. La marche de ce jour et des jours suivants se fit au bruit de la fusillade et des bacbes des pionniers réparant ou jetant des poots sur les Dombroux cours d'eau à passer, ^s i'Bdisto fét laeile* meot franchi et enlevéi Le Gongaree, un peu plus loin, n'offrit pas beaucoup plus de résistance» quoique couvrant immédiatement l'importante cité de Golumbia. Cette ville fut occupée le 17 sur les l<ilua.^ de Beauregard. Tous les bâtiments i>ubitcs, les gares, les arsenaux, les magasins, les dépôts de coton, furent brûlés dans le meilleur ordre. Du reste, l'arrière-garde de Wade-Hampton avait déjà donné l'exemple. Elle avait répandu le coton dans les rues et y avait mis le feu. Un fort vent soufflant ce jour-là, le cotqn volait dans les airs» simulant des tourbillons de neige, mais allant ca et là allumer des habitations. L'aile gauche
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eoDliottâ U nMOlM, peudant ^ue Taile droite était aux corvées d'incendie et de deetroetiiMi, et Slocui atieigeit, le 21, Winii«b<aro, «ir le ebenim de fer Cbariotte^Garo* lioeH!o*8ttd, où U fol rejoint le ieDdeme» par ttoward avee Sherman.
Pendant ce temps, Beauregard avait été remplacé au cûmmandeni£Qt du département pai le leinporisateur JohnstOD, tiré de nouveau de retraite. Avec (luelqurs troupes rassemblées de droite et de ^'aiichede Hardee, qui venait d'évacuer Gharleston, pour D'y être pas capturé eDtre Howard et Foster, de Cheatbam, arrîTaot épaisé de l'année de Hood, et de dîTersee milices locales levées à la hâte, il avait pris position vers Ctiarlotte.
Sberman l'y laissa fort tranquillement. Dès le 92, Slocum fit des pointes dans cette direction sur le chemin de fer et vers Lancaster; avec le gros, Sherman marcha tout droit sur Fayelteville i)ar Chesterfleld et Cheraw. Dans cette dernière ville, où Biair entra le 3 mars, il captura cauons et une grande provision de munitions qui forent détruits, ainsi que tous les ponts et les ouvrages et bâtiments des chemins de iér.
Le 6 mars, les deux ailes se massèrent sur la rive orientale du Grand-Pedee» après avoir passé ce conn d'eau, l'aile droite à Gheraw, l'aile gauehe et la cavalerie k Sneedsboro, et elles marchèrent plus concentrées, vu le voisinage des masses ennemies, sur Fayetteville, qu'elles aUeignireiit le 12, sans avoir rencontré d ojip<îsition sérieuse. Les deux cavaleries» toute/ois, escarmoaobèrent rudement, à la place des masses d'infanterie, dans les environs de Rockingham et de Morgantown» et toutes deux s'en trouvèrent fort mal tour à tour, perdant et reprenant successivement toute leur artillerie. Dans une de ses affaires» Fétat-major entier de Kilpatrick fàt enveleppé et capturé, sauf te générai lui-même, qui parvint I s^é* chapper seul et à pied.
De Uorel-BiH, le i mars» le générai Staemiao ^Tait eMpédié qb af îi^ par deoi eelafiéltea d*élila> à traf m le pays anneoiî sur Wilmiiigtoii» eo descendant la rivière Gape*Fear, pour y informer le eomnandanl fédérai de
l'état des choses. Le général Terry reçut ce message le H; il ne porlaii que les mois: * Naus sommes tous bien ei avoiis fait bonne besogne. Pas d'autres détails maintenant, pour diverses raisons. » C'était le premier rapport qu'on avait de Sberman depuis son départ de Savannab; il ftit aiisal6t mis en circulation par le télégraphe dans tOQt le pays.
Les généraoE Schofleld et Terry ne TaTaient pas attendu poor aller autant que possible au devant de Shennan, dont ils cûnoaissaieut approximativcmeiit les progrès par les rumeurs et les alarmes du Sud. Par leurs soins, la cauonuiere Ealus, et le tug Damdson, remontèrent le Gape- Fear-River, et arrivèrent à Fayetteville aussi le 12. Elles y donnèrent au général Sbermao des renseignements intéressants et nouveaux pour lui sur tout ce qui s'était passé pendant les sia semaines écoulées» et le même jour le Jhtcidêoi^ repartit pour porter à Wilmington et de là à Washington» des nouTélles plus détaillées des opérations à tFa?ers les Garolines.
Ensuite des avis de Shermati, 1 expédition de Schofleld contre Godsboro fut aussiUU entreprise. On en sait le résultat. Il ne nous reste qu'à ajouter que Sherman se remit en route, le 45 mars, ajirès avoir fait détruire l'arsenal et les fabriques de Fayetteville, qn'i! franchit le Cape- Fear-hiver, que Slocum livra une bataille indécise au général Hardee àÂverysboro le 17» et qu'après avoir escarmouché et combattu ? ivement pendant tous les jours suivants, il battit Jobnston à Bentonville, le 21, et fit sa jonction, le sut mm, avec Scboflelâ, sur la Neuse aux environs de Bentonville et do Goldsboro. Jobnston se replia sur Raleigb et derrière la Neuse, ralliant àlui liardee et Bragg.
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L'opéralioo eombioée mit ainsi pleinemant réussi quoique ayant été retardée iiarfimmettse tratail de destruction que l'armée de Sherman avait eu à eflfeetuer,
par la quantité innombrable de ponts qu*eHe avait d6 jeter ou réparer et par les pluies qui avaient enflé tous les cours d'eau et détrempé les routes.
Ûeui documents écbaugés eotre le général Wade- Hampton et le général Shermau, compléteront Tesquisse du genre de guerre qui caractérisa cette campagne.
Le premier adressa au général Howard la lettre suivante:
I GrabaiD, S. G. 7 février IStlS.
« Au major-général 0. 0. Howard.
« Général.— J'ai Tbonneur de vous proposer que s'il est interdit aux troupes de votre armée de brûler les mai* sons de nos ressortissants» je cesserai de brAler le coton.
« En gage du sérieux et de la bonne foi de ma proposition, je laisse ici 300 balles de coton inlactes, valant à New-York plus d'un (juart de million, et en notre papier un million et demi de dollars. Je pense que cette iuitiative vous portera à Tacceptatiou de ma proposition par toute votre armée.
• respère que'vous ne trouverez pas mauvais que je vous demande aussi de défendre aux troupes sous vos ordres, ta puérile destruction des propriétés qui ne sont pas nécessaires à leur entretien.
» Kespectueusemeot, général^ votre obeisf^uil serviteur.
• (Signé) J. Wheeler, major-général, G. S. A. *
A cela le général SbermAn, nanti de la question* fit la réponse suivante:
Qwrliar g^oénl do lliflM|ii, m MApageo, 8 lévrier im,
« Ad major-général Wheeler, cumaïaudaiil du corps de cavalerie de l'armée confôdérée.
> Général. — Reça f otre lettre adressée au géoérdl Howarl
\ J'espère que Y0119 brûferez toat le coton et nous
épargnerez ainsi la peiiie do le [airu. Nous n'en avons p.is besoin, il n'a guère fait le bonheur du pays. Tout '".eiui que vous ne brûlerez pas, nous le brûlerons.
» Quant aux maisons particulières occupées par des familles paisibles» mes ordres sont de ne les molester en rien, et je pense que mes ordres sont exécutés. Quant aux maisons vacantes, comme elles ne sont d'aucun usage à personne, je n'ai pas à m'en occuper, puisque leurs pro* pri»''taires ne s'en occupent [»as eux-mêmes. Je ne liens pas a ce qu'on les détruise; mais je ne prendrai pas beaucoup de peine pour les préserver. — Je suis etc. >
Un des profits de cette campagne les plus importants et les plus sensibles aux yeux du pays fut, à côté de l'occupation et de la destruction des arsenaux célèbres de Golumbia et de Fayetteiille, ré?acoaiion de Gbarleston.
Pour se replier sur Beauregard, te général Hardeo abandonna enfin aux fédéraux le berceau de la rébellion, dans la nuit dn 16 au 17 février, ajjres avoir encloué les canons et détruit tout ce qu'il pouvait détruire en fait de défenses et d'objets militaires. Le général Gillmore, qui avait été renvoyé à son ancien commandement de l'Ile HorriSt et l'amiral Dahlgreen, luttèrent de nouveau d'é* mulation pour s'emparer des ouvrages de la place abandonnée, et le drapeau fédéral fut arboré sur le sommet des ruines du fort Sumter, aux acclamations prolongées de la flotte et de l'armée.
I^e président Lincoln voulut mieux encore. 11 décida
que Pancien drapeau fédéral du major Andersou, emporté par lui eo vertu de ia capitulation de 1861, serait soleDoellement replacé par le oiéme officier, maioteoaiKl général, le 16 avril suivant, c'ast à dire le 4* eoniversaire de la capitolalîoD d'où était sortie la guerre qui maintenant toocbait à sa fin.
11 ne rcsUil plus en elTet, iiuui mellre le sceau définitif à ces victoires, qu'à triompher de Tarmée de JohnstOD, repliée sur Raleigh, et de l'année de Lee, tenant toujours la grande position de Richmond-Petersburg, armées qui pourraient encore livrer de sanglantes batailles sans doute, mais contre lesquelles Sbennan d'une paît el Grant de l'autre, avaient des forces trop supérieures pour que rissoe de ia lutte pût être longtemps douteuse.
Situatlm àm» armées priiiol]Mile« anUraur 4m Richmond-Patarabnrg an Hvwimr 1865. — Plan d'opérations générales de Qrant. — Vastes raids de l'ouest à Test et an sud, et ptir la Shenandoah. — Offenstre des oonfédérés le 24 mars à PeterSInirg. — Qrand eoomM de guerre à City-Point, le 27 mars. — NTOvesu mouvement de Orant par sa gauche devant Peteraburg. - BataiUe des GInq-lours. — Prise de Petersburg et de Richmond, le 2 avril 1865. — Retraite et capitulation de Les. - Fuite de Jefferson Davis. — Assassinat du président Lincoln.
Dès la fin de janvier les foites en présence dêTanl Riclimond et Pelersborflf commencèrent à montrer t'intention de sortir de lenr inaction. Jusqae-là les quartiers d'hiver avaient été peu troublés. De part et il aulre les armées s'étaient diminuées momentanément d'un grand noiiihre d'hommes, soldats et officiers, en congé dans leurs familles. Les autres avaient été employés au service d'avant-postes, ainsi qu'à l'entretien et à la réparation des ouvrages^ et k des twnaux de routes sor tous les abords do front et particolièremeiit en arrière de la gaoclie.
La base de Gî^-Point, ainsi qae Bermada-Handred, aTait été encore agruidie et perfectionnée par ^es M\f»
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du général Henliam. Des ((uais et docks en planches y avaient été conslruil» pour rtjmudre la gare avec les embarcadères des bateaux et avec tous les hôpitaux et les iiiaiiatentiOD& Le grand quartier-géoéral, sur on pla* teau dominant le fleiiTe, vers le confluent de l'Appomatox, était devenu un élégant village de baraques^ avec de nombreuses dépendances dans les environs. Toole une ville s'était élevée dans l inlérieiir de l\'nceinte, et pai mi ses hàtimenls les plus soii^nês se Irouvaienl les Injjut inx des corps d'arniee, l liùpilal {général, les boulaiigenes, le dépôt de la commission sanitaire et une immense prison. Des chapelles avaient aussi été construites près des quartiers généraux des corps d'armée et des divisions où le culte était régalièrement tenu tous les dimancbes et jours de fêle. Des réunions de prières s*y tenaient aussi tous les soirs, ordinairement très fréquentées; souvent des simples <;oldats présidaient ou prenaient une part active à ces services relii^icux.
Le fleuve devant Gity-Point était couvert de bâtiments à Tancre, dont une douzaine formant le parc central de munitions^ d'où l'on approvisionnait le magasin, de City- Point et de là les parcs des corps et les ouvrages. Un simple' capitaine, de Tannée régulière il est vraC le capitaine Dulton, était à la tête de cet importaiil commandement. Les vivres et les ressources de toute espèce abondaient h City-Poinl et sur tout le front, vu les facilités de communication par bateaux et chemins de fer.
Quelques mutations avaient eu lien dans les corps et dans les états-majors. Le générai Ord commandait Tarmée du James, qui se composait du 24* corps, sous le général Gibbon, et du ^S'^, tous de nègres, sous le {général WeNsel.
L'armée du Potonidc, toujours sous les ordres de Meade avec le jeune et brillant général M ebb pour chef d'élat-mijor, Gonpliit toujours quatre corps.
Le 2" était maintenant commandé par ie général Humphrey, saYant et habile ingénieur, précédemmaDl cliQf d'éUI-major de l'armée du Potomac, ayant rempUicé Hancoek appelé à commander l'armée de Wastdnglon. Le corps était toojoors sous Warren, et le 6« sous Wright A« 9* le général Parke avait défioitiYement remplacé le général BurDside(*).
Les positions des corps pendant l'hivor avaient été dans l'ordre suivant: a l'extrême droite le vei^ le Chickahominy, puis te 24' sur le James, puis sur rAppomaloi le 9*, ayant à sa gauche Iee6% â« et 5«. Sberidan était toujours détaché dans la Shenandoah.
Le général Lee avait sou armée dans les mêmes lignes que nous loi connaissons, toujours aussi étendues, et même ayant fait encore quelques progrès eo ouvrages sur leur droite. Il avait de sa droite à sa gauche les corps de Hill, de Lon^^stiuet, d'Anderson, de Gordon, de Beauregard, enfin d'Early sur son extrême gauche. Fort peu de tronpes se trouvaient à Richmond en réserve centrale, à part de nombreux débandés.
Au point de vue du confort, l'armée confédérée était loin d'être dans une situation aussi avantageuse que ses adversaires. Les vivres commençaient h y manquer. De> puis la prise de Wilraington la vie à Richmond était devenue chaque jour plus chère et plus difficile. La livre de pain s'y payait jusqu'à 4 dollars, en papier-monnaie, il est vrai, qui se dépréciait de plus en plus. La ruine y étail générale et des signes évidents de découragement com-
(i) Au iO mars le.< Ton es ilirr<tt'ni<^nt sous Im adlM du géndnl Gnut se compoMieat comme nuit :
Arrai'c (Id James, général Ord, deuv curps :
24' corps, générai Gibbon; divisions Dereos, Turuer, Fa^ttrt
35* corps, Kéoénl Weitzcl ; diviiiioiu Birney, WorM.
Armée du iWmK ; gi^nénl M«ade, quatre corps :
S* eorps, Hampbffy ; divisions Miles, Hay, MoU.
6* corps, Wirren; divisions (irifnn. Ayres. CrawlM.
6* corps, Wright ; diTisions VVhêiUni, Gettv, Seymoor.
9* corps Parke ; i|ivisions Witeox. Polter, rfartranlt.
QmM, Staite i dhMDW MiRitt, (kwiu CMMr, Gi^
mençaient à se inonti er ouvertemant de ta part des popalatioiis et même dans les parages relevés da gouverneiMDt.
n était naturel que les mfédérés ebercliasseat à s* tirer d'une telle situation. Aossi ce forent eoi qui'ron-
vrlrent les hostilités. Le 24 janvier leur ttottllle do lames- River, se composant de neuf bàiiiaeDts, dont ti ois blindés, et soiis les ordres de l'ancien commandant du corsaire < Alabama » descendit le fleuve, et vint attaquer les batteries de Dateh-Gap; celles-ci ne se laissèrent pas surprendre et elles n^eurent pas de peine à repousser l'attaque.
Grant ne pot pas riposter immédiatement. Il n*était
pas encore prêt h ouvrir la campa:?no, et il n'entendait pas recommencer avant le premier printemps des entreprises décisives.
Il avait à laisser se développer jtisqn'à ceiti' ('[luqiHî les effets de plusieurs sages combinaisons en cours et qui comportaient de larges mouvements de quelques corps relevant de ses antres armées.
Voici quel était son plan.
Le général Sherinan devail rester pour le moment en observiiiion devant Johnston, Tentretenir soigneusement vers Raieigh, en se gardant bien de l'en délofrer. S'il marchait au nord pour rejoindre Lee, alors Sherman le suivrait pour se relier à Tarmée du Potomac. Si Sherman était amené» de façon ou d*aotre, à opérer activement, il devait s'efforcer de se placer ^tre Tannée de Johnston et Petershun;, c'est-à-dire de garder, relativement à Grant, la ligne intérieure.
Sheridan devail s'avaacer sur Lyncliburg par la Shenandoah, puis avec toute sa cavalerie, passer le James, détruire le canal, Taqueduc et le chemin de fer, battre la çampagne an nord et à l'ouest de Ricbmond, aûo
àller rejoindre Sherman, ou l'armée principale au sud de Felersburg.
Le irênéral Ganby devait attaquer Mobile avec 35 mille hummeâ, par ia baie, puis s'avancer dans i'Âiabama. Un corps de cavalerie de 7 à 8 mille hommes détaché de Tannée de Thomas à celle de Gaoby, serail débarqué à Vikslnirg, et s^aTaocenîl de là drotl à l'est sur Mobile pour rejoindre Ganby dans l'état d'Atabama.
Un antre corps de cavalerie de dix à douze mille hoinniesi sons le général Wilson, partirait du Tennessee méridional, puis d'Eatsport en Mississipi et irait rejoindre aussi le corps précédent et Canby dans I'Aiabama. Tus- &(i(josa, Selma, Montgomery seraient les objectifs de ces diverses expéditions.
Le général Stoneman avec un autre corps de 4 à $(K)0 cavaliers partirait do Tennessee oriental pour s'avancer le long du chemin de fer jusqu'en Virginie et sur Lynch* burg, où il verrait à se relier à Sherldan, ou k Sheraian, ou à l'armée principale.
Enfin sur les traces de Sloneman marcherait un peu plus tard Thomas lui-même, fjui réparerait le chemin île fer que la cavalerie aurait détruit et s'établirait dans une position retranchée à Bulls-Gap, d'où il déboucherait finalement soit sur Lynchborg, soit sur la Caroline du Nord.
Sur la fin de février déjà et an commencement de mars tons ces mouvements étaient en train de s'efTectner. Le général Sheridan, pour commencer par celui qui
était le plus directement en connexion avec l'armée principale, partit de Winchester le "11 février avec les deux divisions de cavalerie' Cnster et Merritt, comptant chacune 5000 hommes. Le 1*^ mars, il enleva le pont sur l'embranchement moyen de la Sbenandoah ^ Mont- Grawford avant que les troupes d*Early eussent pu te détruire et il entra à Staunton le 2. Ge même jour il
tONT V. 4$
talonna l'ennemi dans la direction de Waynesljoro. Là celui-ci était en forces dans une position reuancbée. Sheridan l'attaqua immédiatement le 2 au soir, sans s'arrêter à (aire d'autre recotmaiasance qu'au moyea d*atte canonnade d'une demi heure pendant que la troupe se formait et descendait en grande partie de cbeval. £n quelques instants d'un combat acharné» la position» vivement serrée de tconi et de flanc^ fat enJevée avec 1600 prisonniers. Il pièces d'artillerie de campagne, 17 drapeaux et 2UU chars d'approvisionnemcat. Les prisonniers furt^nt envoyés en arrière sous une escorte de 1500 hommes el le reste de la troupe s avança, le 3, sur CharlottesviUe, tout en détruisant ie ctiemin de fer et tous les ponts.
Sheridan resta deux jours^ le 4 et le 5 mars^ à Charlottesvitle, pour mieux effectuer la corvée de destruction, et le matin du 6 il se remit en marche» sur denx colonnes; une se dirigeant sur Scottsville et New-llarket en remon* tant la rive gauche du James; l'autre, sur Liyncbburg, par le chemin de fer.
La première colonne détruisit en diverses places le canal, et un détachement fut lancé sur Duguidsviile pour s emparer du pont qui cruise le James devant cette place. Ce détachement échoua dans son entreprise; à son approche les confédérés mirent le feu au pont et réussirent en peu de temps à le rendre infranchissable.-
L'autre colonne dévasta de son mieux le chemin de fer jusqu'à Amherst*Goart-flonse, à une quiniaine de milles (le Lynchburg. De là à travers les collines, elle alla rejoindre la colonne de New-Mai ket. Les eaux du fleuve * étant très hautes, il fut impossible à Sheridan de le traverser. Les pontons qu'il avait à son parc ne siilli^ctioat pas à atteindre l'autre rivOj et l'ennemi avait détruit tous les ponts ordinaires.
Il w restait k Sheridan qu'à retourner en arrière
Winchester, on à tenter l'attaqoe de Lynchbarg, oa à se replier sar Whîte-House par un grand mouvement à
gauche. 11 se déeida pour cette dernière alternative.
De New-Markot il se diri^oa dans cette direction, en lonjîeant le canal et en le détruisant sur tous les points praticables, jusqu'à environ 8 mille à Test de Goochiand. Le 10 il concentra toutes ses forces à Columbia, où il s'arrêta un jour, et d'où ïi envoya des messagers déguisés au général Grant, pour le prévenir de sa prochaine arrivée h While-Hoiise, et lui demander des vivres sur ce point. Le i% il s'avança de Goiombia vers Kicbmond, foisaot raine de menacer la place, puis il tourna à gauche vers Asliland-Slalion» sur le chemin de fer Polumac-Fredericksbur^-Richmond. Une fois sur la voie ferrée, il en recommença la destruction déjà cent fois opérée et réparée, franchit les deux Ànnai» non loin de leur confluent, puis descendit la rive gauche dn Pamunkey, pour arriver à White-Houae 4e 49 mars. Toute celle course s'était bile au prix de quelques légères escarmouches seulement, depuis lu baUiille de Waynesbui o.
A White-llouse il trouva les vivres attendus, sons la garde d'un renfort de troupes du général Ord. Les messagers envoyés de Columbia avaient réussi à s'acquitter de leur mission, te i% le général Grant avait reçu les avis de Sherid&n, el il avait ausâtAt fait prendre possession de White-Honse , en y faisant concentrer aussi des dépôts de vivres et de fourrages.
Le général Sheridau se refit pendant quelques jours à While*House, après quoi il s'achennna, dès le ^24 mars, vers le gros de l'armée devant Petersburg. Les 25 et M mars il passa le James sur un pont de pontons à Jonestanding, sous la protection des troupes de l'armée da James, et il alla ensuite prendre l'extrême gauche dn front.
Aussitôt que Graat (ul asMiré de la joactUm de Sberidan, il s'apprdia à an nooTeaa mouYemeac en mni el par la gauche de loate Farinée*
Ce mooTement avait été déjà préparé depuis quelques semaines par de bons préliminaires et par des progrès sensibles des avant-postes et des ouvraj{es dans la direction du Halcher-llun.
Le 4 fôTrier la cavalerie de Gregg, sui?ie des 5* et 2* corps» occopa Dinviddîe^Gofart-House, et s'avança ensuite par ta route de Boydton vers le Hatcher4lan el aodelà snr la gaache vers la route de While-Oak. Des escarmouches eurent lien pendant toute Paprès-midi du 4, et de vifs combats daii> les deux jouriii'es suivantes. La cavatene ca[»lura un cufivoi sur la roule de Bovdlim; mais le 5'^ corps n'ayant pu passer assez rapidement le Hatcher-Run, vo la destruction du pont, ce premier succès fat en même temps te seal. Dans l'aprèrâidi da 5. le 9* corps ent an engagement trte-vif ^ai se termina par la retraite de l'ennemi. Le 6 an matin, le 0* corps passa la rivière au gué de la roule Vaughan, et alla se placer à la gauche du la cavalerie étant à la gauche du 5**; dans cet ordre T u lion se déroulîi toute la journée, surtout eu tirailleries, renforcées, en de rares places, du fea de quelques canons de campagne.
Mais derrière les tiratlleora, les pionniers do colonel Michler étaient accourus» et la moitié de l'infinterie avait repris pioches et pelles. Dès le 6 au matin, une ligne de nouveaux onvraf^cs el d'êpaulements continus fut étudiée du fort Sampson au Hatciier-iiun. Après quelques !)ésilalions et controverses entre les états-majors sur son meilleur point de raccordement au Hatcher-Run, pour assurer le passage en tout temps de la rivière» la ligne fut d'abord tracée du fort Sampson, un peu vers le Sud et en arrière sur le passage de la route Yaoghan. Le 9 19*
vrier iet tramx éuie&t déjà sofflnmmait afancés pour que la troope y f Al à oonvert» et eût nn sûr débouché par les deox rives do Hateber4taD, contre les ouvrages dominant les abords d'ArmstroDg-MiH et de Borges-Hîll.
C'était Qoe ligne d'environ 4 milles qui s'ajoutait à la précédente, ce qui faisait un frout iuiùtie coniinu de 45 milles de longueur, de l'Âppomatox au llateher-Run. Quoique ces derniers travaux eusseui été grandement contrariés par tes pluies et par les intempéries de i'iiiver, ils forent menés avec la même activité et la môme rapidité proportiooD^He que les précédent^ ainsi que les novvelles voies eordnrées qo'ils Aécesatèitmt pour en ti* rer le meilleur parti possible.
Au moment où la cavalerie de Sheridan venait de rejoindre, la gauche de l'armée était solidement à couvert et pouvait appuyer une olTensive sur de bonnes positions à proaimiléde ses ftitars champs de bataille.
Aussi te général Graot, après avoir employé les Jonrnéesdn 20 et mars, à diverses reeonnaismnees, et après avoir conféré avec Sheridan, venu personnellement le visiter à City-Point, émit, le mars, les instructions suivantes à ses cliels d'armée, pour un grand mouvement de toutes tes forces opérant contre ia position Richmond* Petersbnrg, qni commencerait le 39.
Cily-Poiol, YirgtDie« 3% mars 186tt.
« Aux miMors<«énécatti Meade, Ofd et Sheridan.
• Général. — Le 29 courant les armées opérant contre Richmond se uiobiliseronl par notre gauche, dans le douhle hut de tourner les positions de l'ennemi autour de Petersbiiiti;, et d'appoyer la cavalerie dn général Sheridan qni partira en mémo temps et sera spécialement chargée d'attdndre et de détruire le chemin deférdo Snd et de Danvîlle. Denx corps de l'armée do Potomae- s*é-
branleroiii J abord eu Ueux coluiuios. par las ro»tes Iravemiil le Hatcher-Ruo, tout près de Tendroil où U ligne teuuô nMûfttenaoi par nous louche cette riviôru, tout left dauK w diri^aanl 8or DiiividdiA-Gmirl.-HoiiM.
> LaeaTai«rie, aoos le général Sberidan, ralliée par ta difisioii aelnellenent tons le général Davies, parUta en môme temps par le chemin de fer de Weldon et par la rnntc de Jérusalem. Sur la première de ces routes elle touruera à Touest avant de franchir le Nottaway ; l'autre colonne tournera à Touestavani d'atteindre le Stony-Creek. Depuis là le général Sfaeridan ae moiiTra d'une manière indépendante el loiis des instrnclions spéciales qui loi se* ront ullérienrement données (roir plus loin page WÈ\ Toute la cavalerie démontée appartenant à Tarmée du Polomac et celle de la division înililaii L' centre, qui peut être retirée des gardes préposées au niatiM ici de Tarraée, se mettra aux ordres du brigadier-géaéral Benham à Ci^-Poinl, poar être ajoutée à la garnison de la place.
» Le major-général Farke restera préposé au com* mandement de toute l'armée laissée devant le front pour
tenir les lignes de Gity-l*oiiii et de Petersburg, loiijours subordonné, bien entendu, au coiinnaîKianl de l'armée du Potumac. Le 9' corps d'armée sera laissé en entier pour tenir les présentes lignes d'ouvrages, aussi longtemps que toute la ligne occupée maintenant par nous sera tenue. Si cependant les troupes à la gauche du 9« corps se repliaient» alors la gauche du corps se replierait aussi sur sa droite, de manière à occuper les positions tenues précédemment par l'armce, avant l'occupation du ciiemia de fer de Weldon.
> Toutes les troupes à la gauctie du 9* corps se tien* dront prêtes à partir au plus tôt par telle route qui leur sera désignée au moment du départ.
> Le général Ord détachera trois divisions, deos blan*
ehes ei une de couleur, on autant qu'il pourra de cha* cune d'elles tout eo tenant ses ligiieSi et marchera à la gaocbe aetaelle de l'annAe du Polomae. En Vabseoee d'ordres uMrieurs, ou jusqu'à ce que des ordM 'Utté* rieurs soient donnés, les divisions blanches suifront la colonne de gauclie de l*armée du Potomac; la division de couleur buivra la colonne de droite. Pendant le mouvement le général Weitsel sera laissé au commandement ' de toutes les forcée reetaot en arrière de l'armée du James.
> Le mouTement de troupes de l'armée du lames commencera dans la nuit du V coonuit. Le général (M laissera en arrière le plus petit nombre possible de caïa-
lerie nécessaire au service d*avant-postes en l'absence de
l'armée principale.
» Une expédition de cavalerie du commandement du général Ord partira aussi de Suffolk, le samedi 4^^ avril, S0U9 le colonel Sumoer, dans le but de couper le cbemin do fèr de Weldon aui eoTlrons de Hieksford (sur la rl- Yîère BieberîB). Gela» pour être aceompli» devra dire une snrprise, et par conséquent 11 suffira de 3 à SOO hommes. Ils devront être soutenus cependant par toute l'infànterie dont on puui i-ail diminuer les K^rnisons de Norfolk et d6,Porstmouth,etqui s'avancerait au moins jusqu'aux passages où la cavalerie franchirait le Blackwater. Ce passage serait probablement à Uniten. Si le colonel Sumner réussit à atteindre le obemin de fer do Weldon, il devra endom* mager autant que possible le trianglo do routes entre Hieksford, Weldon et Gaston. Le pont du chemin de fer à Weldon étant rétabli pour le passage des voitures, il pourra être utile de déti uirc lout dépôt de provisions de Tenoemi au sud du Hoaooke.
» Toutes les troupes marcheront avec des rations pour quatre jours dans les havresaos et pour huit jours dans les chars. Four diminuer le ph» possible les charrois,
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tout on donnant à l*aruiée du James la même mesure de rations, le générai Ord orduijniiia ,t son rommissHiiti et à Sun quartitir-maUre de reuu4 des a{jprovibiuuiiementë à PaKlréniié de la voie ferrée (vers Uaffipiàr#y<'SlalMMi), qoi y seronl UHiebds par ii» iroap« en fOMant.
• Soixante cartonehes par homme aeroiil prises dans les chars, ainsi qtt'aolani de grain que possible, après que les chargements d*dessas prescrits auront été effectués. L'épaisseur de la forêt dans laquelle l'armée aura h opérer luî f)ernîettiiiit pas l'usage de beaucoup d'artillerie, la somuie de cello-ci sera réduite à 6 à 8 pièces par division, au gré doi commandants d'armée.
> Tous les préparatUè nécessaires pour l'exéenlien d« ces directions peurent être commencés immédiatement Les réserves dn 9* corps seront massées notant qae possible. Quoifine je ne veuille pas encore ordonner maintenant et d une manière absolue une allaque par celles-ci de la ligne ennemie, elles doivent s y tenir prêtes, et laire cette attaque si l'ennemi affaiblissait sa ligne sur leur front, sans attendre d'antres ordres. An cas où ellee enlèveraient Ja ligne, alors tout le t^ oorpe les suivrait et coopérerait à l'action du raste de l'armée. A net effet le 0* corps aura ses rations prêtes, comme les antres corps. Le général W'eitzel gardera l'ennemi avec soin sur sou front, et s'il trouve possible de le percer à un point quelconque, il ie fera. Un succès au nord du James devrait être poursuivi avec rapidité. Une attaque ne serait justifiable qne s'il est acquis qne l'ennemi se soit diminué par de notabins détachements. Dans ce cas il pentètre considéré comme évident que l'ennemi s'en remet essentieilemeut à des réserves locales pour la défense de Richmond. • Des jnéparalifs doivent aussi être laits pour abandonner toute la ligne au iiurd du James, excepté les ouvrages fermés, qui ne pourraient être quittée qu'après avoir pénétré dans les lignes ennemies.
» Parées instniclioos une large portion des armées opé« rant contre Rietimond est laissée en arrière. Gomiaissant cela renneai pM, pour dernière olianoe!» réduire ses gnes au plus minée efMf possible laissé en ridean trompeur, tandis qu'il masse rail ioui le resie ponr le jeter sti ries colonnes en mouvement, après quoi il viendrait reprendre ses lignes en forces. H ne pourrait être trop recommandé Hox chefe des Iroupes laissées aux tranchées de ne pas permettre nne telle mancaoTre sans en prendre avantage. Le seni fiût que Fenneml sortirait ponr une attaque sem* l>lable poorrait être considéré comme une preo? e qu'il a affaibli ses lignes, le Tondrais recommander particalièreiiieiil a luus les commandants de corps d'armée qu'en cas d'une attaque de l'ennemi» ceux iir)u attaqués n'ont pas à attendre des ordres du commandant d'armée pour agir, mais qu'ils doivent se mouvoir promptement et notifier leur action an commandant d'armée de qui ils relè* vent le ferai encore la même recommandation dlnitia^ tive à Mil* les cbeb de divisions» an cas où d'antres portions de leur corps d'armée sont engagées. De ta même manière je recomniaiide l'imporlance de passer immédiatement à l'otlensive après avoir réussi à refouler i'enuemi.
t (Signé) U.-S. GaANT» lieut^général. •
Gomme on le verra plus loin ces dispositions devaient se compléter d'un mouvement plus large de Sberidan par la gauche, pour arriver sor les revers de Lee, et même»
selon les circonstances, pour aller rejoindre Sherman, en effectuant un autre raid entre les deux grandes armées fonledi rées. Mais Grant se, réservait de décider au dernier moment seulement s'il se séparerait ou non de sa forte cavalerie, et surtout de son excellent chef devenu son bras droit II pouvait en avoir un besoin plus on
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moins immédiat, suivant tes intentions et les mouvemeAts de l'eonetti.
Uk mmre était prmleotd. Le géaérail Lee en eiai a'eBteodajt pas se laisser eDeemr dans sa position, sans essayer de se dégager de celte étreinte par rofTensive. Au moment mt^me où Granl élaborait les ordres ci-dessus, Lee en donnait de sou côté pour faire assaillir lignes fédérales.
L*allaqae se feraîl sur la droite de l'armée du Potomac^ en débooohant du front du fiiobourg de Biandfèrd et par le ratin plos en arrière» en partienlier contre les forts fédérani de Me Gilvery» de Steadman et de Has-
kelU tenus par le 0* corps. De là les assaillants, après avuir luunié lus pièces ca[)tiiréos conlre les ouvrages et les camps fédéraux vuisiiis, se porteraient droit sur ie chemin de fer de l'armée, au\ environs de Meade>Statiun, le détruiraient en tout cas et s'empareraient de la ligne de communication, si possible de la base mémo de rarmée fédérale, de Gity^Point Pendant ce temps des difersions et des canonnades se feraient sur tout le reste
du front.
Le plan était irréprochable au point de vue stratégique. Il aurait demandé seulement, vu les ouvrages et les effectifs qu'il s'agissait d'affronter, d*ètre efiiectué par une quarantaine de mille hommes, tandis qu'une quinzaine de mille an plus purent y être affeetés, à savoir le corps de Gordon, comprenant les divisions Ewan, Walker et Gue, et les deux divisions de réserve Bushrood-Johnson et Helii, du corps d'Andeison. •
Quoiqu'il en soit, l'opération fut vigoureusement condoite^ à son début surtout. Pendant la nuit du 24 au 28, les masses du corps de Gordon se concentrèrent dans les tranchées et aux avant-postes, et de grand malin, le 25, elles en débouchèrent sans bruit. Elles refoulèrent liicile^
ment les avant-poâteâ fédéraux, pius négligents ce jourlà qaed'lMbitode; allM arrivèrent sur tours laloos dafts lê toné da fort StendioMP, reaealadèreDt et s'eo enparè* rent, aloiî que des batteries 9el 10 à droite et II à gauche, avee tonte la brigade Me Laugbin, de ia division Wttcox, qui y était de piquet. Le 0* eorps fédéra), qui tenail celle portion de ia ligne, courut aussitôt aux armes. Les forts voisins de Haskell et de Me Gilverv» ainsi que la batterie n° tâ, canonnèrenl le fort Steadman et lesparapels perdus, et empèclièrenl les troupes confédérées qui s'y étaient logées d*60 déboucher en forces. Le fort liaskeU attaqué repoussa l'assaut. Le fort Steadman» dont les 9 canons sTaient été retournés par les confédérés^ répondit de son mieux; mais il ne put arrêter lcis réserves du 0* corps s*approcbant de droite et de gauche. Celles-ci, dirigées entre autres par le vaillant général llar- Iranft, s'avancèrent courageusement à l'assaut, et aprè.s deux heures d'un combat acharné et de terribles mêlées à la bayonnette, elles parvinrent à reprendre tous les retranchements perdus, en y capturant en outre deux mille confédérés. La perte des fédéraux sur ce point fut d'uu millier d*hommes, dont la moitié de prisonniers surpris aux premiers feux.
Sur les antres points du fk-ont de l'armée du Potomac, le général Meade avait aossilAt ordonné ane attaque, tant pour répondre aux diversions confédérées que pour dégager son 9* corps et loi foeiliter sa tâche.
Les G" et corps enlevèrent la première li^jne des riflepils de l'ennemi, et repoussèrent trois tentatives de celuici pour les reprendre, bur ces points les confédérés perdirent environ 2,500 hommes, dont un millier de prisonniers, et les fédéraux l»500 hommes» dont 200 manquants.
Tandis que les blessés fédéraux et lesprisoDiùers sudistes étaient emmenés péle-mèle par le ^iemin de fi»r aux
liûpitaux et aux prisons (ie City-Poiiil, l6 reste do Tarmce de i»nsA eoDtioua ses pr^ratib pour le grand nome* m«Qt ordonné lo S4. Les f oitores réglanenlaires tarant nioDie& Les effels de surcharge forent pn^neléa, envoyés à Gity-Poînt on brAléa. Les petites huttes eonstrni<' tes par les soldats se (i(^tiarnirent de leurs toits, les tentesabris; les hontiqiies de conniiis^ in cs fun nt entourées, assiégées et dégarnies de toutes leurs denrées, Les arabulances de campagne évacnèrent tout leur monde snr leurs hôpitaux, pour faire place ani nonreanx Tenas qn'on attendait Enfin les hottes aux lettres militantes» soignées snrioot par les agents des commissiOQS cbré^ tienne et sanitaire, enlevèrent des cargaisons entières de lettres à l'adresse du Nord. C'étaient les adieux recueillis de milliers de soldats-citoyens à leurs familles, avant de marclierà ces nouvelles batailles que chacun sentait de* voir être décisives pour le pays.
Le 37 eo soir l'armée de Ord se mit en mouToment avec deux divisions do corps de Gibbon» 24*, et la divi* sioD nègre Bimey du 25^ plus le gros de la division de cavalerie Mackenzie; elle traversa en bon ordre le James à Jones Landing et atteignit, le 28 dans la nuit, la position qui lui était ââsii^néô à la gaucbe vers le UatcUer- Hun.
En même temps les longues Aies de la cavalerie de Sheridan et de ses cbarroîs avaient lentemenicheminé derrière le front de l'armée» ensuite de l'ordre général du 24 mars, complété par les instructions suivantes, qui lui furent remises le 28 au matin :
c Gity>Poinl, 98 mars 1863.
• Au major^général Sheridan,
» Général. — Le 5* corps d'armée» général Warran» se
mouvra par ia route Yaughan, à 3 heures demain matin.
Le ^ corfis d^mée, géoôral Humphrey, se mouvra à en* viroD 9 beores^Q outiii, n'ajaDt qo'enviroa trois mille da marche pour atteindre le poiDt qui loi est désigné et où il se ralliera à la droite do tt* oorps» après que celui* ci aura atteint Dtnviddie-Comi-llouse.
» Mettez en mouvement votre cavjilerie d aussi grand matin que [*osbible, et sans vous limiter à aucune route spéciale. Vous pouvez marcher par les chemins les plus près en arrière du 5' corps, passer à sa gaucho, passer près on à travers de Dinviddie-Coun-House, et atteindre aussitôt que possible la droite et les revers de fennemL
» Si celui-ci sort pour nous attaquer, ou s'il se trouve sur un emplacement ou il puisse être attaqué, avancezvous sur lui avec toutes vos forces, et avec la ferme contîance que vous serez bientôt appuyé par toute l'armée d'une façon ou d'autre.
> Je serai du reste sur le champ de l'action et je
pourrai, je pense, communiquer avec vous. Si je ne le
pouvais pas, et que vous trouvassiez que l'ennemi se tituDc à ses ouvrages principaux, alors vous pourriez TOUS détacher pour pousser jusqu'au chemin de fer de Oauville.
» Si c'est praticable, je désire que vous traversiez le chemin de fer Sootti-Side entre Pelersborg et Barke»* ville, que vous détruiriez sur «ne certaine éteadoe. Je ne TOUS recommanderais pas toutefois de vous y arrêter longtemps, mais d'atteindre le chemin de fer de Danville et de le détruire autant que possible et jusqu'aussi près que possible des passages de l'Appomatox. Vous passeriez ensuite au chemin Smiih-Side à l'ouest de Burkesviile, que vous détruiriez de la même manière.
I Après avoir ainsi effectué la destruction des dent chemins de fer qui sont les principales el les seotee lignes d'approvisionnement de l'armée de Lee, vous pourrai
revenir vers notre armée, oo vous diriger stir la Carolioé do Nord pour y joindre le général Shennan. 9i Voits ehoisisMz cette dernière ligne de retour, ayes soin de iii*en informer anssitdt (juc possible, afin que je poisse
vousraire tenir en temps opportun des ordres à Goldsboro.
« Signé U,-S. Grant, lieut.-général. »
T.a veille, 27 mars, un grand conseil de goerre avait
( hi lenu au (|uarller-général de City-Point, honoré dt' la présidence de Lincoln lui-même, arrivé deux juars auparavant de Washington. Outn^ les généraux (iraiit, Meade, Ord, Shcridan, Barnard, le général Slierman y assistai! aussi, heureux d'avoir pu faire enfin une visite ' à son ancien chef de l'ouest. Il ne Pavait pas revu depuis plus d'une année ; et quelle année ! Que de grandes choses s'étaient passées depuis ces glorieux jours succédant à la bataille de Ghattanoo^'a ! Que de récits tes deux généraux qui les avaient dirigées, chacun de son côté, en se séparant d'ahord par d'immenses disiinces, avaient h se raconter! On se les raconta: fiiaui avec le calme et la concision qui lui sont habituels, vSherniau avec toute la vivacité d'esprit et le charme original d'expansion qui font de sa personnalité un t.v|)e à part parmi les- grands hommes américains. Le sourire bienveillant et confiant de Littcoln, an milieu de œtle réunion d'élite sor iaqifelte allait reposer les plus hautes responsabiKIés, pouvait fane bien augurer des opérations ordonnées et de leurs résultats.
Les émments personnaizes dont nous parloîis ne se bornèrent pas à causer du passé, et à donner leur plein assentiment aux combinaisons présentes et déjà en cours du général Grant, par les soins de ses trois généraux d^rmée.
Grant et Sberman coiivinrent d'une action cômmvne pour les jours qui allaient enivre. L'armée de ce deraier.
bien campée au& enviroos de Goldsboro, s'occupait de se rééquiper el dew réapprovisionner. Après tes marches foarDiM» «lie avait certes le droit de meitre quelques jours k cette importante besogae, afiu de pouvoir rouvrir convenablMuent la campagne. Sbermau ne pouvait être complètement prêt avant le 40 avril. 11 voulait, il est vrai, Uire marcher avec lui '10 jours de ration, et il avait besoin de ou délni \\onv -^e les jnocurer.
D'ailleurs cetlt^ pause ne uuiiait en rien aux opérations de Grant; au contraire. Toute la crainte du général Grant était que Lee né vfot à évacuer la positiou de RiobmoQd* Petersburg avaot que Parmée du Potomac ne fût prête à le poursuivre, et qnll ne parvînt à se Joindra à l'armée de Johnslon, ce qui aurait fait une masse de 420 à 430 mille hommes, capable de tenter bien des chances et au moins de tenir encore la campagne tout Télé.
Sherinan lut tlonc avisé de veiller soient uMineni, tout en continuant ses préparatits, à tous les mouvements de Johnstoo, pour préveiiir une joQciioo de sa part avec Lee.
Lorsque Sherman pourrait prendre l'offensive, il menacerait Baletgh par une ou deux pointes, puis il tournerait soudainement par sadroite^atteindrait le Roanokeik Gaston ou aux environs, d'où il se dirigerait sur le chemin de fer Richmond-^Danville, aux environs de l'important carrefour de Burkesville. Arrivé là il tiendrait la ligne tnté* rieure, il aurait séparé Johnston de Lee, et l'on pourrait selon les circonstances écraser Tune ou l'autre des grandes armées ennemies avec des forces prciiomlérantes.
Grant allait tenter la même chose, en manœuvrant par sa gauche, et avec la diriiculté de plus de tenir en même temps ses lignes fortifiées et ses communications sur sa base de Gity-Point Déjà, nous Tavons vu, le mouvement était commencé par son aile droite et par sa cavalerie Ord et Sberidan.
Le 20 toale l'armée fui en mouvement de la droite à la gauche, les uns pour entreprendre la campagne active^ les aaires pour s'étendre simplemeot en rideau le long des posiliODS qne les corps d'opération Teoatuil de quitter. Le rideau se composait en somme de troupes des 28* 24* et 9* corps, plus d'oae nouble portion de fartilieriiî (lê rainpagne, d une formidable artillerie de position, de ravalerit' (J»înionl(^oet d'autres petits postes laissés provisoirement à la garde do matériel qui n'avait pu être évucué, ainsi que de la chaîne des vigies mettant en commouication toute la ligne des armées du James et du Potomac.
Tout le reste marcha pour sortir des lignes retranchées. A la nuit du 89 la eafalerie de Sheridan atteignit Din« viddle-Gourt-Hoose. La ganche de l'infanterie s'étendit
aussi vers la route du Quaker près de son intersection aver la route de Boydlon, où la divi^ioi» limlin eut (pielques escarmouches. Hnmphrey eut aussi à combaKre près de Dabneys-Mill. La iv^m fédérale était alors étendue de la droite, à PÂppomatox jusqu'à la jrauchc, h Uinviddie-Court-Hoase, sur une longueur d'un vingtaine de milles au moins, les corps étant placés dans l'ordre suivant de droite à gauche: Parke, Wright. Ord, Humphrey, Warren> Sheridan.
Sur les renseignements de la journée, Grant, qui, pondant ce temps, avait couru sur la gauche avec Sheridan et avait finalement établi son quartier-général sur le Giavelly-Creek, jugea qu'il serait possible de rontimior à s'avancer dans le même ordre, et peut-être de doiitïer eu force un coup décisif. Il ordonna donc au général Sheridan de ne pas se détacher en vue du raid qui lui avait été éfentuellement désigné, le 2S, mais de serrer davantage la gauche de l'armée, tout en s'elTorcant, dés le 30 au matin, de tourner la droite ennemie et même d'arriver sur ses revers.
Il Taverlit aussi qu'il Un laissait du reste pleine latitude (l'agir à sa guise, pourvu qu'il re.sU'it atlaclu' a l ai niée et qu'il aurait probalilement ii se diriger d'apivs les n'fsislances qu'offrirait la cavalerie ennemie, probablement renforcée sur celte aile.
La plaie qui tomba par torrents pendanl toute la nuit do 29 an 30 mars n'empêcha pas les troupes de continuer ce mouvement le lendemain; mais la marche en fut considérablement gênée et ralenlie. Les voitures dorent rester exclusivement sur les routes cordurées.
La cavalerie, faite aux boues, ne se laissa pas relenir. mic se porta de Dinviddie-Court-House sur Five-Finks, où elle rencontra rennemi en forces. Tout le corps <Ie lliil y était concentré, avec de l'artillerie derrière des épaulements. Le u" corps s'avança aussi, et étendit son front au delà de route de Boydtoo , vers la route de White-Oak, en cherchant à dépasser celle-ci pour s'approcher du chemin de fer South-Side. Le général Humphrey, plus à droite, repoussa l'ennemi de Dabnejs-Sflill sur le Hatchers-Ran» sur les ouvrages principaux de Burgess- Mili et environs, et il éUblit sa ligne à 5 à 600 pas des lignes ennemies, sa droite au Hatchcrs-Run, vers Crowllouse. Dans ces engagements le général Granl et une partie de son êlal-uiajor faillirent être faits prisonniers en 8*avançant au milieu de la forèl en litige. Tne division du 2i' corps franchit aussi le Hatchers-Run et relia la droite du 2* corps à la tête de pont de la route Vaughan.
Sur tout le nouveau front les abatis et les épaulements d'usage forant aussitôt élevés, atteignant, au delà de la route de Boydton, jusqu'à la route de Wbite-Oak. Partout l'ennemi se montrait sur ses gardes et derrière de solides ouvrages; mais sa li^ine était si étendue (jii'il éUiil probable qu'un assaut un peu vigoureux sur fjuclque point en aurait raison. Parke et Wright estimaient que sur leur front Tassaut était possible. Ûrd avait à faire à des posi-
lions plus dilllcilcs. Ilumplirey et Warren avaient bien faU leur part'; quant à Sheridan il ne demaodail qu'un peu d'espace et de fermeté de terrain pour se lancer eu avant.
Dans ces conditions Grant résolut» le 30 au soir, de ne pas ébercher à S'étendre de beaucoup plus sur sa gauche,
mais sim[)lement de renforcer cette gauclie, Sheridan, d'un corps d'iiilaiiterie pour lui faire donner un coup décisif. Le 5* corps fut charf^é d'aller rallier la cavalerie et de se niellre aux ordres du général Sheridan, en passant derrière te corps. Mais les chemins étaient si mauvais que le corps ne put absolument pas se tirer des boues, et qu'on dut renoncer à le mobiliser dans celle direction. En revanche le 5* corps, qui avait déjà atteint, le 31 au ma* tin, les abords de la bonne route de Wfaite-Oak, fut chargé de la mission d'abord dévolue au 3*. Dans la matinée du 31 il commença à s'avancer vers la gauche, soccesst* vement, division par division et lentement, vu l'étal du chemin. Les confédérés du corps de llill, qui étaient en forces sur la route de White-Oak, reçurent vigonrensenienl le corps de Warren, refoulèrent sa première, puis sa seconde division, et ne s'arrêtèrent qu'à la troisième, qui put enfin tenir et recueillir les deux autres, avec l'appui d'une division du 2* corps promptement envoyée sur le lieu de l'action par le général Humpbrey. Vers le soir les confédérés furent refoulés à leur tour, et Warren prit solidement possession de la route de Wbile-Oak.
Pendant ce temps Sheridan, plus à gauche, s'était avancé sur Five-Forks, et s'en était emparé aprts un t iiblc combat contre une portion des avanl postes de llill, lormée surtout par de la cavalerie. Mais lorsque celui-ci en eut fini avec Warren, il revint en forces sur Sheridan cl le rejeta vers Dinviddie-Court-llouse avec pertes, ici le général Sheridan se montra réellement digne de la haute confiance que plaçait en lui le lieotenant^général» et il dé-
ploya des talents et une énergie aa-desstts de l'ordinaire. * Au lien de battre en retraite avec tout son gros snr l'année principale pour y raconter l'histoire banale des forces supérieures rencontrées el d nn ur^tiil besoin de renforts, comme maints chefs do corps d'armée l'eussent fait à sa place, Sheridan fit mettre pied à terre à la plus grande partie de sa cavalerie, et la déploya en tirailleurs et en lignes de bataille. Il ne garda d'hommes montés que ceux nécessaires pour tenir les ciiefaax et un bon régiment de choix en réserve pour quelque utile charge dans l'occasion. Les carabines spencer de ses cavaliers à pied firent merveille, et Hîll se trouva bienlAt arrêté. Les bois épais qui couvraient toute la contrée ne permirent pas aux confédérés de se servir de leurB masses, et ils ne purent progresser qu'avec peine.
Au moment où il avait dû coiiuiiencer dècidi lacnt à se replier, Sheridan avait avisé le général Graiit de leUit des choses, lui meiiiiiinn;mt q^ie, quoique serré de près, il ne battait et ne battrait en retraite que lentement sur Dinviddie-Gourt-House.
La cavalerie de Mackenzie et une division du S* corps, Ayres» forent aussitôt portées par ordre du général Grant & l'appui de Sheridan. Un peu après, les deux autres divisions de Warren lui furent aussi envoyées, sur le rapport du général Meade que Humphrey était tont-à-fait ai»te à tenir la gauche du front, aux alentours de la roule de Boydton. Ces troupes rallièrent, dans la nuit du 31 mars an 1^' avril, celles du général Sheridan, et celuici, le samedi avril au matin, reprit l'offensive. L'action fut chaude et persistante. Toute la journée on se battit snr la chaussée et dans les bois environnants, les confédérés défendant le terrain pied à pied. Enfin vers le soir ils furent débordés et rejetés sur leurs ouvrages de Five- Porks» où, brusquement assailli^ ils ne combattirent plus qu'avec noncbalanee et découraffement Des centaines
d'entr'eux se laissèrent entourer et posèrent les armes à première sommation. Les ouvrages furent capturés, avec adjonctioQ de dix-bait câDons et de cinq à six mille prisonniers^ Ils perdirent en ontre deux mille blessés et tués, dont, parmi ces derniers^ denx généraux.
Vers onze heures de la nuit seulement, le général Grant apprit ce qui venait de se passer, et dans la craiultî que Sheiidan ne pût pas tenir ses positions contre un mouvement oflensit en masse de l'ennemi, quittant ses lignes et cherchant à faire sa retraite, il lui envoya aussitôt le renfort d'une autre division, celle du général Miles du 2* corps. En outre, un bombardement général ftat aussi* tôt ordonné. Il commença vers onze heures et demie, et, bientôt répandu sur toute la ligne, il y gronda avec fureur jusqu'au point du jour.
Dès 5 heures du malin, le 2 avril, la canonnade fit place à Tassant partout ordonné, chaque corps d*armée agissant droit devant soi
Le général Parke à la droite réussit à s'emparer de tous les piquets ennemis, qui étaient en maintes places a quel* ques pas seulement des siens. Il aiia plus loin, et CDleva la première ligne des ouvrages avec leurs canons et une ^ portion de leur matériel, maïs il ne put pas triompher de la dernière ligne ennemie.
Le général Wright pénétra dans les lignes des confédérés avec tout son corps, en balayant tout devant lai et sur sa gauche, jusqu'au Hatcher-Run, capturant 13 canons et4à 5 inilltj hommes. Il apiiuya ensuite a droite pour se rappKiclier du 9* corps et pour enserrer la ville même de Petersburg, où quelque^^ uns de ses hommes pénétrèrent même pendant la nuit
Le général Ord serra de près sur Wrigbt et en réserve; avec loi il se concentra ensuite vers ta droite, et le géné* ral Gibbon, avec son W corps, enleva vaillamoient deux
ouvrages fermés commandant immédiatement le front sud de Pdiersburg. Cette capture dtmiouait sensiblemeot la jongneor de la li^ne d'inTestiasament, cap iio de ceux enlevés faisait an grand saillant sur la campagne.
Hnmpbrey, avec aes deux divisions^ maintint son terrain et fil aussi quelques légers progrès»
' Sheridan, avisé de l'état des choses, crut pouvoir dés lors se passer de renforts exccptiuuuels. Il leiivoya ia division Miles à son corps, se bornant à garder avec lui, poui aiiiLinuer son effort, sa cavalerie et le corps de Wanen. 11 y avait seulement fait quelques mutations. Le général Warren, des lenteurs duquel il estimait avoir àse plaindre, fut remplacé par Grifûn, son plus ancien divisionnaire; Griffin fut remplacé à sa division par son brigadier le plus élevé en rang» général Bartlett.
Dans Taprès-midi l'ennemi avait évacué toutes les po* sitions au sud du Hatcher-Run, pour se replier à l'ouest vers Sutherland-station. Pendant cette retraite deux fortes colonnes du corps de Ihll tombèrent à portée de la division Miles, aussi en marche. Un brusque et sévère combat s'engagea, qui menaçait, malgré des péripéties diverses, de se prolonger et de devenir fatal k la division Miles, quand elle se vit secourir k droite par une division détachée par Meade du front de Petersbnrg, à gauche par Sheridan, s'avançant de Fords-station vers la place. Ce renfort remonta le courage de Bliles^ qui attaqua de nouveau et vivement. Cette fois les confédérés, pressés de front et Uc ll^nc par un feu meurtrier, vidèrent à la liàte le terrain, en y abandonnant un millier d'hommes hors de combat, 600 prisonniers, leur artillerie et plusieurs drapeaux. Le reste se replia en grande confusion vers l'ouest, par ta route ordinaire longeant l'Âppomatox.
Cette retraite excentrique en apparence n'était point cependant l'effet de la déroute et du désordre. Lee avait
bien prescrit celte direction, car il avait lu^si ordonné, dans la inimti après-midi du 2 avril, l'evacuatiou générale de la position Ricbmood-Feler^urg sur IMovilU;. Déjà depuis une dizaine de jours l'évenlualîlé de l'abandan de la capilale confédérée était hautement prévoe et discutée. II. Jeflérson^DaYîs fàîsait fendre publiquement son mobilier à l'enchère pour suivre l'année, disait-il, jusqu'à son dernier homme. Le cas d'évacuation avait été ofliciellement posé le 29 mars dans un conseil de guerre tenu k Hicliuiond, sous la présidence de M. JefT»Msoa Davis lui-même. Le générai Lee et les membres du cabinet avaient dû constater l*impo&ûbilité de tenir longtemps encore dans des lignes aussi étendues, et qui se prolongeaient sans cesse vers la droite par les progrès de l'ennemi sur cette zone. Les défensenrs nemaniiuaient cependant pas. Il y avait encore une soixantaine Je mille Ijommes d'armée active, plus autant de bandits et de pillards qui, découragés par la disette, ne recevant plus ni solde ni rations, agissaient k leur guise. Il restait en outre à proximité toute l'armée de lohoston, qui pouvait encore à ce moment donner un renfort solide d'une quarantaine de mille hommes.
Mais môme avec 100,000 hommes la position était Uup étendue el vicieuse dans son principe pour atTronter un siège en règle, qui eût permis de traiter d une capitulation en termes honorables. La place manquait d'une citadelle centrale, et les 100,000 hommes qu'elle aurait pu avoir ne suffisaient pas à garder un front qui, depuis les ouvrages de Five-Forks et de Sutherland-Station jusqu^à ceux de Mont-Oltvet au nord de Richmond, n'avait pas moins de 70 à 78 milles de longueur.
La j,farnison n'était pas siittisaïunient forlc non plus pour tenter une offensive (lecidce sur un point quelconque du front ennemi, celui-ci étant aussi couvert de
foris retranchements. D'ailleurs la démoralisaUoa avait pea à peu gagné Tarmée; celle-ci marchait encore à Pattaqne a?ec vigueur et discipline; mais une fois entourés ou débandés» les hommes se laissaient focilement capturer par centaines, par milliers, par corps entiers. Les masses de prisonniers amenés journellemeDt à City- Point depuis le 55 mars y arrivaitul littéralement affamés et n'avait lit paà besoin d'être gardés pour revêtir leur vaste prison. Les rations régulières qui leur étaieot distribuées élaient les meilleui s geôliers. La population de Ricbmoud était dans des coadilioos bien pires encore. Les gens riches y étaient tombés dans la pauvreté, des (^milles aisées dans la plus profonde misère. 11 n'y avait plus ni vivres ni argent que ce qui venait des magasins officiels, et ceux-ci devenaient de plus en plus maigres; le papier -monnaie n'avait plus aucune valeur. Une miche de pain valait 100 dollars, un jambon rance SOO dollars, une boîte d'alluiiitites 2 dollars; et encore n'y avait-il pas des vivres pour tout le monde!
Après avoir sondé toutes ces plaies, le conseil de guerre confédéré ne vit d'autre moyen de prolonger la lutte que d'abandonner une localité si malheureuse, pour se retirer dans l'intérieur du pays, dans une contrée moins foulée par les armées, dans une positiou plus restreinte et moins embarrassante qne Bichmond, k Danville, par exemple, qui deviendrait peut-être le blockhaus de la rébellion. Une partie des colossales archives du Gapilole, le trésor, c'est-à-dire les presses et les matricules pour fabriquer les billets, le gros matériel, les magasins furent aussitôt évacués sur Danville par le * chemin de fer. Les préparatifs furent faits aussi par le corps d'Ëwell, qui formait la garnison, pour faire sauter les ponts du James sur les talons de l'arrière-garde, ainsi que les poudrières et les vastes locaux de l'arsenal.
Le dimanche matin, pendant la bataille même des
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Five-Furks, le général Lee fit savok' au président Daviâ qu'il tenait la situation maintenant pour si critique qu'il àllait ordonner la retraite aur Danville pour la nuit suivante. Jefferson-Dafis reçut ce message à l'église épis* copale pendant le sermon. Il ne montra aucune trace (l'émotion, mais sortit aussitôt. Quelques minutes après, divers personnages assistant i»u même cullo furent iiiainh's (U'Iiors les uns après les aulres : le bruit se répandit que Tenneini allKiuail la ville même. !.a foule prit la panique, sortit de l'église et jeta l'alarme dans le* rues. Eu deux ou trois heures la confusion et l'agitation montèrent au plu.s haut point. Ce n'étaient plus que gens roulant des charrettes ou transportant des effets vers la gare et le canal, déjà gardes par les troupes pour le service exclusif de l'armée et du gouvernement. Dans ta soirée les détuiiatioiis des poudrières et des dépôts de mnuilions sautant en l'air, et les tlammes de rincendie dans tout le quartier longeant le James-River, quartier commerçant habité en grande partie par des .\liemaods, jot^nireot leurs horreurs aux scènes de la fuite.
De grand matin déjà, le 3 avril, tes premiers soldats
fédéraux entrèrent en vil le. C'étaient les nègres do Weitzel, (l(ii)l la jirésence augmenta la terreur des nombreux habilaiib qui n avaieiit pu encore fuir de façon uu iraulre. Ces nègres, dont bon nombre avaient été esclaves à Rich> mond même, montrèrent une vive joie sans doute de leur rentrée triomphale; ils parcoururent les rues en chantant, un jetant de tous (;ôlés des poignées de main aux pays cl paysesy en ricanant parfois devant les maisons de leurs anciens maîtres, dont quelques-uns leur lançaient à Iravers leurs jalousies hei iiieliquenieiil fermées des regards llamboyants de courroux et de dédain. Mais aucun excès, aucune scène brutale, aucun acte de vengeance ne fut fïommîs par ces braves soldats, remplis du doux sentiment
rie la liberté qui s'ouvrait pour eu& et pour leurs familles plo(6t que d'idées de représailles. Les seuls désordres réels doot on eul à se plaindre à Richmond tarent le fait des arriére-gardes des défenseurs et des nombreux gné-
rillas qui marchaient avec l'armée confédérée. Gem-là, mal il propos enregistrés par la presse dans le corps (rKwell, pillèrent el brillèrent toutes les maisons des environs des ponts, des amis aussi bien que des eonemis supposés. Cet inutile vandalismei qui glaça d'effroi ta partie craintive ou paisible de la population, eut pour eOet de faire recevoir les soldats fédéraux à titre de llbé* rateurs plutôt qu'à celui d'ennemis. Et comme leurs maf»asins, distribuant largement des rations de vivres aux bourgeois qui en faisaient la demande, répandirent bientôt l'abondance à la place de la famine, la ville ne tarda pas à être aussi sâre que la plus patriotique cité du nord. Les principaux personnages fédéraux, militaires et ciTils» le président Lincoln lui-même, purent s'y promener k leur aise, sous la prévoyante administration, il est vrai, du général Weilzel, puis d'un gouverneur spécial, dans la personne du général Shepley. Pour reconnaître ces bonnes dispositions de la population on Un fit la faveur de céder à ses préjugés invétérés contre les nègres, et de retirer de la ville tous les soldats de couleur pour les confiner dans les forts environnants. Les troupes du 24* corps formèrent la garnison de la ville même.
Pendant ce temps les troupes confédérées avaient aussi évacué Petersburg, et successivement leurs derniers retranchements de la gauche à leur droite, pour se replier vers l oucst en longeant TAppomatox. On conçoit que cette retraite d'un tel front sur une de ses ailes, sous le feu ennemi et pendant l'obscurité, ne put pas être bien rapide. Le générât Lee dut prendre du temps pour se concentrer et pour se rallier vers le pont de Mattwax, où
le chemin de fer de Danville traverse TAppomaiox, afin d*y attendre sas iroapes de la gauche, j^ioalièremeot le corpe d'£well.
Cette pause foreée, coBséquenee nattirelle du système de eordon saivi dans tous les dispositifs de la défense, fut falale à rarméti tic Lee.
Dès le 3 avril les fédéraux stimulés par le succès, rendus conflanls par révidente démoralisation des troupes confédérées, commencèrent la poursuite avec ardeur et agilité. Cette fois Sberidao, loin de mettre sa cavalerie à pied, fit monter & cheval tonte l'infanterie quil put, et, par ordre dn général Grant, il s'élança, le 3 an matin déjà, sur les trousses de Lee avec une portion de ses forces le long de l'Appomaiox, tandis que Taulre se dirigea un peu plus au sud tout droit sur le chetuiu de 1er de Danville, aux environs d'.\melia-Court-liouse ou plus au sud, vers fiurlLesviiie. Derrière Sheridan marchaient le 5* corps, puis le général Meade, avec les 2* et 6* corps. Le général Ord marcha sur Bnrkesville le long du chemin de fer Sonth*Side, suivi en réserve par le 9* corps.
Le 4 avril le général Sheridan alleigml le chemin de fer de Danville vers Jeltersville, à peu près à moitié chemin entre Burkesville et Amelia-Court-House. Il y apprit que Lee se trouvait encore dans cette dernière localité avec son gros. N'étant pas en forces suffisantes, Sheridan ne pouvait penser à aller attaquer Lee; il se horna à l'essentiel, c'est-à-dire à lui couper l'accès de Burkesville, par la voie ferrée, en s'établissant solidement a Jeltersville. Des retranchements y lurent aussitôt élevés, en atteiidanl l'arrivée de Meade, qui fut avisé de se hâter. Les avant-gardes du 2^ corps atteignirent Jettersvilie dans la nuit, et le reste suivit dans la journée do li. Le même jour Ord occupa Burkesville, qui n'était, malgré son importance, gardé par aucun poste confédéré. Le soir Grant,
Aussi en poursuUô, éiablit âoa quariier^géoeral 4 Wilson- Station.
La pofiitioD de Lee devenait désastrease, do moment qQ'il 8*était laifleé^devaneer par ses adversaires à Barkes* vilte» où Us lui coupaient ses meilleores oomnramealioiia non*Bealenient avec Danville, son principal but, nais
avecLynchburfï, qui lui offrait à la rigaeur une ressource momentanée. Il se mit en marche le 5 au soir d'Amélia- Court-llouse dans la direction de l'ouest, en vue de passer TAppomatox, et ensuite, derrière cet abri, de tourner vers ic sud pour atteindre Danvilie.
Mais ce mouvement fut déjà connu le 6, dans la ma* linée, du général Grant, qui ordonna au général Sheridan ' de se porter, avec sa cavalerie seulement appuyée du 0* corps» sur le flanc de l'ennemi et de le harceler sans cesse» tandis que le 2* et le 9* corps, celui-ci ayant rejoint Meade dès son arrivée à Jettersville, presseraient ses talons. D*autre part Ord dut s'avancer de Burkesville à l'ouest sur Farmville, point où le cbemin de fer passe de non* veau PAppomatox.
Ces mouvements» rapidement conçus et ordonnés^ forent exécutés de même. Meade et Sheridan refoulèrent les confédérés à Deatonville et an sud de Sailors-Creek, et leur enlevêrenl une trentaine de pièces d'artillerie, 5 à 000 voitures et 7 à B mille hommes, qui ne résistèrent que faiblement.
Le général Ord eut une besogne plus rude. Sa tâche était décisive ; il devait couper à Lee sa retraite sur Lynch* burg, ce qui l'investirait complètement A cet effet il avait envoyé en avant-garde une brigade combinée sous le
géncial Hoad, puur atteindre et détruiio tous les {)onts. Mais Lee, qui en connaissait le prix., y avait aussi expédié d'avance des troupes, et celles-ci refoulèrent, en l'abiraant, la brigade Read, qui se comporta vaillammeot du reste
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et paya son échec de la vie de soo cbeX et d'ime dizaioe
d'officiers.
Cela pi\»cura quelque répit au gros de la colonne de Ue pomr reprendre un peu d'avauee én raarcbant ionr eiouit, pendaol que l'arrière-garde élevait des retrauobemeat ver» Parmville.
Le leDdemain 7 avril les fédéraux GoutiDuèreul la poursuite en ordre plus serré.
A gaucho le i^ros de la Ctivalorie, suivi du 5* corps se lança en avant sur Edwartl-Coui l-iiouse, au sud de Farmviile, pour [irévenir la retraite de Lee sur Danviile.
Au centre le général Ord, avec ses propres troupes plus le 6« corps et une division de cavalerie, suivit la voie directe snr Fannville.
A la droite sur la route de High-Bridge, mareba le S* corps. Le 9* suivait toujours en réserve derrière le centre.
Pour éviter la cavalerie fédérale Lee dut renoncer h marcher au sud, et il se rejeUi vers le nord, cherchant à rallier toutes ses forces sur la rive gauche de rApponiatox, pour se retirer delà sur Lynchburg. Mais à High- Bridge il ne put réussir à détruire assez tôt le pont ordinaire» les avant-gardes du â« corps s'en emparèrent et toute la colonne fédérale passa bientôt sur l'antre rive. Le 6^ corps et la division de cavalerie passèrent aussi sur la rive gauche à Farmviile. Sheridan se rabattit d'Edward- Cou it-lluuse vers la droite, à Tappui et en avant du centre.
Cette situation réciproque dos forces belligérantes, le 7 avril au soir, laissait à Lee peu de chance d'échapper à la capture et permettait à Granl de faire preuve de générosité. Celui-ci crut pouvoir offrir à son adversaire une transaction, et dans ce but il lui adressa la lettre suivante par un parlementaire:
« Paimvîlto, 7 avril 186B.
« Au général IL Ë. Lee.
* Général. Le résultat des événements de la dernière semaine doit vous convaincre de l'inutilité complète
d'une résistance de la part del'aniicc du Nord-Ouest de ta Virginie. Pour moi, je suis convaincu de celte vérité, et je regarde comme un devoir d'éviter la reeponsalMitté da sang qui pourrait être versé, eo yods denaDdant la reddition de cette portion de Tarmée des Etats confédérés» connue sons la désignation d'année dn Nord-Ouest de la Virginie.
> Très respectueusement, votre obéissant serviteur,
» GaAKT,
• lieutenant-général commandant les armées des Etats-Unis* »
Le lendemain malin, au moment où il allait quitter son quartier de Farmville, le général Grant reçut la réponse d-dessous:
» 7 avril 1S6S.
» Au lieutenant-général U.-S. Grant,
I Général. — J'ai reçu votre lettre datée de ce jour. Quoique je ne sois pas complètement de votre avis quant à l'impossibilité d'une plus longue résistance de la part de l'armée du Nord-Ouest de la Virginie, je vous répondrai que je partage complètement votre désir d'éviter une effusion inutile de sang. Cooséquemment, avant de prendre en considération votre proposition, je vous demanderai quels termes vous olïrez pour la reddition de mon armée.
< R.-E. Leë, général. *
A cette lettre, îe général Grant répliqua aussitôt de Farmville, comme suit:
• s avril 186$.
> Au général R. Ë. Lee.
• Général, — Je viens de recevoir votre lettre d'hier au soir, en réponseà la miennerdalée du même jour, et deman dani à quelles conditions j'acceplarais la reddition de Tar-
tuée do Nord-Ouest de la Virginie. Je vous répondrai que la paix est le premier de mes désirs, niais qu'il est une question sur laquelle je suis forcé d'insister, c*est que les hommes qui se rendront seront déclarés incapables de porter de nouveau les armes contre le gou?emement des Etats-Unis, du moins jusqu'à ce qu'ils aient été eonrenablement échansrés. J ;iurai une entrevue a ver vous, ou Inen je désignerai des officiers qui s'entendnnil avec ceux que vous choisirez et dans le lieu qui vous conviendra pour traiter définitivement des conditions auxquelles sera reçue la reddition de l'armée du Nord-Ouest de la Virginie.
• Très respectueusement votre obéissant serviteur»
» Grant,
t lieutenant*général commandant les armées des Etats-Unis. •
En même temps qu'il adressait cette réponse, le général Grant, qui connaissait aussi bien que qui que ce fût le jeu des parlementaires et le proOt que de rbsés généraux peuvent en tirer, ne se relâeba pas de ta poursuite. Il fit filer le général Meade avec le 2« et le 6« corps au nord de rAppomatox, suivant de près le gros des confédérés, et lui, Grant, marcha avec cette colonne. Sheridan, avec toute sa cavalerie, lut lancé en avant par l'autre rive de rAppomatox, droit sur Appomatox-Station, pour couper la retraite de Lee sur Lynchburg.
Ord eut à suivre plus tranquillement la même route, avec ses troupes du 24' et du W eorps et celles du 5* corps.
Une telle dislocation en trois corps à grande dislance les II des autres et séparés par un large cours d'eau, eût oiiert une dernière et belle cbance à Lee de relever momentanément ses affaires^ on an moins sa présente re*
traite. Mais moins heureux que Napoléon en IB14, auquel il ressemblait à ce moment par sa situation militaire, il ne put se procurer Tavantage d*un retour offensif en profitant de sa positiOD centrale. Dans la soirôe, d'ailleurs, la garnison qu'il avait établie et fait renforcer à Appomatoi-Station, fut attaquée par Sberidan et eolerée, après un court combat qui procura au vainqueur un nouveau ImplK't" (le J5 canons, d'un millier de prisonniers et de gl ands parcs d'approvisionnemenls, y compris cinq trains de wagons chargés de provisions pour l'armée et pour les hôpitaux.
Ainsi devancé sur la route de Lyncburg, avec de nouvelles et cruelles pertes» il ne restait d'autre perspective à Lee que de se voir bientôt acculé au James-River et de devoir alors subir des; conditions d'autant plus dures de la part de son adversaire.
Dans la soirée il répondit comme suit à la lettre du général Graot du même matin :
« 8 avril tSStt.
> Au lienleuant-général U.-S« Grant.
» Général. — J'ai rerii à une heure avancée votre billet d auj*)ur(rhui, en réponse au mien d'hier. Je n'avais pas dessoin de [iiDpdstT la reddition de l'armée de la Virginie du iNord, mais de dt;uïa(ider quels sont les termes de votre proposition. A parler franchement, je ne crois pas qu'il soit survenu aucun événement qui nécessite la reddition; mais comme le rétablissement de la paii doit être pour tous Tunique but, je désire savoir si votre pro* position y tend. Je ne saurais donc conférer avec vous an sujet de la reddition de l'armée de la Virginie du Nord ; mais si votre propu^iUon n'est relative qu'aux troupes des Etats confédérés sous mon commandement, et tend au rétablissement de la paix, je serai charmé d'avoir avec VOUS àmm, k dix heures^ une entrevue sur l'ancienne
route (le Hioluiionfl, aux «^raiHi ganles des deux armées. » Je SUIS avec respect votre obéissant serviteur,
> B.-E. Lee,
• général des armées des Etats confédérés. •
Le général Granl reçut cette (lépêclie vers minuit, et le 9, vers :i lieui e.>^ du malin, il chargea le parlementaire de la réponse suivante:
t 9 avril 180».
* Au général R.-Ë. Lee.
• Général — Votre billet d'hier est reçu. Gomme ie ne snts nullement autorisé à traiter au sujet de la paix.
Tentrevue proposée pour dix heures du matin aujnurd'Imi n'aboutirail à rien de bon. Je vous dirai néanmoins, général, que je désire sincèrement la paix avec vous, et que le Nord tout entier est animé du même senliment.
> Les conditions auxquelles ia paix peut être faite sont parfaitement entendues, fin metunt bas les armes, le Sud hâtera cet événement si désirable; il épargnera des mil* liers de créatures humaines et des centaines de millions de biens et de propriétés non encore détruits. Dans le sincère espoir que toutes nos diflicultés peuvent s'arranger sans qu'il en coûte de m)u veaux sacrifices d'honinK >
> Je suis voire très respectueux et obéissant serviteur.
» U.-S. Grant,
» lieutenant- général des armées des Etals-Unis. »
Aussitôt après avoir expédié cotte lettre, le général Grant, sans en attendre le résultat, quitta le quartiergénéral de Meade pour rejoindre ses colonnes du sud de TAppotomax et faire hâter la marche de l'infanterie sur Appomatox-Station, afin que Lee ne tentât pas de s'échapper par là. Dans la matinée il marcha quelques
instants avec le général Ord, dont les troupes arrivèrent à Api»uiiialox-Stalion juste à temps pour ai fier Sheridan à repousser une sérieuse tentative des confédérés de se frayer passage. Non-seulement ceux-ci échouèrent, mais ils fureot poursuivis et refoulés en désordre pendant plusiears milles de cliemin. Ce fut là le deroier effort de la brave armée de la Virgiaie-Occidentale.
Au momeol où la poursuite des fédéraux allait recommeueer, un drapeau blanc fut arboré dans la ligne confédérée, et un parlement-tire vint demander la suspension (les hostilités pour néijuciei' une reddiliuu, ce qui fut immédiatement accordé.
Près d'atteindre le quartier du général Sheridan, Grant reçut la réplique suivante k sa lettre du matin, réplique qui l'avait cherché toute la matinée.
• 9 avril ISfiQ.
« Âu lieuteuaui-geoéral U.-S. Grant.
» Général. l*ai reçu votre billet dê ce matin sur la ligne des avant-postes, où je m^étais rendu pour vous rencontrer et pour connaître définitivement quelles étaient les conditions qu'embrasse votre proposition d'hier rela tivemenl k la reddition de celle ann«'e. Je demande luauitenant une entrevue conformément à l'avis contenu dans votre lettre d'hier.
» Votre très r^pectueux et obéissant serviteur,
» R.*Ë. LfiE. »
Cette demande d'entrevue était un pas de plus dans la voie des négociations vers une solution satisfaisante. Grant se départit dès lors de ta raideur de ses précédentes communications, et^ accueillant favorablement l'ouverture, il répondit par la lettre ci-dessous :
mt if* t 19
« 9 avril iMtt.
» Au général 1I.-E. Lee.
» Général. — Votre hiUel de ce jour ne m'a élé reaiis qu'à \ i heures aO minules ce matin, par la raison que je m^étais rendu de Richmond à Lyochburg-Hoad, à Farm- Ttlle et Lynchbnrgh-Road. Au momenl où je voas écris je me trouve à 4 milles environ de Waller's-Gharcb, et je m'avaneerai jusqu'à vo$ avant-posles pour conférer avec vous. L*avis que vous m'enverrez touchant la loealiti» où vous désire/, que l'eoUetien ail lieu me iiarvicmlra. > Très-respectueusement, votre obéissant serviteur,
* U.-S. Grant, liettt*général. »
La conférence proposée eut lien dans l'après-midi
mémo .1 Appomalox-Conrt-House.
Qu<»i«iiie (lé()ourvue de toute espère de c^^'rémoiii il. elle iw fui pas sans i-randeur; les deux généraux, (|ui avaient vu tant de batailles sans sourciller, ne purent contenir une certaine émotion lorsqu'on s'abordant ils se serrèrent la main, conformément à la coutume américaine. Les conditions de la capitnlation y fareot promptement arrangées. Au point o(i en étaient les choses, àes^ orficiers d'honneur et de mérite tels que Grant et Lee a'avai lU pas ion.iitemps à déballre pour s'entendre. Les condiiions définitives turent arrêtées par t'échange des lettres suivantes :
« Appomatox-Goun-HooBe, 9 avril ISôtt.
9 Au général R.-E. Lee.
> Général. — Conformément à la substance de ma lettre à vous adressée le 8 courant. Je me propose de re*
revoir la capitulation de l'armée de la Virginie du Nord aux conditions ci après:
I Conjointement avec tes listes de tous les otiiciers et
hommes (listes en daplicala, dont itti eiemplaire sera
donné à un officier (jue je désignerai, et l'autre gardée pour les officiers ijue vous pourrez désigner), les orOciers donneront leur parole individuelle de ne pas prendre les armes contre les Ëtals-Unis avant d'avoir été convenablement échangés.
t Chaque compagnie ou commandant de régiment signet^ uq engagement semblable pour les hommes sous ses ordres.- Les armes, l'artillerie et les objets appartenant à l'Etat devront être réunis et délivrés aux ofliciers que je cliargerai de les recevoir. Ceci ne s'étendra pas aux sabres des officiers, ni à leurs chevaux ou ba^îa^'e personnel. Après quoi officiers et soldats seront libres de rentrer dans leurs foyers, où ils ne seront pas inquiétés par l'autorité des Etats-Unis, laol qu'ils tiendront leur paroie et qu'ils exécuteront les lois en vigueur, là où ils pourront résider.
» Très respeclneusement.
» Grant, lieatenaal-géoérdl. >
t Quartier gémirai. Armée de la Virginie du Nord, avril.
* Au lieutenant-général U-S. Grant.
» Général. — J'ai reçu votre lettre d aujourd liui ren» fermant les conditions de la capitulation de l'armée de la Virginie du Nord, proposées par vous. Gommes elles sont substantiellement les mêmes que celles spécifiées dans votre lettre du 8 courant, elles sont acceptées. Jé vais désigner les officiers qui seront chargés d'eaécaler les sliiuilaliuns.
* Très respectueusement, votre ubéissani serviteur,
* R.-Ë. Uc» général. •
Le général Grant, après avoir passé la revue de l*armée
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confédérée et s'èire fait prédenter par Lee les généraux
Longstreet, GordoD, Pickett et Heth, désigna le 24« corps sous Gibbon, le 5« corps sous Griffin, et la division de cavalerie Mackt-nzie, le tout sous les orilres de Meade, pour procéder au parokinent des coiifédcrés, t'I, avec le reste de l'armée, il se replia sur Burkesville, pour concourir avec Sherman à eo faire autant contre Tariuée confédérée de Johnston.
Les troupes de Lee qui posèrent les armes ensuite de la capitulation se montèrent à environ 25 mille hommes Seulement, vu le grand nombre, près de 3U mille, capturés journeUcuienl depuis le 25 mars, et le ijuiabre des déserteurs isoles, aiosi cjue des morts i l des blessés. Le matériel recueilli à Hiclimond et Peierâburg se monta a bouches à feu.
Le président Jelfersott Davis, qai avait réussi àatteindre Danville, avec un semblant de congrès, y proclama le siège provisoire du gouvernement de la Confédération. Mais la capiliikLiiuii de Lee le força Itieulôt do Se préparer à en déloger pour se sauver plus au Sud.
Ou seligui e sans iteiiie la joie ardente que ces événements précipités [irovoquèrenl dans tout le nord. On s'y prépara à célébrer ces victoires par une grande fête, qui aurait lieu le 10 avril, le jour mème',où le général Ânderaon, accompagné d'une délégation d*élite, replacerait solennellement sur le fort Somter le même drapeau fédéral qui avait été^en butte aux premiers coups de cette rébellion, maintenaiil tombée dans le saii-^ et sous ses ruines. Une réception d'apparat aurait aussi lieu ce jour-là à la Maison-Blanche, et des meetings populaires, avec services religieux spéciaux, seraient tenus dans toutes les grandes cités.
Mais on avait compté sans l'orgueil insensé et sans le
fanatisme des corrypliées de la cause esclava*?iste. Depuis longtemps des menaces de mort avaient été proierecs contre le vertueux Lincoln et contre ses priocipaux ministres et géoéraux. Les triomphes récents firent mettre ces menaces à exéeuCloa. Une eoospiration s'ourdît k cet effet sons la direction d'un acteur de qoelque réputation comme tragédien, nommé John-Wilkes Boolh, el d'une dame Sun atl, dans la maison de cette dernière à Washington.
Le 14 avril, Lincoln, à la demande pressante de quelqoes-nns de ses amis, se rendit au tbéàtre Ford, où Ton dunnait une comédie da terroir asseï piquante et populaire intitulée lë Cowm américam. Au moment où l'on allait commencer le troisième acte, une détonation de pis* lolet retentit dans la loge du président, sur l'avant-scène de droite, el un jeune homme de Ijellc tournure, à. la tête enthousiaste et brave, en descend d'un saut sui la scène. Il s'avance d'un pas vers la rampe et, brandissant un poignard, il s'écrie : Sic smper tyrammt et disparait par une coulisse du fond du théâtre, au grand ébabissement des spectateurs. Booth venait de tirer à bout portant an coup de pistolet dans la nuque de Lincoln, qui s'affaissa mourant sur sa femme à ses côtés, et qui expira le lendemain matin, sans avoir repris connaissance.
Au même moment un autre cunspiraicur, nomtné l^ayne, celui-là vrai assassin de profession, monstreux liercuie au cou de taureau et nu regard d'hyène, pénétra dans la demeure de M. Seward, alors gravedient malade, le frappa dans son lit de cinq coups de poignards, auxquels ta victime survécut heureusement. Le même assassin perça encore de coups deux fds de M. Seward- et son gardien, . accourus à la défense de rilUistre ministre.
D'autres conspirateurs, au nombre connu d'imi' deuiidousaioe, cherchèrent encore à mettre à mort plusieurs
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membres éminents du parti républicain, MM. Johnston, le vice-président; Stanlou, secrétaire delà guerre; Sumner, le grand orateur abolitionniste; Grant, Ualleckt qui ne forent épargnés qoe par divers incideola heureux.
Le deuil, un profond et sincère deuil, fit place toot-à* coup à la joie qui se préparait à éclater dans tout le Nord. Les banderollesaui trois couleurs^ les pavillons, les guirlandes qui festonnaient déjà tous les bàiimeiils de Wasbinglun, de New-Yur k, de Philadelphie, de cinquante autres villes, ainsi que les naviresdans tous les ports, furent remplacés tristement par autant de crêpe noir, et par les drapeaux arboré» à mi-màt. L*armée et tous les fonctionnaires publics prirent le deuil officiel pour 6 mois, et le vice-président Jobnston reçut en mains le gouvernement, au milieu d'une émotion publique demandant hauleinent vengeance de l attentat (|ui mettait fin d'une manière si tragique et si liaibare à la auerre dont le pays avait déjà tant souffert depuis quatre ans.
Capitulation de Johnston entre les mains de Sherman. — Prise de Mobile par Ganby et capitulation de Dick-Taylor. — Les derniers raids et leurs résultats. ~ Capture de Jefferson -Davis. — Capitulation de Kirby-Smith en Texas. — Pîn de la guerre* — Licencie* ment. — Conclusion.
Nous a?ons va au ebapitre précédent que les géaéraux Graot et Sherman éCaieni restés d'accord que ce deroier reprendrait la campagne le 10 avril contre l'année de Johnston» en s'avaoçant d'abord de Goldsboro sur Raleigb,
pour ensuite tourner la gauche de rennemi et prendre une position qui rendit possible une jonction avec Grant, tout en empêchant celle de Johnston avec Lee.
Le 5 avril le général Grant, lorsqu'il eut mis en train la poursuite contre la principale armée confédérée, avertit Sbennan de ce qui venait de se passer, et de l'intention de Lee de se retirer avec ses débris sur Danville, où, s'il y arrivait, Grant ne tarderait pas à l'atleindre de nouveau. Il l'engageait en conséquence à se mettre aussi en mouvement. On tenterait ainsi, et en aj^issant de concert, d'eu tinir du coup avec les armées (ie Lee et de Johnston, devenues les seuls objectifs stratégiques; peut-être cela pourrait s'effectuer si Sherman reprenait au plus tôt l'of-
fensive, eo s'avançant soit sur Greensboro, soit plus près doDaDVille.
\ la réception de la lettre du général Granl, Sherman sa mil aussilèl en marclie directement contre JolHi^iuI), qui se retira rapidement sur Raleigh et an delà. Le H au matin, Sliermau apprit, à Sniithfu Id, la nouvelle de la capilulatioD de Lee, et» redoublant de vigueur, il entra le jour suivant dans Baleigli, la capitale de la Caroline du Nord.
Dès le lendemain, pressé aussi d'en finir, il entama une correspondance avec Johnston, en vue d'une reddition de cette dernière armée. Mais Sberman, d'une nature un peu entière, ne sut pas mener sa négociation aussi adroi* lement que Granl et admit des conditions de pactflcation générale et d'amnistie qui, quelque opinion qu'on pût en avoir au fond, dépassaient de beaucoup sa compétence et empiétaient évidemment sur les attributions du pouvoir politique. Aussi l'arrangement éventuel conclu entre lui et Johnston, le 18 avril, sous réserve de Tapprobaiion du président des Etats-Unis, surtout venant après l'assassinat de Lincoln, ignoré par Sherman au moment des négo* ciations, fut-il généralement trouvé trop avantageux aux confédérés et trop doux dans les circonstances présentes. Le nouveau président Jobnson lui refusa son approbation, et il délégua Grant auprès de Sberman pour lui enjoindre de reprendre immédiatement les hostilités et de ne conclure d'arrangement que sur les bases des conditions accordées à l'armée de Lee.
Le général Grant partit aussitôt pour Raleigli, où il transmit à Sberman, le %k au matin, les nouveaux ordres du gouvernement, avec tous les ménagements dus à un officier d'un tel mérite et à un ancien camarade de tant de batailles. Grâce à ces amicales précautions de Grant, le général Sherman, hiérarchique d'ailleurs avant tout.
m prit pas la chose trop de travers. Il eonprenait da reste que la surexcitation qu'avait provoquée dans to«it le N»)rd l'horrible meurtre de Lincoln ne permettait plus, pour le moment du moins, de suivre une politique de doiicear à l'égard du Sud, comme tous les meilleurs esprits de l'Amérique l'euaseoi désiré, il (allait oécessairemeol compter avec les passiaos, les souffrances, les colères de toute espèce eogeodrées par cette malheureuse guerre et ravivées par les derniers incidents.
Le mt^me jour, 24 avril, avis lui donné au général Juhnston que l'armistice conclu était résilié. Les opérations allaient se rouvrir le 25, lorsque Johnston demanda une entrevue pour un autre arrangement. Celui-ci, débattu entre Sherman et Johnston, le 25, fut définitivement arrêté le 26. L'armée de Johnston se rendit aui mômes conditions que celle de Lee. Elle livra au général Schofield, chargé du contrôle de la rëddition, 27,000 hommes, 15,000 fusils et MO canons.
Une dizaine de mille hommes débandes s'échappèrent isulémeui pour rentrer dans leurs loyers.
Ce qui contribua à amener ce résultat et celte concession de Johnston, malgré Topposilioa de Jeiïerson Davis, alors à son quartier-général, c'est que cette armée allait se trouver menacée à revers, non-seulement par Sberidan, mais par le corps de cavalerie de Stoneman, venant du Tennessee-Oriental.
Celui-ci était parti le 20 mars, en s'avançant d*abord par la route de Boone, en Garoline-du-Nord, et il avait atteint et détruit le chemin de fer Rst-Tennessee-Virginie, à XN liiteville, à Ghambersbur?, à Uiii-lluk. De re dernier P»»int un déliichement avait poussé jnsqne tout près de Lynchhuru:. en détrui'^ant d'importants ponts et travaux du cliL'inin de 1er, tandis que le gros s'était porté au sud vers Greensboro, après avoir détruit aussi divers ponts
sur sa rmU. A Groensboro il coiuineiiga la destniclion du ct)emin de fer de la Caroltne-du-Nord eotre GrôeQsboro et DaoviUe, et en brûlant aussi, dans tous las environs^ les magasins et les dép6ls militaires. Quekines centàinas de prisonniers ftireot feits entre Gneensboro et le Yadido, après quelques escarmonclies.
Stoneman se porta ensuite sur Saiisburg, où se trouvait le général confédéré Gardner, avec une force de 3 à 4000 hommes. Attafiué le 13 aviil, celui-ci fut complètement défait, perdit HOO piisunniers, Il pièces d'arlillertu, et de grands majïasins confiés à sa p;arde. A Salisbuii?, les fédéraux commencèrent la destruction du chemin de fer sur Charlotte, qu'ils suivirent sur un parcours de quinze milles; puis ils se dirigèrent sur Slatersville, où ils arrivèrent en même temps que Johnston capitulait» tant pour son compte que pour celui de toutes les troupes et milices se trouvant dans l'Etat.
Pendant sa course, Stoneman avait, sans le savoir, causé de grandes frayeurs au luvsident Davis et accéléré sa fuite de Danville sur Charlotte, puis iilus au Sud.
Une fois qu'il eut connaissance du précieu.x gibier qu'il avait devant lui, Stoneman reprit la chasse en se dirigeant vers le sud, où ii ne tarda pas à se rencontrer avec d'autres limiers sur la même piste, allécbés par la gloire de capturer l'ancien président de la confédération rebelle, autant que par d'énormes primes ofhcielles et officieuses assurées a qui le livrerait à la justice.
Plus au sud, le général Wilson, avec (2,$00 hommes,
était parti le i2 mars de Chickasacu, en Alabama. Le l**' avi li il reuLontra Forrcst près de l'église d'Kbcnczer: il le ballif, lui ])ril 300 lionuiies et ii canons, et détruisit le iirand pont sur la rivière Cahawha. Le 2 avril, il attaqua et enleva la ville fortitiée de Selma, où Forrest s'était replié avec 6 à 7000 hommes. Celui-ci en fut chassé, en
laissant à Wilson 300Ô prisonniers, 'M canons. En outre, iriromenses magasins, des arsenaux et ateliers de guerre Turent détruits. Le lendemaio, Wilson courut sur Tuscaloosa, qu*il occupa le 4 avril, et quil saccagea pendant quelques Jours. Traversant ensuite le fleuve Alabama, le 40 avril, il avisa le générât Canby, dans la baie deMoiule, de ses opérations, et marcha sur Monti^omery, où il entra sans coup férir le 14. Partout la sécession était à liuut de force et de courage. De grands magasins et cincf bateaux à vapeor> ainsi que divers bâtiments publics de la capitale de l*Alabama furent saisis et détruits par les fédéraai. De là ils marchèrent sur Golumbos, qui Ait occupée le après quelques escarmouches, et où Wil< son fil encore 150 prisonniers, recueillit 5^ pièces df» campagne, coula deux bateaux à vapeur, détruisit le cluialier maritime, leë toaderieâ, l'arsenal et beaucoup d'autres propriétés publiques.
Le même jour, par une marche forcée» il occupa aussi Wcsi-Point» où il captura 300 hommes et 4 canons» et brûla 00 fit sauter 10 locomotives et 300 wagons. Le SO avril, Wilson occupa Maçon en Géorgie, qui avait échappé à Sherman, et où le général Howell Cobb se rendit avec tâOO niiiiciens et t>0 pièces de campagne.
A Maçon le général Wilson apprit que Jefferson Davis ctait dans le voisinage, cherchant à s'échapper vers la mer, et il se mit à sa poursuite, en nombreux détache* menls dans toutes les directions possibles, se rencontrant, pour ce nouvel objectif, avec les iroupes du général Storieman.
Aitisi te président de la confédération agunisaute avait une quinzaine de mille cavaliers à ses trousses; il lui était difficile de leur échappei*. Après avoir quitté l'armée de lohnstçn il s'était sauvé sur Charlotte, avec une escorte do 4 à 5 mille cavaliers» puis, dès lorS;» serré de près par
Stonem.in. il a?ait vu son escorte se diminuer (U- juiir en jour, et se ivduiro à uue centaine d liouimes. Le S) mai la pïsie de ceux-ci fut découverte eo Géorgie par des coureurs de Wilson, et elle fut tenue sans relâche pendant les deax jours snif ants. Enfin le 10 mai au soir le camp des fugitifs fat décou? ert dans un bois près de Me IrTÎns- Tille, en Géorgie, entouré dans la nuit par la brigade du colonel Pritcliard, Michifîan, et capturé. JuÛerson Davis réussit quL'lcjues inst;iiils h s écliapper sous un déguisement de femme, mais trahi par ses bottes à éperons, il fut aussi traqué et arrêté. Amené à la prison de Fort* Moniœ il fut renvoyé devant une cour de justice, qui ne s'est pas encore réunie, et D'à pas encore commencé le procès.
De ces lenteurs Davis et ses amis doivent être les derniers à se iilaimlre, car s'il avait dù être juge sommairement aussitôt après sa capture» il aurait été infailliblement pendu, par simple mesure de représailles contre rassassinat de Lincoln. Mais le gouvernement comprit ^importance d'épargner cette tache à la guerre américaîne, et il souleva divers vices de forme pour faire ajourner le Jugement insqu'au moment où uu plus grand calme serait renfn' f! ms les L;sj)rils.
L'ajournement pouvait d'ailleurs être envisagé dans un sens contraire.
Par suite d'autres procès incidents et pouvant servir d'enquête dans le procès de Davis, on pourrait peut-être frapper le grand coupable pins sévèrement et plus justement. On pourrait peut-être prouver sa complicité per- 'Sonnelle el i nmiie membre ros()onsal)le du gouveraeniunt {•onlcdere dans la conspiration contre Lincoln, et dans les supplices infligés à dessein aux prisonniers fédéraui à Richmond. Un certain docteur Wirz, intendant des prisons, avait été jugé et pendU' pour ce dernier
crime. Quatre de& assassins du uvnl avaient aussi été jugés et pendus, y compris la dame Surratt ; d'autres complices importants, dont le tils Surratt, restaient à IroQTer, et pourraient faire de lamineases révélatioDS(').
Par ces raisons le procès de Jefferson Davis est eocore pendant, mais le prisonnier, toujours confiné à Fort Monrce, voit sa captivité diminuer de jour en jour de rigueur. Nous espérons quant à nous, pour riionneur de la n''|)n- Ulique américaine, que s'il n'est pas évidemment prouvé que Davis ait trempé personnellement dans Passassinal du 44 avril et dans les tortures des prisons d'Andersonville et de Libby, la justice saura s^exercer sans céder à la pression de basses passions populaires et sans devenir la simple vengeance do talion.
Au sud des zones où Wilson avait effectué ses brillants exploits, (rimportanles opérations de guerre avaient eu aussi leur ronrs à peu pi'ès eu même temps, à savoir celles de Canby contre le port de Mobile et le sud de l'Alabama.
Après de soigneux préparatifs, commencés déjà en janvier, le général Ganby se mit en mouvement vers le milieu de mars.
Pour s'emparer de la plaf^^ de Moliile il s'agissait de triompher (Pune double ceinture d'ouvrages, parmi lesquels deux considt'tables, le fort-Espagnol armé de SO pièces» et le fort filakely, de 20, le tout avec une garnison d'une douzaine.de mille hommes, sons les ordres des généraux Dick Taylor et Maury.
Le 20 mars le corps fédéral, maintenant sous .V.-J. Smith, partit du fort Gaines par eau pour la rivière Fisb; le 13' corps, sous le général Granger, partit du fort
(i) Au mouent m oons écrivoM ces linM le fils Sorntt. irrtiè à IVome âws le iéf\meni dw «MiTW ponlMciax. fiant «Km Htrrt à to ^UO» «NrieAw.
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liorgafl et raUîa le précédent dor la rtvièfe Fish. Les deux corps réonls îiiTestîrent le fort-Espagnol, dés le 27 man, tandis qoe le corps do généni Sieele, Tenant directement de Pensacola, cerna le fort Blakeiy , après avoir détruit
le chemin de fer de Tcnsas k Monlgomery. Après plu- >ieurs jours de bombardement, au moyen d'un f»arr lUs'n!;re amenA par la niriiirn^. les di'fcnsfs ('Xlrripiires du fni i ns[»agnol furent enlevées d'assaul le 8 avril, et dans U miilsuivnnti' If fort lui-même fut évacué par Tennemî. Le 9, le fort Blal^ely fut emporté de vive force, brillant fiiit d'armes procurant ans vainqueurs an nombreux matériel et deux mille prisonniers.
Ces succ-èà ouvraient aux fédéraux l'accès du fliMivp Alabnma et de Irt ville de Mobili' du ciné du nord. Le li avril au matin rette grande cité maritime fut occupée par les troupes de Canby, les confédérés s'en étant retirés pendant la nuit précédente. Quelques jours plus tard des négociations furent entamées entre Canby et Dlck-Taylor, qui amenèrent la reddition, le 4 mai, de toutes les troupes confédérées à Pest du Mississipi, aux mêmes conditions que celles accordées aux armées de Lee et de Johnston.
Quant aux troupes à Touest du Mississipi, elles for* maient une armée à part .une grande armée encore sous les ordres de Kirby-Smitb. Elle était perdue» il est vrai, danslesimmenses plaines du Texas; mais elle y avait cet avantage particulier, dangereux à PUnion, qu'elle pouvait communiquer avec l'extérieur par le Mexique, alors aux uinins de l'annrchie et de l'étrangler. Jugeant la chose assez uH|)orlante, m double point de vue politique el militaire, le général Grant envoya au Texas le général Slteridan, avec une notable portion de sa cavalerie et quelque infanteriè. Mais avant que Sheridan fût parti pour sa destination» Kirby*Smith opéra» le 96 mai, la reddition de toutes ses troupes aux mains do général
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CaDby. Comme on accusa bieniôl cette reddition d'être plus oo moins fraudulease» la cavalerie de Sheridan et ce général loi-même furent également acheminés au Texas, afin de veiller an parolment régulier des capitulés. Gela n'empêcha pas qae bon nombre des troupes de Kirby-Smith. en dépit de la eapitalation, ne se sauvassent au Mexique avec leurs armes et leur matériel. Plusieurs oflirici s, (lotitKirby-Sniith et Mii;^riider, allùrcul oitnr loui- épt'c ;inx eiHi»'!rii> lit* ia réiuiblique mexicaine, qui n'en tirent pas granU emploi.
De toutes les forces en armes contre l'Union au commencement de l'année 4865, il ne restait plus sur pied, k la fin de mai» que l'ancien adversaire de PAmérieain» les Indiens du Far-Vest, qui n'étaient pas si faciles h décourager. On pot suivre d'autant plus vigoureusement la cami)agne contre eux.
Ceux du Sud furerit lacilenu iii amenés à des traités de paix à la suite d'un grand conseil de toutes les nations 'tenu chez les Cherokees.
Ceux du centre, les Cheyennesentr'autres» furent sévè< rement ch&tiés dans deux batailles aux environs du fbrt
Laramte par le colonel Cotlins» qoi paya ces succès de la mort de son fils unique, le lieutenant Collins, tombé bravement quelques mois plus tard dans une surprise d'avant-postes en avant du fort Laramie.
Les Peaux-Rouges du Nord, les Sioux lurent de nouveau pourchassés par le général Sully, pai u de Sioux- City et du fort Pierre avec un autre corps expéditionnaire de cavalei it'. Moins liemeux que l'année précédente, il ne put atteindre le gros des indiens. Celui-ci lui échappa en se réfugiant dans ies terres britanniques, od Ton n'osa le poursuivre; ce qui amel^a la cone'usion toujours plus évidente que la paix ne serait assurée sur ces firoDtières que quand les troupes américaines pour*
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ratent a^fir de cohceK avec des forées canadiennes, ou
n auraient plus à s'inquiéter de la limite entre les deux Etats.
Sur les mers, les corsaires t Stonewall » et « Shenandoah » continuèrent encore quelques mois leurs déprédations, et fmalement disparurent detant la difliciiUé de IrouTer de nouveaux ports neutres pour s'y niriig;ier.
Dès le mois de juin, et afin d'alléjîer les charges fiiuiiicières de la n ilinr», doiil la dette publique ri'sullaiit de la jiuerre latuitait à environ 14 milliards, le licericiemenl des forces lôdéralt's fut entrepris sur une vasle échelle et poursuivi avec une {^laiide activité par le ministère de la guerre. Le matériel fui vendu aux enchères et le libre commerce k rintérieur et à Textérieuren fut de nouveau autorisé.
Heureux de rentrer dans leurs foyers, soldats et officiers redevinrent promptement de pacifiques bourgeois, industriels, agriculteurs, commerçants, au grand étonnement de bon nombre de militaires et de prétendus
hommes d'état européens qui avaient prédit toute espèce de maux par suite de l'opération d^ 500,000 hommes a jeter subitement sur le pavé. Cela eût été vrai sans doute dans notre société caduque du Vieux-Monde, déjà trop compacte pour la prospérité de toutes ses populations. Mais aux Etats-Unis^ où un vaste sol sans yie n'attend que des bras pour mfanter la richesse, les secousses de la nature de celles que dlgnorants alarmistes prévoyaient sont impossibles pour longtemps encore.
Dans nn tel pays, et avec des mœurs permettant aux bûcherons et aux tailleurs d'arriver aux premières charges de la répiihlique sans que personne s'en étonne, Ot où les généraux d'armée deviennent de simples ar-
marim» Bans qoe auI croie abaiMéSi îi o'y a pas place poar les crises sociales semblables à celles pro* duites par les débordements d'utopies de 1848 et de 1840 en Europe.
Arrivés noainlenanl au terme de notre travail, dont la tin s'est trouvée un peu brusquée par des incidentâ indépendants de notre volonté, nous voudrions nous demander quelles peuvent être les influences de la guerre de la sécession sur le développement de l'art militaire en général; quels sont les progrès qu'elle peut avoir réalisés ou mis en germe dans le champ des sciences militaires?
La réponse à ces diverses (ju«^sUons n'est point laoile dans ses détails; mais elle est simple dans son ensemble : Les Américains ont réalisé un immense progrès dans le domaine du matériel et du technisme. Leurs nombreux systèmes de fusils se chargeant par la culasse et à répétition, leurs revolvers, leurs fabriques en grand de ces armes, leurs énormes calibres d'artillerie, jusqu'à 300 livres rayé et 1,000 livres lisses; leurs monitors et autres bâtiments cuua.ssés; leurs engins d'artillerie de campagne et de position de toutes sortes, batteries Requa, canons batleries-ievolvers Gatling, aiïuts-locomotives, pièces-bascules, etc., etc., (') leurs conslructiuua i:i[Ht]es de chemins de fer, de ponts, de routes, de canaux militaires, leur emploi admirable du télégraphe et des signaux; puis quelques innovations d'équipement et de campement» la couverture en caoutchouc, la pelle d'infanterie Benham, les effets d'ambulance entr'autres, voilà leurs
(11 A« PéUHt'Office de WailUaglon. brUlMl* «xpomUm MnMMDtc Jes proimUû» nie de rtntmiioii. on pcoi voir Jet aimm de meMnéttm «mt «uiiu perfwfloili de
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Pajrne. Parmi ee« •ieroien «• trooTe le onott-liatiarie GelUng. beaitwMMll «ipérinmié 1 anun> (lu imwf. eu iHiiri. ti ii.nii tosFiia(tt« vietwenl d'iBlKodoira» dil-ea. «ne Hfwifenw Imitaiiofi dan* leur «rUllerie>
Tenu. 19
trophées réels» et qui demaDderaient un gros folume poor être énamérés avec soin (*).
Dans le domaîoe de ta stratégie, il n'y a rien de partientier à relever. Les stratèges abondent aux EUils-Unis; mais les bons effets en fiirt ni j)hi. niios, vu les difficultés d'acconier de convenables comlunaisons stratégiques avec les liabiludts de discussion et de puldicité invétérées dans les parafées du gôuvernerneiit ei des états-majors. I«a remarquable facilité des opérations combinées sur terre et sur eau doit être cependant mention née , ainsi que l'aisance des grands embarquements et débarquements.
On se rappelle tout le brnit fait en. Europe du débarquement de Tarmée alliée en Grimée, k en croire les journaux de Paris et de Londres, c'était la huitième merveille de la création. Les Américains firent une cinquanl iine de tels débarquements, sans croire opérer des prodiges.
Le doyen de la sfn!»''^ie, dans une récente brochure inspirée par la campagne de Bohême de l an dernier (-), parle avec raison de l'influence toujours plus grande que les chemins de fer doivent prendre dans les opérations militaires» et il aurait voulu, sans son grand &ge, tirer de ce sujet un nouveau et important chapitre à ajouter à son immortel Préds de Vart de h guerre. Nous comprenons assurément les préoccupations du général Jomini comparaiil les grandes guerres de Napoléon V' avec celles des temps actuels, c'est-a-dire des guerres où de faibles effectifs, proportionnellement parlant, étaient animés par le souffle du génie, avec d'autres guerres où de colossales ressources sont remises en des mains bien
(0 En v<4r uB ipeMH 4iai notre Bappart au iM^fMMI mUiMiiv «iiiMe, «ht It
{i/ Questions de nimi. iiie et 'l organitotio» militairt, reUUivM aux éviMmtHli ée ta U}t*rre de fUdaUne. I.elti,> i M. do F... m? OB totlBdBflBIllHMIMffliaiW. ftrit.Ocl<amM>.
moins expertes. Mais si le cl)n[)ilre spécial indiqué par l'illastre général reste encore à écrire, on peal se convaincre que les Américains en ont fourni tons les maiériaox désirables pendant leur guerre civile. Ils ont sans cesse profité des réseaox existanis comme lignes d'opérations, et les ont pîirfois habilement complétés. Ils ont tonjonrs recherché avidement les occasions d'a^'ir contre les rése.'iux enneaiis, et ceux-ni liuorit euU aiitres les huis princiii.uu de ^^e^ nombreux raids que nous avons, à ce dessein» soigneusement enregistré^
Kn fait de tactiqup. l'emploi do la cavalerie en grands corps, et sur le mode des anciens dra^^ons, à la fois cavalerie et infanterie, est la principale innovation à constater, ainsi qae ces raids à l'indienne ou à la cosaque» dont nous avons rapporté tant de cas marquants. La tactique des tirailleurs et des avant-postes, la même partout quant aux principes, paraît aussi avoir acquis en Amérique, par l'instinct et la pratique senlemcnt, un degré réel de supériorité sur ce qui est habiiuelleraent pratiqué en Kiirope ou en Algérie, cl même sur cette méthode WalUersee» dont quelques Uiéoriciens font tant de cas.
Ën fait d'organisation» de discipline, de manœuvres en masse, de tenue militaire, d*esprit hiérarchique; la guerre de la sécession n'a rien fourni de nouveau qui soit digne d'étude et d'imitation. Si l'armée régulière, sous ces divers rapports, ne le cède assurément à aucune autre armée (I l iiioiiile, on comprend qu'il n'en ait pu èlre Uc même avec des volontaires, en service à temps limité, soldats-citoyens devant joindre à raccomplissement de leurs devoirs militaires des soucis de familles, d'affaires et de politique.
C'est en somme dans ce dernier champ, dans celui
de la politique, de la morale, dn christianisme, que cette guerre aura réalisé son progrès le plus accentué et le plus caractéristique.
Elle a émancipé las noirs, hllle aura délivre une nombreuse et puissante race d'hommes d'un esclavage qui était en voie de se consacrer en dogme et en fait, qui s'é* tendait déjà sur plus de quatre millions d'ôtres humains, chrétiens et civilisés» ainsi que sur de vastes territoires, et qui menaçait de s'étendre bien plus encore. Elle amènera l'abolition de l'esclavage, dans tous les Etats où il subsiste encore.
Celte [ii ufonde et sann:lante révolution marquera, malgré ses immeiises misères, une étape brillante dans Tliisloire de la civilisation et de l'avancement du règne de Dieu sur les divers continents. Elle aura coûté, il est vrai, outre des centaines de milliards de dollars, le sacriRce d'environ 800 mille vies humaines, dont 330. mille dans le Sud et 280 mille dans le Nord. Mais était-ce payer trop cher le profit de laver le Nouveàn-Monde de cette mouillure et le crime de l'y avoirs! longtemps tolérée?
Espérons que le gouvernement anieucain saura s'en laver complètement et accomplir son œuvre jusqu\au bout, î^ans perdre de vue toutefois que l\apaiseruenl des passions déchaînées est nécessaire aussi à la reconstitution et à la prospérité de la grande république.