‹ Guerre des communeux de Paris, 18 mars - 28 mai 1871Chapitre 18 sur 34 · L'ENTRÉE DANS PARIS · texte numérisé non relu

L'ENTRÉE DANS PARIS

La chute du fort d'Issy n'était pas le seul événement qui fit alors hausser les fonds publics et décréter Rossel d'accusation , du chef de trahison ou de vénalité. La nuit du 8 au 9 mai était encore signalée par d'importants progrès obtenus sur l'autre rive de la Seine. Pendant que la brave division Faron terminait honorablement son tour de service, le 4* corps de l'armée active débutait par une heureuse opération. Soutenu par une vigoureuse canonnade de la batterie de Montretout, et favorisé par la nuit sombre, le général Douay venait de passer la Seine et de s'établir en avant de Boulogne, devant les bastions 67, 66 el65, qui forment le Point-du-Jour. Vers dix heures du soir, la brigade Gandilfl* de la division Berthaut, composée du 10 e bataillon de chasseurs, des 26 e d'infanterie et 5* provisoire ) commença l'ouverture de la tranchée, aidée, dans cette tâche, par le 26 e bataillon de

chasseurs et le 37 e de marche, de la l re brigade de la 3 e division (Vergé) de Tannée de réserve. 1,400 travailleurs, guidés par les officiers du génie, creusèrent une parallèle qui s'étendit de la Seine aux dernières maisons de Boulogne, à la distance de moins de 300 mètres de l'enceinte. Grâce à leur activité, ces braves gens étaient, à quatre heures du matin, parfaitement couverts et à l'abri des feux de l'ennemi. Et le lendemain, 10 mai, à la séance de la chambre, M. Thiers, répondant aune interpellation, insistait sur cet événement militaire, prélude d'un siège en règle. « Quand notre armée , dit-il , ouvre «c la tranchée à 300 mètres de Paris, cela ne signifie pas « que nous ne voulons pas y entrer. » A la séance du mardi, il mai, séance orageuse s'il en fût, M. Thiers, reprenant cette question du siège, exprima l'espoir que huit jours devaient suffire à faire brèche au corps de place. Il annonça d'ailleurs aux députés que la paix avec l'Allemagne venait d'être définitivement signée; que, par conséquent, nous n'avions plus à craindre son immixtion directe dans nos affaires intérieures. Les Prussiens renonçaient ostensiblement à l'idée de pénétrer une seconde fois dans Paris; il suffisait à leur joie de voir commencer la démolition de la colonne Vendôme. Nous saurons sans doute plus tard le prix qu'ils ont offert de ce bronze qu'ils n'auront pas.

Les insurgés de Paris avaient des instincts pervers; ils n'étaient animés que de l'esprit de haine et de dévastation. Nos premiers cheminements ne lardèrent pas à

surexciter la rage de leur comité de salut public, qui fit afficher, le 40 mai, le décret suivant :

« Art. 1 er . — Les biens meubles des propriétés de Thiers « seront saisis par les soins de l'administration des do- « maines.

« Art. 2. — La maison de Thiers, située place Saint- « Georges, sera rasée. »

Odieux et pitoyable décret qui ne fait qu'honorer un grand citoyen ! Triste et misérable parodie des rigueurs de la Rome antique par quelques grands hommes des ruisseaux de Paris ! En attendant que l'histoire s'empare de ces exploits et rende à chacun la justice due, l'Assemblée nationale exprima, par un ordre du jour motivé, en date du 11 mai, que le proscrit dont on démolissait la maison faisait preuve d'un patriotisme et d'un sens politique qui lui inspiraient toute confiance en l'avenir.

L'Assemblée avait bien raison, car, dès le lendemain, on inaugurait les premiers services qu'était appelée à rendre une grande création de M. Thiers. Ayant à pourvoir aux besoins d'une armée considérable, et ne disposant, à cet effet, que d'une seule ligne de chemin de fer, desservie , à Versailles, par Tunique gare de la rue des Chantiers, le chef du pouvoir exécutif avait conçu l'idée d'une gare nouvelle, aux vastes proportions. Il en avait conféré avec la compagnie de l'Ouest, à la date du 19 avril; les projets, dressés par MM. Delaitre et Pages,

ingénieurs de la compagnie, avaient été arrêtés et approuvés le 22. Le 12 mai, c'est-à-dire vingt jours après, une partie de l'œuvre était parachevée, et l'exploitation commençait.

Cette gare, dite des Matelots, de ce qu'elle est établie sur des terrains de l'ancienne liste civile, avoisinant l'avenue de ce nom, entre Versailles et Saint-Cyr, cette gare, ainsi créée, représentait une quantité de travail considérable. Dans le court intervalle de vingt jours, les frères Hunebelle, entrepreneurs de la compagnie de POuest, avaient remué 50,000 mètres de terre, posé 9,000 mètres de ballast, mis en place 3,000 mètres courants de voie, fait toutes les maçonneries et les charpentes , les empierrements, les quais et les chemins d'accès. Desservie par un quai de 300 mètres, l'œuvre se composait de sept voies parallèles , de 400 mètres de longueur chacune, soit de plus de 2 kilomètres courants de garage. Les approvisionnements réguliers de l'armée de Versailles étaient désormais assurés.

Mais ce n'est pas seulement à l'administration militaire que la gare des Matelots doit servir. Elle reçoit une destination plus large, et c'est là que se manifestera tout le mérite de la conception. Les travaux qui se poursuivent yont lui donner 35 voies parallèles, de 1 kilomètre de longueur chacune, soit ensemble 35 kilomètres de garage; deux fois la distance de Paris à Versailles ! Ce dock immense ne sera pas uniquement le réceptacle des arrivages du chemin de l'Ouest ; mais deux raccordements le met-

tront, par Pontoise et Chevreuse, en relation directe avec tous les chemins de fer de France. De cette façon, Paris sera , dès qu'on le voudra, déshérité du privilège de centraliser les mouvements commerciaux, d'être Vétoile nécessaire de nos communications, l'entrepôt forcé des marchandises de toute provenance, en un mot, le grand marché du monde. Cette épée de Damoclès saura peutêtre, dans l'avenir, trancher toutes les complications démagogiques, et le génie politique de M. Thiers mérite notre franche admiration.

Le vendredi, 12, à midi, les troupes du 2 e corps (de Cissey ) faisaient, à leur tour, hommage à M. Thiers d'un succès des plus brillants. Le 4 e bataillon de chasseurs à pied (brigade Lian) et les partisans du U3° d'infanterie (brigade Osmont) enlevaient le groupe de maisons situées à l'intersection de la route stratégique avec la route de Montrouge à Châtillon, et coupaient ainsi toute communication entre les forts de Vanves et de Montrouge. Quelques heures plus tard, le commandant de Pontécoulant à la tête d'un bataillon du 46 e de marche (brigade Bocher) s'emparait, à Issy, du couvent des Oiseaux. « A la « suite de cette affaire , dit le rapport officiel , les in- « surgés, comprenant qu'ils ne pouvaient plus tenir en « dehors de l'enceinte, ont successivement abandonné « toutes les parties du village qu'ils occupaient encore , « laissant entre nos mains un grand nombre de prisonce niers. »

L'occupation du lycée de Vanves, effectuée dans la

le fort de vasves. l attaque du corps de place.

— l'entrée dans paris.

loi pai

La chute du fort d'Issy n'était pas le seul événement qui fit alors hausser les fonds publics et décréter Rossel d'accusation , du chef de trahison ou de vénalité. La nuit du 8 au 9 mai était encore signalée par d'importants progrès obtenus sur l'autre rive de la Seine. Pendant que la brave division Faron terminait honorablement son ■ur de service, le i' corps de l'armée active débutait

r une heureuse opération. Soutenu par une vigoureuse canonnade de la batterie de Montretout, et favorisé par la nuit sombre, le général Douay venait de passer ta Seine et de s'établir en avant de Boulogne, devant les bastions 67, 66 el 65, qui forment le l'oinl-du-Jovr. Vers dis heures du soir, la brigade Gandilfl 10 de la division Berthaut, composée du 10 e bataillon de chasseurs, des 26 e d'infanterie et 5" provisoire ) commença l'ouverture de la tranchée, aidée, dans cette tache, par le 26' bataillon de

chasseurs el le 37" de marche, de la i" brigade de ta 3 e division (Vergé) de l'armée de réserve. 1,400 travailleurs, guidés par les officiers du génie, creusèrent une parallèle qui s'élendil de la Seine aux dernières maisons de Boulogne, à la distance de moins de 300 mètres de l'enceinte. Grâce à leur activité, ces braves gens étaient, a quatre heures du malin, parfaitement couverts et à l'abri des feux de l'ennemi. Et le lendemain, 10 mai, à la séance de la chambre, M. Thiers, répondanl aune interpellation, insislait sur cet événement militaire, prélude d'un siège en règle, h Quand noire armée, dit-il, ouvre u ta tranchée à 300 mètres de Paris, cela ne signifie pin •> que nous ne voulons pas y entrer. » A la séance du mardi, 11 mai, séance orageuse s'il en fut, M. Thiers, reprenant celte question du siège, exprima l'espoir que huit jours devaient suffire à faire brèche au corps de place. Il annonça d'ailleurs aux dépulés que la paix avec l'Allemagne venait d'être définitivement signée; que, par conséquent, nous n'avions plus à craindre son immixtion directe dans nos affaires intérieures. Les Prussiens renonçaient ostensiblement à l'idée de pénétrer une seconde fois dans Paris; il suffisait Ji leur joie de voir commencer la démolition de lu colonne Vendôme. Nous saurons sans doute plus tard le prix qu'ils ont offert de ce bronze qu'ils n'auront pas.

Les insurgés de Paris avaient des instincts pervers; ils n'étaient animés que de l'esprit de haine et de duraslalion. Nos premiers cheminements ne tardèrent pas à

surexciter la rage de leur comité île salut public, qu af Ortie r, le 10 mai, le décret suivant :

« Art.l". — Les biens meubles des propriétés deTliiers » seront saisis par les soins de l'administration des doii maines.

a Art. 2. — La maison de Thicrs, située place Sainl- « Georges, sera rasée. »

Odieux et pitoyable décret qui ne fait qu'honorer un grand citoyen! Triste et misérable parodie des rigueurs de la Home antique par quelques grands hommes des ruisseaux de Paris ! En attendant que l'histoire s'empare de ces exploits et rende à chacun la justice due, l'Assemblée nationale exprima, par un ordre du jour motivé, en date du 11 mai, que le proscrit dont on démolissait la maison faisait preuve d'un patriotisme et d'un sens politique qui lui inspiraient toute confiance en l'avenir.

L'Assemblée avait bien raison, car, dès le lendemain, on inaugurait les premiers services qu'était appelée â rendre une grande création de M. Thiers. Ayant à pourvoir aux besoins d'une armée considérable, et ne disposant, à cet effet, que d'une seule ligne de chemin de fer, desservie, à Versailles, par l'unique gare de la rue des Chantiers, le chef du pouvoir exécutif avait conçu l'idée d'une gare nouvelle, aux vastes proportions. Il en avait conféré avec la compagnie de l'Ouest, à la date du ril; les projets, dressés par MM. Deiaitre et Pages,

ingénieurs de la compagnie, avaient été arrêtés et approuvés le 22. Le 12 mai, c'est-à-dire vingt jours après, une parlie de l'œuvre élait parachevée, et l'exploitation commençait.

Cette gare, dite des Matelots, de ce qu'elle est établie sur des terrains de l'ancienne liste civile, avoisinanl l'avenue de ce nom, entre Versailles et Saint-Cyr, cette gare, ainsi créée, représentait une quantité de travail considérable. Dans le court intervalle de vingt jours, les frères Hunebelle, entrepreneurs de la compagnie de l'Ouest, avaient remué 50,000 mètres de terre, posé 9,000 mètres de ballast, mis en place 3,000 mètres courants de voie, fait toutes les maçonneries et les charpentes , les empierrements, les quais et les chemins ïs. Desservie par un quai de 300 mètres, l'œuvre se composait de sept voies parallèles, de 400 mètres de longueur chacune, soit de plus de 2 kilomètres courants de garage. Les approvisionnements réguliers de l'armée de Versailles étaient désormais assurés.

Mais ce n'est pas seulement il l'administration militaire que la gare des Matelots doit servir. Elle reçoit une destination plus large, et c'est là que se manifestera tout le mérite de la conception. Les travaux qui se poursuivent vont lui donner 33 voies parallèles, de 1 kilomètre de longueur chacune , soit ensemble 35 kilomètres de garage ; deux fois la distance de Paris à Versailles! Ce dock immense ne sera pas uniquement le réceptacle des arrivages du chemin de l'Ouest ; mais deux raccordements le met-

iront, par Ponloise el Chevreuse , en relation directe avec Ions les chemins de fer de France. De cette façon, Paris sera, dès qu'on le voudra, déshérité du privilège de centraliser les mouvements commerciaux, d'être l'étoile nécessaire de nos communications, l'entrepôt forcé des rnarcliandii.es de toute provenance , en un mot, le grand marché du monde. Celle épée de Damoclcs saura peutêtre, dans l'avenir, trancher toutes les complications démagogiques, et le génie politique de M. Thîers mérite notre franche admiration.

Le vendredi, 12, à midi , les troupes du 2° corps (de Cissey) faisaient, à leur tour, hommage à SI. Thiers d'un succès des plus brillants. Le i" bataillon de chasseurs à pied (brigade Lian) et les partisans du H 3' d'infanterie (brigade Ûsmont) enlevaient le groupe de maisons situées à l'intersection de ia roule stratégique avec la route de Monlrouge à Cbalillon, et coupaient ainsi toute communication entre les forts de Vanves el de Monlrouge. Quelques heures plus tard, le commandant de Ponlécoulant à la tête d'un balaillon du -t6 p de marche (brigade Boeber) s'emparait, a Issy, du couvent des Oiseaux. « A la <i suite de cette affaire, dit le rapport officiel, les înii surgés, comprenant qu'ils ne pouvaient plus tenir en u dehors de l'enceinte, onl successivement abandonné 'i toutes les parties du village qu'ils occupaient encore , ii laissant enlre nos mains un grand nombre de prison- (i niers. »

L'occupation du lycée de Vanves, effectuée dans la

nuit du 12 au 13 , amenait nos troupes a quelques centaines de mètres de i'enceinte.

Cette même nuit, on agissait également dans une autre direction , non loin du point où nous avions ouvert une parallèle. Dans la soirée du 12, on avait fait partir de Versailles plusieurs voitures chargées d'engins spéciaux, échelles, ponts-roulants, tout un matériel de franchissement et d'escalade. Divers détachements s'étaient dirigés vers le Point-du-Jour, et toute l'armée avait été tenue sur pied, prête à partir. Le gouvernement espérait, à, l'aide d'intelligences, la faire entrer dans la place par la porte Dauphîne... Mais celte troisième tentative n'eut pas plus de succès que les deux premiers essais de surprise, et la déconvenue fut complète. Accueillis par une vive fusillade et quelques décharges de mitrailleuses, nos soldats durent rebrousser chemin.

Ils se consolèrent vite de ce mécompte, car la journée du 13 fut témoin de l'arrivée triomphale des drapeaux et des huit canons pris aux insurgés du couvent des Oiseaux, à Issy. Celui, comme toujours, fêle à Versailles : défilé par l'avenue de Paris; slalion devant l'hôtel de la préfecture; chaudes félicitations de M. Thicrs; formalion en bataille dans la cour de Marbre du château , et, enfin, allocution aux troupes par un membre du bureau de l'assemblée nationale. Voici le discours de M. Benoist d'Azy :

« Soldais 1

Chargé par le président de l'assemblée de venir ; « milieu de vous pour vous exprimer les sentiments qui « nous animent tous en présence de vos glorieux faits « d'armes, je suis heureux d'avoir à vous fé,iici!er de vos ii succès, et à vous remercier au nom de la patrie tout il entière.

« Ce sera une gloire pour l'armée Française que cesnoii blés efforts pour rétablir l'ordre et mettre fin à une « guerre odieuse. La Providence vous a protégés et con- <( duits, elle vous guidera encore. Espérons que, dans « peu de jours, nous verrons ta fin de ces combats contre ii des misérables ; les uns, étrangers à notre pays, les au-

tlres, entraînés par la séduclion ou la violence aux plus détestables crimes.

« Unissons tous nos efforts pour délivrer notre patrie « de laul de calamités, et ayons la ferme confiance que h la France retrouvera sa gloire , sa pais , sa sécurité , sa <• prospérité, et elle le devra à sa noble armée.

u Vive l'armée! vive la France! »

Cette journée du 13 mai fut témoin des plus vigoureux engagements soutenus par la division Susbielle, du 2 e corps, engagements qui entraînèrent l'évacuation complète du village d'Jssy et du lycée de Yunves. Les projectiles employés, parmi lesquels se trouvaient des gre-

nades au picrate de potasse, transformèrent en un véritable amas de décombres la grande rue d'Issy et un grand nombre de maisons des rues latérales. Le couvent des Oiseaux et le petit séminaire, dans lesquels les insurgés opposèrent une grande résistance, furent littéralement bouleversés de fond en comble. « L'infortunée popu- « lation d'Issy, ajoutait le rapport officiel , a salué avec « joie ses libérateurs. Maigre la ruine totale qui l'accable, ([ malgré ses dernières souffrances, elle a témoigné de a la façon la plus touchante ses sympathies à nos braves u soldats. »

Le lendemain dimanche, 14 mai, un télégramme du ministre de l'intérieur annonçait à Versailles que le fort de Vanves venait d'être pris, à midi et demi, et qu'il était occupé par nos troupes. Depuis le malin, l'investissement en était complet; mais cette opération nous avait fait faire des perles sérieuses, entre autres, celles des capitaines du génie Roshcîm, disparu, et Durand de Villers, lue, le matin même, a t! heures et demie, alors que, la pioche à la main, il dirigeait une sape volante en avant de la gorge du fort.

Quant aux défenseurs , ils avaient fui, pendant la nuit, par une galerie souterraine qui , de la poterne de la courtine 1 -2 du fort, aboutit aux carrières Dardan elMichau, situées sur le chemin de Paris à Chatillon, a la hauteur du sentier de la Fosse du pied d'une. Ceux qui parvinrent à déboucher dans ces carrières à ciel ouvert gagnèrent, par le chemin précité, la route de Paris à Chevreuse,

traversèrent le village de Montrouge, et rentrèrent dans la place par celte porte de ChaLillon, dont le nom fut si bien chansonné durant le siège précèdent, avec le nom de M. de Bismarck. Mais la plupart des insurgés s'égarèrent dans le dédale des catacombes.... et ils y eussent tous péri sans le dévouement d'un sieur Chollet, agent du service des mines, qui parvint à en sauver quelques centaines. Pendant ce temps, la communication souterraine était coupée dans le fossé du fort, et tout retour offensif devenait impossible, môme pour un homme isolé. Celte opération, dirigée par M. l'ingénieur Descos, eut, d'ailleurs, un résultat inattendn : elle nous fit faire prisonniers une cinquantaine de communeux, qui n'avaient pas eu le temps de s'enfuir et n'avaient plus le courage de faire sauter la maçonnerie des escarpes.

On trouva le fort de Yanves dans un état déplorable. Les casernes en étaient incendiées ; les casemates, éventrées; la majeure partie des bouches à feu, hors de service ; le sol, inondé de vins et de spiritueux qui noyaient les décombres; et, çàctlà.dansun infernal chaos, émergaient des blessés râlant encore, et des cadavres depuis longtemps en putréfaction. Un spectacle plus affreux était fait pour nous glacer d'horreur : dignes émules des sauvages du lac Tchad , les insurgés de Paris avaient cloué à un poteau l'un des nôtres, fait prisonnier. Le malheureux soldat avait payé d'un long martyre l'honneur d'être resté fidèle a son drapeau.

La nuit du H au 13 fut témoin d'une opération im-

portante. Nos batteries de Courbevoie, du Bccon et d'Asnières eanonnèrent vigoureusement Levaliois et Clichy, ainsi que le corps de place, dubastion 43 aubastion 47. Les insurgés durent évacuer les deux villages qu'ils tentèrent en vain de reprendre au petit jour. Quant à nous , profitant de l'effet produit par l'artillerie, il nous fut possible de réparer sur la Seine le pont de bateaux qui avait été rompu le jour de la prise d'Asnières. Nos communications se trouvaient ainsi complètement rétablies.

La conséquence première de la prise du fort de Vanves fut de nous permettre d'ouvrir une parallèle, à bonne dislance de la place. Il y eut dès lors deux attaques distinctes : l'une, sur la rive droite ; l'autre, sur la rive gauche de la Seine ; combinaison d'autant plus heureuse que nos cheminements du bois de Boulogne étaient assez vivement contrariés par les feux d'écharpedu bastion 30; et ceux de Mortemart, par les bastions 61 et 63. Pour relier les deux attaques, le 2" corps détacha quelques forces à l'effet d'occuper l'île Saint-Germain. Le général Séré de Rivière, commandant le génie, n'eut besoin que d'une nuit pour jeter le pont et construire une batterie , qui coula bientôt deux canonnières communenses, embossées en avant du viaduc d'Auleuil. Cette batterie, prenant, d'ailleurs, à revers le terrain compris entre l'enceinte et les forts du sud, en (il déguerpir toutes les bandes qui s'y étaient logées, et, dès lors, il nous devint possible de pousser rapidement nos cheminements en avant de la parallèle.

C'est à partir de ce moment que se dessinent les opérations du siège proprement dit de l'enceinte, et les divers corps assiégeants sont distribués sur les fronts d'attaque de la manière suivante : Le 1" corps de l'armée active ( de I.admirault; — quartier général à Itueil, villa Beaupréau) surveille Asnières el Neuilly; le 2* corps (de Cissey; — quartier général au château du Bel-Air, près Bièvre ) occupe les forts et les villages de Yanves et d'Issy; le 3* corps (du Barail ; — quartier général au château de Villebon, prés ï'alaiseau ) fouille la campagne, de Versailles à Choisy-le-Boi; le i" corps (Douay; — quartier général à Villenenve-PKtang ) a pris position de la route de Saint-Gloud au grand lac du bois de Boulogoe; le 5* corps (Clinehanl; — quartier général à Marnes) sert de réserve au 4° corps, et s'échelonne jusqu'à Neuilly, par derrière le grand lac.

Quant à l'armée de réserve (Vinoy), elle est répartie de la manière suivante :

La i*" division (Faron; — à Issy ) opère avec le 2° corps; la 2 e (Bruat; — à Bueil et Sèvres) , avec le A" corps; la 3 e division (Vergé), flanquant le général Douay, s'étend de la route de Saint-Cloud à la Seine, en enserrant le Point-du-Jour.

A la même époque, c'est-à-dire vers le 13 mai, le service de l'artillerie modifie l'action du matériel dont il dispose. Pour armer les batteries de brèche en construction dans le bois de Boulogne et à Billancourt , il prend : a Monlrelout 20 pièces de 21 long; au 2 e corps, \ pièces

de 24 court; de plus, il expédie de Versailles 20 pièces de 24 long, et réunit ainsi 44 pièces de gros calibre, que doivent appuyer 10 mortiers de n, ,21, 12 de m ,22, et 44 mortiers de m ,i3; ensemble, 80 bouches à l'eu. L'armement du Mo ni- Valérie n est, en même temps, renforcé de 16 eanons de d m ,iG, de la marine; on envoie cinq autres pièces de 0™, 1 6 au château de Bécon ; et , pour que la batterie de Montretout ne cesse point de produire ses effets imposants , on lui expédie 10 canons de même . calibre, destinés à remplacer les pièces de 24 long qu'où lui a enlevées. Elle sera donc encore armée de 60 bouches à feu , tirant chacune plus de 40 coups par 24 heures , en attendant l'arrivée de dix autres pièces de0 ra ,16, de la marine , à grande portée, c'est-à-dire capables d'une charge de 5 kilogrammes de poudre. Confié aux soins intelligents du commandant Cary, le service de l'artillerie de la place de Versailles déploie une activité prodigieuse : il reçoit et expédie chaque jour des quantités considérables de bois de plate-forme , de sacs à terre, de projectiles, d'engins et de munitions de toute espèce; il a, chaque jour, sur pied plus de 130 attelages à six chevaux.

L'attaque de gauche, c'est-à-dire celle de la rive droite de la Seine, avait heureusement dispos»'' trois batteries de brèche : deux derrière les lacs du bois de Boulogne et la troisième à la butte Mortemart. L'attaque de droite, ou de la rive gauche, en avait deux au lycée de Vanves. Les batteries de la rive droite tiraient en brèche sur les portes de la Muette (courtine 57-38), d'Auleuîl (cour-

line 02-63), de Sainl-Cloud (courtine 03-66) et duPoinldu-Jour (courtine 00-07). Celles de la rive gauche battaient la porte d'Issy (courtine 70-71). Leur tir continu avait déjà produit des effets de ruine très-prononcés au 21 mai, date de notre entrée dans Paris.

Les journées du 15 au 21 ne sont signalées que par des événements d'une importance secondaire, mais qu'il est néanmoins utile de mentionner à leur date. Pendant que nos soldats poursuivent leurs cheminements sur les fronts d'attaque, la batterie de Montretout continue d'envoyer au rempart ses coups d'écharpe et d'enfilade; le Mont- Valérien la seconde énergiquement; quelques mitrailleuses prennent, çà ou là, position, au moment du besoin; et cet ensemble d'efforts combinés contrarie singulièrement la défense. Chaque jour, le feu des insurgés, à peine ouvert, s'éteint; leurs essais de fusillade n'aboutissent à rien de sérieux; il leur devient impossible d'entreprendre des travaux de contr'app roche. Aussi évacuent-ils successivement tous les terre-pleins de l'enceinte, pour se porter en arrière et organiser des retranchements intérieurs mieux à l'abri de nos projectiles.

Le 15 mai, on apprend qu'ils ont réarmé les buttes Montmartre et qu'ils battent Gennevilliers. Ils occupent encore Levallois et une partie de Neuilfy; leurs locomotives blindées font assez de mal à Asnîeres et à Colombes.

Le 10 mai fut pour Versailles un nouveau jour de fêle militaire. L'avenue deParis vit défiler les troupes qui ve-

Cet événement n'était, d'ailleurs, lui -môme que le précurseur d'un fait considérable. Vers cinq heures du soir, un officier de marine apportait à "Versailles la nouvelle de l'entrée de nos troupes dans Paris. A six heures, le maréchal de Mac-Mahon télégraphiait au général Vinoy :

« Le corps Douay entre à Paris par la porte du front u 65-66. — La division Bruat suivra et occupera ses posi- « tions. — Faites prendre les armes à la division Faron. »

Et, à six heures et demie, le gouvernement adressait cette dépêche aux autorités de toutes les communes de France :

(( La porte de Saint-Cloud vient de s'abattre sous le « feu de nos canons. Le général Douay s'y est précipité , « et il entre, en ce moment , dans Paris avec ses troupes. « Les corps des généraux de Ladmirault et Glinchant s'é- « branlent pour le suivre. »

Ce fut aussitôt dans Versailles une joie indicible.

M. Thiers n'était pas à l'hôtel de la préfecture lorsqu'on y apportait cette nouvelle inattendue : il visitait alors les chantiers de la gare des Matelots. Quand il revint chez lui, vers sept heures, et qu'il y apprit l'heureux événement, on le vit pâlir et tomber avec effusion dans les bras de ceux qui l'entouraient.

Quelques instants après, il partait pour le Mont-Valérien.

mis à leur place, afin de se repaître, a l'aise, de toutes les scènes d'une cérémonie abominable et dégoûtante, M. Thiers, cruellement ému, s'était écrié : — « Je suis

a honteux, maintenant, d'être Framjaia! i Mais ce cri de

désespoir devait bientôt se perdre dans un concert de clameurs patriotiques.

Le 18 mai, le maréchal de Mac-Mahon adressait à l'armée cet ordre du jour:

« Soldais !

La colonne Vendôme vient de tomber.

L'étranger l'avait respectée. La Commune de Paris « l'a renversée. Des hommes qui se disent Français ont « osé détruire, sous les yeux des Allemands, qui nous « ohservent, ce témoin des victoires de vos pères « contre l'Europe coalisée.

o Espéraient-ils, les auteurs indignes de cet attentat " a la gloire nationale , effacer la mémoire des vertus h militaires dont ce monument était le glorieux sym-

« Soldais! si les souvenirs que la colonne nous rap- « pelait ne sont plus gravés sur l'airain, ils resteront du « moins vivants dans nos cœurs, et, nous inspirant d'eux, « nous saurons donner à la France un nouveau gage de « bravoure, de dévouement et de patriotisme. »

Et le 22 mai, l'Assemblée nationale adoptait, à l'unanimité, ce projet de loi :

(i La colonne de la place Vendôme sera rétablie au: irais de l'Étal. Elle sera surmontée d'une statue représentant la France !... »

Le lendemain de la chu te de la Colonne, et comme pour punir Paris de son crime, une horrible explosion, qu'on entendit de Versailles, se produisit, vers six heures du soir, aux abords du Champ-de-Mars. C'était la cartoucherie de l'avenue Ilapp qui sautait, en coûtant la vie à quelques centaines de femmes et d'enfants.

Les chefs de la Commune étaient furieux de voir une brèche s'ouvrir, déjà béante, à la porte d'Auteuil. Us exhalèrent leur rage en nous accusant d'être les auteurs de cette catastrophe', et tentèrent de faire accepter cette monstrueuse imposture.

Quant aux catholiques, ils observèrent que l'explosion de la cartoucherie avait lieu moins d'une heure après le sac de l'église Notre-Dame des Victoires. Le mercredi , 17 mai, disent-ils, un commissaire de police, du nom de Le Moussu, envahit l'église à la tèle du 139" bataillon de la garde nationale, appartenant au 20' arrondissement {quartier de Belleville), a cinq heures moins un quart; au moment où finissait l'exercice du mois de Marie. Pendant qu'il expulsait brutalement, mais non sans peine, les fidèles restes dans la chapelle de la Vierge M. l'abbé Delacroix, sous-directeur de l'A rchi confrérie sauvait les espèces consacrées, qu'il emportait, dans l'église de Saint-Roch. Le citoyen Le Moussu, après

avoir mis en état d'arrestation deux vicaires paroisse, les abbés du Courroy et Amodru, et deux membres du conseil de fabrique, ordonna le sac de l'église. Une rage vraiment infernale lut déployée dans cette orgie communeuse : les tabernacles furent arrachés ; les autels, démolis; les confessionnaux, renversés ; les dalles du temple, brisées. Le corps de sainte Aurélie , qui reposait sous l'autel de la Vierge, et celui du vénérable Des Genelles, ancien curé de la paroisse et fondateur de l'Archiconfrérie , inhumé an pied du môme autel, furent profanés. Les caveaux renfermant lesossements desséchés des religieux Augustins qui étaient morts dans cet ancien couvent furent violés. En même temps, on volait l'argent des troncs; on dépouillait l'église de tous ses ornements sans exception ; on dévalisait les sacristies; et la fureur de ces misérables ne s'arrêla que lorsque le sancluaire ne présenta plus que l'aspect d'une ruine,

Alors commença une autre orgie non moins navrante. L'argent trouvé dans l'église avait été partagé entre ces héros du pillage. Il servit à payer les frais d'une ripaille à laquelle prirent part des cantinières et d'autres femmes de mœurs douteuses. Ces revenants de 03 se revêtirent des ornemenlssacerdolaux et simulèrent des cérémonies religieuses où l'odieux se mêlait au grolesque. La saturnalc ne cessa que lorsque la fatigue et l'ivresse eurent couché les pillards sur le carreau. Le lendemain , ils Qreut sur le seuil de la porte une exposition des ossements des religieuxtrouvésdans les caveaux, et ils montré-

; la eux

rent, de loin, au peuple assemblé sur la place, la Lête cire, ornée de cheveux recouvrant le crâne, de sain Aurélie, qu'ils présentèrent comme la lé te d'une jeune fille assassinée récemment par les prêtres de l'église. Puis, pour compléter ce hideux tableau, ils firent sur la place publique le simulacre de se donner réciproquement la communion, au moyen de pains azymes non con. sacrés, qu'ils avaient trouvés dans les sacristies, et dont ils jetèrent les restes au vent.

La nuit du i7 au 18 mai vit encore échouer une tentative de surprise de notre part. Les citoyens Ilourget, Billiorny, Mortier, Cerisier et le dessinateur Pilotell : telle était l'Ame de la conspiration. Ces honnêtes communeux devaient , à une beure après minuit le Poinl-du-Jour a nos soldats, déguisés on gardes nationaux. Mais, à l'heure convenue, Cerisier prit peur et se contenta de garder l'argent qui lui avait été remis à compte sur le prix de sa trahison (23,000 fr. ). Quand nos troupes se présentèrent, force leur fut de battre en retraite sous un feu nourri de mitraille:

Le i8 mai , les troupes du 2 e corps, «'avançant toujours vers le corps de place, repoussèrent vivement l'ennemi jusqu'aux dernières maisons du Petit- Vanves, de Malakoff et du Grand-Montrouge. Contrairement à leur habitude, les hommes de la Commune tenaient assez solidement, mais sans pouvoir cependant résister à l'élan de nos troupes. Ils étaient soutenus par les bastions 72 et 73, qui envoyaient des bombes de m ,'.i2 jusque dans le

fort d'Jssy. Un de nos officiers d'artillerie y fut littéralement coupé en deux et, de treize hommes réfugiés dans une casemate, cinq furent tués, et les autres, blessés. Nos batteries s'appliquèrent aussitôt à éteindre le feu des bastions... En moins d'une heure, le résultat fut atteint. Le même jour, et dans le but de resserrer les défenseurs sur tout le pourtour de l'enceinte fortifiée, nous dessinions un mouvement sur la redoute îles Hautes-Bruyères, et nous délogions l'ennemi du moulin de Cachan : on y fil une cinquantaine de prisonniers, qui arrivèrent^ Versailles le lendemain, 19, vers quatre heures de l'aprèsmidi.

Peudant ce temps , nos cheminemenls se poursuivaient avec la plus grande activité, et nos batteries liraient toujours en brèche. Onétait en droit d'espérer que la semaine du 21 au 27 mai ne s'écouleraitpassans qu'on pût donner l'assaut au corps de place; mais, lasse enfin de nous frapper, la fortune permit à l'événement de dépasser nos prévisions. La journée du dimanche, 21 mai, vit commencer le dernier acte du drame de l'insurrection eommuueuse et elle est, à ce titre, très-mémorable.

Dès la veille, on avait appris l'arrestation de Rochefort, ce pamphlétaire-vaudevilliste , devenu le noir apôtre d'une guerre sociale. Triste compère des Peaux rouges de Paris, il les avait abandonnés à l'heure du danger, et cet acte de làeheté prévu lui valut les huées aiguës de la foule, lors de son arrivée â Versailles, le dimanche, à deux heures.

« Ce travail a été fait en cinq jours ; nous ne pensions pas donner l'assaut avant trois ou quatre jours.

« Cette cruelle nécessité nous a été épargnée ; le sang généreux de nos soldats n'a pas coulé, ou du moins a coulé dans une proportion bien moindre qu'on ne pouvait le craindre.

« Hier, dans l'après-midi, le brave général Douay s'est aperçu que notre artillerie avait fait plus de ravages qu'il ne le supposait, et que la brèche de la porte de Saint- Cloud était abordable.

« Des officiers du génie avec des compagnies se sont précipités; l'armée a suivi. »

Il est permis d'ajouter quelques traits à ce récit nécessairement sobre de détails. On savait, en effet, que, grâce à l'action efficace de nos bouches à feu, les bastions du Point-du-Jour n'étaient plus tenables; que, cédant, à nos efforts multipliés, les défenseurs en avaient abandonné les terre-pleins, pour organiser en arrière des retranchements intérieurs. On continuait néanmoins les approches aussi méthodiquement que si le feu de l'enceinte n'eût pas été , depuis quelques jours , éteint. Les opérations se poursuivaient régulièrement, quand le dimanche 21 , vers midi , le capitaine du génie Garnier, de service à la tranchée, aperçut, sur la plongée voisine de la porte de Saint-Cloud, un homme agitant un mouchoir blanc et faisant des signaux. C'était, comme on le sut plus tard , M. Ducatel , employé du service des ponts

Ainsi loin bail Paris , ce Paris que les Prussiens avaient récemment honore d'un vain bombardement, et que les insurgés croyaient probablement imprenable ! Sa chute était, due à une surprise, ou plutôt a la retraite de ses défenseurs ; mais ce résultat n'était lui-même qu'une conséquence de la bonne conduite des opérations. Car, à la guerre, on ne saurait trop le répéter, c'est un jeu serré qui prépare ces circonstances favorables, qu'on impute, à tort , au hasard. Nous venions de prendre une forteresse que nos ennemis n'avaient pas essayé d'assiéger suivant les règles admises, et l'armée prussienne pouvait reconnaître, une fois de plus, notre supériorité dans l'art de l'attaque des places.

Quant à l'armée française , l'insurrection du 18 mars, venant à îa suite d'une guerre désastreuse , l'avait empêchée de tomber dans le découragement et le marasme. La prise de Paris lui rendait son prestige, et les Prussiens eux-mêmes admiraient cette résurrection.

LE TUOCADKUO. — MONTMAnTIIE. — L'INCENDIE.

LE TROCÀDÉRO.

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