‹ Guerre des frontières du Rhin, 1870-1871 (volume 2)Chapitre 6 sur 39 · V. — Combat de Sarrebruck, le 6 août · texte numérisé non relu

V. — Combat de Sarrebruck, le 6 août

Le jour même où Taile gauche des Allemands gagnait la bataille de Wœrth et mettait en désordre les troupes de Mac-3fahon, leur aile droite remportait une autre victoire contre le 2* corps français, celui du général Frossard.

La première armée allemande marchait vers la Sarre. Le 6 août, ses avant-gardes devaient atteindre cette rivière sans que Ton crût avoir à livrer combat ce jour-là.

Le 7« corps d'armée, Zastrow, avait l'aile droite, le 8*, Gœben, l'aile gauche.

La 13' division, Glumer, du T corps, se dirigeait sur Pulllingen, et ses troupes avancées devaient arriver jusqu'à la Sarre, à Yœlklingen et Rockershausen, au-dessous de Sarrebruck. La 14* division, Kamecke, du même corps, devait aller jusqu'à Guchenbach, en envoyant ses troupes avancées jusqu'à Sarrebruck et à Louisenthal, à l'ouest de Sarrebruck. Ce n'est 'que le 7 août que le gros du 7"" corps d'armée devait arriver sur la Sarre.

La 16* division du 8* corps d'armée arriva le 6, au matin, à Fischbach, à 9 kilomètres au sud de Sarrebruck, et la 15' division plus en arrière, à Holz.

L'extrême aile droite de la deuxième armée, prince Frédéric-Charles, composée du 3* corps d'armée, Alvensleben, et de la 5' division de cavalerie, Rheinbaden, déboucha du Palatinat occidental, s'avançant également dans la direction de Sarrebruck.

Les troupes avancées du 3* corps d'armée devaient atteindre, le 6, cette ville, où la division de cavalerie Rheinbaden était déjà en partie arrivée le 5. La S' division d'infanterie, Stulpnagel, devait camper à 8 kilomètres au nord de Sarrebruck, la 6' division à Neunkirchen, à 19 kilomètres de Sarrebruck.

Le 6 août, de très-bonne heure, le général Kamecke fut informé, par la division Rheinbaden, que les Français

avaient abandonné les hauteurs du terrain de manœuvres de Sarrebruck pour se retirer sur les hauteurs de Spicheren (Speichern), et que cette nouvelle position ne semblait elle-même destinée qu'à couvrir une retraite plus prolongée, au moyen du chemin de fer.

Le général Zastrow, qui était en marche de Lebach sur Dilsbourgy reçut la môme nouvelle directement un peu plus tard, et une seconde fois à dix heures du matin, par Tmterinédiaire de Kamecke.

Le général Kamecke résolut alors d'attaquer Tarrièregarde de l'ennemi ; il ordonna à sa division de marcher sur Sarrebruck, et il se rendit lui-même à l'avantrgarde, qu'il rejoignit vers onze heures du matin. A cette heure-là, il fit avancer, par Sarrebruck, la division de cavalerie Rheinbaden, qu'il fit suivre par l'infanterie de l'avant-garde de la 14* division.

En effet, le général Frossard était sur le point d'évacuer la position de Spicheren-Forbach. Un grand trouble s'était emparé du commandement en chef de l'armée française depuis la première nouvelle du combat de Wisseaibourg. D'un côté, l'on voulait que de Failly restât en communication avec Mac-Mahon, et, pour cela, ce maréchal devait être rapproché du corps de Failly, avec lequel Frossard chercherait également à se relier parSarreguemines. D'un autre côté, on se promettait un grand succès d'une attaque contre la place prussienne . de Sarrelouis, On ne doit pas trop accuser les commandants de corps d'armée, ainsi tiraillés d'un côté et de l'autre. Le malheur, c'était que la France avait entrepris cette guerre sans réflexion et avec des forces insuffisantes. Le général de Failly devait donc soutenir Mac- Mahon à droite, rester en communication avec Frossard à gauche, et, avant tout, conserver en même temps sa position de Bitche. Le général Frossard devait, conserver ses communications avec de Failly, couvrir tout l'espace compris entre Bitche et Saint-Avold, et avoir cependant des troupes disponibles pour appuyer une grande expédition contre S^relouis.

Comment suffire à tout cela avec 30,000 hommes?

Le 6 août, Frossard était sur le point d'envoyer un fort dëtadiement à Sarreguemines ; la division Vergé devait rester provisoirement sur les hauteurs de Spicheren, et le reste du corps se retirerait sur Saint-Avold, pour être employé ensuite contre Sarrelouis, en connexion avec Bazaine, Ladmirault et la garde.

A onze heures passées, le gros de la division Eamecke arriva sur la rive droite de la Sarre, près de Sarrebruck, et reçut Tordre de suivre aussitôt, de l'autre côté de la rivière, l'avant-garde, qui occupait déjà le terrain de manœuvres, et se trouvait engagée dans un combat d'artillerie contre les hauteurs de Spicheren,

Eamecke fit avancer sa division des deux côtés de la route de Sarrebruck à Forbach contre cette dernière loca-. lité et les hauteurs de Spicheren.

Dès que Frossard fut informé de ce mouvement, il arrêta les troupes qui étaient déjà en marche sur Saint-Avold et leur fit faire front vers les Allemands ; il en informa en même temps Bazaine qui se trouvait le plus rapproché de sa gauche. Le corps de Frossard occupa très-rapidement les hauteurs de Spicheren et celles de Stiring, situées à Toiiest des premières. La division Kamecke rencontra en conséquence une résistance énergique.

Aux premières nouvelles qu'il reçut de Kamecke, le général Zastrow donna les ordres suivants à une heure : toute la di\ision Glumer devait s'avancer jusqu'à Wehrden et Vœlklipgen sur la Sarre, envoyer son avant-garde sur Forbach et Ludweiler et avoir des nouvelles des desseins de I ennemi ; le gros de la division Kamecke, lequel était engagé déjà depuis longtemps ainsi que nous l'avons vu, de- ^^t aller jusqu'à Rokershausen sur la Sarre ; l'artillerie de réserve du corps devait marcher surPuttlingen.

D'après cet ordre de Zastrovir, Glumer fit partir sa division, dont l'avant-garde était à Vœlklingen à 2 heures et demie de l'après-midi; le gros de la division partit à Heures de Puttlingen pour Vœlklingen, — près de cinq

kilomètres, — sans rien savoir de ce qui se passait à Sarrebruck, à cause des tollines boisées qui l'en séparaient et de la direction du vent qui empêchait d'entendre le canon. Les troupes qui se trouvaient plus à Test entendirent le canon et y marchèrent.

Parmi ces troupes était d'abord la 16* division, du 8* corps d'armée. Le conmiandant de cette division, général Bamekow, fit aussitôt marcher son avant-garde sur Sarrebruck et, à 3 heures du soir, il arriva au sud de la ville avec le 40"* régiment d'infanterie et 3 escadrons du 9* hussards.

La 9' brigade d'infanterie, Dœring, qui avait la tête de l'avant-garde du 3* corps d'armée, était arrivée dans la matinée à l'est de Sarrebruck. Dans une reconnaissance qu'il fit au sud de la Sarre, le général Dœring s'aperçut vers 11 heures que des troupes prussiennes (la 14* division) étaient engagées dans un combat contre les hauteurs de Spicberen. II envoya aussitôt sur la rive gauche de la Sarre au secours de la 14* division les 2 bataillons et l'escadron qu'il avait sous la main, et il ordonna au reste de sa brigade qui était à Duttweiler, à 5 kilomètres au nord de la Sarre, de se porter en avant, pendant qu'il informait de ses dispositions le général Stulpnagel, commandant la 5* division. Ce dernier en instruisit à son tour le général d'Alvensleben, chef du 3* corps d'armée.

Alvensleben reçut ce rapport à 2 heures de l'après-midi, et il fit partir aussitôt toutes les troupes de son corps d'armée qui pouvaient arriver sur le champ de bataj^e.

Le 12* régiment d'infanterie, de la 10* brigade, suivit la

igné du chemin de fer, de Neunkirchen où il se trouvait

jusqu'à Saint-Jean, près de Sarrebruck. Le 52« régiment

d'infanterie, de la même brigade, reçut Tordre de marcher

de Saint-Ingbert sur Sarrebruck.

Le 20* régiment d'infanterie, de la 11» brigade (6* division, Buddenbrock), devait prendre le chemin de fer à Saini-Wendel pour arriver plus rapidement sur le champ de bataille.

La réserve d'artillerie du corps, qui était à Ottweiler, reçut également l'ordre de inarcher sur Sarrebruck.

La division Kamecke resta seule jusqu'à près de 3 heures du soir, soutenue par la division de cavalerie Rheinbaden.

£amecke dirigea la 28* brigade d'infanterie, Woyna, sur Stiring et la partie occidentale des hauteurs de Spicheren où se trouvait l'aile gauche de Frossard. H envoya vers la gauche la 27* brigade d'infanterie, François, pour escalader les hauteurs escarpées à l'est du chemin de Sarrebruck à Spicheren. Il disposa son artillerie sur la hauteur de Folst et le Galgenberg, en face de Spicheren, — Dans le ravin situé au nord du Galgenberg et de la Tréfilerie, se plaça la cavalerie de la i4* division, 15* hussards, auquel vint se joindre le 11* hussards, de la division Rheinbaden.

Une partie de la division de cavalerie Rheinbaden se déploya dans le ravin entre le Winterberg et les hauteurs de Spicheren,

Kamecke gagna du terrain sur sa droite avec la 28* brigade, et s'empara successivement, quoiqu'avec de grandes pertes, du bois situé entre la Tréfilerie et Stiring ; à l'aile gauche, les choses allaient moins bien et l'attaque contre le bois de Spicheren ne réussissait pas. C'est là que tomba le brave général François, chef de la 27* brigade d'infanterie.

A 3 heures du soir, paraissaient sur le champ de bataille les premières troupes du 8* corps d'armée, notamment le W* régiment, et, sur le Winterberg, les premières troupes du 3* corps d'armée, brigade Dœring.

Bientôt après arriva le général Gœben qui prit le commandement en chef. H envoya le 40* régiment soutenir la 27' brigade d'infanterie en se joignant à son aile gauche. A gauche du 40*, opérèrent ensuite les troupes du 3* corps d'armée, qui arrivèrent sur le champ de bataille, et dont la première fut la brigade Dœring.

liorsque ces troupes arrivèrent, à 3 heures à peu près, le général Kamecke n'avait plus de réserve d'infanterie ; sa seule réserve était son régiment de hussards et l'artillerie

du Gal^enberg, laquelle fut renforcée de deux batteries de la 16* division, Barnekow.

Lorsque Eamecke fut complètement engagé^ U eninfonna le général Zastrow, en lui représentant sa situation aussi favorable que possible ; il lui disait que la 14« division était engagée dans un violent combat d'in&nterie, mais qu'elle gagnait du terrain et que les batteries françaises se retiraient des hauteurs de Spicheren.

Zastrow regut ce rapport à 3 heures de l'apràs-midl, et jugea convenable de se rendre de sa personne à Sarrebruck. Avant d'y arriver, il entendit le canon, et il envoya un ofBcier au général Glumer pour l'informer de la situation.

A 4 heures et demie du soir, Zastrow arriva sur le Gaigenberg, au sud de Sarrebruck ; Gœben, moins ancien général que lui, lui donna le commandement, — AS heures, arrivait Alvensleben qui avait déjà indiqué à seft troupes disponibles la direction de Darlen au bois de Spicheren et, à travers ce bois, contre TaDe droite de Frossard. Le boi? de Spicheren fut enfin pris. Les Français» renforcés sur leur aile gauche par une division du corps Bazaine, reprirent encore l'offensive sur ce point, mais sans réussir à se faire jour. ^

Mais d'un autre côté les Allemands ne pouvaient panenir à déboucher du bois de Spicheren dont Ds étaient maîtres. Il leur fallait absolument amener de l'artillerie sur le plateau pour pouvoir y gagner du terrain et, en effet, deux batteries de la S* division réussirent .à gravir les pentes escarpées des hauteurs de Spicheren. Ces batteries, réunies à l'infanterie tinrent les français en échec. Leur aile droite fut mise dans l'impossibilité d'avancer.

Sur ces entrefaites, le général Zastrow ordonna un mouvement offensif contre l'aile gauche française qui était postée sur le Kreuzberg.

Comme les 'troupes du 3« corps d'armée qui venaient d'arriver formaient déjà une bonne réserve d'infanterie, 6 bataillons et 2 batteries de la 8* division d'infanterie étaient prêts à 6 heures pour cette offensive. Mais avant

qu'ils eussent attaqué, l'aile gauche française ât elle-même un mouvement offensif à 6 heures et demie. Ce mouvement tourna à l'avantage des Allemands en ce qu'il amena leur adversaire sous le feu de leur artillerie. Lorsque cette artillerie eut tiré pendant quelque temps, l'infanterie prussienne attaqua et, après un combat très-Ksourt, elle rejeta l'aile l^auche française sur Spicheren et Alsting.

Ce mouvement décida l'affaire principale à 7 heures du soir. Les Français transportèrent toute leur artillerie sur Ifê hauteurs de Eerbach, au sud du champ de bataille pour œuvrir la retraite. Quelques régiments isolés reprirent bien encore l'offensive, ce qui ne pouvait avoir d'autre résultat que d'arrêter la poursuite des Prussiens. Ce n'est qu'à 8 heures et demie que le combat cessa complètement, et le corps de Frossard ne se retira pas en très-bon ordre.

La tète de colonne de la 13* division en était un peu cause. L'avant-garde de cette division était arrivée, comme nous l'avons vu, à Yœlklingen vers 2 heures et demie, sans !^e douter du combat qui se livrait sur les hauteurs de Spicheren; ce n'est qu'à 5 heures que l'officier envoyé par Zastrow arriva à Vœlklingen. L'avant-garde composée de 2 bataillons, partit aussitôt, par Ludweiler et Rosseln, pour Forbach où elle arriva à la nuit tombante. Ces deux bataillons étaient très-fatigués et ne songeaient pas à faire une attaque de nuit. Mais ils furent aperçus par les Français qui les prirent certainement pour un corps d'armée entier, car ik évacuèrent en toute hâte Forbach qu'ils occupaient jusqu'alors. Par suite de la marche des Prussiens sur la route de Forbach à Saint-Avold, la retraite du corps de Frossard **'opéra vers le sud, d'abord sur Puttelange, de sorte qu'on ne sut pas pendant quelques jours, au quartier général de Metz, ce qu'il était devenu.

La 16* division arriva également le soir à Sarrebruck, en même temps que le général Steinmetz, chef de la première armée, qui la mit aussitôt à la disposition de Zastrow. Elle ne fut cependant pas employée. •

Les Prussiens avaient engagé 27 bataillons, c'est-à-dire

environ 27,000 hommes. Le corps de Frossard avait à peu près la même force, et si on lui ajoute une division de Bazaine (1) qui, à la vérité, fit peu de chose, la supériorité numérique était cette fois pour les Français. Cela donne une importance particulière à la victoire longtemps contestée des Prussiens, d'autant plus qu'ils étaient les agresseuK et que les Français occupaient une position naturellement très-forte, qu'ils avaient encore fortifiée par des tranchéesabris.

Les pertes des Prussiens étaient grandes. La S* division seulement perdit environ 2,000 tués et blessés, dont 239 tués. La perte de la 14* division ne fut certainement pas moins considérable ; le 40® régiment perdit aussi beaucoup de monde, enfin la perte totale fut d'au moins 4,000 hommes. Au nombre des morts se trouvait le général de François et, parmi les blessés, le colonel de Reuter, commandant le 12* réghnent d'infanterie.

Les Français doivent avoir eu autant d'hommes tués et blessés que les Allemands, et ils perdirent en outre, 2,000 prisonniers.

Les Allemands s'emparèrent d'une colonne de pontons, de beaucoup de voitures de vivres, d'un magasin dans Forbach et des tentes de la division Vergé qui occupait au début les hauteurs de Spicheren.

Le 6 août était un grand jour de victoire pour les arme? allemandes : deux corps d'armée français étaient battus et hors d'état de combattre pour quelque temps, des fraction> d'autres corps, notamment du 3* et du 7*, étaient aussi atteintes par ces combats. Les masses des trois armées all^

(i) La division Metmann^ du 3* corps (Bazaine], avait été réellemeoi détachée vers Forbach, pour y être mise à la disposition du géoénl Frossard, le 6 août. Cette division, n'ayant point reçu d'ordres de Frossard, crut à une canonnade d'avant-postes et resta dans les environs de Morsbach, sans paraître sor le champ de bataille où elle ue fat point appelée. Elle ne brûla donc pas une cartouche et ne peut être comptée parmi les troupes engagées.

(Note du traducteur,)

mandes pouvaient maintenant se réunir sans obstacles h l'ouest des Vosges et tomber avec toutes leurs forces sur les corps français encore disponibles.

Avant de continuer le récit des opérations militaires, il nous faut jeter un coup d'œil sur Paris, pour examiner les modifications que les événements de la guerre avaient apportées dans la politique, et qui réagirent à leur tour sur la marche de la guerre.

YI. — Retraite da ministère Ollivier. — Le ministère Palikao.

Le jour même des grandes affaires de Forbach et de Wœrth, une dépêche affichée à la Bourse de Paris, annonpût une grande victoire des Français, en disant à peu près lue l'armée du prince royal était presque détruite. C'était ttne manœuvre de bourse. Cependant la nouvelle se répanfit dans Paris avec la rapidité de Téclair et les Parisiens crurent volontiers ce qu'ils désiraient. La ville se pavoisa de drapeaux tricolores et l'on prépara des illuminations pour le soir.

Mais le bruit courut bientôt que la nouvelle affichée à la Bourse était fausse, et l'on ajouta bien vite que certains ministres n'étaient pas étrangers à cette manœuvre sur laquelle ils basaient une spéculation. Cela produisit une irri- ^tion générale ; il y eut des troubles à la Bourse, et une f'jule considérable se rendit, vers 3 heures du soir, au pa- '^5 du ministre président pour lui demander quelles nou- ^^lles officielles il avait reçues.

OUivier ne revint qu'à 3 heures et demie de Saint-Cloud f* il s'était rendu auprès de la régente, à la nouvelle du combat de Wissembourg, la seule mauvaise qu'il eût encore feçue. Il eut de la peine à traverser la foule pour arriver à ^n hôtel, et D parla de son balcon à la multitude : souvent ÎTiti^rrorapu, il affirma que le ministère communiquait îmmé-

diatement aux journaux toutes les nouvelles ofBcîelles qu'i recevait ; que la dépêche affichée à la Bourse était îin( manœuvre indigne dont les auteurs seraient recherchés, ei qu'on prendrait les mesures pour empêcher un pareil fail de se reproduire. Il ne pouvait fermer la Bourse comme on le lui demandait, sans consulter auparavant le conseil des ministres.

La vérité, ajoutait-il, c'était qu'une seule division de 6,000 à 7,000 honmies avait été battue après s'être défendue héroïquement contre deux corps d'armée prussiens. Maisk maréchal Mac-Mahon se disposait à faire payer cher à l'ennemi le succès momentané qu'il n'avait dû qu'à la supériorité du nombre. S'il arrivait d'autres nouvelles, — boiine> ou mauvaises, — elles seraient immédiatement communiquées aux Parisiens. — « Ayez confiance en nous, — concluait Ollivier, — comme nous avons confiance en vous. Pendant que nos frères se battent à la frontière, ayons assez d'empire sur nous pour les soutenir par notre patience. Réunissons-nous dans un cri unanime de : Vive la patrie I Vive la France I »

Les Parisiens sont bons enfants. Après oe discours, la foule se dispersa lentement, mais sans être complètement revenue de son abattement et de son irritation.

Le 7 août, arrivèrent les tristes nouveUes de Vœrth et de Forbach. L'Empereur télégraphiait de Metz que si l'armée pouvait se maintenir sous cette place, Paris et la France devaient se résoudre à de grands efforts de patriotisme.

L'Impératrice accourutde Saint-Cloud. Le Gouvernement, qui avait déjà résolu, le 6 août, de convoquer les Chambres pour le H, avança cette date au 9 août. Il l'annonça aw Parisiens dans une proclamation où il faisait appel au^ forces et au patriotisme de tous.

Deux faits dignes de remarque : c'est que les journaux furent exaspérés de voir les Allemands envahir la France, tandis qu'ils avaient déclaré que l'invasion de l'Allemagne par les Français était chose toute naturelle, et parfaitement dans l'ordre ; le second, c'est que tout le monde prévit aussi-

tôt un siège de Paris dans un avenir prochain, ce qui ne devait pas dire cependant la conséquence inévitable de trois batailles perdues.

Le 7 août, le général Dejean, ministre de la guerre par intérim, fit paraître un décret en trois articles :

1. — Tous les citoyens de 30 à 40 ans, en état de porter les armes, qui n'appartiennent pas à la garde nationale sédentaire, y seront incorporés;

2. — La garde nationale de Paris sera employée à défendre la capitale et à mettre ses ouvrages en état de défense.

3. — H sera présenté un projet de loi ayant pour objet de fsdre entrer dans la garde nationale mobile tous les hommes âgés de moins de 30 ans qui n'en font pas partie.

Ce décret était motivé par un long rapport dont nous voulons donner brièvement le contenu, en insistant sur les po'mts les plus importants.

Les circonstances présentes, dit le ministre de la guerre, nons obligent à deux choses t à songer à la défense de Paris, — et à créer de nouvelles troupes de campagne qui puissent se joindre à celles dont dispose encore l'Empereur.

Les forts extérieurs de Paris ont depuis longtemps leur annement de sûreté et Ton a commencé à le compléter, ainsi qu'à armer l'enceinte continue.

40,000 honomes de garde nationale travailleront aux travaux de fortifications , ils contribueront à occuper les murailles et, avec la garnison actuelle, ils suffiront pour une défense active et énergique.

La nouvelle armée de campagne sera composée : !• de troupes de marine ; 2* des régiments encore disponibles en Algérie et en France ; 3* des bataillons de marche (4*' bataillons) des 100 régiments d'infanterie que l'on portera à 900 hommes en y incorporant des gardes mobiles ; 4' d'une portion de la gendarmerie, organisée en troupe d'élite ; tous ces éléments donneront 150,000 hommes, — sans la cavalerie, rartiUerie et le génie; 8* ajoutons à cela 60,000 jeunes soldats de la classe 1869 qui arriveront dans les

dépôts, du 8 au 12 août, et qui peuvent devenir de vrais soldats au bout d'un mois; 6"* on peut enfin compter pour l'armée active sur les gardes mobiles et les francs-tireurs gui donneront 400,000 hommes.

Nous n'aurons donc pas moins de 610,000 hommes pour renforcer l'armée active.

Il ne faut pas négliger non plus la garde nationale sédentaire et, tout compté, la France avait plus de 2 millions de défenseurs, pour lesquels il existait, d'après le général Dejean, non-seulement les 2 millions de fusils indispensables, mais encore 1 million d'armes en réserve.

En examinant de près ce rapport, on est frappé malgré soi de l'étrange mélange d'abattement, d'indifférence et de présomption qui s'était emparé du peuple français depuis le 6 août.

En effet, le ministre de la guerre suppose d'abord que l'ennemi puisse être en peu de temps devant Paris, puis il veut lui opposer 2 millions de combattants, dont 90 p. 100 au moins doivent être organisés auparavant, et cela quand, d'après sa première hypothèse, l'ennemi aura déjà inondé les provinces de l'est et du nord, celles qui donnent à la France le plus de soldats ; comment expliquer ces contradictions ?

Les troupes de marine qui devaient renforcer l'armée de terre avaient été destinées d'abord à la grande expédition des côtes de la mer du Nord et de la Baltique, mais la plus grande partie était restée dans les ports de mer. On renonça donc complètement à les embarquer et on les dirigea dans l'intérieur du pays, notamment au camp de Chôlons où nous les retrouverons plus tard.

L'organisation des 4*' bataillons des régiments d'infanterie fut ordonnée par un décret du 20 juillet. Chaque régiment avait, comme nous l'avons dit plus haut, 24 compagnies. Il devait maintenant être augmenté de 2 compagnies, ce qui le portait à 26, pendant que l'effectif de toutes les compagnies se grossissait par l'arrivée des congédiés, des réservistes et de là première portion du contingent, de sorte

que, après le départ des trois bataillons de guerre à 6 compagnies chacun, il restait encore 8 compagnies dont 4 formaient le 4* bataillon mobilisé et les 4 autres le bataillon de dépôt. Tous les hommes de la réserve et de la deuxième portion devaient être rendus, le 23 juillet, dans les dépôts départementaux. Mais la chose se fit beaucoup plus lentement et fut même en partie négligée ; il fallait ensuite procéder à la répartition de ces hommes dans les régiments dont une grande partie étaient déjà à la frontière et leur envoyer ces détachements. Ensuite, des bataillons de 900 hommes, à 4 compagnies seulement, ce qui fait 225 hommes par compagnie, sont une chose fort insolite en France et Ton eat de la difficulté à leur donner des cadres.

Si l'on prenait une bonne partie delà gendarmerie départementale pour en faire des troupes actives, le service de la sûreté publique en souffrirait beaucoup d'après les idées de TEmpire, et cela précisément à une époque de troubles où la gendarmerie devait sembler le plus nécessaire. Peut-être le recrutement en souffrirait-il beaucoup aussi, puisque les gendarmes sont en grande partie chargés de ce service. On en pouvait dire à peu près autant des autres formations militaires qui eurent lieu plus tard, — douaniers, gardes forestiers, etc.

En outre, comment était-il possible de faire en un mois des soldats accomplis avec les jeunes conscrits de 1869, dans une armée où le soldat restait en général quatre ans sous les drapeaux, et où la deuxième portion du contingent devait être exercée pendant cinq mois ?

Où prendre de bons officiers pour faire sortir de terre toutes ces formations nouvelles ?

Où trouver ces 400,000 gardes mobiles, surtout quand les départements de l'est et dunord sont envahis par l'ennemi ? On voyait encore h la fin d'août et au commencement de septembre des bataillons de garde mobile qui pouvaient bien compter 1200 hommes d'effectif, mais qui n'avaient pas un officier digne de ce nom et tout au plus 200 fusils en bon état. Tout l'habillement des hommes consistait en une blouse

de laine ou de coton, avec une croix rouge sur le bras, et une casquette militaire, accoutrement bien insuffisant pour une campagne d'automne et d'hiver. L'équipementn'existait pas. A peine exercés, les hommes restaient presque toute la journée dans une oisiveté pernicieuse.

Nous n'avons plus rien à dire de la garde nationale sédentaire.

Il est vrai qu'il existait en France, au milieu de 1870, environ 4 millions d'armes à feu, soit dans les mains des troupes et de la garde nationale, soit dans les arsenaux. Mais dans ce chiffre on comptait tout : pistolets et fusils de dragons, carabines pour la cavalerie, l'artillerie, les marins; une grande quantité d'anciens fusils non rayés, les anciens fusils Minié, et jusqu'aux curiosités du musée d'artillerie.

D y avait à peu près 1 million et demi de fusils se chargeant par la culasse des deux systèmes adoptés, Chasscpot et fusil à tabatière. Pour la guerre active on ne voulait employer que des chassepots dont on avait environ 1,200,000. Mais pour que les gardes nationales pussent rendre des services dans la défense des places, il fallait au moins les pourvoir d'armes se chargeant par la culasse, soit de chassepots, soit de fusils à tabatière. Ajoutons encore que dans les premières conamandes de chassepots faites à l'étranger, beaucoup d'armes s'étaient trouvées impropres au service, que l'invasion des Allemands renferma dans les arsenaux de l'est des centainesdemille de chassepots, et qu'enfin, par suite de l'usure naturelledes armes en campagne, ilfaut toujours en avoir une forte réserve. Toutes ces considérations enlèvent aux calculs du général Dejean une grande partie de leur valeur.

Le Sénat et le Corps législatif ouvrirent le 9 août. Le garde des sceaux, Ollivier, était au Corps législatif, le ministre présidant le Conseil d'Etat, de Parieu, au Sénat. La foule se pressait dès midi devant le Palais-Bourbon et sur la place de la Concorde. Le pont de la Concorde était occupé militairement et fermé à tout le monde, même aux députés qui étaient forcés de faire un long détour pour se

rendre au Palais-Bourbon. Il se passa des scènes qui parurent nécessiter remploi de la force armée que commandait le maréchal Baraguey-d'Hilliers, chef de l'armée de Paris depuis le départ de Canrobert.

La cavalerie chargea plusieurs fois la foule qui se dispersa chaque fois pour revenir de nouveau, en criant qu'il y avait à Paris beaucoup de troupes pour combattre le peuple au lieu d'aller contre l'ennemi à la frontière,

A l'ouverture de la séance, OUivier prit la parole, mais il souleva des interruptions dès le conmiencement de son discours.

«Messieurs, dit-il, l'Empereur vous avait promis que l'Impératrice vous convoquerait si les circonstances devenaient difficiles. Nous n'avons pas voulu attendre pour vous réunir que la situation du pays fût compromise. »

Là-dessus grandes exclamations à gauche, et le cri : H Elle est déjà très-compromise I » donna le signal des in-^ terruptions qui ne cessèrent plus.

Pour y résister et pouvoir parler quelques minutes de plus, Ollivier s'avisa de parler du peu d'importance des échecs éprouvés et du courage héroïque des soldats français qui n'avaient cédé qu'à des forces quatre ou cinq fois supérieures.

Pour venir en aide à ces efforts héroïques de l'armée, OUivier voulut présenter à la Chambre un projet de loi dans le sens du rapport de Dejean, et il affirma encore une fois ce qu'il avait déjà dit au début de cette guerre, c'est que la France avait tout ce qu'il fallait pour la terminer glorieusement.

Un grand nombre des interruptions s'étaient adressées directement au ministère Ollivier.

Arago avait crié de sa voix de tonnerre : « Disparaissez NOUS, ministres, et l'armée sera victorieuse ! » — Puis une autrefois: «Nous voulons bien faire tous les sacrifices, mais sans vous 1 »

Jules Favre avait dit : « C'est une honte que ce ministère ose se présenter devant l'Assemblée ! »

Lorsque OUivier parla de l'héroïsme de l'armée, Guyot- Montpayroux s'écria : « Ce sont des lions commandés par des ânes ! »

Toutes ces attaques et d'autres semblables étfidenttoutà fait personnelles et décidèrent Ollivier à poser la question d'un vote de confiance pour le ministère. On proposa à ce sujet plusieurs ordres du jour : l'un demandait que l'on s'occupât tout d'abord de la question si importante de l'organisation militaire, et non pas des personnes dont le tour viendrait plus tard. Un tel ordre du jour devait déjà déplaire à Ollivier. On fit cependant diverses tentatives pour traiter d'abord la question matérielle ; mais on en revenait toujours à la question de personnes, à propos de la négligence apportée dans les armements. Cette question prenait donc tellement le dessus qu'il fallait avant tout la résoudre.

Après plusieurs ordres du jour, Clément Duvernois en proposa un très-malicieux qui fut soumis au vote. Il disait: c( La Chambre, décidée à soutenir un cabinet capable de pourvoir à la défense du pays, passe à l'ordre du jour. »

Duvernois savait fort bien qu'il se trouvait actuellement en position de rendre avec usure à son adversaire Emile Ollivier le coup qu'il en avait reçu le 16 juin, et il saisissait l'occasion avec joie. — Etait-ce par patriotisme?

Avant le vote, Ollivier, qui sentait profondément la blessure, et savait mieux que personne ce que signifiait cet ordre du jour, déclara que c'était pour lui la plus sanglante des injures et que le cabinet ne l'acceptait pas.

La Chambre le vota néanmoins à une grande majorité.

Après ce vote, Ollivier demanda que la séance fût suspendue pendant un quart d'heure.

Elle fut reprise à 6 heures 5 minutes du soir. Ollivier déclara qu'à la suite du vote sur l'ordre du jour Qément Duvernois, le ministère avait envoyé sa démission à l'Inipératrice, qui l'avait acceptée et avait chargé le comte de Palikao de former un nouveau ministère.

Le 10 août, le comte Pnlikao se présente devant \^

Chambre avec un ministèFe de la défense nationale. Ce ministère se composait de la manière suivante :

Présidence du conseil et guerre : comte de Palikao ;

Intérieur : Chevreau, préfet de la Seine depuis la retraite d'Haussmann ;

Finances : Magne ;

Justice et culte : Grandperret, le procureur général qu'avaient rendu célèbre les poursuites exercées par lui dans le procès inventé par la police ;

Agriculture et commerce: Clément Duvernois ;

Marine : amiral Rigault de Genouilly ;

Travaux publics : baron Jérôme David ;

Affaires étrangères : prince de Latour d'Auvergne ;

Instruction publique : Brame ;

Président du Conseil d'État : Busson-Billault.

Le fameux ministère des beaux-arts et des sciences, créé par OUivier pour Maurice Richard, n'était pas occupé.

Le lecteur doit faire de singulières réflexions en voyant dans ce nouveau ministère les députés criards, Duvernois et David, dont nous avons déjà parlé. Avec eux, le personnage le plus important, c'était le comte de Palikao dont nous allons dire quelques mots.

Cousin de Montauban, comte de Palikao, est né en 1796. 0 fit partie de l'expédition de Bourmont comme officier de ca\alerie et resta en Algérie de longues années. Il était général de brigade en 1851, général de division en 18S5, et commandant la division de Constantine. Rappelé en France, 3 reçut le commandement de la 21* division militaire à Limoges. En 1860, il fut mis à la tète de l'expédition de Chine d'où il revint en France en juillet 1861. Il avait battu les Chinois le 21 septembre à Palikao, pris et laissé piller le palais d'été de l'Empereur de Chine, et envoyé ensuite à la Cour des Tuileries des cadeaux intéressants et précieux. L'empereur Napoléon, qui avait déjà donné au général de Montauban la grand'croix de la Légion d'honneur à la fin de 1860, le nomma sénateur le 4 mars 1861, pomte de Pa-

likao le 22 janvier 1862, et il demanda en même temps pour lui au Corps législatif une grosse dotation. Gela fit beaucoup de bruit en France. On dit que ce n'étaient pas tant les services militaires du comte Palikao, que ceux rendus à la famille impériale, que cette dotation devait récompenser, et la dotation étant menacée d'être refusée, le projet de loi dut être retiré, chose inouïe à cette époque devant un désir de l'Empereur. En 186S, le comte P^kao fut nonuné commandant eu chef du 4* corps d'armée (Lyon), et il occupa cette situation jusqu'à ce que l'Impératrice Eugénie lui donnât la présidence du conseil.

Lorsque la guerre avec l'Allemagne était menaçante, on reçut la nouvelle du massacre des missionnaires français par les Chinois, et les soldats français disaient : Nous allons en Prusse ou en Chine.

Du moment que les Prussiens et les Chinois étaient à peu près la môme chose, la nomination du comte Palikao au ministère dans ces circonstances critiques avait quelque raison. Puisqu'il avait vaincu les Chinois, il pouvait fort bien battre les Prussiens.

On ne doit pas s'étonner que la majorité de la Chambre accueillit favorablement le ministère Palikao, car c'est de cette façon qu'elle accueillait presque toujours tout ce qui lui venait d'en haut, des Tuileries.

n était plus difficile, pour un observateur impartial, mais éloigné de Paris, de comprendre comment le ministère Palikao, avec son étrange composition, pouvait être bien accueilli par la masse de la population parisienne.

Pour donner le mot de l'énigme, il nous suffira de dire que ce cabinet s'était appelé « Ministère de la défense nationale » , et que le Gouvernement fit annoncer par des feuilles à lui dévouées les mesures révolutionnaires qu'il voulait prendre, mais qu'il n'avait pas, du reste, la moindre envie d'exécuter.

La défiance de la gauche contre ce cabinet ne s'éveilla même que huit jours après sa naissance. Nous en repa^l^ rons plus tard. Au début, le nouveau ministère semblait

parfaitement décidé à organiser sur la plus grande échelle la résistance de la France contre l'invasion étrangère. Toutes ses propositions étaient acceptées : remercîments à 0 l'armée qui avait bien mérité de la patrie ; appel sous les drapeaux de tous les hommes de 25 à 35 ans, célibataires ou veufs, qui n'appartenaient pas à la garde mobile ; élévation à 25 millions du crédit de 4 millions déjà voté le U juillet pour secours aux familles des soldats de l'armée et de la garde mobile ; engagements volontaires pour la durée de la guerre sans condition d'âge ; appel de tout le contingent, fixé à 140,000 recrues, sans tirage au sort et i?aiis formalités.

On déclara ensuite le cours forcé des billets de banque français, ce qui n'empêcha pas le commerçant auquel on donnait un billet de 100 francs pour payer une dépense de 5 francs, de vous dire qu'il n'avait pas de monnaie dans sa caisse, et le changeur vous prenait 10 pour cent pour vous changer un billet.

La Banque de France fut autorisée à émettre 2,400 millions de billets au lieu de 1800 millions.

L'emprunt de guerre de 500 millions fut porté à un milliard.

Les gens qui n'ont rien à sacrifier sont toujours prêts h faire faire aux autres tous les sacrifices possibles.

Malgré les douceurs de la lune de miel de la Chambre et Ju ministère Palikao, lune qui ne dura, du reste, qu'une "^aine, il ne manqua pas de scènes assez désagréables.

Dès le 11 août, M. de Kératry demande à la Chambre que le maréchal Lebœuf (il voulait dire l'empereur Napoléon) qui était cause de tout le mal, fût traduit devant une commission d'enquête du Corps législatif. La majorité r^iwussa cette proposition. Le comte Palikao annonça, le 12août,querEmpereur avait accepté la démission de major général du maréchal Lebœuf, et le 13, que le maréchal Bazaine avait le commandement en chef de l'armée. A la question de M. Barthélémy Saint-Hilaire, si Bazaine dever ^ait ainsi généralissime do l'armée, Palikao répondit oui !

M. Cochery demandant si la garde était également placée sons les ordres de Bazaine, le ministre président répondit : à Tarmée, la garde ne signifie pas plus qu'un autre corps. Elle se trouve, comme les autres corps, sous les ordres du maréchal Bazaine.

Quittons de nouveau Paris pour retourner sur le théâtre de la guerre.

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