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à gauche du 12* corps (saxon). — Le prince Auguste de Wurtemberg, chef du corps de la garde, aux preini^*es nouvelles qu'il reçut de la bataille de Yionville, avait déjà pris sur lui de réunir ses divisions à Richeoourt et Flirey^ dans la direction du nord. Il ne reçut qu'à 3 heures di^ matin, le 17, Tordre du prince Frédéric-Charles, mit soi^ corps en marche h 5 heures et, vers 3 heures du soir, il établissait son bivouac entre Mars-la-Tour et HanuonviUe^ au-Passage*
Le gros du 12<' corps était, le 16 au soir, à Pont-à*Mousson, son avant-garde sur la route de Thîaucourt à R^niéviIle*«n-Haye. D reçut Tordre de marcher par Thiaucoiirt sur Mars-la-Tour, à Test du corps de la garde. Le roi de Prusse avait informé hii-méme le prince royal de Saxe des événements de Vionville et lui avait ordonné directement de se mettre en marche. Lorsque le prince royal de Saxe reçut Tordre que le prince Frédéric-Charles lui envoyait de Gorze, il fit prendre les armes à son corps d'armée, se mi< en marche à 2 heures du matin et arriva vers 2 heures de Taprès-midi entre Mars-la-Tour et Puxieux.
Il était impossible de compter sur le 4« corps d'armée dont Tavant-garde était à Jaillon et le gros entre le Sai2erais et Marbache. Le prince Frédéric-Charles ne changea donc rien aux ordres qu'il lui avait envoyés le 16 août à midi et qui lui prescrivaient de marcher par Bouoq sur Soncy, et, le cas échéant, de tenter une surprisé contre la place de Tout.
On ne pouvait pas compter non plus, au moins pour le 17 août, sur le 2* corps d'armée qui se trouvait le 16 au soir à Buchy et encore plus loin à Test de la MoseUe. H ne lui fut donc pas envoyé de nouveaux ordres le 16; et les anciens lui prescrivaient de marcher, le 17, sur Pont-à Mousson.
Le roi GuQlaume de son côté, lorsqu'il avait donné ses ordres au prince royal de Saxe, avait prescrit en même temps que la première armée enverrait sur la rive gauche de la MoseUe le 8* corps, le 7* et la V* division de cavalerie,
pour appnyer l'attaque de la deuxième armée. Elle ne consenait donc sur la rive droite de la Moselle que le 1«' corps d'armée et la 3* division de cavalerie.
Le prince Fréâéric-€harles fut informé à Gorze de ces impositions, dans la nuit du 16 au 17.
Le 7* et le 8® corps jetèrent pendant la nuit plusieurs ponts sur la Moselle j ils se mirent en marche le 17 de trèsbonne heure et, entre une et deux heures de l'après-midi, ils étaient : le 8* corps, au sud de Rezonville, la 1" division de cavalerie derrière lui J le 7% au sud de Gravelotte jusque vers Ars-sur-Moselle.
Ces deux corps d'armée se donnaient la main au bois des Oignons,
Le prince Frédério-Charies partit de Gorze le 17, i^ i beures du matin, pour se rendre sur le champ de bataille, oàle roi de Prusse arriva lui-môme à 6 heures du matin.
Us troupes allemandes qui se trouvaient sur le champ 4e bataille prirent les armes le 17 de très-bonne heure. Les corps français qui étaient encore en position devant la route de Yionville à Rezonville se retirèrent vers Test, sous la protection des lignes avancées de tirailleurs, et on les vit à midi s'établir dans leiu*s nouvelles positions.
Comme les troupes fraîches allemandes, ainsi que nous 1 awns dit, ne pouvaient arriver complètement avant 3 heu-* ^ du soir, après avoir fait de longues marches qui nécessitaient quelque repos, on ne pouvait pas songer h, attaquer le 17 la position française,
Aune heure du matin les Allemands organisèrent donc •^«r ligne d'avant-postes depuis le bois des Oignons jusqu'à \ille-sur-Yron, en passant par la hauteur au sud de Rezon» ville et le bois au nord-ouest de Yionville, (Voir le plan.)
I^ troupes qui étaient le matin sur le champ de [bataille avaient fait la soupe, dès que la retraite des Français à l'est ^vail été certaine.
De forts détachements de cavalerie furent envoyés au nord ^ans l'après-midi pour observer les routes d'Èiain et de
Briey, et les mouvements que pourraient y faire les Français.
Vers 2 heures du soir, le roi, qui se trouvait au sud de Flavîgny, fit ordonner par le général de Moltke la disposition suivante pour le 18 août :
(( Demain 18, la deuxième armée s'avancera en échelons entre ITron et le ruisseau de Gorze, — ou entre Vilie-sur- Yron et Rezonville. Le 8' corps d'armée se joindra à ce mouvement à Taile droite de la 2* armée. — ^Le 7» corps sera d'abord chargé de protéger les mouvements de la 2* armée contre les entreprises ennemies qui pourraient venir de Metz. Les ordres postérieurs de S. M. le Roi dépendront des dispositions de l'ennemi. Les premiers rapports seront envoyés à Sa Majesté sur la hauteur au sud de Flavigny. »
Gomme on avait résolu de ne livrer bataille que le 18 août, il était possible que le 2* corps d'armée, qui dexaii arriver le 17 à Pont-à-Mousson, vint prendre part au combat, au dernier moment c'est vrai, mais peut-être au moment décisif. On lui envoya donc l'ordre à une heure de partir le 18 à 4 heures du matin de Pont-à-Mousson pour marcher sur Arnaville, Bayonville et Onville, jusqu'à Buxières où il devait faire la soupe et se former en masse. La marche ainsi ordonnée au 2"* corps est de 30 kilomètres au moins et pouvait se faire en 9 à 10 heures, y compris le départ et l'arrivée.
La disposition générale que nous avons donnée plus haut consistait à placer la deuxième armée et le 8» corps sur un front à peu près paraUèle à la route de Metz à Doncourt.
Ce mouvement achevé, si l'ennemi veut se retirer sur Doncourt ou sur Briey, l'armée allemande continue de marcher versle nord et se tient prête à attaquer. — Si, au contraire, l'armée française reste dans la position Amanvilliers- Rozerieulles, où nous la savons, l'armée allemande devra continuer la grande conversion à droite qu'elle a commencée, autour du 7* corps d'armée comme pivol fixe, pour attaquer ensuite les positions françaises.
Le roi de Prusse revint après deux heures à son quartier général de Pont-à-Mousson ; et vers 3 heures, le prince Frédéric-Oiarles mit le sien à Buxières, ausuddeTron-
>ille.
Le 18 août, de très-bonne heure, le prince Frédéric- Charles donna verbalement ses instructions aux commandants de corps de la deuxième armée : à 5 heures, au sud de Mars-la-Tour, aux chefs des corps de Taile gauche, 12*, garde, et 10* corps; à S heures et demie, à Touest de Vion- >iBe, aux chefs des corps de l'aile droite, 9* et 3*.
D'après ces instructions, le rôle de la deuxième armée était de marcher en avant pour empêcher l'armée française de se retirer sur Verdun et la battre où on la trouverait.
La marche de Tannée devait se faire sur deux lignes, la première composée, de la gauche à la droite, du 12* corps, de la garde et du 9' corps ; la seconde, formée de corps qui avaient combattu le 16 août, c'est-à-dire des 10* et 3* corps.
A l'extrême gauche, le 12* corps (Saxons) devait marcher sur Jamy, à sa droite le corps de la garde sur Doncourt, à droite encore, le 9* corps se dirigeait à l'est de Sainte-Marcel, en passant entre RezonvîUe et Vionville. D'après la disposition générale, le 8* corps, de la première armée, devait se relier à la droite du 9*.
En deuxième ligne, le 10' corps, avec la division de cavalerie Rheinbaden, devait suivre le 12* corps ; le 3' corps &vec la 6' division de cavalerie, duc de Mecklenbourg, était dirigé dans l'intervalle qui séparait la garde prussienne du 10' corps.
Le 2* corps, qui ne pouvait arriver que plus tard, devait former une troisième ligne.
Les corps d'armée ne devaient point marcher en colonne, niais chaque division devait s'avancer en masses faciles à déployer, afin d'être toujours prête à combattre.
1« 12* corps, qui occupait l'aile marchante et avait par suite le plus de chemin à faire, devait, d'après l'ordre, se mettre en marche en 5 heures ; et les autres corps partaient
à des intarvaUos de temps convenables de la gauche à la droite* Cependant, en raiscm de la situation de son bivouac, le
corps de la garde était h peu près aussi loin de Doncourt que le 12* corps de Jarny ; le 9* corps au contraire n'avait pas à faire plus de la moitié du chemin pour atteindre la route de Doncourt aux environs de Caulre*
Le prince Frédéric-Charles voulait se tenir à la tète du S"» corps d'armée qui avait Taile droite de la deuxième ligne.
Nous avons déjà dit que le roi de Prusse arriva sur Je champ de bataille à 6 heures du matin et se plaça ]iTOvisoirement sur la hauteur au sud de Flavigny.
A 8 heures et demie, le 9* corps était arrivé i^ CJaulre où il fit une halte ; la garde prussienne et le i2* corps n'étaient pas encore à Doncourt et à Jarny.
Les rapports parvenus jusqu'à ce moment au prince Frédéric-Charles rendaient extrêmement vraisemblable que les Français ne se retiraient point sur Etain ou sur Briey, et qu'ils avaient pris position sur le plateau d'Amanvilliers, maïs ils n'en donnaient pas la certitude.
Ds disaient notamment que Gravelotte n'était point occupé par les Français, mais qu'il se trouvait un camp derrière et à l'est de ce village ; que les camps de Bruvîlle et de Saint-Marcel étaient évacués et que l'on observait de grands mouvements dans les camps situés sur le plateau près des fermes de Leipzig et de Moscou.
Le prince Frédéric-Charles envoya en conséquence au corps de la garde et au 12* corps l'ordre de s'arrêter à Doncourt et à Jarny en attendant que les intentions des Français fussent connues avec certitude. Il semble que le prince ait été induit en erreur par l'abandon des camps de Bniville et de Saint^Marcel. Les troupes qui les avaient occupés jusque dans la matinée du 17 ne pouvaîent-eUes pa^ s'être mises en retraite vers le nord ?
Le 3« corps d'armée n'avait pas encore quitté VionvîJle. Le 10» corps, qui s'était mis en marche, devait &ire halte àBruville*
A 10 heures, il était de plus en plus probable que les Français restaient sur le plateau, mais on en était pas encore certain. A cette heure-là, le prince ordonna au 9* corps de marcher sur la Folie par Verneville, et à 10 heures im quart au corps de la garde de suivre le 9" sur Yer^ neville.
Le prince supposait, en donnant ces ordres, que si les Français étaient dans leur position défensive, leur extrême droite se trouvait à peu près à la Folie, tandis qu'elle était, comme nous savons, beaucoup plus au nord.
Si le 9® corps rencontrait l'ennemi à la Folie, il devait commencer par lui livrer un combat d'artillerie ; le corps de la garde devait envoyer de VernevîUe des reconnaissances sur Amanvilliers et Saînt-Privat-la-Montagne et taire aussitôt que possible un rapport sur ce qu'elles découvriraient.
Le !2* corps restait toujours à Jarny, se tenant prêt à marcher vers le nord.
Avant iO heures et demie du matin, Tétat-major du Roi avait reçu des rapports plus exacts et beaucoup plus circonstanciés. D'après eux, il semblait que les Français avaient le gros de leurs forces entre Montigny-la-6range et le Point-du^our ; et 4 bataillons français étaient détachés en avant dans le bois des Genlvaux.
D'après cela le roi de Prusse jugea opportun de diriger snr Batilly le corps de la garde et le 12* corps ; ils pouvaient ensuite de ce point marcher sur Sainte-Marîe-aux-Chènes ?i Baxaine prenait la route de Brîey, ou sur Amanvilliers powrattaquer en flanc, s'il restait dans ses positions. En même temps, le 9® corps s'avancerait contre le bois desGe- Dîvaux, le 8* et le 7* corps contre Oravelotte et à travers le bok de Vaux.
Le prince Frédéric-Charles avait reçu, avant 11 heures, d^ rapports semblables lorsque lui parvinrent les instruo* ^îoBs du Rm. Sa première erreur sur la position de l'aile ^^te française était, paralt-il, complètement rectifiée à ce iQoment j mais d'un autre côté il ne voulait pas donner des
contre-ordres absolus pour ne pas causer du désordre dans la marche des corps d'armée qui se trouvaient déjà en mouvement.
C'est à ce double point de vue qu'il faut envisager les dispositions que prit le prince après 1 1 heures et demie, quand il eut reçu les instructions du Roi«
Ail heures et demie, il envoya les ordres suivants au général Manstein (S* corps) et au prince Auguste de Wurtemberg (corps de la garde).
Manstein devait continuer à marcher par Verneville sur la Folie, mais en évitant de s'engager sérieusement avant que le corps de la garde n'attaquât d'Amanvilliers.
Le prince de Wurtemberg devait marcher par Vemoille sur Amanvilliers, pour tourner et attaquer l'aile droite de Bazaine (qu'on y supposait).
Un quart d'heure plus tard, il envoya au prince royal de Saxe (12* corps) l'ordre de marcher de Jamy sur Sainte- Marie-aux-Chénes, de se couvrir sur son flanc gauche sur les routes d'Etain et de Briey, et d'envoyer, s'il pouvait, de la cavalerie à Woippy, dans la vallée de la Moselle, pour couper le chemin de fer et le télégraphe de Metz à TWonville.
Un quart d'heure plus tard encore, à midi, le général Voigts-Rhetz (10* corps) fut invité à marcher sur Saint-Ail pour appuyer les Saxons ; en même temps, ordre était donné au général Fransecky (2* corps), dont les têtes de colonne commençaient à se rapprocher du champ de bataille, de marcher de Buxières sur Rezonville pour y servir de réserve à l'aile droite.
Chaque commandant de corps d'armée était en même temps informé de ce qu'avaient à faire les autres corps.
Le 8* corps reçut du Roi, à midi, l'ordre de marcher d« Rezonville sur Moscou par Gravelotte. Le T corps devait conserver le bois de Vaux et, restant dans son rôle de pivot fixe, ne prendre part au combat qu'avec son artilleriC) ordre qui lui fut répété deux heures plus tard.
Le prince Frédéric-Charles voulait se porter lui-même aux environs de Yerneville avec le 3* corps d'armée auquel il n'avait pas donné de destination précise.
Nous avons vu maintenant que les Allemands s'étaient décidés, vers midi, à attaquer les positions françaises sur le plateau d'Amanvilliers, et quelles dispositions ils avaient prises pour cette attaque.
Nous allons suivre à présent l'action de chaque corps d'armée jusqu'à 5 heures du soir, en commençant par ceux de la deuxième armée.
Le 9* corps d'armée, Manstein, avait fait la soupe à Caulre et était prêt à marcher lorsqu'il reçut l'ordre du prince Frédéric-Charles de iO heures du matin. Il rompit à iO heures et demie dans l'ordre suivant: 18* division, Wrangel, réserve d'artillerie du corps, 2S* division (hessoise), prince Louis de Hesse, se dirigeant, entre le bois de Doscuillons elle bois de Bagneux, directement sur Yerneville qui fut occnpé par Tavant-garde de Wrangel.
Au nord de la route de Yerneville à AmanvilUers se trouve le bois de la Cusse, au sud de la route du bois des Genivaux ; le vide entre ces deux bois est d'environ 2,000 pas. De Yerneville, on aperçoit distinctement par cet espace vide Amanvilliers et Montigny-la-Grange ; la Folie, située plus au sud, et contrelaquelle se dirigeait le 9* corps, est au contraire cachée par le bois des Genivaux.
Les Allemands découvrirent sur les hauteurs d'Amanvilliers des camps français et quelques bataillons ennemis qui marchaient d'Amanvilliers sur Yerneville, mais qui arrivèrent trop tard pour l'occuper.
Manstein établit à midi à Champenois la division d'artillerie de la 18* division, à gauche de laquelle il plaça un peu plus tard l'artillerie de réserve du corps d'armée en lui faisant beaucoup avancer l'aile gauche.
Lorsque l'artillerie de la 18* division se porta en avant, deux bataillons de la division Wrangel furent envoyés en même temps dans le bois de la Cusse pour en occuper la lisière est, en face d'Amanvilliers.
Les Français opposèrent à rartUlerie de Manstein des batteries de canons et de mitrailleuses à Amanviiliers et Montigny-la-Orange, puis d'autres plus au nord à Sainte Privat-la-Montagne. Leur feu et celui des chassepots de l'infanterie firent beaucoup de mai à i*aile gaudie de Tartillerie de Manstein qui était trop avancée»
A S heures, cette dernière avait gagné des avantages îra*^ portants, mais elle avait subi des pertes considérables, \o pièces étaient complètement hors de service.
Outre les deux bataillons de la division Wrangel qui s'y trouvaient déjà, on envoya dans le bois de la Cusse la 49* brigade d'infanterie, de la division hessoise, tandis que la 80* brigade et la cavalerie hessoise formaient, entre le bois de la Cusse et celui de Doscuillons, la Véserve de Taile gauche de Manstein, Les bataillons qui occupaient le boiV de la dusse souffrirent énormément du feu de l'artillerie française^
A Taile droite de Manstein, Wrangel, qui oceupaitChantrenne avec le gros de sa division, ainsi que l'angle nordest du bois des Genivaux, repoussa plusieurs attaques que les Français dirigeaient contre lui de la Folie.
Telle était à peu près la situation du 9* corps fc 5 heures du soir.
Le corps de la garde prussienne avait, en quittant son bivouac, la 1" division d'infanterie. Pape, la 2* division, Budritzky, la réserve d'artillerie et la seule brigade de cuirassiers de la garde, comte de Brandebourg !•'. Des deux autres brigades de la division de cavalerie de la garde, celle de dragons, comte de Brandebourg II, qui avait été détachée à la division Rheinbaden, n'arriva que plus tard, et la brigade de uhlans, Rochow, qui avait été détachée sur la Meuse, à Saint-Mihiel, ne prit aucune part à la bataille.
La division Budritzky, è l'aile droite, marcha de Concourt sur Verneville, la division Pape et la réserve d'artillerie, à l'aile gauche, se dirigèrent sur Habonville pa»* Jouaville.
A une heure de l'après-midi, le prince Frédéric-Charles
se rendit de sa personne de Yionvilie à Verne\ille, et eomme il Toyait déjà très-clairement que Faile droite française s'é« tendait beaucoup plus au nord qu'on ne Tavait supposé pri* initivement, il fit prendre à la divison Budritsky la direc^ tion d'Hal)onville, avantmôme qu'dle ne fût arrivée à Ver« neville.
Peu d'instants après midi, l'avant-garde de la division Pape occupa Saint-Ail, au nord d'Habonville. Le gros de ladinsion l'y suivit bientôt. L'artillerie delà division prit position entre Saint-Ail et Habonville et, dès que la réserve d'artillerie du coips arriva, le prince de Hohenlohe, chef de la brigade d'artillerie de la garde, la réunit à celle de Pape, et 1] rapprocha cette masse de S4 bouches à feu à bonne portée de canon de la position française de Saint-PrivatJa- Montagne. Vers 2 heures, la division Budritïky arriva de son c4té à Habonville. En môme temps^ la masse d'artiUe^ rie du prince de Hohenlohe s'augmenta des deux batteries à cheval de la division de cavalerie, puis, après 2 heures et demie, des trois batteries de la division Budritzky. Il y avjait donc au feu 14 batteries ou 84 bouches à feu.
Vers 2 heures, le prince Frédéric-Charles se rendit de Verneville sur les hauteurs à Touest d'Habonville. Il donna l'ordre au prince Auguste de Wurtemberg de se borner pTO)iisoirement à un combat d'artillerie et d'attendre, pour 6Dg«ger son infanterie, que le 12« corps eût terminé son mom'ement de conversion et fût à même d'appuyer sèrieusttnenl le combat de la garde.
A 4 heures du soir, le prince de Hohenlohe fit avancer son artillerie en échelons, pour lui faire prendre une posi- ^<)n plus rapprochée de l'ennemi d'oîi elle continua son feu pendant une heure.
A 8 heures, le prince Auguste de Wurtemberg, voyant îo'il était déjà tani, se décida à faire attaquer par son infanterie Saint-Privat-la-Montagne, quoique le mouvement ^nnnt des Saxons ne fût pas encore terminé.
Les têtes de oolonne du 12'' corps (saxon) arrivaient à 2 heures du soir attx environs de Batiliy .
Le prince royal de Saxe prit alors ses dispositions pour attaquer avec son aile droite, 24* division d'infanterie, Sainte-Marie-aux-Chènes qui était le poste avancé de Taile droite française, pendant que son aile gauche, 23* division d'infanterie, s'avancerait à gauche de Sainte-Marie sur Coinville et Roncourt, pour envelopper l'extrême droite des Français. Il informa de ses dispositions, le prince Frédéric- Charles.
A 2 heures et demie, la 24* division d'infanterie, la 47' brigade, Leonhardi, en tôte, se déployait entre Coinville et Sainte-Marie pour attaquer cette dernière localité. Elle fut soutenue dans cette attaque par l'avant-garde de la division de la garde Pape qui s'était avancée en même temps de Saint-Ail. A trois heures et demie du soir, Sainte-Marieaux-Chênes était dans les mains des Allemands, de sorte que la plus grande partie de la 24* division d'infanterie était devenue disponible pdur le mouvement tournant sur Roncourt.
La marche de la 23* division d'infanterie par Coinville fut tellement retardée que ce n'est qu'à S heures du soir que tout le 12* corps se trouva déployé sur la ligne de Saînte- Marie-aux-Chénes à Jœuf, faisant face à Roncourt.
A 4 heures du soir, 2 escadrons saxons avaient été détachés de Coinville pour descendre la vallée de l'Ornes jusqu'à la Moselle, afin de couper le télégraphe et le chemin de fer de Thionville. Ils trouvèrent les chemins des bois barricadés, et eurent à surmonter de grandes difficultés avant de remplir la mission qui leur avait été confiée.
Pas un seul corps de la seconde ligne de la deuxième armée ne prit part au combat avant 5 heures du soir.
Le 10® corps d'armée arriva, vers 2 heures du soir, à Batilly, et il s'arrêta au nord de ce village en attendant de nouveaux ordres.
Le 3" corps d'armée partît de Vionville après que le prince Frédéric-Charles se fut éloigné de ce village ; il arriva vers 3 heures à Vemeville où il s'arrêta, et plus tard
il reçut Tordre de faire avancer sa réserve d'artillerie entre Verneville et le bois des Genivaux pour appuyer le 9* corps.
Le 2* corps d^armée qui avait fait la soupe à Buxières n'arriva que vers 5 heures et demie à Test de Rezonville.
Le 8* corps, de la première armée, fit avancer la 15* di- \isîon d'infanterie, Weltzien, à Test de Rezonville sur Gra- Telotte, lorsque le combat du 9* corps s'engagea ; il fut reçu par un feu très-violent d'artillerie et de mitrailleuses, venant du 3« corps français et de la garde (1), qui occupaient les positions de Moscou et du Point-du-Jour ; il réussit néanmoins à s'emparer de la partie sud du bois des Genivaux et fit des efforts répétés pour s'avancer de ce bois sur Moscou. Il n'y avait pas encore réussi à 5 heures du soir, et il dut se contenter d'occuper la lisière est de ce bois.
li)rsquele commandant du T corps, Zastrow, s'aperçut du mouvement en avant du 8* corps et du feu terrible que les Français avaient ouvert contre lui, il fit avancer, vers l heure, les 4 batteries de la 14* division d'infanterie sur les hauteurs qui séparent Gravelotte du bois des Oignons, rt il les fit tirer avec succès contre le Poinlniu-Jour. Cela dégagea un peu le 8* cdrps. Une demi-heure plus tard, Zastrow envoya dans la même position 3 batteries de la lï division et, à 2 heures, 2 autres batteries de la réserve, lorsque ces 9 batteries, 54 bouches à feu, eurent tiré pen-
<i) II n'y avait là, au point indiqué sur le plan par la lettre E, ({a'ime brigade de voltigeurs de la garde, sans artilieriei envoyée Pov servir de réserve an 3* corps (Lebœaf) dont le front, très-étendu, ^t de la Folie au Point-du-Jour. Cette brigade n'eut pas occasion de
U reste de la garde, grenadiers^ zouaves, chasseurs, 2* brigade de voltigears, cavalerie et artillerie, était en réserve sur les hauteurs de I^Isppeville et fut dirigée, vers 2 heures et demie, sur Âmanviliiers, ^travers les bois de Lorry qui sont en partie défrichés et que traverse ^ très^belle route. Les défrichements et la route ne sont pas indi- <loéi sar la carte du Dépôt de la guerre.
(^ùte du traducteur y communiquée par M. le commandant M »de de camp du maréchal Lebœuf.)
dant une demi-heure, le feu des Français se ralentit visiblement au Point-du-Jour.
L'artillerie du 7® corps s'avança alors en échelons dans la direction du nord-est. Quoique Zastrow eût reçu Tordre de n'engager que son artillerie, il jugea que la position avancée de ses batteries était trop exposée pour la laisser sans protection de l'infanterie. Il fit donc avancer dans des positions couvertes la 25* brigade d'infanterie, Osten-Sacken, à l'aile droite de l'artillerie, et la 2T brigade, Conrady, à l'aile gauche.
Après 3 heures, le 7* corps n'entendait plus rien du combat de l'aile gauche et du centre des Allemands, ce qui pouvait être dû à un changement de direction du vent, ou à un temps d'arrêt réel du combat du 9* corps.
Zastrow était, dans tous les cas, en droit de supposer que l'aile droite française avait été refoulée complètement et que la gauche seule tenait au Point-du-Jour. Dans ce cas, un mouvement offensif de la première armée, particulièrement du !•' corps, puisque le 8* cherchait en vain à déboucher du bois des Genivaux, pouvait produire beaucoup d'effet et rendre la retraite des Français très-difficile.
En conséquence, Zastrow ordonna, vers 4 heures, que la 25® et la 28* brigade d'infanterie marcheraient surlePointdu^our, que 3 batteries les suivraient, et quela 27* brigade d'infanterie irait se mettre en réserve à Gravclotte.
La 26* brigade d'infanterie avait la mission spéciale de rester à l'extrême droite de l'armée allemande entre Vau\ et Jussy, et elle combattait sur ce point.
Lorsque les 25® et 28* brigades d'infanterie débouchèrent du bois de Vaux, elles furent accueillies par un feu si violent des embuscades françaises du Point-du-Jour, qu'elles durent rétrograder et chercher un abri dans le bois et dans un pli de terrain situé à 800 pas au sud du Point-du-Jour.
Les trois batteries, qui devaient appuyer l'attaque de ce^ brigades, s'avancèrent, suivies du 4* régiment de uhlans (de la 1'* division de cavalerie), entre les bois de Vaux cl des Genivaux, et s'établirent à environ ISOO pas au sud de
Saint-Hubert. Ces troupes furent également maltraitées par le feu de Tinfanterie française et des. mitrailleuses. Les ulilans se retirèrent alors derrière Tinfanterie dans une position abritée à la lisière est du bois de Vaux.
Les batteries restèrent en place, mais elle subirent de grandes pertes. Pour les protéger, Zastrow fit avancer deux bataillons frais de la 27'' brigade d'infanterie. Mais ni le 8* corps ni le 7* ne pouvaient songer, à 6 heures, à faire un monvement otTensif. Le combat cessa donc complètement sur ce point.
En résumant brièvement la situation à 5 heures du soîr, nous trouvons qu'à l'aile droite des Allemands (8® et ?• corps) et au centre (9* corps), il n'y a plus qu'un combat de pied ferme d'artillerie et d'infanterie, dans lequel les Allemands ont la protection des bois, les Français celle de leurs tranchées-abris, en même temps que l'avantage à'uuB position plus élevée.
A l'aile gauche allemande, le corps de la garde prussienne et le 12* corps (saxon) se préparent à exécuter une attaque décisive contre la droite française à Saint-Privat-la- Montagne et Roncourt.
La réserve, 2®, 3* et 10* corps, n'a pas encore été engagée.
Il nous faut maintenant suivre l'action simultanée du 9^ corps, de la garde prussienne et du 12'' corps.
Les pertes du 9* corps, principalement dans le bois delà Cusse, étaient si considérables à 5 heures que le prince Frédéric-Charles, lorsque le prince Auguste de Wurtemberg se disposait à attaquer Saint-Privat, retint la 3» brigade d'infanterie de la garde, Enappe deKnappstaedt, aingi que le bataillon de chasseurs et une batterie de la garde, afin de les employer surtout à soutenir le 9* corps.
Les bois de cette contrée ne sont généralement pas épais; ils consistent en bouquets isolés, séparés par des petites clairières, et chaque bouquet se compose d'un petit nombre d'arbres de haute futaie avec un sous-bois peu épais,
ce qui explique les pertes considérables des Allemands dans le bois de la Gusse.
Le corps de la garde devient maintenant le centre des manœuvres décisives,
A S heures passées, le prince Auguste de Wurtemberg fit marcher la 4® brigade d'infanterie de la garde d'Habonville sur Saint-Privat ; un quart d'heure après, le gros de la division Pape s'avança, sur la gauche de la 4* brigade, de Sainte-Marie-aux-Chênes contre Saint-Privat.
Saint-Privat fut défendu avec acharnement par les Français ; malgré toute la bravoure dont firent preuve les bataillons de la garde prussienne, ils furent forcés de plier. Il fallut faire avancer l'artillerie de réserve du 10* corps d'armée et, en même temps, le prince de Wurtemberg résolut de différer l'attaque jusqu'à ce que les Saxons fussent à portée de l'appuyer.
La 23® division d'infanterie (saxonne) arriva vers 6 heures et demie à Roncourt et se porta de là sur Saint-Privat, ayant en tête de colonne la 45® brigade, Craushaar.
Lorsque le prince Auguste entendit son canon, il fît marcher de nouveau l'infanterie de la garde prussienne de l'ouest et du sud contre Saint-Privat, après avoir fait tirer l'artillerie de la garde et du lO** corps pendant une demiheure seulement. A 6 heures trois quarts, les Saxons et les gardes prussiens, ces derniers soutenus sûr leur gauche par des troupes avancées de la division Kraatz-Koschlau, du 10* corps, entraient de tous les côtés dans Saint-Privat, que les Français durent évacuer à 7 heures, en se retirant lentement sur les bois de Jaumont et de Saulny.
Pendant que le prince Auguste de Wurtemberg attaquait pour la première fois Saint-Privat, le général Manstein, s'avançant à droite de lui, avec une brigade hessoise, une partie de la division Wrangel et de la 3* division d'infanterie de la garde, aussitôt soutenue par la réserve d'artillerie du 3' corps, attaquait Amanvilliers et Montigny-la-Grange. Il ne parvint pas à s'emparer de ces positions, et il dut se borner à occuper la lisière orientale du bois de la Cusse,
pendant que, sur sa droite, la brigade Blumenthal, de la division Wrangel, occupait Chantrenne et Tangle nord-est du bois des Genivaux.
L'artillerie française d'Amanvilliers et de Montigny-la- Grange continuait de causer dans le bois de la Cusse de grandes pertes aux Allemands. Vers 7 heures du soir, le prince Frédéric-Charles ordonna en conséquence au général d'Alvensleben de naettre une brigade de son corps, le 3', à la disposition du général Manstein, et de Tappuyer ensuite avec le reste de son corps d*armée, en raison des circonstances.
Alvensleben voulait porter en avant toute la division Buddenbrock, mais des masses françaises imposantes s'étant montrées vers 7 heures et demie devant le bois des Genivaux, Alvensleben crut devoir retenir ses troupes pour être prêt à repousser une attaque des Français.
A Taile droite des Allemands, chez la première armée, nous avons vu que la lutte s'était presque arrêtée à 4 heures et demie.
A 6 heures, le roi de Prusse donna Tordre au 2* corps, Fransecky, arrivé à Rezonville, de marcher sur Gravelotte pour soutenir la première armée, 8' et 7* corps.
A 6 heures et demie, la tête du 2'' corps était à Gravelotte et marchait sur Saint-Hubert par la grande route. Bientôt après, Zastrow reçut Tordre de diriger le 7* corps, à droite du 2*, sur le Point-du-Jour, pendant que le 8' corps devait déboucher du bois des Genivaux à gauche de Fransecky.
Zastrow fit avancer la 28*' et la 2S* brigade d'infanterie, ainsi que 2 bataUlons de la 27* brigade, dont 4 bataillons restaient en réserve à Gravelotte.
L'attaque réunie des 8% 2' et 7« corps ne réussit point à déloger les Français de leur position du Point-du-Jour. Pendant que leur aile droite se retirait de Saint-Prîvat, pendant que leur centre tenait ferme à Montigny-la-Grange, Bazaine dirigea par Leipzig toutes ses troupes disponibles
sur son aile gauche, pour y couvrir sa principale roule de retraite (1),
Ce n'est que le 19 août, vers 6 heures du matin, lorsque le 2° corps prussien marcha de nouveau contre elles, que les arrière-gardes françaises abandonnèrent la position du Poinlrdu-Jour,
La bataille était finie à 8 heures du soir. Les corps d'armée allemands campèrent dans les positions qu'ils avaient prises et reçurent Tordre de se bien garder par des avant-postes pour être prêts à repousser une tentative désespérée des Français.
Le 12® corps fut invité de nouveau à envoyer un détachement, le plus fort possible, à Woippy, sur le chemin de fer de Thionville.
Le roi de Frusse mit son quartier général à Rezonville, ce qui fait quelquefois donner ce nom à la bataille du 18 août.
La perte des Allemands fut évaluée à environ S50 officiers et 14,000 hommes ; celle des Français ne saurait avoir été plus considérable à cause des positions avantageuses qu'ils occupaient.
Les pertes étaient donc moindres que le 16 août. Ce qui l'explique en partie, c'est que l'artillerie joua relativement un plus grand rôle le 18 que le 16, et qu'il y eut au contraire pl^s de combats acharnés d'infanterie et de cavalerie le 16 que le 18. On remarquera en outre que les Français n'ont généralement pas combattu, le 18 août, avec la même ténacité que le 16. Un certain désespoir s'était peut-être
(i) Bazaine, qui, d'ailleurs, ne quitta pas Plappeville de toute la journée du i8 et ne parut pas un instant sur le champ de bataille, ne dirigea aucun corps de troupes de la droite à la gauche à la fin de la bataille. Les 6' et 4* corps se retirèrent dans la soirée par les routes du ravin de Chàtel-Saint-G^ermain, du bois de Lorry et de Sauloy. Le 3* corps (Lebœuf) et le 2* (Frossard) restèrent seuls sur le plateau et commencèrent leur mouvement de retraite, le 19^ à 2 heures da matin.
{Note du traducteur.)
instinctivement emparé de leur esprit. En outre les Allemands avaient, le 18, des forces trèsHSupérieures. — Nous avons vu que, le 16 août, les forces des deux partis étaient à peu près les mêmes. Le 18, les Français avaient sur le champ de bataille 100,000 hommes à peu près d'infanterie et de cavalerie, les Allemands, 200,000 hommes au moins dans les huit corps d'îurmée qui étaient sur la rive gauche de la Moselle, en comptant les divisions de cavalerie ; les Français n'avaient pas plus de 480 bouches à^ feu, y compris les mitrailleuses, les Allemands en comptaient 720. Si ]es Allemands n'engagèrent pas réellement toutes leurs troupes, leur supériorité numérique évidente n'en devait pas moins produire sur les Français une impression décourageante.