‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 105 sur 280 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

fatigues. Dans les combats de cavalerie, ils sautent souvent de leurs montures pour combattre à pied, et reviennent rapidement, quand il en est besoin, rejoindre leurs chevaux, qui sont habitués à rester à la mérne place. Rien n'est plus honteux ni plus lâche à leurs yeux que de se servir de selles; c'est pourquoi ils ne craignent point, quoique en petit nombre, de combattre des cavaliers montés en selles, quelque nombreux qu ‘ils soient. Ils défendent formellement l'importation du vm, parce qu'ils croient que cette boisson rend les hommes moins durs aux fatigues et qu'elle les énerve.

IIl. Ils pensent que la plus grande gloire de leur pays c’est d'avoir autour de ses frontières de vastes solitudes; ce qui signifie, suivant eux, qu'un grand nombre de peuples n'ont pu résister à leur courage; et on dit que d'un cóté les campagnes qui les touchent sont désertes sur une étendue de six cent mille pas. De l'autre cóté, ils ont pour voisins les Ubiens*. Ce peuple, qui a été considérable et florissant, autant qu'un peuple germain peut l'étre, est plus civilisé que les autres nations de la méme raco, parce qu'il touche au Rhin, qu'il recoit la visite d'un grand nom-

mia, hæc quotidiana exercitatione summi ut sint laboris efficiunt. Equestribus proeliis sæpe ex eguis desiliunt ac pedibus proliantur, equosque eodem remanere vestigio assuefecerunt, ad quos se celeriter, quum usus est, recipiunt; neque eorum moribus turpius quicquam aut inertius habetur, quam ephippiis uti. Itaque ad quemvis numerum ephippiatorum equitum , quamvis pauci , adire audent, Vinum ad se omnino importari non sinunt, quod ea re ad laborem ferendum remollescere homines atque effeminari arbitrantur.

HT. Publice maximam putant esse laudem quam latissime a suis finibus vacare agros : hac re significari magnum numerum civitatium suam vim sustinere non posse. ltaque una ex parte a Suevis circiter millia passuum sexcenta agri vacare dicuntur. Ad alteram partem succedunt Ubii, quorum fuit civitas ampla atque florens, ut est captus Germanorum , et paullo, quam sunt ejusdem generis, sunt ceteris humaniores, propterea quod Rhenum attin-

bre de marthands, et qu'il a pris, par l'effet du voisinage, quelque chose des mœurs gauloises. Les Suéves lui firent souvent la guerre sans pouvoir, à cause de sa population et de sa consistance, l'expulser du territoire qui lui appartenait ; mais ils le rendirent Virgi l'abaissérent et l'affaiblirent.

IV. Les Usipètes et les Tenctères, dont : nous avons parlé plus haut, se trouvèrent dans le méme cas, et soutinrent longtemps les attaques des Suéves; mais à la fin chassés de leurs champs, ils errérent pendant trois ans dans diverses contrées de la Germanie, et arrivèrent auprès du Rhin, dans un pays habité par les Ménapiens qui possédaient, des deux côtés du fleuve, des champs cultivés, des maisons et des bourgs. Effrayés de l'apparition d'un si grand nombre d'hommes, les Ménapiens abandonnérent leurs maisons situées au delà du fleuve, et au moyen des forts qu'ils établirent sur la rive opposée, ils empéchérent les Germains de passer. Ceux-ci essayérent de tous les moyens, et voyant qu'ils ne pouvaient franchir le Rhin de vive force, parce qu'ils n'avaient point de navires, ni le traverser à la. dérobée à cause des postes établis par les Ménapiens, ils fi-

gunt multumque ad eos mercatores ventitant, et ipsi propter propinquitatem Gallicis sunt moribus assuefaeti, Hos quum Suevi multis sepe bellis experti, propter amplitudinem gravitatemque civitatis finibus expellere non potuissent, tamen vectigales sibi fecerunt ae multo humiliores infrmioresque redeyerunt.

iV. In eadem causa fuerunt Usipetes et Tencteri, quos supra diximus, qui complures annos Suevorum vim sustinuerunt; ad extremum tamen agris expulsi, et multis locis Germaniæ triennium vagati, ad Rhenum pervenerunt ; quas regiones Menapii incolebant et ad utramque ripam fluminis agros, ædificia vicosque habebant; sed tante multitudinis aditu perterriti, ex his ediliciis, que trans flumen habuerant, demigraverunt, et cis Rhenum dispositis presidiis Germanos transire prohibebant. Illi, omnia experti, quum neque vi contendere propter inopiam navium neque clam transire propter custodias Menapiorum possent, reverti se in

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