‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 119 sur 280 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

les hommes qui étaient de faction en avant des portes annoncérent à César qu'on voyait, du cóté oü s'était dirigée la légion, beaucoup plus de poussiére que d'habitude. César, soupçonnant qu'il s'agissait de quelque nouvelle tentative des barbares, donna ordre aux cohortes qui occupaient les postes du camp de partir avec lui; il les remplaça par deux autres, fit prendre les armes au reste des troupes, et leur dit de le suivre sans retard. A peine sorti du camp, il vit que les nótres, pressés par l'ennemi, se maintenaient avec peine, ct que la légion qui avait serré ses rangs était accablée de tous cótés d'une gréle de traits; car les barbares, voyant les blés coupés partout, excepté sur un seul point, s'étaient doutés que c'était là que viendraient nos troupes, et, pendant la nuit, ils s'étaient cachés dans les bois; au moment où les nôtres, aprés avoir déposé leurs armes et rompu les rangs, étaient occupés à enlever les moissons, ils les attaquérent à l'improviste, en tuérent quelques-uns, et jetèrent le trouble parmi les auires qui n'avaient pu se former avec ordre, et qu'entouraient en méme temps la cavalerie et les chars à deux roues. XXXIII. Voici comment ils combattent avec ces chars : ils courent d'abord de tous cótés, lancent des traits, et par

in statione erant, Cæsari nuntiaverunt pulverem majorem quam consuetudo ferret, in ea parte videri, quam in partem legio iter fecisset. Casar id quod erat suspicatus, aliquid novi a barbaris initum consilii, cohortes qux in stationibus erant, secum in eam partem proficisci, ex reliquis duas in stationem cohortes succedere, reliquas armari et confestim sese subsequi jussit. Quum paullo longius a castris processisset, suos ab hostibus premi atque ægre sustinere et, conferta legione, ex omnibus partibus tela conjici animadvertit. Nam quod omni ex reliquis partibus demesso frumento pars una erat reliqua, suspicati hostes huc nostros esse venturos, noctu in silvis delituerant ; tum dispersos depositis armis in metendo occupatos subito adorti, paucis interfectis, reliquos incertis ordinibus perturbaverant ; simul equitatu atque essedis cireumdederant.

XXXIII. Genus hoc est ex essedis pugnæ : primo per omnes partes perequitant et tela conjiciunt, atque ipso terrore equorum

la seule terreur qu'inspirent les chevaux et le bruit des roues, ils jettent souvent le désordre dans les rangs de leurs ennemis. Quand ils ont pénétré à travers les'escadrons, ils sautent en bas de leurs chars et combattent à pied. Les conducteurs se retirent lentement de la mélée, et placent les chars de maniére que leurs hommes, quand ils sont serrés de prés par des forces supérieures, puissent facilement se retirer vers leur armée. C'est ainsi que sur le champ de bataille ils montrent la rapidité du cavalier et la solidité du fantassin; de plus, ils ont acquis par l'habitude de chaque jour et par l'exercice une si grande habileté, qu'ils maintiennent leurs chevaux lancés sur des pentes rapides, ralentissent tout à coup leur allure, les font tourner, tandis qu'eux-mémes marchent sur le timon, se tiennent assis sur le joug, et de là se rejettent dans les chars avec une prestesse étonnante,

XXXIV. A cause de toutes ces circonstances, les Romains furent troublés par cette maniére de combattre à laquelle ils n'étaient point habitués, et César leur porta secours fort à propos, car en le voyant arriver, les Bretons s'arrétérent et les nôtres se remirent de leur frayeur. Malgré cela, ne jugeant point l'occasion favorable pour attaquer et livrer une

et strepitu rotarum ordines plerumque perturbant; et quum se inter equitum turmas insinuaverunt, ex essedis desiliunt et pedibus proeliantur. Aurigæ interim paulatim ex proelio excedunt, atque ita currus collocant, ut, si illi a multitudine hostium premantur, expeditum ad suos receptum habeant. Ita mobilitatem equitum, stabilitatem peditum in praeliis præstant, ac tantum usu quotidiano et exercitatione efficiunt, uti in declivi ac precipiti loco incitatos equos sustinere et brevi moderari ac flectere, et per temonem percurrere et in jugo insistere et se inde in curros eitissime recipere consuerint.

XXXIV. Quibus rebus perturbatis nostris novitate pugnz, tempore opportunissimo Cæsar auxilium tulit; namque ejus adventu hostes constiterunt, nostri se ex timore receperunt. Quo facto, ad lacessendum et ad committendum proelium alienum esse tempus arbitratus, suo se loco continuit, et brevi tempore intermisso in

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