LIVRE IV
cours. Plusieurs de ces navires furent brisés: les autres, ayant perdu leurs cordages, leurs ancres et les autres pièces nécessaires à la manœuvre, se trouvèrent hors d'état de reprendre la mer, et cet accident causa, — ce qui ne pouvait
. manquer d'arriver, — la plus vive inquiétude dans l'ar-
mée; car on ne possédait point d'autres navires pour effectuer le retour, et l'on n'avait rien de ce qui pouvait servir à les réparer. De plus, comme il était décidé que nos troupes hiverneraient dans la Gaule, on n'avait aucune provision de blé pour passer l'hiver en Bretagne.
XXX. En apprenant ce qui se passait, les chefs bretons, qui étaient venus trouver César aprés la bataille, tinrent conseil entre eux. Sachant que la cavalerie, les navires, le blé manquaient aux Romains, et jugeant de leur faiblesse numérique par le peu d'étendue de leur camp, — César l'avait fait d'autant plus petit qu'il avait transporté les légions sans leurs bagages, — ils pensérent que l'occasion était des plus favorables pour se révolter, nous couper les vivres, et prolonger la guerre jusqu'à l'hiver. Ils étaient convaincus qu'aprés avoir triomphé des Romains et empéché leur retour, personne à l'avenir ne porterait la guerre dans la
ligatæ, tempestas afflictabat, neque ulla nostris facultas aut administrandi ant auxiliandi dabatur. Compluribus navibus fractis, reliquæ quum essent funibus, ancoris reliquisque armamentis amissis ad navigandum inutiles, magna (id quod necesse erat accidere) totius exercitus perturbatio facta est. Neque enim naves erant alie, quibus reportari possent, et omnia deerant quse ad reficiendas naves erant usui; et quod omnibus constabat hiemari in Galliaoporterefrumentum his in locis in hiemem provisum non erat.
XXX. Quibus rebus cognitis, principes Britannis, qui post prœlium ad Cæsarem convenerant, inter se collocuti, quum equites et naves et frumentum.Romanis deesse intelligerent et paucitatem militum ex castrorum exiguitate cognoscerent (que hoc erant etiam angustiora, quod sine impedimentis Cæsar legiones transportaverat); optimum factu esse duxerunt, rebellione facta frumento commeatuque nostros prohibere et rem in hiemem producere; quod his superatis aut reditu interclusis, neminem postea
Bretagne. lls formérent donc une nouvelle ligue, s’éloignèrent peu à peu de notre camp et commencérent à rassembler en secret, dans un endroit déterminé, les hommes qui étaient rentrés chez eux.
XXXI. Le désastre arrivé à la flotte et le retard qu'ils avaient mis à livrer des otages fit soupçonner à César, quoiqu'il ne sût encore rien de leurs projets, ce qui devait arriver bientót. C'est pourquoi il prit ses mesures pour parer à tous les événements : chaque jour il faisait amener des campagnes du blé dans le camp; il prenait le bois et le cuivre des navires qui avaient le plus souffert pour réparer les autres, et faisait apporter du continent tout ce qui était nécessaire à cette opération. Les soldats ayant travaillé avec le plus grand zéle, on ne perdit que douze navires, et les autres furent mis en état de tenir la mer.
XXXII. Tandis que l'on s'occupait de toutes ces choses, une légion, la septiéme, fut envoyée comme de coutume pour chercher des blés; car jusqu'alors on n'avait eu aucun indice qui püt faire craindre des hostilités, puisqu'une partie des Bretons était restée dans ses foyers, et qu'une autre partie venait souvent dans notre camp. Tout à coup
belli inferendi causa in Britanniam transiturum confidebant. Itaque rursus conjuratione facta, paulatim ex castris discedere ac suos clam ex agris deducere ceperunt.
XXXI. At Cesar, etsi nondum eorum consilia cognoverat, tamen et ex eventu navium suarum et ex eo, quod obsides dare intermiserant, fore id, quod accidit, suspicabatur. Itaque ad omnes casus subsidia comparabat : nam et frumentum ex agris quotidiein castra conferebat, et quz gravissime afflicti erant naves, earum materia atque ære ad reliquas reficiendas utebatur, et quz ad eas res erant usui, ex continenti comportari jubebat. Itaque quum summo studio a militibus administraretur, xij navibus amissis, reliquis ut navigari commode posset, effecit.
XXXII. Dum ea geruntur, legione ex consuetudine una frumentatum missa, quæ appellabatur septima, neque ulla ad id tempus belli suspicione interposita, quum pars hominum in agris remaneret, pars etiam in castra ventitaret, ii qui pro portis castrorum