‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 125 sur 280 · LIBER V · texte numérisé non relu

LIBER V

L Lucio Domitio, Appio Claudio consulibus, discedens ab hibernis Cæsar in Italiam, ut quotannis facere consuerat, legatis imperat, quos legionibus præfecerat, uti, quam plurimas possent, hieme naves ædificandas veteresque réficiendäs curarent. Earum. modum formamque demonstrat, Ad celeritatem onerandi subductionesque paullo faeit humiliores, quam quibus in nostro mari atl consuevimus ; á4tque id eo magis, quod proptet crebras commutationes æstuum minus magnos ibi fluctas fieri cognoverat ; ad onera et ad multitudinem jumentorum transportandam paullo latiores, quam quibus im reliquis utimur maribus. Has omnes actuarias

nombre de chevaux; et il ordonne qu'on les fasse tous bons marcheurs *, ce que rendait plus facile le peu d'élévation de leur bordage. Tous les objets nécessaires à l'équipement des vaisseaux sont par ses ordres expédiés d'Espagne. Lui-méme, aprés avoir tenu les assemblées de la Gaule Citérieure, part pour l'Hlyrie, parce qu'il avait appris que les frontiéres de cette province étaient ravagées par les incursions des Pirustes*. En arrivant, il exige que les cités mettent des soldats sous les armes, et leur ordonne de se réunir dans un lieu qu'il désigne. Les Pirustes, informés de ces préparatifs, envoient des députés pour lui dire « que rien de ce qui s'est fait n'a été autorisé par le gouvernement de leur pays, et qu'ils sont préts par tous les moyens à réparer les dommages. » César, aprés les avoir entendus, leur enjoint de livrer des otages, et de les livrer à jour fixe. 11 déclare que, s'ils n'exécutent point ce qu'il ordonne, il portera la guerre sur leur territoire. Au jour dit, les Pirustes amenérent leurs otages, et César donna aux diverses cités des arbitres pour recevoir les réclamations et fixer les dommages et intéréts.

IL. Aprés avoir réglé cette affaire et clos les assemblées, il retourna dans la Gaule Citérieure, et partit de là

imperat fieri, quam ad rem multum humilitas adjuvat. Ea quæ sunt usui ad armandas naves, ex Hispania apportari jubet. Ipse, conventibus Galliæ Citerioris peractis, in Illyricum proficiscitur, quod a Pirustis finitimam partem Provincie incursionibus vastari audiebat. Eo quum venisset, civitatibus milites imperat, certumque in locum convenire jubet. Qua re nuntiata, Pirustz legatos ad eum mittunt, qui doceant, «nihil earum rerum publico factum consilio, seseque paratos esse demonstrant, omnibus rationibus de injuriis satisfacere.» Accepta oratione eorum, Cesar obsides imperat, eosque ad certam diem adduci jubet : nisi ita fecerint, sese bello civitatem persecuturum demonstrat. His ad diem adductis, ut imperaverat, arbitros inter civitates dat, qui litem estiment, pœnamque constituant.

II. His confectis rebus conventibusque peractis, in Citeriorem Galliam revertitur, atque inde ad exercitum proficiscitur. Eo quum

. LIVRE V. 185 pour l'armée. 11 visita tous les quartiers d'hiver; et grâce à l'étonnante activité des soldats, qui cependant manquaient des objets les plus nécessaires, il trouva qu'on avait construit six cents navires sur le modéle dont nous avons parlé plus haut, plus vingt-huit galéres, et qu'il s'en fallait de bien peu que cette flotte ne füt en état d'étre lancée sous peu de jours. Aprés avoir félicité les soldats et ceux qui avaient dirigé le travail, il exposa son projet, et ordonna de rassembler tous les navires dans le port Itius?, car il savait que c'était là un excellent point d'embarquement pour passer dans la Bretagne, qui se trouve à trente mille pas environ du continent. ll laissa le nombre de soldats qu'il crut suffisant pour cette concentration de la flotte; et avec quatre légions sans bagages et huit cents cavaliers, il se rendit chez les Trévires, parce qu'ils ne venaient point aux assemblées, qu'ils n'exécutaient pas ses ordres, et qu'on disait qu'ils engageaient les Germains transrhénans à passer dans la Gaule.

Ill. Les Trévires sont de tous les Gaulois ceux qui possèdent la plus forte cavalerie ; ils ont aussi de nombreuses troupes de pied, et ils habitent, comme nous l'avons dit, les bords du Rhin. Deux hommes dans cette cité se dis-

venisset, circuitis omnibus hibernis, singulari militum studio, in summa omnium rerum inopia, circiter sexcentas ejus generis, cujus supra demonstravimus, naves ct longas xxvimn invenit instructas, neque multum abesse ab eo quin paucis diebus deduci possent. Collaudatis militibus atque iis qui negotio præfue- rant, quid fieri velit, ostendit, atque omnes ad portum Itium convenire juhet, quo ex portu commodissimum in Britanniam trajectum esse cognoverat, circiter millium passuum triginta transmissum a continenti. Huic rei quod satis esse visum est militum, reliquit : ipse cum legionibus expeditis Iv et equitibus pccc in fines Treverorum proficiscitur, quod hi neque ad concilia veniebant, neque imperio parebant, Germanosque Transrhenanos sollicitare dicebantur.

I. Hec civitas longe plurimum totius Gallie equitatu valet magnasque habet copias peditum, Rhenumque, ut supra demon-

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putaient le pouvoir, Indutiomare et Cingétorix". Ce dernier , en apprenant l'arrivée de César et des légions, se rehd auprés de lui, l'assure qu'il restera, ainsi que les siens, fidéle à son devoir ; qu'il ne se sóparera pas de l'alliance romaine ; et il l'informe de tout ce qui se passe chez les Trévires. Quant à Indutiomare, il lóve des cavaliers et des fantassins ; et aprés avoir caché dans l’immense forêt des Ardennes qui s'étend à travers le pays des Trévires, depuis le Rhin jusqu'au territoire des Rémois, ceux qui ne peuvent à cause de leur áge porter les armes, il fait des préparatifs de guerre. Mais quelques-uns des personnages les plus considérables de la cité, décidés par l'exenrple de Cingétorix dont ils étaient les amis, et trés-effrayés de l'arrivée de notre armée, se rendirent auprés de César et traitérent avec lui de leurs affaires, en leur propre nom et comme simples particuliers, attendu qu'ils na pouvaient s'occuper de celles de la cité. Alors Indutiomare, eraignant d'étre abandonné par tout le monde, envoie une ambassade à César : « Il n'a point voulu, disait-il, s'éloigner des siens et se rendre auprés de lui pour maintenir plus sürement la cité dans le devoir, car le peuple, en l'absence de toute la noblesse, aurait pu se laisser entrai-

stravimus, tangit. In ea civitate duo de principátu inter se contendebant, Indutiomarus et Cingetorix : ex quibus alter, simul atque de Cæsaris legionumque adventu cognitum est, ad eum venit; 5e suosque omnes in officio futuros neque ab amicitia populi Románi defecturós confirmavit ; quaeque in Treveris gererentur, ostendit. At Indutiomarus equitatum peditdtumque cogere, iisque, qui per statem in armis esse non poterant, in silvam Arduennam abditis (quz ingenti magnitudine per medios fines Treverorum a flumine Rheno ad initium Remorum pertinet), bellum parare instituit. Sed posteaquam nonnulli principes ex ea civitate, et familiaritate Cingetorigis adducti et adventu nostri exercitus perterriti, ad Cesarem venerunt et de suis privatim rebus ab eo petere cœperunt, quoniam civitati consulere non possent. Indutiomarus, veritus ne ab omnibus desereretur, legatos ad Gesarem mittit; «sese idcirco a suis discedere atque ad eum

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