‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 132 sur 280 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

le temps, ni de se reconnaitre, ni de s'arréter, ni de sauter en bas de leurs chars. Aussitót aprés cette débandade, les troupes qui étaient venues de tous cótés se dispersérent, et depuis lors les Bretons n'engagérent jamais contre nous de grandes armées.

XVIII. César, pénétrant le dessein des bee conduisit son armée sur les bords de la Tamise, dans le pays de Cassivellaunus ; ce fleuve ne peut être traversé à gué que sur un seul point, encore le gué est-il difficile. En arrivant à cet endroit, il vit sur l’autre bord des troupes nombreuses rangées en bataille. La berge était défendue par une rangée de palissades aiguës, et d’autres palissades du même genre étaient fichées dans le lit du fleuve et cachées sous l'eau. Informé de ces détails par des prisonniers et des déserteurs, César envoya la cavalerie en avant et donna ordre aux légions de le suivre en toute háte. Les soldats marchérent avec une telle rapidité et un tel élan, quoiqu'ils n'aient eu que la téte hors de l'eau, que les ennemis ne purent soutenir l'attaque des légions et de la cavalerie; ils abandonnérent la rive et prirent la fuite.

viderent, præcipites hostes egerunt : magnoque eorum numero interfecto, neque sui colligendi, neque consistendi aut ex essedis desiliendi facultatem dederunt. Ex hac fuga protinus, quæ undique convenerant, auxilia discesserunt : neque post id tempus unquam summis nobiscum copiis hostes contenderunt.

XVIII. Caesar, cognito consilio eorum, ad flumen Tamesin in fines Cassivellauni exercitum duxit ; quod flumen uno omnino loco pedibus, atque hoc ægre, transiri potest. Eo quum venisset, animum advertit, ad alteram fluminis ripam magnas esse copias hostium instructas : ripa autem erat acutis sudibus prefixis munita : ejusdemque generis sub aqua defixæ sudes flumine tegebantur. Hisrebus cognitis a captivis perfugisque, Casar, premisso equitatu, confestim legiones subsequi jussit. Sed ea celeritate atque eo impetu milites ierunt, quum capite solo ex aqua exstarent, ut hostes impetum legionum atque equitum sustinere non possent, ripasque dimitterent ac se fuge mandarent.

XIX. Cassivellaurius, comme nous l'avons dit plus haut, ayant renoncé à l'espoir de nous battre en ligne, congédia la plus grande partie de ses troupes, et abaridonná environ quatre mille chars de guerre; il prenait soin de ne pas se rencontrer sur notre route, se tenait à quelque distance du chemin, se cachait dans les lieux difficiles et boisés, et dans les contrées à travers lesquelles il savait que nous devions passer, et renvoyait des campagnes dans les bois les hommes et les troupeaux. Chaque fois que notre cavalerie s'était écartée dans les champs, pour faire du butin et ravager le pays, il faisait sortir ses cliars de guerre hors des bois par toutes les routes et par tous les sentiers, pour combattre nos cavaliers, qu'il mettait en grand péril ; et il les empéchait, par la peur de ces sortes d'attaques, de s'étendre au loin. César n'avait pas autre chose à faire que de défendre à nos hommes de s'éloigner à de trop grandes distances des légions, et de causer à l'ennemi, en ravageant et en incenñdiant le pays, le plus de dommage possible, autant que pouvaient le permettre la fatigue et la marche des légions.

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