LIVRE V
de maniére à ne pouvoir rester sans danger, et à augmenter les périls de la route par la fatigue et la privation de sommeil, Au point du jour, ils sortirent du camp comme deg hommes convaincus que le conseil d'Ambiorix était donné, non par un ennemi, mais par un ami dévoué, et ils marehérent sur une ligne trés-étendue, et avec une grande quantité de bagages.
XXXII, En entendant du bruit pendant la nuit et en voyant nos hommes sur pied, les Gaulois jugèrent qu'on S'apprétait à partir, et se séparant en deux bandes, ils se placérent en embuscade au milieu des bois, dans une position avantageuse oü ils se trouvaient cachés, à deux mille pas environ, et là ils attendaient l'arrivée de nos troupes : la plus grande partie de l'armée étant descendue dans une vallée profonde, ils se montrérent tout à coup aux deux extrémités, et pressant l'arriére-garde en méme temps qu'ils empéchaient la téte de la colonne de gravir les hauteurs, ils engagérent le combat, au moment où nous nous trouvions dans.la position la plus désavantageuse.
XXXIII. Alors Titurius, comme un homme qui n'avait pris aucune précaution à l'avance, s'agite, court d'un côté
circumspiceret, quid secum portare posset, quid ex instrumento hibernornm relinquere cogeretur. Omnia excogitantur, quare nec sine periculo maneatur, et languore militum et vigiliis periculum angeatur. Prima luce sic ex castris proficiscuntur, ut quibus esset persuasum, non ab hoste, sed ab homine amicissimo Ambiorige consilium datum, longissimo agmine maximisque impedimentis.
XXXII. At hostes posteaquam ex nocturno fremitü vigiliisque de profectione eorum senserunt, collocatis insidiis bipartito in silvis opportuno atque occulto loco, a millibus passuum circiter duobus, Romanorum adventum exspeetabant : et, quum se major pars agminis in magnam convallem demisisset, ex utraque parte ejus vallis subito se ostenderunt, novissimosque premere et primos prohibere ascensu atque iniquissimo nostris loco prelium committere coeperunt.