‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 153 sur 280 · NM · texte numérisé non relu

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soldats d'Alexapdre, de César, les héros de la liberté d'Athènes et de Rome fuiront en désordre, abandonnant leur champ de bataille à cos demi-dieux armés de la foudre de Jupiter, Si les Romains furep$ presque constamment battus par leg Parthes, c'est que les Parthes étaient tous armés d'une arme de jet, supérieure à celle dea armés à la légère de l'armée romaine, de sorte qua les boucliers des légions ne la pouvaient parer, Les légionnaires, armés de leur courts épés, succombaient sous une grêle de traits, à laquelle ils ne pouvaient rien opposer , puisqu'ils n'étaient armés que de Javelots (ou pilum). Aussi, depuis ces expériences funestes, les Romains donnérent cinq javelots (ou hastes), traits de trois pieds de long, à chaque Jégionnaire, qui les plaçait dans le creux de seh bouclier.

Une armée consulaire renfermée dans son camp, attaquée par une armée moderne d'égale force, en serait chassée sans assaut et sans en venir à l'arme blanche; jl ne serait pas nécessaire de combler ses fossés, d'escalader ses remparts : environnée de tous côtés par l'armée assaillante, prolongée, enveloppée, anflée par les feux, Je camp serait l'égout de tous les coups, de toutes les balles, de tous les bour lets : l'incendie, la déyastation et la mort ouvriraient les portes et feraient tomber les retranchements, Une armée moderne, placée dang un camp romain, pourrait d'abord, sans doute, faire jouer toute son artillerie ; mais, quoique égale à l'artillerie de l’assiégeant, elle serait prise en rouage et promptement réduite au silence; gne partie seule de l'infanterie pourrait se servir de ses fusils ; mais elle tirerait sur une ligne moins étendue, et serait bien loin de produire un effet équivalent au mal qu'elle raceyrait. Le feu du centre à la cjrcopférence est nul; celui de la circonférence au centre est irrésistible.

Une armée moderne, de force égale à une armée consulaire, ayrajf 26 bataillons de 840 hommes, formant 22,840 hommes d'infanterie, 42 escadrons de cavalerie, formant 5,040 hommes ; 90 pièces d'atillerie servies par 2,500 hommes. L'ordre de bataille moderne étant plus étendu, exige une plus grande quantité de cavalerie pour appuyer les ailes, éclairer le front. Cette armée en bataille, rangée sur trois lignes, dont la premiére serait égale aux deux autres réunies, occuperait un front de 1500 toises, sur 500 toises de profondeur ; le camp aurait un pourtour de 4500 toises, c'est-à-dire triple de l'armée consulaire ;. elle n'aurait que sept hommes par toise d'enceinte, mais elle aurait vingt-cinq toises carrées par homme : l'armée tout entiére se-

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rait nécessaire pour le garder. Une étendue aussi considérable se trouvera difficilement sans qu'elle soit dominée à portée de canon par une hauteur : la réunion de Ja plus grande partie de l’artillerie de l'armée assiégeante sur ce point d'attaque détruirait promptement les ouvrages de campagne qui forment le camp. Toutes ces considérations ont décidé les généraux modernes à renoncer au système des camps retranchés, pour y suppléer par celui des positions naturelles bien choisies.

Un camp romain était placé indépendamment des localités : toutes étaient bonnes pour des armées dont toute la force consistait dans les armes blanches; il ne fallait ni coup d’œil ni génie militaire pour bien camper; au lieu que le choix des positions, la manière de les occuper et de placer les différentes armes, en profitant des circonstances du terrain, est un art qui fait une partie du génie du capitaine moderne.

La tactique des armées modernes est fondée sur deux principes : 1? qu'elles doivent occuper un front qui leur permette de mettre en action avec avantage toutes les armes de jet; 2° qu'elles doivent préférer, avant tout , l'avantage d'occuper des positions qui dominent, prolongent, enfilent les lignes ennemies, à l'avantage d’être couvert par un fossé, un parapet, ou toute autre pièce de la fortification de campagne.

La nature des armes décide de la composition des armées, des places de campagne, des marches, des positions, du campement, des ordres de bataille, du tracé et des profils des places fortes; ce qni met une opposition constante entre le systéme de guerre des anciens et celui des modernes. Les armes anciennes voulaient l'ordre profond , les modernes l'ordre mince; les unes, des places fortes saillantes ayant des tours et des murailles élevées; les autres, des places rasantes, couvertes par des glacis de terre, qui masquent la maçonnerie; les premières , des camps resserrés, où les hommes, les animaux et les magasins étaient réunis comme dans une ville; les autres, des positions étendues.

Si on disait aujourd'hui à un général: Vous aurez, comme Cicéron, sous vos ordres, 5000 hommes, 16 pièces de canon, 5000 outils de pionniers, 5000 sacs à terre; vous serez à portée d'une forêt, dans un terrain ordinaire; dans quinze jours vous serez attaqué par une armée de 60,000 hommes, ayant 120 piéces de canon, vous ne serez secouru que quatre-vingts ou quatre-vingt-seize heures aprés avoir

été attaqué; quels sont les ouvrages, quels sont les tracés, quels sont les profils que l'art lui prescrit? L'art de l'ingénieur a-t-il des secrets qui puissent satisfaire à ce probléme?

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