‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 159 sur 280 · LIBER VI · texte numérisé non relu

LIBER VI

I. Mohis de causis Cæsar majorem Gaïlliæ imotum exspectans, " pet M. Silanum, C. Antistium Reginum, T. Sextium, legatos, dilectum habere instituit : simul ab Cn. Pompeio proconsule petit, quoniam ipse ad Urbem cum imperio reipublicæ causa re- - manefet, quos ex Cisalpina Gallia consulis sacramento rogavisset, ad signa convenire et ad se proficisci juberet : magní interesse etiam in reliquum tempus ad opinionem Galliæ existimans, tantas videri Italix facultates, ut, si quid esset in bello detrimenti acceptum , non modo id brevi tempore sarciri, sed etiam majo-

ce que lui demandait César; les levées furent terminées en trés-peu de temps; avant la fin de l'hiver il avait organisé et réuni trois légions, doublé le nombre des cohortes qu'il avait perdues avec Q. Titurius; et par sa promptitude et ses forces, il montra ce que pouvaient la discipline et la puissance romaines.

II. Indutiomare ayant été tué, comme nous l'avons dit, les Trévires donnérent le pouvoir à ses parents. Ceux-ci s'employérent sans reláche à solliciter les peuples germains qui les entouraient, à leur promettre de l'argent; ne pouvant rien obtenir de leurs plus proches voisins, ils essayérent de gagner les peuplades qui se trouvaient plus loin. Quelques cités ayant accueilli leurs propositions, ils se lient entre eux par des serments, garantissent par des otages la remise de l'argent qu'ils ont promis, et associent Ambiorix à cette fédération. Informé de ces faits, et voyant de tous côtés des préparatifs de guerre , les Nerviens, les Aduatiques, les Ménapiens sous les armes et ligués avec tous les Germains transrhénans ; les Sénonais refusant de venir auprés de lui quand ils en avaient recu l'ordre, et s'associant aux projets des Carnutes et des cités voisines; les Germains sollicités par de continuelles ambassades des

ribus augeri copiis posset. Quod quum Pompeius et reipublice et amicitiæ tribuisset, celeriter confecto per suos dilectu, tribus ante exactam hiemem et constitutis et adductis legionibus , duplicatoque earum cohortium numero, quas cum Q. Titurio amiserat, et celeritate et copiis docuit quid populi Romani disciplina atque opes possent.

Il. Interfecto Indutiomaro, ut docuimus, ad ejus propinquos a Treveris imperium defertur. llli finitimos Germanos sollicitare et pecuniam polliceri non desistunt : quum ab proximis impetrare non possent, ulteriores tentant. Inventis nonnullis civitatibus, jurejurando inter se confirmant , obsidibusque de pecunia cavent : Ambiorigem sibi societate et foedere adjungunt. Quibus rebus cognitis, Cæsar, quum undique bellum parari videret, Nervios, Aduatucos, Menapios, adjunctis Cisrhenanis omnibus Germanis, esse in armis, Senones ad imperatum non venire et

. LIVRE VI. 255 Trévires, César pensa qu'il devait au plus vite s'occuper de la guerre.

III. C'est pourquoi, sans attendre la fin de l'hiver, il réunit les quatre légions qui se trouvaient le plus prés de lui, se porte à l'improviste dans le pays des Nerviens, et avant que ceux-ci aient pu se rassembler ou fuir, il s'empare d'un grand nombre d'hommes et de bestiaux qu'il donne comme butin aux soldats, ravage les campagnes, et force l'ennemi à faire sa soumission et à livrer des otages. Cette expédition ayant été promptement terminée, il ra- . mena les légions dans leurs quartiers d'hiver. Au commencement du printemps, il convoqua, selon la coutume, l'assemblée de la Gaule, et tous les peuples s'y rendirent, à l'exception des Sénonais, des Carriutes et des Trévires; il regarda leur absence comme un commencement de guerre et de révolte, et laissant de cóté toute autre affaire, il transféra l'assemblée à Lutéce, ville des Parisiens. Ceuxci étaient voisins des Sénonais, et à une époque dont leurs pères pouvaient encore sc rappeler, les deux cités avaient été réunies ; mais on pensait qu'ils n'étaient point entrés dans la ligue. Aprés avoir déclaré du haut de son siége que l'assemblée était transférée, César partit le méme jour

cum Carnutibus finitimisque civitatibus consilia communicare, a Treveris Germanos crebris legationibus sollicitari ; maturius sibi de bello cogitandum putavit.

Hil. Itaque nondum hieme confecta, proximis quatuor coactis legionibus, de improviso in fines Nerviorum contendit , et priusquam illi aut convenire aut profugere possent, magno pecoris atque hominum numero capto atque ea preda militibus coneessa vastatisque agris, in deditionem venire atque obsides sibi dare coegit. Eo celeriter confecto negotio, rursus in hiberna legiones reduxit. Concilio Gallix primo vere, uti instituerat, indicto, quum reliqui preter Senones, Carnutes Treverosque venissent, initium belli ac defectionis hoc esse arbitratus, ut omnia postponere videretur, concilium Lutetiam Parisiorum transfert. Confines erant hi Senonibus civitatemque patrum memoria conjunxerant ; sed ab hoc concilio abfuisse existimabantur. Hac re pro suggestu pro-

ee

avec les légions, et se rendit à marches forcóes dans le pays des Sénonais.

IV. En apprenant son arrivée, Accon, le principal instigateur du soulévement, donna ordre à la population de se retirer dans les villes; mais avant que cet ordre füt exécuté, on annonca l'arrivée des Romains. Les Gaulois, forcés de renoncer à leur dessein, envoient des députés à César pour implorer sa clémence, et ils ont recours à la médiation des Éduens, dont la cité était depuis longtemps leur alliée. César, à la demande de ces derniers, accorda volontiers le pardon des Nerviens et recut leurs excuses, ne croyant pas devoir perdre en pourparlers un été oü la guerre allait éclater, il leur fit donner cent otages, qu'il confia à la garde des Éduens. Les Carnutes envoyérent en méme temps des députés et des otages, et ils prirent pour intermédiaires les Rémois, dont ils étaient les clients; César les accueillit de la méme manière; il leva l'assen.blée, et donna ordre aux cités d'envoyer des cavaliers.

V. Cette partie de la Gaule étant pacifiée, il tourna toute son attention et tous ses efforts vers la guerre des Trévires et d'Ambiorix. ll donna ordre à Cavarinus de l’accompagner avec la cavalerie des Sénonais, dans la: crainte

nuntiata, eodem die cum legionibus in Senones proficiscitur nia- ' gnisque itineribus eo pervenit.

IV. Cognito ejus adventu, Aceo, qui princeps ejus concilii fuerat, jubet in oppida multitudinem convenire; conantibus, prius quam id effici posset, adesse Romanos nuntiatur; necessario sententia desistunt, legatosque deprecandi causa ad Cæsarem mittunt; adeunt per Æduos, quorum antiquitus erat in fide civitas. Libenter Cæsar petentibus Æduis dat veniam excusationemque accipit; quod sstivum tempus instantis belli, non quæstivnis esse arbitrabatur. Obsfdibus imperatis centum, hos Æduis custodiendos tradit. Eodem Carnutes legatos obsidesque mittunt, usi deprecatoribus Remis, quorum erant in clientela : eadem ferunt responsa. Peragit concilium Cesar, equitesque imperat civitatibus. . |

V. Hac parte Galliz pacata, totus et mente et animo in bellum

Page 1