‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 160 sur 280 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

que ce chef, à cause de l'emportement de son caractère ou de là haine qu'il s'était attirée [par son attachement pour ies Romains], ne provoquát des troubles. Lorsque César eut pris ces dispositions et acquis la certitude qu'Ambiorix ne livrerait point bataille, il examina quels pouvaient être ses projets. Les Ménapiens, protégés par des marais continus et par des bois, étaient voisins des Éburons; et seuls dans toute la Gaule, ils n'avaient jamais envoyé de députés pour traiter de la paix. César savait qu'Ambiorix était leur hôte, il savait aussi qu'il avait conclu par l'entremise des Trévires une alliance avec les Germains ; et avant de lui faire la guerre, il crut devoir lui enlever ces appuis, afin de l'empécher, s'il se trouvait dans une situation désespérée, de se réfugier chez les Ménapiens ou de se liguer avec les peuples transrhénans. Quand il eut arrêté ce plan, il envoya à Labiénus, chez les Trévires, tous les bagages de l’armée; et donna ordre à deux légions de se rendre. auprès de ce général. Il partit lui-même avec cinq légions sans bagages pour le pays des Ménapiens. Ceux-ci, n'ayant rassemblé aucune troupe, parce qu'ils se croyaient suffisamment défendus par la nature du pays, s'enfuirent dans les bois et dans

Treverorum et Ambiorigis insistit. Cavarinum cum equitatu Seno num secum proficisci jubet, ne quis aut ex hujus iracundia, aut ex 6o quod meruerat odio civitatis, motus exsistat. His rebus constitutis, quod pro explorato habebat Ambiorigem prælio non esse contenturum , reliqua ejus consilia animo circumspiciebat, Erant Menapii propinqui Eburonum finibus, perpetuis paludibus silvisque muniti, qui uni ex Gallia de pace ad Cæsarem legatos nunquam miserant, Cum iis esse hospitium Ambiorigi sciebat ; item per Treveros venisse Germanis in amicitiam cognoverat. Hae prius illi detrahenda auxilia existimabat, quam ipsum bello la cesseret; ne, desperata salute, aut se in Menapios abderet, aut cum Trañsrhenanis congredi cogeretur. Hoc inito consilio, totius exercitus impedimenta ad Labienum in Treveros mittit, duasque legiones ad eum proficisci jubet : ipse cum legionibus expeditis quinque in Menapios proficiscitur. lili, nulla coacta manu, loci

les marais, et y transportérent tout ce qu'ils possédaient.

VI. César partage ses troupes avec le lieutenant C. Fabius et le questeur M. Crassus, établit des ponts à la háte, envahit le pays sur trois points, brüle les maisons et les bourgs, et s'empare d'une grande quantité d'hommes et de bestiaux. Les Ménapiens, réduits par cette attaque, lui envoient des députés pour demander la paix. 1] reçoit leurs otages, et déclare qu'il les regardera comme des ennemis s'ils recoivent chez eux Ambiorix ou ses lieutenants. Cette expédition terminée, il laissa chez les Ménapiens, pour garder le pays, l'Atrébate Commius avec de la cavalerie, et marcha lui-méme contre les Trévires.

VII. Tandis que César est occupé par ces affaires, les Trévires rassemblent de grandes forces d'infanterie et de cavalerie, et se préparent à attaquer Labiénus, qui avait passé l'hiver sur leur territoire avec une seule légion; ils n'étaient plus séparés de lui que par deux journées de marche, lorsqu'ils apprennent que deux légions envoyées par César sont arrivées. Alors ils établissent leur camp à une distance de quinze mille pas, et se décident à attendre le secours des Germains. Labiénus, informé de leur projet, espéra que leur imprudence lui offrirait quelque occasion

presidio freti, in"fílvas paludesque confugiunt, suaque eodem conferunt.

VI. Casar, partitis copiis cum C. Fabio legato et M. Crasso quæstore, celeriterque effectis pontibus, adit tripartito, ædificia vicosque incendit, magno pecoris atque hominum numero potitur. Quibus rebus coacti Menapii legatos ad eum pacis petendæ causa mittunt. llle, obsidibus acceptis, hostium se habiturum numero confirmat, si aut Ambiorigem aut ejus legatos finibus suis recepissent. His confirmatis rebus, Commium Atrebatem cum equitatu custodis loco in Menapiis relinquit; ipse in Treveros proficiscitur.

VII. Dum hæc a Cæsare geruntur, Treveri, magnis coactis peditatus equitatusque copiis, Labienum cum una legione, quæ in eorum finibus hiemaverat, adoriri parabant : jamque ab eo non longius bidui via aberant, quum duas venisse legiones missu Cæ-

Page 1