LIVRE VI
à étudier. Il n'est point permis , suivant les druides , d'écrire ces vers, tandis que dans presque toutes les autres affaires publiques, et dans leurs rapports avec les particuliers, ils se servent de l'alphabet grec. Cet usage s'est établi, je le pense, pour deux motifs : d'abord parce qu'ils ne veulent point que leur science se répande dans le peuple, et ensuite parce qu'ils craignent que leurs disciples, en se fiant sur l'écriture, n'exercent pas leur mémoire avec le méme soin ; car il arrive ordinairement que le secours des livres rend ceux qui étudient moins actifs pour apprendre, et leur fait négliger la mémoire. Hs veulent surtout faire croire que « les âmes ne meurent pas, et qu'aprés la mort elles passent d'un corps dans un autre; » cette croyance est suivant eux trés-propre à exciter le courage, en faisant mépriser la mort. Ils ont en outre un grand nombre de systémes sur les astres et leurs mouvements, l'étendue de l'univers et de la terre, la nature des choses, la force et la puissance des dieux immortels, et.ils les transmettent aux jeunes gens.
XV. L'autre classe est celle des chevaliers. Ceux-ci, lorsqu'il en est besoin, ou qu'une guerre éclate (ce qui arrivait presque tous les ans avant que César ne vint dans
existimant ea litteris mandare, quum ín reliquis fere rebus, publicis privatisque rationibus, Græcis utantur litteris. Id mihi duabus de causis instituisse videntur : quod neque in vulgum disciplinam efferri velint, neque eos qui discant, litteris confisos, minus memoria studere ; quod fere plerisque accidit, ut presidio litterarum diligentiat in perdiscendo ac memoriam remittant. In primis hoc volunt persuadere, non interire animas, sed ab aliis post mortem transire ad alios : atque hoc maxime ad virtutem excita putant, metu mortis neglecto. Multa preterea de sideribus atque eorum motu, de mundi ao terrarum magnitudine, de rerum natura, de deorum immortalium vi ac potestate disputant et juventuti tradunt.
XV. Alterum genus est equitum. Hi, quum est usus atque aliquod bellum incidit ( quod fere ante Cæsaris adventum quotannis accidere solebat, uti aut ipsi injurias inferrent, aut illatas pro-
la Gaule, soit qu'ils aient été les agresseurs , soit qu'ils aient eu des attaques à repousser), prennent tous part aux expéditions militaires; et chacun d'eux s'entoure d'une troupe de vassaux et de clients dont le nombre s'augmente en proportion de son rang et de ses richesses. C'est de cette seule manière qu'ils inaniostent leur influence et leur pouvoir.
XVI. La nation gauloise tout entière est très-portée à la superstition ; et par ce motif ceux qui sont attaqués de maladies graves, ceux qui font la guerre et qui vivent dans les dangers, immolent des hommes pour victimes, ou font vœu d'en immoler. Les druides sont les ministres de ces sacrifices ; ils croient que les dieux immortels ne peuvent étre apaisés qu'en rachetant la vie d'un homme par eelle d'un autre homme. Les sacrifices de ce genre font méme partie des institutions de l'État. Quelques peuples ont de trés-grands mannequins en osier tressé, qu'ils remplissent d'hommes vivants; ils y mettent le feu, et cos hommes périssent enveloppés par les flammes. Ils croient que l'immolation de ceux qui sont convaincus de vol, de brigandage ou de quelque autre action criminelle, est celle qui plait le plus aux dieux immortels : mais quand ces
pulsarent), omnes in bello versantur: atque eorum ut quisque est genere copiisque amplissimus, ita plurimos circum se ambactos clientesque habent. Hanc unam gratiam potentiamque noverunt.
XVI. Natio est omnium Gallorum admodum dedita religionibus ; atque ob eam causam, qui sunt affecti gravioribus morbis quique in proeliis periculisque versantur, aut pro victimis homines immolant, aut se immolaturos vovent, administrisque ad ea sacrificia druidibus utuntur ; quod, pro vita hominis nisi hominis vita reddatur, non posse deorum immortalium numen placari arbitrantur : publiceque ejusdem generis habent instituta sacrificia. Alii immani magnitudine simulacra habent, quorum contexta viminibus vivis membra hominibus complent , quibus succensis, circumventi flamma exanimantur homines. Supplicia eorum, qui in furto, aut in latrocinio, aut aliqua noxa sint comprehensi,