‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 17 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

tifiés, afin de repousser plus facilement les Helvótes , s'ils tentaient , malgré lui, de forcer le passage. Au jour convenu, les députés vinrent le trouver de nouveau; il leur déclare qu'il ne peut, sans déroger aux usages et au passé de Rome, leur accorder le passage à travers la province, et il montre, s'ils veulent employer la force, qu'il est en mesure de les repousser. Trompés de ce cóté dans leurs espérances, les Helvétes essayent de forcer le passage en traversant le Rhóne, les uns sur des navires attachés ensemble et sur un grand nombre de radeaux construits à cet effet, les autres à gué, là où les eaux du fleuve étaient le moins hautes, quelquefois pendant le jour, le plus souvent pendant la nuit; mais, refoulés par les retranchements, la masse de nos troupes et une gréle de traits, ils ne poussérent pas plus loin leurs efforts.

IX. T1 leur restait une seule route, celle de la Séquanie, mais elle était si difficile qu'il ne leur était pas possible d'y passer malgré les habitants, et comme ils ne pouvaient par eux-mémes décider les Séquanes à leur livrer passage, ils envoyérent des députés à l'Éduen Dumnorix pour le prier de s'interposer en leur faveur. Dumnorix, par ses

Rhodanum influit, ad montem Juram, qui fineg, Sequanorum ab Helvetiis dividit, millia passuum decem poyvem}murum in aititudinem pedum sedecim fossamque perducit. Eo opere perfecto praesidia disponit , castella communit , quo facilius, si se invito transire conarentur, prohibere possit. Ubi ea dies, quam constituerat cum legatis, venit, et legati ad eum reverterunt, negat se more et exemplo populi Romani posse iter ulli per Provinciam dare, et si vim facere conentur, prohibiturum ostendit. Helvetii ea spe dejecti, navibus junctis ratibusque compluribus factis, alii vadis Rhodani, qua minima altitudo fluminis erat, nonnunquam interdiu, ssepius noctu, si perrumpere possent, conati, operis munitione et militum concursu et telis repulsi, hoc conatu destiterunt.

‘IX. Relinquebatur una per Sequanos via, qua Sequanis invitis propter angustias ire non poterant. His quum sua sponte persuadere non possent, legatos ad Dumnorigem Æduum mittunt , ut

bons offices et sa libéralité, avait acquis chez les Séquanes une grande influence ; il était bien disposé pour les Helvétes, à cause de son mariage avec la fille de leur compatriote Orgétorix, et, comme il aspirait au pouvoir supréme, il était favorable à tous les changements politiques, et il voulait, en rendant service, s'attacher un grand nombre de cités. Par ces motifs, il se charge de l'affaire, obtient des Séquanes qu'ils accorderont aux Helvétes l'autorisation de passer sur leur territoire, et fait conclure , entre les deux peuples, un échange d'otages. Les Séquanes promettent de ne point s'opposer à la marche des Helvétes, et ceux-ci promettent à leur tour de ne commettre sur leur route aucun désordre, aucune violence.

X. On annonce à César que les Helvétes ont le projet de se rendre , en traversant le territoire des Séquanes et des Éduens, dans le pays des Santons #, lequel est voisin? de la cité de Toulouse, qui fait elle-même partie de la province romaine. César voit que si les choses se passent ainsi, ce sera pour ceite province un grand danger, d'avoir pour voisins, dans un pays de plaine, trés-fertile en blé, des peuples belliqueux, ennemis des Romains. Par ces motifs,

eo deprecatore a Sequanis impetrarent. Dumnorix gratia et largitione apud Sequanos plurimum poterat, et Helvetiis erat amicus, quod ex ea civitate Orgetorigis filiam in matrimonium duxerat, et cupiditate regni adductus novis rebus studebat et quam plurimas civitates suo beneficio habere obstrictas volebat. Itaque rem suscipit, et a Sequanis impetrat ut per fines suos Helvetios ire patiantur, obsidesque uti inter sese dent perficit : Sequani, ne itinere Helvetios prohibeant; Helvetii, ut sine maleficio et injuria transeant.

X. Cæsari renuntiatur Helvetiis esse in animo per agrum Sequanorum et Æduorum iter in Santonum fines facere, qui non longe a Tolosatium finibus absunt, quz civitas est in Provincia. Id si fieret, intelligebat magno cum periculo Provincie futurum, ut homines bellicosos, populi Romani inimicos, locis patentibus maximeque frumentariis finitimos baberet. Ob eas causas ei munitioni, quam fecerat, T. Labienum legatum præfecit ; ipse in

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