LIVRE I
le pays des Helvétes et celui des Allobroges!*, nouvellement soumis à notre domination", est guéable sur plusieurs points; la dernière ville des Allobroges, Genève, touche aux frontières des Helvétes, avec lesquels elle communique au moyen d'un pont. Ils croyaient obtenir des Allobroges le passage à travers leur territoire, parce qu’ils les voyaient hostiles encore aux Romains, et, en cas de refus, ils comptaient sur la force. Les préparatifs du départ terminés, ils fixent le rendez-vous général sur les bords du Rhône, au 3, avant les calendes d'avril”, sous le consulat de L. Pison et de A. Gabinius. -
VII. César, informé qu'ils voulaient passer par notre province, se háte de sortir de Rome; il se rend, le plus promptement possible, dans la Gaule Ultérieure , ‘arrive à Genéve , et donne ordre à la province de mettre sur pied tous les hommes dont elle peut disposer; car la Gaule Ultérieure avait pour toute défense une seule légion. 1l fait, de plus, couper le pont de Genéve. Prévenus d'une maniére certaine de son arrivée, les Helvétes lui ehvoient une députation composée des personnages les plus considérables de la cité, à la téte desquels se trouvaient Nameius
possent : alterum per Provinciam nostram, multo faéilius atque expeditius, propterea quod inter fines Helvetiorum et Allobrogum, qui nuper paeati erant, Rhodanus fluit, isque nonnullis lecis vado transitur. Extremum oppidum Allobrogum est proximumque Helvetiorum finibus Genua. Ex eo oppido pons ad Hetvetios pertinet. Allobrogibus sese vel persuasuros, quod nondum bono animo in populum Romanum viderentur, existimabant, ve? vi coacturos, ut per suos fines eos ire paterentur. Omnibus rebus ad profectionem comparatis, diem dicunt, qaa die ad ripam Rhodani omnes conveniant : is dies erat a. d. V. kal. apriles L. Pisone, A. Gabinio consulibus.
VIl. Cesari quum id nuntiatum esset, eos per Provinciam: nostram iter facere conari, maturat ab Urbe proficisci et quam maximis potest itineribus in Galliam Ulteriorem contendit, et ad Genuam pervenit. Provincie toti quam maximum potest militum numerum imperat (erat omnino in Gallia Ulteriore legio una);
et Verudoctius , qui avaient mission de lui dire « que Jeur intention était de traverser la province, sans y commettre aucun dégât, car c'était leur seule route, et qu'ils le priaient de consentir à leur passage. » César gardait le souvenir du consul L. Cassius?', tué par les Helvétes, de son armée qu'ils avaient repoussée et fait passer sous le joug , et il pensait qu'il ne fallait point leur céder, et que d'ailleurs, des hommes qui nous étaient hostiles ne pourraient traverser la province sans y commettre des violences et des ravages. Néanmoins, pour gagner du temps, jusqu'à ce que les troupes, dont il avait ordonné le départ, aient pu le rejoindre, il répondit aux députés qu'il prendrait quelques jours pour réfléchir, et que s'ils voulaient savoir quelque chose, ils pouvaient revenir aux ides d'avril.
VIII. Sur ces entrefaites, à l'aide de la légion qu'il avait avec lui, et des hommes qui étaient venus de la province, César éleva , sur une étendue de dix mille pas, depuis le lac Léman qui se déverse dans le Rhône”, jusqu'au Jura, qui sépare les Séquanes des Helvétes, un retranchement de seize pieds de hauteur, défendu par un fossé. Cet ouvrage terminé, il distribue ses forces, et il établit des postes for-
pontem, qui erat ad Genuam, jubet rescindi. Ubi de ejus adventa Helvetii certiores facti sunt, legatos ad eum mittunt nobilissimos civitatis; cujus legationis Nameius et Verudoctius principem locum obtinebant, qui dicerent sibi esse in animo sine ullo maleficio iter per Provinciam facere, propterea quod aliud iter haberent nullum : rogare ut ejus voluntate id sibi facere liceat. Casar, quod memoria tenebat L. Cassium consulem occisum exercitumque ejus ab Helvetiis pulsum et sub jugum missum, concedendum non putabat, neque homines inimico animo, data facultate per Provinciam itineris faciundi, temperaturos ab injuria et maleficio existimabat : tamen, ut spatium intercedere posset, dum milites quos imperaverat, convenirent, legatis respondit diem se ad deliberandum sumpturum : si quid vellent, a. d. idus apriles reverterentur.
VII. Interea ea legione, quam secum habebat, militibusque qui ex Provincia convenerant, a lacu Lemanno, qui in flumen