‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 189 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

du soleil à Génabum était connu avant la fin de la premiére veille sur les frontières des Arvernes, qui en sont éloignés d'environ cent soixante mille pas?.

IV. Là, par les mêmes motifs, l'Arverne Vercingétorix ?, fils de Celtillius, convoque ses clients et les enflamme sans peine. Cet homme, jeune encore, jouissait d'un grand crédit; son père avait tenu le premier rang dans la Gaule, et sa cité l'avait mis à mort parce qu'il aspirait à la royauté. En apprenant les projets de Vercingétorix, les Arvernes coururent aux armes; mais son oncle Gobanition et les autres chefs, qui ne croyaient pas devoir tenter les mómes chances, s'opposérent à son entreprise ; il fut chassé de la ville de Gergovie*. Mais il ne se découragea point, et leva dans les campagnes une troupe de vagabonds et d'hommes perdus *. Aprés avoir réuni cette bande, il engage dans son entreprise tous les habitants de la cité auxquels il se présente ; il les exhorte à prendre les armes pour la liberté commune ; et quand il a rassemblé de grandes forces, il expulse ses adversaires qui peu de temps auparavant l'avaient expulsé lui-même. Ses partisans lui décernent le titre de roi; et il envoie de tous cótés des députés pour prier les populations de rester fidéles à leurs promesses.

primam confectam vigiliam in finibus Arvernorum audita sunt ; quod spatium est millium circiter cLx.

IV. Simili ratione ibi Vercingetorix, Celtilli filius, Arvernus, summæ potenti: adolescens (cujus pater principatum Galliæ totius obtinuerat, et ob eam causam , quod regnum appetebat , ab civitate erat interfectus) , convocatis suis clientibus , facile [eos] incendit. Cognito ejus consilio, ad arma concurritur : prohibetur ab Gobanitione, patruo suo, reliquisque principibus, qui hanc tentandam fortunam non existimabant; expellitur ex oppido Gergovia : non destitit tamen, atque in agris habet dilectum egentium ac perditorum. Hac coacta manu , quoscumque adit ex Civitate ad suam sententiam perducit : hortatur ut communis libertatis causa arma capiant : magnisque coactis copiis, adversarios suos, a quibus paullo ante erat ejectus, expellit ex civitate. Rex ab suis appellatur; dimittit quoquoversus legationes; obte«

En peu de temps il rallie à sa cause les Sénonais 5, les Parisiens”, les Pictons*, les Cadurques*, les Turons "^, les Aulerques , les Lémoviques ?, les Andes ?, et les autres peuples qui touchent à l'Océan ; toutes ces nations, à l'unanimité, lui donnent le commandement ; une fois investi de ce grand pouvoir, il exige des otages de toutes les cités; il leur ordonne de fournir dans le plus bref délai uri contingent dont il fixe l'effectif ; il régle pour chaque cité le nombre d'armes qu'elle doit fabriquer, l'époque à laquelle ces armes doivent être faites, et il s'occupe surtout de la cavalerie. ll. déploie, avec l'activité la plus grande, la plus grande sévérité dans le commandement : il force, par l'extréme sévérité des chátiments, ceux qui hésitent à se décider; car il fait périr par le feu et par toutes les tortures ceux qui ont commis de graves délits; et il renvoie dans leurs foyers ceux qui se rendent coupables de fautes légères, après leur avoir coupé les oreilles et crevé les yeux, afin qu'ils servent d'exemple aux autres, et qu'ils les effrayent par la grandeur du chátiment.

V. Au moyen de ces rigueurs, il eut bientôt rassemblé une armée ; et il envoya chez les Ruténes, avec une partie des troupes , un homme d’une grande audace, Luctérius,

statur ut in fide maneant. Celeriter sibi Senonies, Parisios, Píctones, Cadurcos, Turonos, Aulercos, Lemovices, Andos, reliquosque omnes qui Oceanum attingunt, adjuhgit : omuium consensu ad eum defertur imperium. Qua oblata potestate, omnibus his civitatibus obsides imperat, certuin n&merum titilitum ad sé eeleriter adduci jussit, armorum quantum quæque civitas domi, quodque ante tempus efficiat, constituit : in primis equitatui studet. Summz diligenti» summam imperii severitatem addit ; thagnitudine supplicii dubitantes cogit : nam, majore commisso delicto , igtiè atque omnibus tormentis necat : leviore de causa, atribus desectis, aut singulis effossis oculis, domum remittit, ut sint reliquis documento et magnitudine pœnæ perterreant alios.

V. His suppliciis celeriter coacto exercitu , Lucteriam Cadurcum, summa hominem audacis, cum parte copiarum in Rutenos mittit ; ipse in Bituriges proficiscitur. Ejus adventu Bituriges ad

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