‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 190 sur 280 · LIVRE YII · texte numérisé non relu

LIVRE YII

du pays des Cadurques. Lui-même se rendit de sa personne chez les Bituriges. Ceux-ci, à son approche, envoient demander des secours à leurs alliés, les Éduens, afin de pouvoir résister plus facilement à l'ennemi. Les Éduens, suivant le conseil des lieutenants que César avait laissés auprés de l'armée, envoient aux Bituriges des cavaliers et des fantassins; mais, en arrivant à la Loire, qui sépare les Bituriges des Éduens, ces auxiliaires s'arrétérent quelques jours, n'osérent point passer lefleuve, retournérentchez eux, et envoyèrent des députés aux lieutenants pour leur dire qu'ils étaient revenus sur leurs pas, craignant d’être trahis. par les Bituriges, qui avaient, disait-on, le projet, lorsqu'ils auraient passé le fleuve, de tomber sur eux d'un eóté, tandis que les Arvernes les attaqueraient de l’autre. : Était-ce les motifs qu'ils alléguaient aux lieutenants qui les faisaient agir ainsi, ou bien nous trahissaient - ils? Nous ne savons rien de précis à cet égard, et il nous parait difficile de se prononcer avec certitude. Quand les Éduens furent partis, les Bituriges se joignirent aux Arvernes.

VI. Lorsque César apprit ces événements en Italie, le courage de Cneius Pompée avait déjà fait prendre aux

Æduos, quorum erant in fide, legatos mittnnt subsidium rogatum, quo facilius hostium copias sustipere possint. Ædui de consilio legatorum quos Cæsar ad exercitum reliquerat, copias equitatus peditatusque subsidio Biturigibus mittunt. Qui quum ad famen Ligerim venissent, quod Bituriges ab Æduis dividit, paucos dies ibi morati, neque flumen transire ausi, domum revertuntur, legatisque nostris renuntiant se Biturigum perfidiam Veritos reyertisse, quibus id consilii fuisse cognoverint , ut, si fumep transissent, una ex parte ipsi, altera Arverni se cireumsisterent. Id eane de causa, quam legatis pronuntiarunt, an perfidia adducti fecerint, quod nihil nobis constat, non videtur pro cerío esse proponendum. Bituriges eorum discessu statim cum Arverais junguntur.

Vl. His rebus ia Italiam Cesari nuntiatis, quum jam ille urbanas res virtnte Cnei Pompeii commodiorem in statum perve-

affaires de Rome une tournure plus favorable, et il partit pour la Gaule Transalpine. Lorsqu'il y fut arrivé, il eut de grandes difficultés à vaincre, car il ne savait comment rejoindre l'armée; en effet, s'il faisait venir les légions dans la Province, elles avaient pendant leur route, et en son absence, des combats à livrer; si, au contraire, il se rendait auprès de l'armée, il ne croyait point pouvoir sans danger confier sa vie à ceux qui dans ce moment paraissaient tranquilles.

VII. Sur ces entrefaites, le Cadurque Luctérius, envoyé chez les Ruténes, les engage dans le parti des Arvernes. 1} s'avance ensuite chez les Nitiobriges !* et les Gabales !5, en recoit des otages; et aprés avoir rassemblé une armée nombreuse, il se dirige vers la Province romaine, pour l'envahir du cóté de Narbonne. Informé de oes faits, César jugea qu'avant de songer à d'autres affaires il devait se rendre dans cette ville. Dés qu'il y fut arrivé , il rassura ceux qui avaient peur, établit des postes dans tous les lieux rapprochés de l'ennemi : chez les Rutènes, qui font partie de la Province ; chez les Volces Arécomiques *, chez les Tolosates", et autour de Narbonne; et il donna ordre à une partie des troupes de la Province et à la réserve qu'il

nisse intelligeret, in Transalpinam Galliam profectus est. Eo quum venisset, magna difficultate afficiebatur, qua ratione ad exercitum pervenire posset. Nam, si legiones in Provinciam arcesseret , se absente in itinere prelio dimicaturas intelligebat : si ipse ad exercitum contenderet, ne iis quidem eo tempore, qui quieti viderentur, suam salutem recte committi videbat.

VII. Interim Lucterius Cadurcus, in Rutenos missus, eam civitatem Arvernis conciliat. Progressus in Nitiobriges et Gabalos , ab utrisque obsides accipit et, magna coacta manu, ín Provinciam Narbonem versus eruptionem facere contendit. Qua re nuntiata, Cesar omnibus consiliis antevertendum existimavit, ut Narbonem proficisceretur. Eo quum venisset, timentes confirmat, præsidia in Rutenis provincialibus, Volcis Arecomicis, Tolosatibus, cireumque Narbonem, que loca hostibus erant finitima, constituit : partem copiarum ex Provincia supplementumque,

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