‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 205 sur 280 · LIVRE Vil · texte numérisé non relu

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minants de la montagne, présentait un spectacle effrayant. Chaque jour , de grand matin , il réunissait autour de lui les chefs des cités qu'il avait choisis pour conseillers, soit qu'il ait eu des communications à leur faire, soit qu "il ait fallu prendre quelque mesure; et presque tous les jours; afin qu'on pût juger de l'esprit et du courage de ses troupes, il engageait contre nous des cavaliers parmi lesquels il mélait des archers. En face de la ville, et au pied méme de la montagne, se trouvait une colline solidement fortifiée et taillée à pic de tous cótés; il semblait, si nous en étions maîtres, que l'ennemi serait privé d'une grande partie de ses eaux, et qu'il ne pourrait plus fourrager librement; mais il la faisait garder par une garnison, qui du reste n'était point trés-forte. Cependant, au milieu du silence de la nuit, César sort de son camp, et avant qu'on ait pu de la ville secourir cette garnison, il la culbute, s'empare de la colline, y place deux légions, et ouvre depuis le grand camp jusqu'au petit un double fossé de douze pieds, afin qu'on puisse circuler, méme isolément, sans avoir à craindre les attaques soudaines de l'ennemi.

atque omnibus ejus jugi collibus oceupatis, qua despiei poterat, horribilem speciem praebebat : principesque earum civitatium, quos sibi ad consilium capiendum delegerat, prima luce quotidie ad se jubebat convenire, seu quid communicandum, seu quid administrandum videretur : neque ullum fere diem intermittebat, quin equestri prelio, interjectis sagittariis, quid in quoque esset animi ac virtutis suorum, perspiceretur. Erat e regione oppidi collis sub ipsis radicibus montis, egregie munitus atque ex omni parte eircumcisus : (quem si tenerent nostri, et aque magna parte et pabulatione libera prohibituri hostes videbantur: sed is locus presidio ab his non nimis firmo tenebatur) ; tamen silentio noctis Casar, ex castris egressus, prius quam subsidio ex oppido veniri posset, dejecto præsidio potitus loco, duas ibi legiones col- Jocavit, fossamque duplicem duodenum pedum a majoribus castris ad minora perduxit, ut toto ab repentino hostium incursu etiam singuli commeare possent.

XXXVII. Tandis que ces choses se passent devant Gergovie , l'Éduen Convictolitanus, à qui César, comme nous l'avons dit, avait donné la magistrature, est gagné à prix d'argent par les Arvernes, et s'abouche avec quelques jeunes gens, à la téte desquels étaient Litaviccus et ses fréres, qui appartenaient à une famille trés-importante. 11 partage avec eux l'argent qu'il a recu, et les engage « à se souvenir qu'ils sont libres et nés pour l'empire; une seule cité, celle des Éduens, retarde l'inévitable triomphe de la Gaule; c'est elle qui, par son influence, contient les autres; si elle se détachait des Romains, ceux-ci n'auraient aucun moyen de se maintenir. Sans doute il a reçu quelques services de César, qui du reste n'a fait pour lui que ce qu'il devait faire; mais la liberté du pays passe avant tout, car pourquoi les Éduens prendraient-ils César pour arbitre de leur droit et de leurs lois, plutót que les Romains ne prendraient les Éduens? » Ces jeunes gens furent vite décidés par le discours du magistrat et par la récompense ; et comme ils sé déclaraient les chefs de l'entreprise, on cherchait par quels moyens on la ferait réussir, parce qu'on n'espérait pas amener facilement la cité à

XXXVII. Dum hsec ad Gergoviam geruntur, Convictolitanis Æduus, cui magistratum adjudicatum a Cæsare demonstravimus, sollicitatus ab Arvernis pecunia, cum quibusdam adolescentibus colloquitur, quorum erat princeps Litaviccus atque ejus fratres, amplissima familia nati adolescentes. Cum iis premium communicat, hortaturque «ut se liberos et imperio natos meminerint: eam esse Æduorum civitatem, quz certissimam Galliz victoriam detineat ; ejus auctoritate reliquas contineri ; qua traducta, locum consistendi Romanis in Gallia non fore : esse nonnullo se Gæsaris beneficio affectum, sic tamen, ut justissimam apud eum causam obtinuerit; sed plus communi libertati tribuere : cur enim potius Ædui de suo jure et de legibus ad Cæsarem disceptatorem, quam Romani ad Æduos, veniant? » Celeriter adolescentibus et oratione magistratus et premio deductis, quum se vel principes ejus consilii fore profiterentur, ratio perficiendi quærebatur, quod civitatem temere ad suscipiendum bellum adduci posse non contide-

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