‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 21 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

plus arrêtée, qu'il gardait la mémoire des faits que rappelaient les députés des Helvétes; que l'affront fait au peuple romain lui était d'autant plus sensible qu'il était moins mérité 55; que les Romains, s'ils avaient commis sciemment quelque provocation, auraient pu facilement se tenir sur leurs gardes ; mais qu'il avait été trompé, par cela seul qu'il n'avait rien fait pour avoir des craintes, et qu'il ne pensait pas devoir craindre sans motif. César, lors méme qu'il voudrait oublier l'ancienne injure, se rappellerait encore les nouvelles offenses. Comment ne pas se souvenir, en effet, qu'ils avaient malgré lui tenté de traverser de force la province? qu'ils avaient ravagé le pays des Éduens, des Ambarres, des Allobroges? S'ils se vantaient avec tant d'insolence de leur victoire, s'ils s'étonnaient que le châtiment de l'insulte eût tardé si longtemps ?', c'était la preuve que les dieux immortels accordent d'ordinaire, afin que les hommes soient plus profondément frappés par les vicissitudes de la fortune, une prospérité passagére et une longue impunité à ceux dont ils veulent punir les crimes: Quoi qu'il en soit cependant, s'ils lui livrent des otages, afin qu'il sache à quoi

quod eas fes, quas legati Helvetii commemorassent, memoria teneret, atque eo gravius ferre, quo minus merito populi Romani accidissent : qui si alicujus injurie sibi conscius fuisset, non fuisse difficile cavere ; sed eo deceptum, quod neque commissum a se intelligeret, quare timeret, neque sine causa timendum putaret. Quod si veteris contumeliæ oblivisci vellet, num etiam recentium injuriarum, quod eo invito iter per Provinciam per vim tentassent, quod /Eduos, quod Ambarros, quod Allobrogas vexassent, memoriam deponere posse ? Quod sua victoria tam insolenter gloriarentur, quodque tam diu se impune injurias tulisse admirarentur, eodet pertinere. Consuesse enim deos immortales, quo gravius homines ex commutatione rerum doleant, quos pro scelere eorum ulcisci velint, his secundiores interdum res et diuturniorem impunitatem concedere. Quum ea ita sint, tamen, si obsides ab iis sibi dentur, uti ea quz polliceantur, facturos intelligat, et si Æduis de injuriis, quas ipsis sociisque

s’en tenir sur l'exécution de leurs promesses, s'ils donnent satisfaction aux Éduens, ainsi qu'à leurs alliés, des dommages qu'ils leur ont causés, s'ils en agissent de méme à l'égard des Allobroges, il est prêt, quant à lui, à faire la paix. » Divicon répondit « que les Helvétes avaient été habitués par leurs aieux à recevoir des otages et non à en donner. Il en avait pour témoin le peuple romain. » Quand il eut parlé de la sorte, il partit.

XV. Le lendemain, les Helvétes lèvent leur camp : César fait comme eux. Il envoie en avant toute la cavalerie, composée de quatre mille hommes qu'il avait levés dans toute la province, ainsi que chez les Éduens et leurs alliés, pour reconnaitre la route que prenaient les ennemis. Cette troupe, en poursuivant leur arriére-garde avec trop d'ardeur, combattit la cavalerie des Helvétes sur un terrain défavorable, et perdit quelques hommes. Cette rencontre exalta les Helvétes, parce qu'avec cinq cents chevaux ils avaient repoussé une force aussi considérable; ils combattirent avec plus de courage, et leur arriéregarde escarmoucha plusieurs fois contre nous. César empéchait ses soldats d'engager l'action, et pour l'instant il

eorum intulerint, item si Allobrogibus satisfaciant, sese cum iis pacem esse facturum. » Divico respondit : « ita Helvetios a majoribus suis institutos esse, uti obsides accipere, non dare, consuerint : ejus rei populum Romanum esse testem. » Hoc responso dato, discessit.

XV. Postero die castra ex eo loco movent. Idem facit Cesar, equitatumque omnem, ad numerum quatuor millium, quem ex omni Provincia et /Eduis atque eorum sociis coactum habebat, premittit, qui videant quas in partes hostes iter faciant, Qui cupidius novissimum agmen insecuti, alieno loco cum equitatu Helvetiorum prelium committunt; et pauci de nostris cadunt. Quo prolio sublati Helvetii, quod quingentis equitibus tantam multitudinem equitum propulerant, audacius subsistere, nonnunquam et novissimo agmine proelio nostros lacessere cceperunt. Cæsar suos a proelio continebat, ac satis habebat in presentia hostem rapinis, pabulationibus populationibusque prohibere. ita

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