‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 216 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

le fleuve ou le brülérent. Ils levérent des troupes dans les Pays voisins, placórent des garnisons et des vedettes le long des rives dela Loire, et montrórent leur cavalerie sur tous les points, pour effrayer, couper les vivres aux Romains, et les forcer, s'ils le pouvaient, par la disette, à quitter la province, Ce qui les confirmait dans cette espérance, c'est que la Loire était grossie par la fonte des neiges, et qu'ils ne croyaient pas qu'on püt sur aucun point là passer à gué.

LVI. En apprenant ces événements, César pensa qu'il fallait se háter, afin de pouvoir combattre, s'il devait rencontrer quelques difficultés dans la construction des ponts, avant que des forces plus considérables ne fussent rassemblées. Il ne croyait pas que la crainte, méme dans le cas le plus urgent, dût le contraindre à changer de projet et à retourner vers la Province, car c'était là une lácheté qu'il eüt été honteux de commettre; les montagnes des Cévennes d'ailleurs lui fermaient la route; les chemins étaient difficiles. ll avait de grandes inquiétudes au sujet de Labiénus, dont il était séparé, et des légions qu'il avait fait partir avec lui. C'est pourquoi, par des marches for-

subito potuerunt navibus avexerunt, reliquum flumine atque incendia corruperunt; ipsi ex finitimis regionibus copias cogere, præsidia eustodiasque ad ripas Ligeris disponere equitatumque omnibus locia, injiciendi timoris causa, ostentare coeperunt, si ab re frumentaria Romanos excludere aut adductos inopia ex Provincia expellere possent. Quam ad spem multum eos adjuvabat, quod Liger ex nivibus ereverat, ut omnino vado non posse transiri videretur.

. LVI. Quibus rebus cognitis, Casar maturandum sibi censuit, si esset in perficiendia pontibus periclitandum, ut prius, quam essent majores eo coactæ copiæ, dimicaret. Nam, ut commutato consilio iter in Provinciam converteret, id ne metu quidem necessario faciundum existimabat, quum infamia atque indignitas rei et oppositua mons Cevenna viarumque difficultas impediebat, tum maxime, quod abjuncto Labieno atque iis legionibus, quas uua miserat, vehementer timebat. Itaque, admodum magnis diur-

cées de jour et de nuit, il arriva, sans que personne s'y attendit, aux bords de la Loire; les cavaliers trouvérent un gué praticable en raison de la gravité des circon- Stances, et qu'on pouvait traverser en ayant seulement les bras et les épaules hors de l'eau pour soutenir les armes; il disposa la cavalerie de manière à rompre la force du courant; les ennemis s'effrayérent en apercevant nos troupes, et l'armée traversa le fleuve sans éprouver aucune perte. César ayant trouvé dans les campagnes du blé et du bétail en abondance en fit de grands approvisionnements, et se dirigea vers le pays des Sénonais.

LVII. Tandis que ces choses se passaient du côté de César, Labiénus, ayant laissé à Agendicum pour garder les bagages les renforts récemment arrivés d'Italie, partit avec quatre légions pour Lutéce, ville des Parisiens, située dans une ile de la Seine. Les ennemis, en apprenant son arrivée, rassemblérent un grand nombre de troupes des cités voisines. On donna le commandement supréme à l'Aulerque Camulogéne, qui malgré son áge avancé fut appelé à cette dignité à cause de ses grands talents militaires. Celui-ci ayant remarqué un marais d'un seul tenant

nis nocturnisque itineribus confectis, contra omnium opinionem ad Ligerim venit; vadoque per equites invento, pro rei necessitate opportuno, ut brachia modo atque humeri ad sustinenda arma liberi ab aqua esse possent, disposito equitatu, qui vim fluminis refringeret, atque hostibus primo aspectu perturbatis, incolumem exercitum traduxit : frumentumque in agris et pecoris copiam nactus, repleto his rebus exercitu, iter in Senones facere instituit.

LVII. Dum hzc apud Caesarem geruntur, Labienus eo supplemento, quod nuper ex Italia venerat, relicto Agendici, ut .esset impedimentis presidio, cum quatuor legionibus Lutetiam proficiscitur. Id est oppidum Parisiorum , quod positum est in insula fluminis Sequanæ. Cujus adventu ab hostibus cognito, magnz ex finitimis civitatibus copiæ convenerunt. Summa imperii traditur Camulogeno Aulerco, qui, prope confectus xtate, tamen propter singularem scientiam rei militaris ad eum est honorem evocatus.

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