‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 226 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

cette guerre, et ils réunirent huit mille cavaliers et environ deux cent quarante mille fantassins. Ces troupes furent passées en revue et comptées sur le territoire des Éduens. On nomma les chefs; lc commandement fut donné à l'Atrébate Commius, aux Éduens Viridomare et Éporédorix , et à l'Arverne Vergasillaunus, cousin de Vercingétorix. On leur adjoignit des délégués choisis dans chaque cité pour les conseiller dans la direction de la guerre. Ils partirent pour Alise, remplis d'enthousiasme et de confiance; et ils croyaient tous qu'il était impossible de soutenir seulement l'aspect d'une si grande multitude, surtout dans une double attaque où les Romaius, assaillis du côté de la ville par les sorties des assiégés , auraient à combattre du cóté opposé de telles masses de cavalerie et d'infanterie.

. LXXVII. Pendant ce temps, ceux qui étaient bloqués dans Alise, voyant que le jour où ils attendaient des secours était passé, que tous leurs vivres étaient épuisés, et ne sachant pas ce qui se passait chez les Éduens, rassemblérent un conseil et délibérérent pour savoir comment ils se tireraient d'affaire. Les avis furent partagés; les uns voulaient se rendre, les autres proposaient de faire une sortie, tandis qu'il leur restait encore assez de forcés; et

circiter ccxL. Hac in Æduorum finibus recensebantur numerusque inibatur : præfecti constituebantur : Commio Atrebati, Viridomaro et Eporedorigi Æduis, Vergasillauno Arverno, consobrino Vercingetorigis, summa imperii traditur, His delecti ex civitatibus attribuuntur, quorum consilio bellum administraretur. Omnes alacres et fiduciæ pleni ad Alesiam proficiscuntur : neque erat omnium quisquam, qui aspectum modo tante multitudinis sustinere posse arbitraretur, presertim ancipiti prælio, quum ex oppido eruptione pugnaretur, foris tantæ copiæ equitatus peditatusque cernerentur.

LXXVI. At hi qui Alesiæ obsidebantur, præteri.a die, qua suorum auxilia exspectaverant, consumpto omni frumento, inscii quid in Æduis gereretur, concilio coacto, de exitu suarum fortunarum consultabant. Ac variis dictis sententiis, quarum pars deditionem, pars, dum vires suppeterent, eruptionem censebant, non præter-

de tout ce qui fut dit, on ne doit pas passer sous silence, à cause de sa cruauté odieuse et sans précédents, le discours de Critognate, qui était né chez les Arvernes dans un rang élevé, et jouissait d'un grand crédit : « Je ne parlerai pas, dit-il, de ceux qui donnent le nom de capitulation à la plus honteuse servitude. Je pense que de tels hommes ne doivent pas être comptés parmi les citoyens, ni admis au conseil. Je n'ai affaire qu'à ceux qui approuvent la sortie; car leur dessein, vous le reconnaisse£ tous, semble rappeler le souvenir de notre antique valeur. C'est montrer la faiblesse, et non pas la force de son ámo, que de ne pouvoir supporter quelques jouts de disette. Ceux qui courent de leur plein gré au-devant de la mort sont moins rares que ceux qui souffrent patiemment, J'approuverais le projet d'une sortie, tant le sentiment de l’honneur est puissant chez moi, si nous n'apportions pour enjeu rien autre chose que notre vie. Mais avant de prendre une résolution, regardons la Gaule tout entière, que nous avons appelée à notre secours. Lorsque quatre-vingt mille hommes auront été tués à la méme place, quel courage pensez-vous qu'il reste à nos amis et à nos parents, s'ils sont forcés, pour ainsi dire, de combattre sur nos cadavres?

eunda oratio Critognati videtur, propter ejus singularem ac nefariam crudelitatem. Hie summo in Arvernis ortus loco et magnæ habitus auctoritatis. « Nihil, inquit, de eorum sententia dicturus sum, qui turpissimam servitutem deditionis nomine appellant; neque hos habendos civium loco, neque àd concilium adhibendos censeo. Cum iis mihi res sit, qui eruptionem probant : quorum in consilio, omnium vestrum consensu, pristine residere virtutis memoria videtur. Animi est ista mollities, non virtus, paulisper inopiam ferre non posse. Qui se ultro morti offerant, facilius reperiantur, quam qui dolorem patieuter feraut. Atque ego hanc . sententiam probarem (tantum apud me dignitas potest?, si nullam, praeterquam vite nostr», jacturam fieri viderem; sed in consilio capiendo omnem Galliam respiciamus, quam ad nostrum auxilium cóncitavimus. Quid in hominum millibus Lxxx uno loco interfectis, propinquis consanguineisque nostris animi fore existimatis,

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