‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 227 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Gardez-vous de priver de votre appui ceux qui, pour vous sauver, n'ont point tenu compte du danger qu'ils allaient courir. Par votre folie, votre imprudence ou votre lâcheté, ne perdez pas la Gaule tout entière, ne la jetez pas dans une éternelle servitude. Parce qu'ils ne sont pas arrivés au jour dit, doutez-vous de leur fidélité et de leur dévouement? Croyez-vous donc que les Romains travaillent tous les jours sans motifs à élever des retranchements du cóté opposé à la ville? Si nous ne pouvons étre rassurés par les messages des Gaulois, c'est que tout accès pour arriver jusqu'à nous leur est fermé , mais nous avons les précautions de l'ennemi pour garants de leur approche, c'est elle qui l'effraye et lui fait passer le jour et la nuit au travail.

Maintenant, voiei mon avis : il faut faire ce qu'ont fait nos ancétres dans une guerre aussi terrible que celle-ci, dans la guerre des Cimbres et des Teutons : refoulés dans les villes, et comme nous épuisés par la disette, ils se sont nourris des corps de ceux qu'ils jugeaient, à cause de leur âge, inutiles à la défense, et ils n'ont pas capitulé. S'ils ne nous avaient point légué l'exemple d'une pareille résolution, je regarderais comme très-glorieux pour nous de le

si pæne in ipsis cadaveribus prelio decertare cogentur ? Nolite hos vestro auxilio exspoliare, qui vestre salutis causa suum periculum neglexerunt ; nec stultitia ac temeritate vestra , aut animi. imbecillitate, omnem Galliam prosternere et perpetue servituti subjicere. An, quod ad diem non venerunt, de eorum fide constantiaque dubitatis? Quid ergo? Romanorum manus in illis ulterioribus munitionibus sine causa quotidie exerceri putatis? Si illorum nuntiis confirmari non potestis, omni aditu præsepto ; his utimini testibus, appropinquare eorum adventum; cujus rei timore exterriti diem noctemque in opere versantur. Quid ergo mei consilii est? Facere quod nostri majores, nequaquam pari belle Cimbrorum Teutonumque, fecerunt ; qui in oppida compulsi, ac simili inopia subacti, eorum corporibus, qui state ad bellum inutiles videbantur, vitam toleraverunt neque se hostibus tradiderunt. Cujus rei si exemplum non haberemus, tamen libertatis causa institui et posteris prodi pulcherrimum judicarem. Nam

donner dans l'intérét de la liberté, et de le transmettre à nos descendants. Fut-il jamais en effet une autre guerre pareille à celle-ci ? Lorsque la Gaule fut ravagée, et qu'elle eut souffert les plus grands malheurs, les Cimbres s'éloignérent enfin et se portérent vers d'autres contrées; ils nous laissérent nos droits, nos lois, nos champs, la liberté; mais les Romains ne cherchent, ne veulent qu'une chose ; poussés par l'envie, parce qu'ils connaissent notre renommée et qu'ils nous savent puissants dans la guerre, ils tentent de s'établir sur nos terres et dans nos villes, et de nous imposer une servitude éternelle. Ils n'ont jamais fait la guerre dans un autre but. Si vous ignorez ce qu'ils font chez les peuples qui sont loin de vous, regardez cette partie de la Gaule qui vous touche, elle est réduite en province ; son droit et ses lois sont changés ; elle est humiliée sous les haches #, et réduite pour toujours en esclavage. » LXXVII. Quand chacun eut dit son avis, il fut décidé que ceux que la maladie ou l’âge rendait impropres à la guerre sortiraient de la ville, et qu'on essayerait tous les moyens avant d'adopter la proposition de Critognate; que du reste on userait de ce moyen si l'on y était forcé par

quid illi simile bello fuit? Depopulata Gallia, Cimbri, magnaque illata calamitate, finibus quidem nostris aliquando excesserunt atque alias terras petierunt; jura, leges, agros, libertatem nobis reliquerunt : Romani vero quid petunt aliud, aut quid volunt, nisi invidia adducti, quos fama nobiles potentesque bello cognoverunt, horum in agris civitatibusque considere, atque his æternam injungere servitutem? Neque enim unquam alia conditione bella gesserunt. Quodsi ea quz in louginquis nationibus geruntur, ignoratis : respicite finitimam Galliam, quz in provinciam redacta, jure et legibus commutatis, securibus subjecta, perpetua premitur servitute. »

LXXVIIL Sententiis dictis, constituunt ut hi qui valetudine aut etate inutiles sunt bello, oppido excedant atque omnia prius experiantur, quam ad Critognati sententiam descendant : illo tamen potius utendum consilio, si res cogat atque auxilia morentur, quam aut deditionis aut pacis subeundam conditionem. Mandubii,

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