‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 23 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

qui se faisait dans notre camp. Il ne pouvait, quant à lui, exercer à leur égard aucune répression ; et s'il était coniraint par la nécessité de révéler ces faits à César, il n'ignorait pas à quel grave danger il s'exposait, et, par ce motif, il avait gardé le silence aussi longtemps qu'il avait pu. »

XVIII. César comprit que ces paroles de Lisc s'appliquaientà Dumnorix, frère de Divitiac ; mais ne voulant point que de pareilles affaires fussent discutées devant plusieurs témoins, il congédie tout de suite les assistants, retient Lise, et, resté seul avec lui, il l'interroge sur ce qu'il avait dit dans l'assemblée. Celui-ci parle avec plus de franchise et de hardiesse. César s'enquiert confidentiellement des mémes faits auprés des autres Éduens et s'assure de leur exactitude : « C'est Dumnorix en personne qui méne toute l'affaire, l'audacieux Dumnorix, qui s'est acquis par ses largesses une grande autorité sur le peuple, et qui appelle de ses vœux les révolutions. Il avait depuis plusieurs années affermé à bas prix les péages et les autres revenus publics des Éduens, personne, aprés sa mise à prix, n'ayant osé surenchérir. Par ce moyen, il avait augmenté sa fortune, et s'était ménagé de grandes ressources pour faire

quz in castris gerantur, hostibus enuntiari: hos a se coerceri non posse. Quin etiam, quod necessario rem coactus Cæsari enuntiarit, intelligere sese, quanto id cum periculo fecerit, et ob eam causam, quam diu potuerit, tacuisse. » |

XVIII. Cæsar hac oratione Lisci Dumnorigem, Divitiaci fratrem, designari sentiebat, sed quod pluribus presentibus eas res jactari nolebat, celeriter concilium dimittit, Liscum retinet : quærit ex solo ea quz in conventu dixerat. Dicit liberius atque audacius. Eadem secreto ab aliis quærit; reperit esse vera: « ipsum esse Dumnorigem, summa audacia, magna apud plebem propter liberalitatem gratia, cupidum rerum novarum, complures annos portoria reliquaque omnia Æduorum vectigalia parvo pretio redempta habere, propterea quod illo licente contra liceri audeat nemo. His rebus et suam rem familiarem auxisse et facultates ad largiendutn magnas comparasse; magnum numerum equitatus

des libéralités. 11 entretenait toujours à ses frais et gardait autour de lui de nombreux cavaliers. Ce n'était pas seulement dans son pays, mais méme dans les cités voisines, qu'il était puissant ; et, dans l'intérét de cette puissance, il avait fait épouser à sa mère, chez les Bituriges*??, l'un des hommes les plus influents et les plus nobles de cette cité. Lui-méme avait pris femme chez les Helvétes et marié dans d'autres cités une sœur, qu'il avait du côté maternel, et ses autres parentes. En raison de cette alliance, il s'intéressait aux Helvétes et soutenait leur cause. De plus, il était l'ennemi personnel de César et des Romains ; car, à leur arrivée, son pouvoir s'était affaibli, et. Divitiac, son frére, réintégré dans ses honneurs, avait recouvré son ancienne autorité. Si les Romains étaient battus, il avait la ferme espérance d'arriver, par les Helvétes, au rang supréme; mais s'ils étaient les maitres, il perdait non-seulement l'espoir de régner, mais méme le crédit dont il avait joui jusqu'alors. » César apprit aussi, par cette enquéte, que dans le combat malheureux livré peu de jours auparavant par la cavalerie, c'était Dumnorix et ses hommes qui les premiers avaient pris la fuite, — car il commandait les cavaliers que les Éduens avaient envoyés

suo sumptu semper alere et circum se habere, neque solum domi, sed etiam apud finitimas civitates largiter posse, atque hujus potentie causa matrem in Biturigibus homini illic nobilissimo ac potentissimo collocasse, ipsum ex Helvetiis uxorem habere, sororem ex matre et propinquas suas nuptum in alias civitates collocasse. Favere et cupere Helvetiis propter eam affinitatem, odisse etiam suo nomine Cæsarem et Romanos, quod eorum adventu potentia ejus deminuta et Divitiacus frater in antiquum locum gratiæ atque honoris sit restitutus. Si quid accidat Romanis, summam in spem per Helvetios regni obtinendi venire : imperio populi Romani non modo de regno, sed etiam de ea, quam habeat, gratia desperare. » Reperiebat etiam in quærendo Casar, quod proelium equestre adversum paucis ante diebus esset factum, initium ejus fugæ factum a Dumnorige atque ejus equitibus (nam equitatui, quem auxilio Cesari Ædui miserant, Dumnorix

Page 1