‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 233 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

vivant. » On envoie des députés à César pour traitét de cette affaire. Il ordonne de livrer les armes, de lui amener les chefs; il se place en avant du camp, suf un retranchement, et c'est là que les chefs sont conduits. Vereingétorix lui est livré; les armes sont jetées devant lul 5. I] ne fit d'exception que pour les Éduens et les Arvérnes, dans l'espoir qu'il pourrait par leur entremise se rattacher les cités, et les autres prisonniers furent distribués par téte et ‘comme butin entre toute l'armée.

XC. Quand tout fut términé, il sé rend chez les Éduens et reçoit leur soumission ; les Arvernes lui envoient des députés pour l'assurer qu'ils sont prêts à faire ce qu'il leur enjoindra. 1l leur ordonne de livrer un grand nombre d’otages. 11 met les légions en quartiers d'hiver; il rend environ vingt mille prisonniers aux Éduens et aux Arvernes ; il fait partir T. Labiénus avec deux légions et la cavalerie pour le pays des Séquanes, et lui adjoint M. Sempronius Rutilus ; il place avec. deux légions le lieutenant C. Fabius et L. Minucius Basilus chez les Rémois, pour empécher leurs voisins , les Bellovaques, de leur causer quelque dommage. Il envoie, chacun avec une légion, C. Antistius Réginus chez les Ambivarétes, T. Sextius chez les Bituriges, C. Caninius Rébilus

pro castris consedit : eo duces producuntur. Vercingetorix deditur, arma projiciuntur. Reservatis Æduis atque Arvernis, si per eos civitates recuperare posset, ex reliquis captivis toto exercitu capita singula prædæ nomine distribuit.

XC. His rebus confectis, in Æduos proficiscitur; civitatem recipit. Eo legati ab Arvernis missi, qux» imperaret, se facturos pollicentur. Imperat magnum numerum obsidum. Legiones in hiberna mittit : captivorum circiter xx millia Æduis Arvernisque reddit : T. Labienum duabus cum legionibus et equitatu in Sequanos proficisci jubet: huic M. Sempronium Rutilum attribuit : C. Fabium legatum et L. Minucium Basilum cum duabus legionibus in Remis collocat, ne quam ab finitimis Bellovacis calamitatem accipiant. C. Antistium Reginum in Ambivaretos, T. Sextium in Bituriges, C. Caninium Rebilum in Rutenos cdm singulis legionibus mittit. Q. Tullium Ciceronem

.chez les Ruténes. 11 cantonne Q. Tullius Cicéron et P. Sulpicius à Cabillon et à Matiscone, dans le pays des Éduens, aux bords de la Saóne, et les charge de pourvoir aux subsistances. Les lettres de César ayant fait connaitre ces événements à Rome, des actions de gráces furent rendues aux dieux pendant vingt jours.

et P. Sulpicium Cabilloni et Matiscone in Æduis ad Ararim, rei frumentarie causa, collocat. Ipse Bibracte hiemare constituit. His rebus litteris Cesaris cognitis Romz dierum xx supplicatio redditur.

OBSERVATIONS DE L'EMPEREUR NAPOLÉON ler

Sur le septieme livre des Commentaires.

1. Dans cette campagne, César a donné plusieurs batailles et fait trois grands siéges, dont deux lui ont réussi; c'est la première fois qu'il a eu à combattre les Gaulois réunis. Leur résolution , le talent de leur général Vercingétorix, la force de leur armée, tout rend cette campagne glorieuse pour les Romains. Ils avaient dix légions, ce qui, avec la cavalerie, les auxiliaires, les Allemands, les troupes légéres, devait faire une armée de quatre-vingt mille hommes. La conduite des habitants de Bourges, celle de l'armée de secours, la conduite des Clermontais, celle des habitants d'Alise, font connaitre à la fois la résolution, le courage des Gaulois et leur impuissance par le manque d'ordre, de discipline et de conduite militaire.

2. Mais est-il vrai que Vercingétorix s'était renfermé avec quatrevingt mille hommes dans la ville, qui était d'une médiocre étendue? Lorsqu'il renvoie sa cavalerie, pourquoi ne pas renvoyer les trois quarts de son infanterie? Vingt mille hommes étaient plus que suffisants pour renforcer la garnison d'Alise, qui est un mamelon élevé, qui a trois mille toises de pourtour, et qui contenait d'ailleurs une population nombreuse et aguerrie. 11 n'y avait dans la place de vivres que pour trente jours ; comment donc enfermer tant d'hommes inutiles à la défense, mais qui devaient háter la reddition? Alise était une place forte par sa position ; elle n'avait à craindre que la famine. Si au lieu de quatre-vingt mille hommes, Vercingétorix n'eüt eu que vingt mille hommes, il eüt eu pour cent vingt jours de vivres, tandis que soixante mille hommes tenant la campagne eussent inquiété les assiégeants. 11 fallait plus de cinquante jours pour réunir une nouvelle armée gauloise, et pour qu'elle püt arriver au secours de la place. Enfin, si Vercingétorix eüt eu quatre-vingt mille hommes, peut-on croire qu'il se fût enfermé dans les murs de la ville? il eût tenu les dehors à mi-cóte, et fût resté campé, se couvrant de retranchements, prét à déboucher et à attaquer César. L'armée de secours était, dit César, de deux cent quarante mille hommes. Elle ne campe

pas, ne manœuvre pas comme une armée si supérieure à celle de l'ennemi, mais comme une armée égale. Aprés deux attaques, elle détache soixante mille hommes pour attaquer la hauteur du nord : ce détachement échoue, ce qui ne devait pas obliger l'armée à se retiser en désordre.

9. Les ouvrages de César étaient considérables ; l'armée eut quarante jours pour les construire, et les armes offensives des Gaulois étaient impuissantes pout détruire de pareils obstacles. Un pareil problème pourrait-il être résolu aujourd'hui? cent mille hommes pourralent-ils bloquer une place par des lignes de conttevallatioti, et se mettre en sûreté contre les attaques de ceñt mille hommes derrière ‘sa circonvallatión ?

ps)

4. Géhabum, Orléans, suivant les uns; Glen, suivant les autres. (Vois, sur ette ville, Mercure de France, 1733, août ; 1737, juin et août; 1739, septembre ; 4740, janvier.)

$. Voir, pour l'explication de ce chapitre, Mémoires de l'Académie des inscriptions, hist., t. Y, p. 68, 9e série.

Trois cent soixante à quatre cents crieurs, placés à un detail quart de liens de distance l’un de l’autre (à 312 toises et demie ), ont pu suffire pour transhettre, en moins de temps que César n'en indique, la nouvelle du massacre d'Orléans, en Auvergne, à une distance de 49 lieues moyennes ou 460 milles romains. (woNozs-)

3. Le nom de Vercingétorix et celui de Cingétorix paraissent bien n’avoir été que des titres de commandement. Cinn-cédo-righ, chef de cent têtes, capitaine, et dans un sens plus étendu, général; Ver-cinn-cédo-righ, grand capitaine, généralissime. Ces deux Gaulois portaient des noms qui nous sont inconnus. (Ax&sáz TRINARY.) Voir, sur Vercingétorix, Mémoires de l'Académie des inscriptions vire série, t. VI, p. 636, 637, 640, 643 et suiv,; et t. VIII, p. 452 et suiv.

À. Gergovie, capitale des Arvernes, était située sur une montagne escarpée et presque isolée, qui porte encore le nom de mont Gergoie, à une lieue de l'emplacement actuel de Clermont-Ferrand. Voir, la carte de cette montagne et de ses environs, dans le Recueil des monuments antiques découverts dans la Gaule, par Grivaud de la Vincelle, Paris, 1817, in-4o, p. 82. — Pasumot, dans ses Mémoires géographiques, Paris, 1765, a très-bien déterminé l’ancien emplacement de cette ville,

5. Si l'on en croyait le conquérant romain, il n'aurait eu contre lui eu Gaule que les voleurs de grands chemins et les repris de justice. — (amkpkz rHixRAY.)

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