‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 242 sur 280 · LIVRÉ VIII · texte numérisé non relu

LIVRÉ VIII

avant d'avoir pü fuir dans les villes. César, en effet, avait défendu de mettre le feu aux maisons, afin que l'incendie, qui d'ordinaire marche avec les invasions, ne révélát point la présence d'une armée ennemie; il craignait de plus [en livrant tout aux flammes] de manquer de fourrages et de grains, dans le cas où il voudrait aller plus loin, et d'effrayer les habitants. On fit plusieurs milliers de prisonniers; et ceux des Bituriges qui avaient pu au moment même de notre apparition prendre la fuite, se retirérent dans lés cités voisines, et se crurent en sûreté chez leurs hôtes particuliers ou chez leurs alliés; mais ils se trompérent, car César, par des marches rapides, se porta sur tous les points sans donner le temps à aucun de ces peuples de penser à son propre salut plutót qu'à celui des autres; et par la promptitude de ses mouvements, il maintenait nos alliés dans le devoir et décidait par la crainte ceux qui hésitaient à traiter de la paix. En présence de cette situation , les Bituriges, voyant que la clémence de César leur ouvrait de nouveau l’açcès de ses bonnes grâces, que les cités voisines n'avaient eu pour tout chátiment qu'à donner des otages, et qu'elles étaient rentrées dans l'alliance romaine, suivirent leur exemple.

sent: namque etiám illud vulgare incursionis hostium signum, quod incendiis ædificiorum intelligi consuevit, Cesaris erat interdicto sublatum : ne aut copia pabuli framentique, si longius progredi vellet, deficeretur ; aut hostes incendiis terrerentur. Multis hominum millibus captis, perterriti Bituriges, qui primum adventum potuerant effugere Romanorum , in finitimas civitates, aut privatis hospitiis confisi, aut societate consiliorum , confugerant. Frustra : nam Cesar magnis itineribus omnibus locis occurrit; nec dat ulli civitati spatium de aliena potius quam de domestica salute cogitandi : qua celeritate et fideles amicos retinebat et dubitantes terrore ad conditiones pacis adducebat. Tali conditione proposita, Bituriges, quum sibi viderent clementia Cæsaris reditum patere in ejus amicitiam , finitimasque civitates sine ulla pena dedisse obsides atque in fidem receptas esse, idem fecerunt.

IV. Pour récompenser les soldats de taht de fatigues et de la résignation qu'ils avaient montrée pendant l'hiver dans les marches les plus pénibles et par des froids insupportables, en faisant toujours leur devoir avec le plus grand zéle, César promit à titre de butin deux cents sesterces à chaque homme et deux mille aux centurions *. Il renvoya les légions dans leurs quartiers d'hiver et se rendit à Bibracte, qu'il avait quittée depuis trente jours. Là; pendant qu'il était occupé à rendre la justice, les Bituriges lui envoyèrent des députés pour se plaindre des Carnutes, qui les avaient attaqués, et lui demander des secours contre eux. Sur cet avis, quoiqu'il ne füt revenu que depuis dixhuit jours à Bibracte, il fit venir la quatorziéme et la sixiéme légion des bords de la Saóne, oü elles hivernaient et où il les avait mises en cantonnement pour assurer ses vivres, comme on l'a vu plus haut. Ce fut avec ces troupes qu'il partit pour se mettre à la poursuite des Carnutes.

V. Quand la nouvelle de cette expédition arriva chez les ennemis, les Carnutes s'effrayérent du désastre des autres peuples; et aprés avoir abandonné les bourgs et les refuges, où ils avaient élevé à la hâte de chétives cabanes pour s'abriter contre les rigueurs de l'hiver, — car de-

IV. Cesar militibus pro tanto labore ac patientia, qui brumalibus diebus, itineribus difficillimis, frigoribus intolerandis, studiosissime permanserant in labore, ducenos sestertios, centurionibus.duo millia nummum prede nomine condonata pollicetur; legionibusque in hiberna remissis, ipse se recepit diexxx Bibracte. Ibi quum jus diceret, Bituriges ad eum legatos mittunt, auxilium petitum contra Carnutes, quos intulisse bellum sibi querebantur. Qua re cognita, quum dies non amplius decem et octo in hibernis esset moratus, legiones quartam et. decimam et sextam ex .. hibernis Arare educit ; quas ibi collocatas explicandæ rei frumentariæ causa, superiore commentario demonstratum est. 1ta cum duabus legionibus ad persequendos Carnutes proficiscitur.

V. Quum fama exercitus ad hostes esset perlata, calamitate ceterorum ducti Carnutes, desertis vicis oppidisque, quz tolerandæ hiemis causa , constitutis repente exiguis ad necessitatem

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