‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 243 sur 280 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

puis leurs dernières défaites ils avaient déserté la plupart de leurs villes, — ils se dispersèrent et s'enfuirent. César, ne voulant point que les soldats fussent exposés aux violentes tempétes qui éclatent surtout dans cette saison, établit son camp à Génabum, ville des Carnutes, et il les mit. à couvert, les uns dans les maisons des Gaulois, les autres dans les cabanes inachevées [abandonnées par les Carnutes], qu'il fit à la háte recouvrir de paille pour protéger les tentes. 11 envoya les cavaliers et les fantassins auxiliaires sur tous les points où l'on disait que les ennemis s'étaient retirés; et ce ne fut pas en vain, car la plupart de nos hommes revinrent avec un butin considérable. Réduits à la derniére extrémité par les rigueurs de l'hiver, démoralisés par le danger qui les menaçait et chassés de leurs demeures, les Carnutes, qui n'osaient point s'arréter longtemps dans le méme endroit et ne pouvaient trouver d'asile dans les foréts battues par des ouragans impétueux, se dispersérent, aprés avoir perdu un grand nombre des leurs, et disparurent pour se réfugier chez les peuples voisins. |

VI. Ce fut assez pour César d'avoir dissipé les bandes qui cherchaient à se réunir, et prévenu par là les hosti-

ædificiis, incolebant ( nuper enim devicti complura oppida dimiserant ), dispersi profugiunt. Cesar erumpentes eo maxime tempore accerrimas tempestates quum subire milites nollet, in oppido Carnutum Genabo castra ponit , atque in tecta partim Gallorum, partim quz, conjectis celeriter stramentis tentoriorum integendorum gratia, erant inædificata, milites contegit: equites tamen et auxiliarios pedites in omnes partes mittit, quascumque petisse dicebantur hostes : nec frustra ; nam plerumque magna præda potiti nostri revertuntur. Oppressi Carnutes hiemis difficultate, terrore periculi, quum tectis expulsi nullo loco diutius consistere auderent, nec silvarum przsidio tempestatibus durissimis tegi possent, dispersi, magna parte amissa suorum, dissipanturin finitimas civitates.

VI. Cesar tempore anni difficillimo quum satis haberet convenientes manus dissipare, ne quod initium belli nasceretur; quantumque in ratione esset, exploratum haberet, sub tempus æsti-

lités; il avalt d'ailleurs toute raison dé penser qu'aucune guerre importante n'éclaterait avant l'été; et il placa les deux légions qu'il avait avec lui en quartiers d'hiver à Génabum, sous les ordres de C. Trébonius. Les Rémois l'ayant informé par de nombreux messages que les Bellovaques, réputés les plus braves des Gaulois et de tous les Belges, ainsi que les peuplades voisines, rassemblaient une armée sous les ordres du Bellovaque Corrée et de l'Atrébate Commius, et que cette armée se concentrait pour frapper en masse un grand coup sur le pays des Suessiones, alliés des Rémois, il jugea qu'il importait non-seulement à son honneur, mais encore à sa propre sécürité, d'empécher que des alliés fidéles, qui avaient bien mérité de la république, n'éprouvassent quelque désastre; il appela donc une seconde fois la onziéme légion de ses quartiers d'hiver; il écrivit en même temps à C. Fabius d'amener sur les frontiéres des Suessiones les deux légions qu'il comnrandait, et il fit venir l'une des deux autres qui se trouvaient avec T. Labiénus. Ainsi, autant que la situation des quartiers et les nécessités de la guerre pouvaient le permettre, il partageait entre toutes les légions, à tour de róle, les fatigues de la guerre, sans jamais se reposer lui-méme.

vorum nullum summum bellum posse conflari: C. Trebonium cum duabus legionibus, quas secum habebat, in hibernis Genabi collocavit; ipse, quum crebris legationibus Remorum certior fleret, Bellovacos, qui belli gloria Gallos omnes Belgasque præstabant, flnitimasque his civitates, duce Correo Bellovaco et Commio Atrebate, exercitus comparare atque in unum locum cogere, ut omni multitudine in flnes Suessionum, qui Remis erant attributi, facerent impressionem ; pertinere autem non tantum ad dignitatem, sed etiam ad, salutem suam judicaret, nullam calamitatem socios optime de republica meritos accipere: legionem ex hibernis evocat rursus undecimam, litteras autem ad C. Fabium mittit, uti in fines Suessionum legiones duas, quas habebat, adduceret, alteramque ex duabus ab T. Labieho arcessit. Ita, quantum hibernorum opportunitas bellique ratio postulabat, perpetuo suo labore, in vicem legionibus expeditionum onus injungebat.

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