LIVRE VIII
comme un grand nombre d'habitants quittaient les villes et fuyaient des campagnes pour se soustraire à sa domination, il résolut de distribuer son armée sur différents points. J1 s'adjoint le questeur M. Antoine avec la onzième légion , et il envoie le lieutenant C. Fabius avec vingt-cinq cohortes à l'extrémité opposée de la Gaule, parce qu'on disait que de ce cóté quelques cités avaient pris les armes, et qu'il ne croyait pas que le lieutenant C. Caninius Rébilus, qui commandait dans cette partie, fût assez fort avec deux légions. Il appelle auprés de lui T. Labiénus, et il détache dans la Gaule qui porte la toge la douzième légion, qui avait passé l'hiver avec lui, pour protéger les colonies romaines, et les préserver de malheurs pareils à ceux que les courses des barbares avaient fait subir l'été précédent aux Tergestins, qui avaient été pillés à l'improviste et ruinés par cette invasion. Quant à lui, désespérant de soumettre Ambiorix, qui frappé de terreur avait pris la fuite, il partit pour ravager son pays, pensant qu'il était de sa dignité d'y exercer une telle destruction, sans épargner ni les habitants, ni les maisons, ni les troupeaux, qu'Ambiorix en horreur aux siens, si par hasard quelques hommes échappaient à nos coups, ne püt jamais, aprés
presens imperium evitandum : plures in partes exercitum demittere constituit; M. Antonium quaestorem cum legione undecima sihi conjungit; C. Fabium legatum cum cohortibus xxv mittit in diversissimam Gallix partem ; quod ibi quasdam civitates in armis esse audiebat, neque C. Caninium Rebilum, legatum, qui in illis regionibus præerat, satis firmas duas legiones habere existimabat. T. Labienum ad se evocat, legionem autem duodecimam qua cum eo fuerat in hibernis, in Togatam Galliam mittit, ad colonias civium Romanorum tuendas; ne quod simile incommodum accideret decursione barbarorum, ac superiore zstate Tergestinis acciderat, qui repentino latrocinio atque impetu illorum erant oppressi. Jpse ad vastandos depopulandosque fines Ambiorigis proficiscitur, quem perterritum ac fugientem quum redigi posse in suam potestatem desperasset, proximum suæ dignitatis esse ducebat, adeo fines ejus vastare civibus, ædificiis, pecore, ut odio suorum Am-
de si grands malheurs, trouver de retraite dans la cité.
XXV. Aprés avoir lancé les légions ou les auxiliaires dans le pays d'Ambiorix, livré tout au massacre, à l'incendie, au pillage, tué et pris un grand nombre d'hommes, César envoya Labiénus avec deux légions dans la cité des Trévires, qui, aguerris par des combats continuels à cause de leur voisinage avec les Germains, dont ils avaient à peu près les mœurs et le caractère sauvage, n'obéissaient jamais que quand ils y étaient contraints par des troupes.
XXVI. Pendant ce temps , Duratius, qui était toujours resté fidéle aux Romains, quoiqu'une partie de sa nation les eût abandonnés, informa par des lettres et des courriers le lieutenant C. Caninius que de grandes masses d'ennemis s'étaient rassemblés sur les frontiéres des Pictons, et celui-ci partit pour se rendre à Lémonum. Lorsqu'il approchait de cette place, des prisonniers lui confirmérent que plusieurs milliers d'hommes, sous la conduite de Durmnacus, chef de Andes, tenaient Duratius bloqué dans Lémonum ; et comme il n'osait point attaquer l'ennemi avec le peu de troupes dont il disposait, il établit son camp dans une forte position. Dumnacus, en apprenant l'arrivée de Caninius, résolut de se tourner avec toutes ses forces
biorix, si quos fortuna reliquos fecisset , nullum reditum propter tantas calamitates haberet in civitatem.
XXV. Quum in omnes partes finium Ambiorigis aut legiones aut auxilia dimisisset , atque omnia cædibus, incendiis , rapinis vastasset, magno numero hominum interfecto aut capto, Labienum cum duabus legionibus in Treveros mittit, quorum civitas, propter Germanis vicinitatem quotidianis exercita bellis, cultu et feritate non multum a Germanis differebat, neque imperata unquam, nisi exercitu coacta, faciebat.
XXVI. Interim C. Caninius legatus, quum magnam multitudinem convenisse hostium in fines Pictonum litteris nuntiisque Duratii cognosceret, qui perpetuo in amicitia Romanorum permanserat, quam pars quzdam civitatis ejus defecisset ; ad oppidum Lemenum contendit. Quo quum adventaret, atque ex captivis certius cognosceret, multis hominum millibus a Dumnaco, duce