‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 259 sur 280 · LIVRE VIIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIIL

des troupes, frappé de terreur, serait battu sans peine; et il regardait comme un grand bonheur qu'aucun de ceux qui avaient échappé au carnage ne se fût retiré dans le camp de Drappés, pour lui annoncer le désastre ; dà reste, comme . il ne voyait aucun danger à tenter un coup de main, il envoya vers ce camp toute la cavalerie et les fantassins germains, dont l’agilité est incomparable; il distribua une légion dans les trois camps, et lui-même se mit à la tête d'une autre sans bagages. Lorsqu'il se fat rapproché de l'ennemi, il apprit par les éclaireurs que les barbares, suivant leur coutume, avaient quitté iles hauteurs pour établir leur camp sur les bords d'une riviére; que les Germains ainsi que la cavalerie, s'étant portés rapidement contre eux, les avaient surpris au moment où ils ne s'attendaient à tien, et que l'affaire était engagée. Sur cet avis, il s’avance avec la légion rangée en bataille et prête au combat. Le signal est donné tout à coup sur toute la ligne, et les hauteurs sont enlevées. Dans ce moment, les Germains et les cavaliers, en voyant les enseignes de la légion, combattent avec une vigueur nouvelle ; les cohortes chargent en méme temps de tous les cótés, les ennemis sont tous tués ou pris, et nos soldats s'emparent d'un

gato duce altero, perterritos reliquos facile opprimi posse : magnx felicitatis esse arbitrabatur, neminem ex cæde refugisse in castra, qui de accepta calamitate nuntium Drappeti perferret. Sed in experiundo quum periculum nullum videret, equitatum omnem Germanosque pedites, summ velocitatis homines, ad castra hostium præmittit : ipse legionem unam in [trina] castra distribuit, alteram secum expeditam ducit. Quum propius hostes accessisset, ab exploratoribus, quos premiserat, cognoscit, castra eorum, ut barbarorum fere consuetudo est, relictis locis superioribus, ad ripas fluminis esse demissa; at Germanos equitesque imprudentibus omnibus de improviso advolasse, prœliumque commisisse. Qua re cognita , legionem armatam instructamqne adducit. fta, repente omnibus ex partibus signo dato, loca superiora capiuntur. Quod ubi accidit, Germani equitesque, signis legionis vísis, vehementissime proliantur: confestim cohortes undique impe-

butin considérable : Drappés lui-même est fait prisonnicr.

XXXVII. Aprés l'heureuse issue de cette affaire, où nos pertes furent presque nulles, Caninius revint assiéger la ville. Débarrassé des ennemis du dehors, dont la crainte l'avait forcé jusqu'alors à éparpiller ses forces, en l'empéchant d'entourer complétement la place dans ses lignes, il ordonna de continuer les travaux sur tous les points. Le lendemain, C. Fabius vint le rejoindre avec ses troupes, et se chargea d'assiéger l'un des côtés de la ville.

XXXVIII. Pendant ce temps, César laissa le questeur M. Antoine avec quinze cohortes chez les Bellovaques, pour empécher les Belges de tenter quelques nouvelles entreprises. Il visita lui-méme les autres cités, demanda un grand nombre d'otages, et rendit le courage, par ses exhortations, à tous ceux qui avaient peur. Lorsqu'il arriva chez les Carnutes, dont les conseils, ainsi qu'on l'a vu plus haut, avaient provoqué la guerre, il s’aperçut que le souvenir de leur faute leur causait de vives inquiétudes; et pour les rassurer promptement , il demanda pour le livrer au supplice Gutruat, l'auteur de la révolte et l'nstigateur de la guerre; et quoique

tum faciunt, omnibusque aut interfectis aut captis, magna prada potiuntur : capitur ipse eo proelio Drappes.

XXXVII. Caninius, felicissime re gesta, sfne ullo pene militis vulnere, ad obsidendos oppidanos revertitur; externoque hoste deleto, cujus timore antea dividere præsidia et munitione oppidanos circumdare prohibitus erat, opera undique imperat administrari. Venit eodem cum suis copiis postero die C. Fabius, partemque oppidi sumit ad obsidendum.

XXXVIII. Cæsar interim M. Antonium quæstorem cum cohortibus xv in Bellovacis reliquit, ne qua rursus novorum consiliorum ad capiendum bellum facultas daretur : ipse reliquas civitates adit, obsides plures imperat, timentes omnium animos consolatione sanat. Quum in Carnutes venisset , quorum [consilio] in civitate superiore commentario Czsar exposuit initium belli esse ortum, quod precipue eos propter conscientiam facti timere ani

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