LIVRE VIII
d'une influence considérable. Quant à lui, il partit pour l'Italie.
LVI. 1l apprit en arrivant que les deux légions qui devaient, conformément au sénatus-consulte, partir pour la guerre des Parthes avaient été remises à Cn. Pompée par le consul C. Marcellus, et qu'elles étaient retenues en Italie. Ce fait ne permettait plus de douter qu'il se préparait quelque chose contre César, mais celui-ci crut devoir tout supporter plutót que de faire la guerre , aussi longtemps qu'il lui resterait l'espoir de combattre par les voies guess 1! demanda... .
quorum auctoritas summa esset, exercitibus continerentur. Ipse in Italiam profectus est.
LV. Quo quum venisset, cognoscit per C. Marcellum consulem legiones duas ab se remissas, quæ ex senatusconsulto deberent ad Parthicum bellum duci, Cn. Pompeio traditas atque in Italia retentas esse, Hoc facto, quanquam. nulli erat dubium, quidnam contra Cesarem pararetur, tamen Caesar omnia patienda esse statuit, quoad sibi spes aliqua relinqueretur jure potius disceptandi, quam belli gerundi. Contendit ""*.
OBSERVATIONS DE L'EMPEREUR NAPOLÉON Ier
Sur le huitième livre des Conimentaires.
1. Dans cette campagne, César n’éprouva de résistance que de la part des Beauvoisins ; c'est qu'ellectivement ces peuples n'avaient pas eu, ou n'avaient pris que peu de part à la guerre de Vercingétorit; ils n'eurent que deux mille hommes devant Alise; ils opposérent plus de résistance , parce qu'ils mirent plus d'habileté et de prudence que n'avaient encore fait les Gaulois; mais les autres Gaulois n'en ont fait aucune en Berri comme à Chartres ; tous sont frappés de terreur et càdent.
2. La garnison de Cahors était formée du reste des armées gauloises. Le parti que prit César de faire couper la main à tous les s0ldats était bien atroce. 11 fut clément dans la guerre éivile envers les siens, mais crucl et souvent féroce contre les Gaulois.
1. Aulus Hirtius, né d'une famille illustre, fit la guerre des Gaules avec César, qui lui portait beaucoup d'affection. 11 fut également lie avec Ciceron qui le mentionne plusieurs fois dans ses lettres. Nommé consul avec C. Vibius Pansa, il marcha en 711, 43 ans avant J.-C., au secours de Brutus, qu'Autoine tenait bloque dans Modene. 11 remporta sur ce dernier une victoire signalée, mais il fut tué dans l'action. « On ne peut pas affirmer, dit la Biographie universelle, qu'Hirtius soit positivement l'auteur du Ville livre des Commentaires. Du temps de Suétone, il y avait déjà des doutes à cet égard. Les uns attribuaient, dit cet historien, la continuation de César à Oppius ; d'autres à Hirtius,» mais c'est cette derniére opinion qui a prévalu. (Voir sur Hirtius : Suétone, César, c. tui. — Juste Lipse, in lib., Ann. Taciti. — Vossius, de Hist. Latinis.)
2. Balbus, né à Cadix, fut le premier étranger qui obtint à Rome les honneurs du consulat. (Voy. Vell. Paterculus, liv. LL, c, Li.) 1l s'etait distingué dans la guerre contre Sertorius, et il merita successivement la bienveillance de Pompée et de César. C'est pour lui que Ciceron a compose le plaidoyer pro C, Balbo.
8. I1 s'agit ici de la guerre civile, à laquelle César a consacré trois livres. Les manusorits portent non comparantibus ; les éditions non comparandos ou comparandis. M. Schneider a corrigé par le mot non cohærentibus, et nous avons avec M. Dübner adopté eette heureuse correction qui éclaircit un passage jusqu'alors inintelligible.
4. Cicéron (Brulus, c. xxv.) juge les Commentaires à peu près de la méme maniére :
« Commentarios scripsit valde quidem probandos; nudi sunt, recti et venusti, omni ornatu orationis tanquam veste detracta ; sed dum voluit alios habere parata, unde sumerent qui vellent scribere historiam, ineptis gratum fortasse fecit, qui volent illa calamistris inurere; sanos quidem homines a scribendo deterruit. »
5. Duo millia, d’après un seul manuscrit ; tous lesautres portent tot millia, 200, ce qui a paru trop. (nusxER.) |
Le sesterce valait deux as et demi; l'as valait deux sols de notre monnaie; ainsi, le sesterce valait ciuq sols, conséquemment deux cents sesterces valaient cinquante. livres, et deux mille, cinq cents livres de notre monnaie. (ruRPIN DE cuissk.)
6. Ce passage peut offrir quelque ambiguité. L'auteur latin veut-il dire qu'en se retirant les Rémois.prirent une allure plus rapide que celle que prennent ordinairement les cavaliers en battant en retraite ; ou bien que, quoique repoussés par des fantassins, ils s'enfuirent plus vite encore qu'ils ne l'auraient fait s'ils avaient été battus et poursuivis par des cavaliers ? C'est là une difficulté que nous soumettons au lecteur. |
7. Non intermittii ; César, sous-entendu. Les traducteurs ont faussé le sens en disant: 1| ne se passait point de jour; en traduisant ainsi, intermit(it n'a ni sujet ni régime. :
8. Sine periculo. Les éditions, d’après deux manuscrits, portent sine cibariis.
(pusnen.)
9. Sedere, mot altéré. Le sens parait exiger une idée telle que per manus inter se (radere. Cette remarque est de M. Dübner, et nous y souscrivons complétement. César, en effet, ne parle point de cette coutume, et il est peu probable que les Gaulois, en se rangeant en bataille, se soient assis.
10. La pensée d'Hirtius est ici fort loin d'étre claire, et l'on s'en apercoit aux efforts de la plupart des traducteurs et aux différences qui existent entre les diverses versions : le tum multitudine ipsorum deirimen(um accipitur est rendu, dans M. Turpin de Crissé, par: alors le nombre nuit plus qu'il ne sert; et dans M. Baudement par : manœuvre qui devient nuisible par la confusion qu'elle produit. Il nous semble que ces deux sens s'éloignent tout à fait du latin, et qu'ils n'offrent point l'idée qui est contenue dans le texte. Pour justifier notre interpretation, nous dirons que, tout en suivant le latin, nous l'avons tirée des faits euxmèmes. 1l est évident que quand des cavaliers se serrent l'un contre l'autre, par le seul fait de la pression des chevaux il peut arriver des accidents; et il est encore évident qu'une masse compacte, harcelée par des fourrageurs et des archers, doit essuyer des pertes sensi^:es. Nous nous sommes basé sur ces deux points pour traduire comme nous l'avons fait.
11. Uxellodunum. Cahors, suivant Sanson ; Capdenac, suivant M. Champollion- Figeac ; Issoudun, suivant d'autres. Danville place cette ville sur une montagne appelée le Puech d'[ssolu, daus le département du Lot; et M. Walkenaër dit que
la véritable position est inconnue. Ces divergences entre l'opinion des savants sont une nouvelle preuve de la difficulté que l'on éprouve à déterminer d'une maniere précise la situation de certaines villes gauloises.
13. Vineas proferre. La plupart des traducteurs ont rendu ce passage d'une maniere inexacte en disant que les soldats romains s'avancerent à la faveur des mantelets. 11 est évident qu'il s'agit de machines qu'on rapproche de l'ennemi ; proferre indique nettement le sens que nous avons adopté.