LIVRE VIII
effet, C. Curion, tribun du peuple, qui s'était chargé de défendre les intéréts et les honneurs de César, avait souvent dit au sénat que, « si l'armée de César faisait ombrage, Parmée et la puissance de Pompée n'étaient pas moins effrayantes pour la république ; qu'ils devaient tous deux déposer les armes et licencier leurs troupes; qu'ainsi Rome redeviendrait libre et recouvrerait ses droits. » Nonseulement Curion fit cette motion, mais il allait la faire mettre aux voix, quand les consuls et les amis de Pompée S'y opposérent; et le sénat se sépara en calmant l'affaire.
LIH. C'était là un grand témoignage des sentiments de tous les sénateurs, témoignage qui concordait avec un autre fait plus ancien; car l'année précédente, Marcellus, qui cherchait à perdre César d'honneur, avait proposé, contrairement à la loi de Pompée et de Crassus, de le rappeler de son gouvernement avant l'expiration de sa charge. Quand on eut recueilli les avis, Marcellus, qui cherchait à se rendre important en ruinant le crédit de César, voulut vainement faire admettre sa motion ; l'assemblée en masse ne S'occupa que des autres affaires; les ennemis de César
temque defendendam suscepisset, sæpe erat senatui pollicitus, «si quem timor armorum Cæsaris læderet, et, quoniam Pompeii dominatlo atque arma non minimam terrorem foro inferrent , discederet uterque ab armis exercitusque dimitteret; fore eo facto liberam et sui juris civitatem.» Neque hoc tantum pollicitus est ; sed etiat per se discessionem facere cepit: quod ne fieret, consules amicique Pompeii jusserunt, atque ita rem moderando discesserunt.
LIII. Magnum hoc testimonium senatus erat universi convefiensque superiori facto. Nam Marcellus proximo anno, quum impugnaret Cæsaris dignitatem, contra legem Pompeli et Crassi retulerat ante tempus ad senatum de Cæsaris provinciis, sententiisque dietis, discessionem faciente Marcello, qui sibi omnem dignitatem ex Caesaris invidia quærebat , senatus frequens in alia omnia transiit. Quibus non frangebantur animi inimicorum Cxsaris, sed admonebantur, quo majores pararent neces-
n'en furent point abattus, mais ils se regardérent comme avertis d'avoir à nouer de plus fortes intrigues pour forcer le sénat à adopter ce qu'ils proposeraient.
LIV. Un sénatus-consulte enjoignit bientót à Cnéius Pompée et à C. César de donner chacun une légion pour la guerre des Parthes. Il est évident que les deux légions furent enlevées à l'armée de César, car Cn. Pompée fournit, comme si elle eût été détachée de son arméo, la première légion, qu'il avait envoyée à César, et qui avait été levée dans sa province. Mais celui-ci, quoiqu'il süt à quoi s'en tenir sur la mauvaise volonté de ses ennemis, rendit la légion à Pompée, et voulut que, conformément au décret du sénat, on y joignit la quinzième, qui avait fait partie de son armée dans la Gaule Citérieure. Il fit passer la treizióme en Italie, pour occuper les postes que la quinziéme avait quittés. 11 mit ensuite ses troupes en quartiers d'hiver. Il placa C. Trébonius dans la Belgique avec quatre légions, et il envoya C. Fabius chez les Éduens avec quatre autres, pensant assurer ainsi le repos de toute la Gaule, en maintenant par deux armées les Belges qui se distinguent par leur grand courage, et les Éduens qui jouissent
sitates, quibus cogi posset senatus id probare, quod ipsi constituissent. ;
LIV. Fit deinde senatusconsultum , ut ad bellum Parthicum legio una Cn. Pompeio, altera a C. Czsare mitterentur : neque obscure hz duæ legiones uni [Cesari] detrahuntur. Nam Cn. Pompeius legionem primam, quam ad Caesarem miserat, confectam ex dilectu provincie Cæsaris, eam: tanquam ex suo numero dedit. Casar tamen, quum de voluntate minime dubium esset adversariorum suorum, Cn. Pompeio legionem remisit, et suo nomine quintam decimam, quam in Gallia Citeriore habuerat, ex senatus consulto jubet tradi. In ejus locum tertiam decimam legionem in Italiam mittit, quæ præsidia tueatur, ex quibus præsidiis quinia decima deducebatur. Ipse exercitui distribuit hiberna : C. Trebonium cum legionibus quatuor in Belgio collocat; C. Fabium cum totidem in Æduos deducit. Sic enim existimabat, tutissiynam fore Galliam, si Belge, quorum maxima virtus, [et] dui,