‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 28 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

déserts, de peur que les Germains qui habitent au delà du Rhin, ne fussent tentés, par la bonté du sol, de s'y établir aprés avoir.abandonné leur propre pays; et il ne voulait point qu'ils devinssent les voisins de la province romaine et des Allobroges. Les Éduens demandérent que les Boies, connus par leur grand courage, fussent autorisés à s'établir sur leur territoire; César ayant consenti, ils leur donnérent des terres, et les admirent plus tard à jouir des droits et de la liberté dont ils jouissaient eux-mêmes. XXIX. Des tablettes écrites eu caractéres grecs furent trouvées dans le camp des Helvétes, et remises à César. On y avait inscrit, avec une mention particuliére pour chacun, le nombre des hommes qui étaient sortis-du pays, . Ceux qui pouvaient porter les armes, et sur des listes à part, les enfants, les vieillards et les femmes. Le chiffre s élevait, pour chaque peuplade, à deux cent soixante-trois mille Helvétes, trente-six mille Tulinges, quatorze mille Latobriges, vingt-trois mille Rauraques, trente-deux mille Boies, ce qui donnait quatre-vingt-douze mille combattants, . et une population totale de trois cent soixante-huit mille individus. Ceux qui rentrérent dans leur pays furent recensés

d'aprés l'ordre de César, et on en compta cent dix mille.

vetiorum fines transirent et finitimi Galliæ provincie Allobrogibusque essent. Boios petentibus Æduis, quod egregia virtute erant cogniti, ut in finibus suis collocarent, concessit ; quibus illi agros dederunt, quosque postea in parem juris libertatisque conditionem, atque ipsi erant, receperunt.

XXIX. In eastris Helvetiorum tabulæ repertæ sunt litteris Grxcis confectz et ad Caesarem relatz, quibus in tabulis nominatim ratio confecta erat, qui numerus domo exisset eorum qui arma ferre possent, et item separatim pueri, sene$ mulieresque. Quarum omnium rerum summa erat capitum Helvetiorum millia ccLxin, Tulingorum millia xxxvi, Latobrigorum xiv, Rauracorum xx111, Boiorum xxxi: ex his qui arma ferre possent, ad millia xcii. Summa omnium fuerunt millia cccLxvir. Eorum qui domum redierunt, censu habito, ut Cesar imperaverat, repertus est numerus millium centum et decem,

XXX. Quand la guerre des Helvètes fut terminée, les députés de presque toute la Gaule, les personnages les plus importants des cités, se rendirent auprès de César pour le féliciter : « Ils savaient que bien que cette guerre eût puni des outrages que les Helvètes avaient autrefois fait subir aux Romains, cependant elle s’était faite autant dans l'intérêt de la Gaule que dans l'intérêt de Rome, car les Helvètes , au milieu de leur plus grande prospérité, avaient quitté leur pays dans le but d’attaquer la Gaule cntière, de s'emparer de la souveraineté, de choisir, pour s'y fixer, d’après l'abondance des produits, les lieux qu'ils jugeraient les plus convenables et les plus fertiles, et de lever des tributs sur les autres cités. » Ils demandaient ensuite « qu'il leur füt permis de fixer un jour pour convoquer l'assemblée générale de la Gaule; ils suivraient en tout la volonté de César; mais il y avait de certaines choses qu'ils voulaient lui demander avec l'assentiment de tout le pays. » L'autorisation leur fut accordée ; ils fixèrent le jour et s'engagérent entre eux, sous la foi du serment, à ne rien révéler de ce qui se passerait dans l'assemblée , sans y étre autorisés par l'assentiment général.

XXX. Bello Helvetiorum confecto, totius fere Galliæ legati, principes civitatum, ad Cesarem gratulatum convenerunt: «Intelligere sese, tametsi pro veteribus Helvetiorum injuriis populi Romani, ab his ponas bello repetisset, tamen eam rem non minus ex usu terre Gallie quam populi Romani accidisse; propterea quod eo consilio florentissimis rebus domos suas Helvetii reliquissent, uti toti Galliæ bellum inferrent imperioque potirentur locumque domicilio ex magna copia deligerent , quem ex omni Gallia opportunissimum ac fructuosissimum judicassent, reliquasque civitates stipendiarias haberent. » Petierunt «uti sibi concilium totius Galliæ in diem certam indicere, idque Cæsaris voluntate facere liceret : sese habere quasdam res, quas ex communi consensu ab eo petere vellent.» Ea re permissa, diem concilio constituerunt, et jurejurando, ne quis enuntiaret, nisi quibus communi consilio mandatum esset, inter se sanxerunt,

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