‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 29 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

XXXI. Quand cette assemblée eut fini de délibérer, les mémes personnages qui s'étaient déjà présentés devant César, revinrent encore et demandérent qu’il leur permit de l'entretenir, sans témoins et dans un endroit écarté, de leur propre salut et de celui de la Gaule. César consent, et tous, les yeux en pleurs, se jettent à ses pieds : « Ce qu'ils désirent, ce qu'ils s'efforcent d'obtenir, ce n'est pas seulement que leur demande soit exaucée, c’est que leurs paroles soient tenues secrètes, car à la moindre indiscrétion, ils se verraient exposés au dernier supplico. » L'Éduen Divitiae prend ensuite la parole en leur nom : « La Gaule entiére est divisée en deux fédérations qui ont pour chefs , l'une les Éduens, l'autre les Arvernes. Ces peuples s'étaient disputé le protectorat pendant plusieurs années, lorsque des Germains furent engagés comme mercenaires par les Arvernes * et les Séquanes. Il y en eut d'abord à peu prés quinze mille qui passérent le Rhin ; mais bientót ces hommes rudes et grossiers, charmés par le sol de la Gaule, les mœurs policées et les richesses de ses habitants, arrivé. rent en plus grand nombre, et maintenant on en compte environ cent vingt mille. Les Éduens et leurs alliés leur

XXXI. Eo concilio dimisso, iidem principes civitatum, qui ante fuerant ad Cæsarem, reverterunt, petieruntque uti sibi secreto in occulto de sua omniumque salute cum eo agere liceret. Ea re impetrata, sese omnes flentes Cæsari ad pedes projecerunt : «Non minus se id contendere et laborare, ne ea qus dixissent, enuntíarentur, quam uti ea quz vellent, impetrarent ; propterea quod, si enuntiatum esset, summum in cruciatum se venturos viderent.» Locutus est pro his Divitiacus Æduus : «Gallie totius factiones esse duas: harum alterius principatum tenere Æduos, alterius Arvernos. Hi quum tantopere de potentatu inter se multos annos eontenderent, factum esse uti ab Arvernis Sequanisque Germani mercede arcesserentur. Horum primo circiter millia xv Rhenum transisse : posteaquam agros, et eultum, et copias Gallorum homines feri ac barbari adamassent, traductos plures: nunc esse in Gallia ad centum et xx millium numerum. Cum his Æduos eorumque clientes semel atque iterum armis conten-

ont livré deüx batailles, et, battus par eux, ils ont éprouvé un grand désastre, et perdu toute leur noblesse, tout leur sénat, toute leur cavalerie; épuisés par ces combats ct ces revers, les mêmes hommes, que leur courage et l'amitié tutélaire du peuple romain rendaient autrefois tout puissants dans la Gaule, furent réduits à donner en otages aux Séquanes les habitants les plus considérables de la cité, et à jurer que jamais ils ne les réclameraient; qu'ils ne demanderaient point de secours aux Romains, et qu'ils se soumettraient pour toujours et sans murmurer à leur souveraineté. Quant à lui, Divitiac, seul parmi les Éduens, on n'a jamais pu l'amener à préter ce serment, ou à donner ses enfants en otages. C'est pour cela , c'est parce que seul il n'était point lié par sa parole ou par des otages qu'il était venu à Rome invoquer l'appui du sénat. Mais les Séquanes vainqueurs ont été plus malheureux encore que les Éduens vaincus, car Arioviste, roi des Germains, en s'établissant dans leur pays, s'est emparé du tiers de leur territoire, le plus riche de toute la Gaule, et maintenant il exige qu'ils abandonnent encore un autre tiers, attendu que quelques mois auparavant

disse : magnam calamitatem pulsos accepisse; omnem nobilitatem, omnem senatum, omnem equitatum amisisse. Quibus præliis calamitatibusque fractos, qui et sua virtute et populi Romani hospitio atque amicitia plurimum ante in Gallia potuissent, coacios esse Sequanis obsides dare, nobilissimos civitatis, et jurejurando civitatem obstringere, sese neque obsides repetituros neque auxilium a populo Romano imploraturos, neque recusaturos quóminus perpetuo sub illorum ditione atque imperio essent. Unum se esse ex omni civitate Æduorum, qui adduci non potuerit ut juraret aut liberos suos obsides daret. Ob eam rem se ex civitate profugisse et Romam ad senatum venisse auxilium postulatum, quod solus neque jurejurando neque obsidibus teneretur. Sed pejus victoribus Sequanis, quam Æduis victis accidisse, propterea quod Ariovistus, rex Germanorum, in eorum finibus consedisset, tertiamque partem agri Sequani, qui esset eptimus totius Galliæ, occupavisset, et nunc de altera parte tertia

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