‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 32 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

tonnait que dans cette Gaule qui était à lui, et qu'il avait vaincue, il pût avoir quelque affaire avec César ou le peuple romain.

XXXV. Quand cette réponse fut rapportée à César , il envoya de nouveaux députés vers Arioviste pour lui signifier ce qui suit : « Après avoir été comblé par lui et par le peuple romain de faveurs si grandes, aprés avoir recu, sous son consulat [ce consulat de César correspond à l'an 695 de Rome, 59 ans avant J.-C.], le titre de roi et d'ami, puisqu'il lui témoigne aujourd'hui , ainsi qu'au peuple romain, une telle gratitude qu'il s'offense d'étre invité à une entrevue, et qu'il ne croit pas devoir prendre connaissance d'affaires qui les intéressent tous deux, ni les discuter , il le prévient que voici ce qu'il lui demande: d'abord, de ne pas faire passer en decà du Rhin dans la Gaule un plus grand nombre de Germains; ensuite, de rendre aux Éduens les otages qu'il en a reçus, de permettre aux Séquanes de rendre à leur tour, si bon leur semble, ceux qu'ils ont entre leurs mains; de ne commettre aucun aete de violence à l'égard des Éduens, et de ne faire la guerre ni à ce peuple, ni à ses alliés. En agissant

mirum videri, quid in sua Gallia, quam bello vicisset, aut Csesari, aut omnino populo Romano negotii esset. »

XXXV. His responsis ad Cæsarem relatis, iterum ad eum Cæsar legatos cum his mandatis mittit: «quoniam tanto suo populique Romani beneficio affectus, quum in consulatu suo rex atque amicus a senatu appellatus esset, hanc sibi populoque Romano gratiam referret, ut in colloquium venire invitatus gravaretur neque de communi re dicendum sibi et cognoscendum putaret; hæc esse quz ab eo postularet: primum, ne quam multitudinem hominum amplius trans Rhenum in Galliam tra- * duceret ; deinde obsides, quos haberet ab Æduis, redderet, Sequanisque permitteret ut, quos illi haberent, voluntate ejus reddere illis liceret; neve /Eduos injuria lacesseret, neve his sociisque eorum bellum inferret. Si id ita fecisset, sibi populoque Romano perpetuam gratiam atque amicitiam cum eo futuram : si non impetraret, sese, quoniam M. Messala, M, Pisone

ainsi, il s'attirera pour toujours la bienveillance et l'amitié de César et du peuple romain; mais, s'il repousse ces propositions , — conformément au décret par lequel le sénat, sous le consulat de M. Messala et de M. Pison, a déclaré que le gouverneur de la Gaule pouvait faire tout ce qui était utile à la république, et défendre les Éduens et les autres alliés; — César ne manquera point de les venger. » XXXVI. Voici la réponse d'Arioviste : « C'est le droit de la guerre, que les vainqueurs gouvernent, comme ils l'entendent, ceux qu'ils ont vaincus; et, par cela méme, Rome a pour habitude, quand elle impose des lois aux peuples qu'elle a soumis, d'agir, non pas au gré des autres, mais d'aprés sa propre inspiration. Si lui-méme ne régle point la manière dont les Romains doivent user de leur droit, il ne faut pas que les Romains, à leur tour, l'entravent dans l'exercice du sien. C'est parce qu'ils ont tenté les chances de la guerre, qu'ils ont livré bataille, et qu'il les a battus, que les Éduens sont devenus ses tributaires. César lui cause un grand dommage , car son arrivée a diminué ses revenus. ll ne rendra point aux Éduens leurs otages; il ne leur fera point la guerre, non plus qu'à leurs alliés,

consulibus senatus censuisset, uti, quicumque Galliam provinciam obtineret, quod commodo reipublicæ facere posset, Æduos ceterosque amicos populi Roman defenderet, se Æduorum injurias non neglecturum. »

XXXVI. Ad hzc Ariovistus respondit: «jus esse belli ut, qui vicissent , his , quos vicissent , quemadmodum vellent , imperarent : item populum Romanum victis non ad alterius præscriptum, sed ad su um arbitrium imperare consuesse. Si ipse populo Romano non préscriberet, quemadmodum suo jure uteretur, non oportere sese a populo Romano in suo jure impediri. Æduos sibi, ^ quoniam belli fortunam tentassent et armis congressi ac superati essent, stipendiarios esse factos. Magnam Caesarem injuriam facere, qui suo adventu vectigalia sibi deteriora faceret. Æduis se obsides redditurum non esse, neque his neque eorum sociis injuria bellum illaturum, si in eo manerent , quod convenisset, stipendiumque quotannis penderent : si id non fecissent , longe

Page 1