‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 31 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

était présent. Les autres du moins peuvent avoir recours à la fuite; les Séquanes, au contraire, ont reçu Arioviste dans leur pays; toutes leurs villes sont en son pouvoir; il leur faut souffrir toutes les tortures. »

XXXHI. César, informé de ces détails, adresse aux Gaulois des paroles qui raniment leur courage; il leur promet qu'il s’occupera d'eux : « Il a le ferme espoir que par considération et par respect pour lui, Arioviste ne peut manquer de mettre un terme à ses violences. » Quand il eut ainsi parlé, il congédia les assistants. Ce qu'il venait d'entendre, et d'autres motifs encore, l'engagérent à s'occuper de cette affaire, et à la traiter mürement : d'abord parce qu'il voyait les Éduens, appelés souvent par le sénat des fréres et des alliés, asservis aux Germains et tenus sous leur joug; parce qu'il savait leurs otages aux mains d'Arioviste et des Séquanes, et quand la puissance du peuple romain était si grande, il pensait que c'était là pour lui- méme et pour la république le comble de la honte; ensuite, parce qu'il voyait un trés-grand danger pour Rome à laisser les Germains prendre peu à peu l'habitude de traverser le Rhin et de se porter par grandes

Sequanis vero, qui intra fines suos Ariovistum recepissent, quorum oppida omnia in potestate ejus essent, omnes cruciatus essent perferendi. »

XXXIII. His rebus cognitis, Cæsar Gallorum animos verbis confirmavit, pollicitusque est sibieam rem cure futuram: « magnam se babere spem et beneficio suo et auctoritate adductum Ariovistum finem injuriis facturum. » Hac oratione habita, concilium dimisit. Et secundum ea mult» res eum hortabantur, quare sibi eam rem cogitandam et suscipiendam putaret; imprimis, quod Æduos, fratres consanguineosque sæpenumero a senatu appellatos, in servitute atque in ditione videbat Germanorum teneri, eorumque obsides esse apud Ariovistum ac Sequanos intelligebat, quod in tanto imperio populi Romani turpissimum sibi et reipublicæ esse arbitrabatur. Paulatim autem Germanos consuescere Rhenum transire, et in Galliam magnam eorum multitudinem venire, populo Romano periculosum videbat; neque

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masses dans la Gaule. Il pensait que ces hommes incultes et barbares ne manqueraient point, aprés avoir envahi la Gaule entière, comme l'avaient fait les Cimbres ® et les Teutons 9, de déborder sur la province romaine, et de se porter de là sur l'Italie; surtout quand le Rhóne séparait notre province des Séquanes. Il pensait qu'il fallait au plus vite pourvoir à toutes'ces choses; Arioviste, d'ailleurs, avait pris une telle idée de lui-méme, il affichait une telle insolence, que César ne croyait pas devoir le supporter. XXXIV. I] résolut donc d'envoyer des députés prier Arioviste de désigner, pour une entrevue, quelque endroit situé à moitié chemin ( des lieux où ils se trouvaient tous deux), car il voulait conférer avec lui des affaires de la république et de choses trés-graves pour tous deux. Arioviste répondit aux députés « que s’il avait besoin de César, il irait le trouver; que si César à son tour avait une demande à lui faire, il fallait qu'il vint lui-méme. Que d'ailleurs il n'osait pas venir sans une armée dans la partie de la Gaule occupée par César; qu'il était impossible, sans de grands approvisionnements et de grandes difficultés, d'amener cette armée sur un seul point ; que, du reste, il s'é-

sibi homines feros ac barbaros temperaturos existimabat, quin, quum omnem Galliam occupavissent, ut ante Cimbri Teutonique fecissent, in Provinciam exirent atque inde in Italiam contenderent, presertim quum Sequanos a Provincia nostra Rhodanus divideret; quibus rebus quam maturrime occurrendum putabat. Ípse autem Ariovistus tantos sibi spiritus, tantam arrogantiam sumpserat, ut ferendus non videretur.

XXXIV. Quamobrem placuit ei, ut ad Ariovistum legatos mitteret, qui ab eo postularent, uti aliquem locum medium utrius-

que colloquio dioeret : « velle sese de republica et summis

utriusque rebus cüm eo agere.» Ei legationi Ariovistus respondit: «si quid ipsi a Cæsare opus esset , sese ad eum venturum fuisse: si quid ille se velit, illum ad se venire oportere. Præterea se neque sine exercitu in eas partes Galliæ venire audere, quas Casar possideret, neque exercitum sine magno commeatu atque molimento in unum locum contrahere posse; sibi autem

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