‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 41 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

les cavaliers d'Arioviste se sont approchés du tertre, qu'ils marchent contre les nótres, et qu'ils nous lancent des pierres et des traits. César ne discute pas plus longtemps; il se retire vers les siens, et leur défend de lancer aucun trait contre l'ennemi. Quoiqu'il sát qu'avec les cavaliers de sa légion d'élite i1 pouvait combattre sans danger, il pensait cependant qu'il ne fallait point, en battant les ennemis, leur donner le prétexte de dire qu'on avait abusé de leur bonne foi pour tomber sur eux au moment où l'on parlementait. Quand les soldats eurent appris quelle arrogance Arioviste avait montrée dans l'entrevue, qu'il voulait interdire la Gaule entiére aux Romains, que ses cavaliers, en attaquant les nótres, avaient rompu la conférence, l'armée fut saisie d'un enthousiasme plus vif encore et d'un désir plus ardent de combattre.

XLVIT. Deux jours aprés, Arioviste envoya des députés dire à César « qu'il voulait traiter avec lui les affaires dont ils avaient commencé la discussion , et qui étaient restées en suspens, qu'il eüt donc à fixer de nouveau un jour pour une entrevue, ou du moins à lui envoyer un de ses lieutenants. » César ne jugea point cette entrevue néces-

finem fecit, seque ad suos recepit, suisque imperavit, ne quod omnino telum in hostes rejicerent. Nam etsi sine ullo periculo legionis delectze cum equitatu prelium fore videbat, tamen committendum non putabat, ut, pulsis hostibus, dici posset, eos ab se per fidem in colloquio circumventos. Posteaquam in vulgus militum elatum est, qua arrogantia in colloquio Ariovistus usus, omni Gallia Romanis interdixisset , impetumque in nostros ejus equites fecissent, eaque res colloquium ut diremisset; multo major alacritas studiumque pugnandi majus exercituk injectum est.

XLVII. Biduo post Ariovistus ad Cesarem legatos mittit : « velle se de his rebus, quz inter eos agi cœptæ, neque perfecte essent, agere cum eo ; uti aut iterum colloquio diem constitueret, aut, si id minus vellet, e suis legatis aliquem ad se mitteret.» Colloquendi Cesari causa visa non est, et eo magis, quod pridie ejus diei Germani retineri non poterant, quin in nostros

saire, d'autant plus que la veille les Germains avaient lancé , sans qu'on püt les retenir, des traits contre nos troupes. Il croyait ne pouvoir sans danger envoyer vers Arioviste et jeter au milieu de ces peuplades féroces un de ses lieutenants ; il pensa qu'il était plus sür de choisir pour député C. Valérius Procillus, jeune homme courageux et instruit, fils de C. Valérius Caburus, à qui Valérius Flaecus avait donné le titre de citoyen romain. Procillus nous était dévoüé ; il savait la langue gauloise qu'Arioviste lui-même parlait trés-bien pour s'en être longtemps servi, et les Germains n'avaient aucun motif de le maltraiter. M. Mettius, qui avait recu l’hospitalité d'Arioviste, lui fut adjoint. César leur recommanda de faire attention à ce que dirait Arioviste, et de lui en rendre compte. En les voyant dans son camp, le Germain s'écria, en présence de toute son armée: « Que viennent-ils faire ici? est-ce pour espionner?» — Ils voulaient répondre ; mais il les en empécha, et les fit mettre aux fers.

XLVIHI. Le méme jour il leva son camp et vint se placer au pied d'une montagne à six mille pas du camp de César, devant lequel il fit le lendemain passer ses troupes,

tela conjicerent. Legatum e suis sese magno cum periculo ad eum missurum, et hominibus feris objecturum existimabat. Commodissimum visum est C. Valerium Procillum, C. Valerii Caburi filium, summa virtute et humanitate adolescentem, eujus pater a C. Valerio Flacco civitate donatus erat, et propter fidem ct propter linguz Galliez scientiam, qua multa jam Ariovistus longinqua consuetudine utebatur, et, quod in eo peccandi Germanis causa non esset, ad eum mittere, et M. Mettium, qui hospitio Ariovisti usus erat. His mandavit ut, quw dicet Ariovistus, cognoscerent et ad se referrent. Quos quum apud se in castris Ariovistus conspexisset, exercitu suo presente conclamavit : « quid ad se venirent? an speculandi causa? » Conantes dicere prohibuit, et in catenas conjecit.

XLVIH. Eodem die castra promovit et millibus passuum sex a Cesaris castris sub monte consedit. Postridie ejus diei prater castra Caesaris suas copias transduxit et millibus passuum duobus

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