LIVRE IL
César ée fit remettre toutes les armes qui se touvaient dans la place, reçut lasoumission des Suessiones et marcha contre les Bellovaques. Ils s'étaient tous renfermés, avec de qu'ils possédaient, dans la forteresse de Bratuspantium ?'. César et son ármée n'en étaient plus éloignés que de cinq mille pas environ, quand tous les vieillards, étant sortis do l'enceinte , s'avancérent vers lui, en tendant les mains et en disant qu'ils se plaçaient sous sa protection, qu’ils se soumettaient à son autorité, et qu'ils ne voulaient point éombattre le peuple romain, Lorsqu'il s'approcha des murs et qu'il établit son camp, les enfants et les femmes, suivant l'usage du pays, tendirent aussi les mains pour demander la paix. |
XIV. Divitiac, qui aprés le départ des Belges avait congédié les Éduens et était venu rejoindre César, parla dans ces termes en leur faveur : « Les Bellovaques ont été de tout temps les alliés fidèles et les amis des Éduens ; entrainés par des personnages importants qui leur disaient que les Éduens, réduits en esclavage par César, avaient à souffrir toutes les humiliations et tous les outrages, ils se sont séparés d'eux, et ils ont déclaré la guerre au peuple romain ; ceux quiles ont poussés à cette résolution compren-
tulissent , atque ab eo oppido Cæsar cum exercitu circiter millia passuum quinque abesset, omnes majores natu ex oppido egressi , manus ad Cesarem tendere et voce significare ceperunt sese in ejus fidem ac potestatem venire, neque contra populum Romanuni armis contendere. Item, quum ad oppidum accessisset castraque ibi poneret, pueri mulieresque ex muro passis tnanibus suo more pacem ab Romanis petierunt.
XIV. Pro his Divitiacus (nam post discessum Belgarum dimissis Æduorum copiis, ad eum reverterat ) fecit verba : « Bellovacos omni tempore in fide atque amicitia civitatis Æduæ fuisse : im— pulsos ab suis principibus, qui dicerent Æduos a Cæsare in servitutem redactos omnes indignitates contumeliasque perferre, et ab Æduis defecisse et populo Romano bellum intulisse. Qui ejus consilii principes fuissent, quod intelligerent quantam calamitatem civitati intulissent, in Britanniam profugisse. Petere non so-
nent les malheurs qu'ils ont attirés sur leur cité, et ils sont partis pour la Bretagne. Ce ne sont point seulement les Bellovaques qui lui adressent des supplications; les Éduens le prient pour eux-mémes, afin qu'il se montre à leur égard clément et miséricordieux. S'il accueille leur priére, il rendra leur influence plus grande encore sur tous les Belges, qui ont coutume de les appuyer de leurs troupes et de leurs ressources, quand ils ont une guerre à soutenir. »
XV. César, par égard pour Divitiac et les Éduens, répondit qu'il prenait les Bellovaques sous sa protection, et qu'il les traiterait bien; mais parce que leur cité, par son influence et sa population, était au premier rang il demanda six cents otages. Ces otages ayant été livrés, ainsi que toutes les armes qui se trouvaient dans la place, César se rendit chez les Ambianais, qui s'empressérent de lui soumettre leurs personnes et tout ce qu'ils possédaient. Les Nerviens confinaient à leur territoire; César demanda quels étaient le caractére et les coutumes de ce peuple, et il apprit «:qu'ils ne permettent pas que les marchands étrangers pénétrent dans leur pays; qu'ils défendent l'importation du vin et de toutes les autres denrées de luxe, parce qu'ils pensent que l'usage
lum Bellovacos, sed etiam pro his Æduos, ut sua clementia ac mansuetudine in eos utatur. Quod si fecerit, Æduorum auctoritatem apud omnes Belgas amplificaturum ; quorum auxiliis atque opibus si quo bella inciderint, sustentare consuerint. »
XV. Cesar honoris Divitiaci atque Æduorum causa sese eos in fidem recepturum et conservaturum dixit: quod erat civitas magna inter Belgas auctoritate atque hominum multitudine przstabat , sexcentos obsides poposcit. His traditis omnibusque armis ex oppido collatis, ab eo loco in fines Ambianorum pervenit, qui se suaque omnia sine mora dediderunt. Eorum fines Nervii attingebant; quorum de natura moribusque. Cæsar quum quzreret , sic reperiebat : «nullum aditum esse ad eos mercatoribus : nihil pati vini reliquarumque rerum ad luxuriam pertinentium inferri, quod iis rebus relanguescere animos eorum et remitti virtutem existimarent : esse homines feros magnoque virtutis ; increpitare atque