‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 65 sur 280 · XVI. César marchait depuis trois jours sur leur terri · texte numérisé non relu

XVI. César marchait depuis trois jours sur leur terri

toire, lorsqu'il apprit par les prisonniers que la Sambre n’était plus qu'à dix mille pas de son camp; que tous les Nerviens s'étaient postés derrière ce fleuve; que là, réunis aux Atrébates et aux Véromanduens, leurs voisins, auxquels ils avaient persuadé de tenter avec eux les chances de la guerre, ils attendaient l'armée romaine; que les Aduatiques, dont les troupes étaient en marche, devaient les rejoindre, et qu'ils avaient entassé, dans un lieu que des marais rendaient inaccessible à une armée, les femmes et tous ceux qu'ils jugcaient, à cause de leur âge, incapables de faire la guerre.

XVII. Dès qu'il fut instruit de ces détails, César envoya en avant des éclaireurs et des centurions choisir un terrain convenable pour le camp. Un assez grand nombre de Belges qui avaient fait leur soumission, et d’autres

incusare reliquos Belgas, qui se populo Romano dedidissent patriamque virtutem projecissent : confirmare sese neque legatos missuros, neque ullam conditionem pacis accepturos. »

XVI. Quum per eorum fines triduum iter fecisset, inveniebat ex captivis «Sabim flumen ab castris suis non amplius millia passuum decem abesse : trans id flumen omnes Nervios consedisse, adventumque ibi Romanorum exspectare una cum Atrebatibus et Veromanduis, finitimis suis (nam his utrisque persuaserant uti eamdem belli fortunam experirentur): exspectari etiam ab his Aduaticorum copias atque esse in itinere: mulieres, quique per ætatem ad pugnam inutiles viderentur, in eum locum conjecisge, quo propter paludes exercitui aditus non esset. »

XVII. His rebus cognitis, exploratores centurionesque præmittit, qui locum idoneum castris deligant. Quumque ex dedititiis Belgis reliquisque Gallis complures Cxsarem secuti una iter fa-

Gaulois le suivaient et marchaient avec lui; quelques-uns, comme on le sut plus tard par des prisonniers, avaient examiné l'ordre que depuis quelques jours l'armée gardait pendant la route; ils se rendirent la nuit auprés des Nerviens, les informérent que les légions marchaient séparées les unes des autres par une longue file de bagages *, et qu'il ne serait point difficile, lorsque celle qui tenait la téte arriverait à l'endroit du campement et que les autres se trouveraient encore à une grande distance, de l'attaquer au milieu de ses bagages. Une fois battue et ses équipages pillés, les autres n'oseraient point soutenir le choc. Cet avis pouvait être trés-utile aux Nerviens, attendu que n'ayant jamais eu de bonne cavalerie, — aujourd'hui méme ils ne s'oecupent point de cette arme, et toute leur force est dans leurs troupes de pied, — ils avaient l'habitude, pour faire obstacle à la cavalerie des peuples voisins, quand elle venait piller leur territoire, d'ététer ? et de courber de jeunes arbres, et d'entrelacer les branches, qui poussáient abondamment en largeur, en y mélant des ronces et des épines. Ces espèces de haies, semblables à des murs, formaient un retranchement au travers duquel il était non-seulement impossible de passer, mais méme

cerent, quidam ex hís, ut postea ex captivis cognitum est, eorum dierum consuetudine itineris nostri exercitus perspecta, nocte ad Nervios pervenerunt atque his demonstrarunt inter singulas legiones impedimentorum magnum numerum intercedere, neque esse quicquam negotii, quum prima legio in castra venisset reli- " quique legiones magnum spatium abessent, hanc sub sarcinis adoriri: qua pulsa impedimentisque direptis, futurum ut relique contra consistere non auderent. Adjuvabat etiam eorum consilium, qui rem deferebant, quod Nervii antiquitus, quum equitatu nihil possent (neque enim ad hoc tempus ei rei student, sed quipquid possunt, pedestribus valent copiis), quo facilius finitimorum equitatum, si prz dandi causa ad eos venissent, impedirent, teneris arboribus incisis atque inflexis crebris in latitudinem ramis enatis et rubis sentibusque interjectis effecerant ut instar muri hz sepes munimentum præberent, quo non modo intrari,

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