‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 68 sur 280 · LIVRE IE · texte numérisé non relu

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plus hant empéchaient de voir au loin, il était impossible de placer les réserves là où elles étaient nécessaires, de pourvoir à tout sur toute l'étendue du champ de bataille, et un seul homme ne pouvait donner tous les ordres; c'est pourquoi, dans une situation aussi fácheuse, la lutte se continuait avec des chances diverses.

XXIII. Les soldats de la neuvième et de la dixième légion , qui formaient l'aile gauche, aprés avoir lancé leurs javelots, rejetérent vivement de la hauteur jusqu'au fleuve, épuisés par la course, la fatigue, et criblés de blessures, les Atrébates qui s'étaient portés contre eux. Ils les poursuivirent l'épée dans les reins, et, pendant qu'ils essayaient de traverser la Sambre, ils profitérent de leur embarras, et en tuérent un grand nombre. Eux-mémes n'hésitérent point à passer le fleuve; et comme ils s'étaient avancés sur un terrain défavorable, l'ennemi s'arréta et fit un retour offensif ; mais dans ce nouveau combat ils le mirent encore en déroute. Sur un autre point (c'est-à-dire au centre), deux autres légions, la onzième et la huitième, aprés avoir repoussé l'attaque des Véromanduens, étaient

descendues de la colline et combattaient sur la rive méme

resisterent, sepibusque densissimis, ut ante demonstravimus, interjectis prospectus impediretur, neque certa subsidia collocari neque quid in quaque parte opus esset, provideri, neque ab uno omnia imperia administrari poterant. Itaque in tanta rerum iniquitate fortunz quoque eventus varii sequebantur.

XXHI. Legionis nonz et decimæ milites, ut in sinistra parte aciei constiterant, pilis emissis cursu ac lassitudine exanimatos vulneribusque confectos Atrebates (nam his ea pars obvenerat ) celeriter ex loco superiore in flumen compulerunt, et transire conantes insecuti gladiis magnam partem eorum impeditam interfecerunt. Ipsi transire flumen non dubitaverunt, et in locum iniquum progressi, rursus resistentes hostes redintegrato proelio in fugam conjecerunt. Item alia in parte diverse dux legiones, undecima et octava, profligatis Veromanduis, quibuscum erant congressi, ex ]oeo superiore in ipsis fluminis ripis prœhabantur. At totis fere a fronte et ab sinistra parte nudatis castris, quum

du fleuve. Ce mouvement du centre et de la gauche laissait presque notre camp sans défense , et alors un grand . effort fut tenté contre notre aile droite, où se trouvaient, à peu de distance l'une de l'autre , la douziéme et la septiéme. Tous les Nerviens, formés en colonne serrée, sous la conduite de Boduognat, leur général en chef, se portérent de ce cóté; les uns tournérent ces légions par le flanc qui n'était point soutenu?*; les autres se dirigérent vers la partie la plus élevée du camp.

XXIV. En ce moment, nos cavaliers et les fantassins armés à la légére qui les avaient suivis et que l'ennemi, comme nous l'avons vu, avaient repoussés tous ensemble dans le premier engagement, trouvèrent, en se retirant vers le camp, les Nerviens devant eux et se mirent à fuir une seconde fois dans une autre direction. Les valets de l'armée, qui de la porte Décumane et de la créte de la colline, venaient de voir les nótres battre l'ennemi et passer le fleuve, virent, en se retournant, les Nerviens se répandre dans le camp et s'enfuirent en toute háte. Au méme instant ceux qui s'avancaient avec les bagages, se mirent à pousser de grands cris, et coururent épouvantés de cóté et d'autre.

in dextro cornu legio duodecima et non magno ab ea intervallo septima constitisset, omnes Nervii confertissimo agmine, duce Boduognato, qui summam imperii tenebat, ad eum locum contenderunt; quortm pars aperto latere legiones circumvenire, pars summum castrorum locum petere coepit.

XXIV. Eodem tempore equites nostri levisque armature pedites, qui cum iis una fuerant, quos primo hostium impetu pulsos dixeram, quum se in castra reciperent, adversis hostibus occurrebant ac rursus aliam in partem fugam petebant, et calones, qui ab decumana porta ac summo jugo collis nostros victores flumen transire conspexerant, predandi causa egressi, quum respexissent et hostes in nostris castris versari vidissent, præcipites fuga sese mandabant. Simul eorum qui cum impedimentis veniebant , clamor fremitusque oriebatur, aliique aliam in partem perterriti ferebantur. Quibus omnibus rebus permoti equites Treveri, quorum inter Gallos virtutis opinio est singularis, qui auxilii causa ab

LIVRE IL 93 Les cavaliers trévires eux-mêmes, qui jouissaient parmi les Gaulois d’une grande réputation de courage, et que la cité de Trèves avait envoyés comme auxiliaires à César, furent troublés par cette panique; en voyant notre camp rempli par des masses ennemies, nos légions refoulées et presque enveloppées, les valets, les cavaliers, les frondeurs, les Numides éparpillés çà et là et fuyant dans toutes les directions, ils nous regardèrent comme battus, retournèrent dans leur pays et y annoncèrent que les Romains avaient eu le dessous, et que leur camp ainsi que leurs équipages avaient été pris par l'ennemi.

XXV. Aprés avoir harangué la dixiéme légion, César s'était rendu à l'aile droite, et il avait vu ses troupes serrées de prés, les enseignes rassemblées au méme endroit; les soldats de la douziéme légion entassés les uns sur les autres, et se génant eux-mémes pour combattre; les centurions de la quatrième cohorte tués jusqu'au dernier, le porte-étendard tué, l'étendard perdu, presque tous les centurions des autres cohortes morts ou blessés, entre autres le primipilaire P. Sextius Baculus , soldat d'un trés-grand

courage, atteint de blessures si nombreuses et si graves,

civitate ad Cæsarem missi venerant, quum multitudine hostium castra nostra compleri, nostras legiones premi et pæne circum-

ventas teneri, calones, equites, funditores, Numidas, diversos dis- .

sipatosque in omnes partes fugere vidissent , desperatis nostris rebus domum contenderunt ; Romanos pulsos superatosque, castris impedimentisque eorum hostes potitos civitati renuntiaverunt. XXV. Cæsar ab decimz legionis cohortatione ad dextrum cornu profectus, ubi suos urgeri signisque in unum locum collatis duodecime legionis confertos milites sibi ipsos ad pugnam esse impedimento vidit, quartz: cohortis omnibus centurionibus occisis signiferoque interfecto, signo amisso, reliquarum cohortium omnibus fére centurionibus aut vulneratis aut occisis, in his primipilo P. Sextio Baculo, fortissimo viro, multis gravibusque vulneribus confecto, ut jam se sustinere non posset, reliquos esse tardiores , et nonnullos ab novissimis deserto proelio excedere ac tela vitare, hostes neque a fronte ex inferiore loco subeuntes in-

qu'il ne pouvait plus se soutenir. César avait vu ceux qui étaient restés debout très-abattus; il avait vu quelques hammes des derniers rangs cesser de combattre, se retirer et se mettre à l'abri des traits, l'ennemi s'avancer toujours en montant du pied de la colline contre notre centre, et nous presser sur les deux flancs; la situation était critique, et comme il n'avait aucune réserve pour rétablir le combat, il prit le bouclier d'un soldat de l'arriére-garde, parce qu'il n'avait point apporté le sien, s'avanca en této des troupes, s'adressa aux centurions, en les nommant chacun par leur nom, harangua les soldats et donna ordre de faire avancer les enseignes et d'élargir les rangs, afin que les hommes se servissent plus facilement de leurs épées. Son arrivée rendit l'espoir aux Romains et ranima leur courage ; en présence du général, chaque homme, füt-il méme prét à périr, voulut faire son devoir, et l'ennemi trouva enfin quelque résistance.

XXVI. César, voyant que la septiéme légion, qui s'était rangée prés de lui, était aussi serrée de prés, donna ordre aux tribuns?* de se réunir peu à peu à la douzième, afin que les deux troupes, en se tournant le dos, fissent téte à

termittere et ab utroque latere instare, et rem esse in angusto vidit, neque ullum esse subsidium , quod summitti posset, scuto ab novissimis uni militi detracto, quod ipse eo sine scuto venerat, in primam aciem processit , centurionibusque nominatim appellatis, reliquos cohortatus milites signa inferre et manipulos laxare jussit, quo facilius gladiis uti possent. Cujus adventu spe illata militibus ac redintegrato animo, quum pro se quisque in conspectu imperatoris etiam in extremis suis rebus operam navare cuperet, paullum hostium impetus tardatus est.

XXVI. Casar, quum septimam legionem, qus juxta constiterat, item urgeri ab hoste vidisset , tribunos militum monuit ut paulatim sese legiones conjungerent et conversa signa in hostes inferrent. Quo facto, quum alius alii subsidium ferret, neque timerent ne aversi ab hoste circumvenirentur, audacius resistere ac fortius pugnare coeperunt. Interim milites legionum duarum, quas in novissimo agmine przsidio impedimentis fuerant, proelio

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