‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 73 sur 280 · OBSERVATIONS DE L'EMPEREUR NAPOLÉON I · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE L'EMPEREUR NAPOLÉON I

Sur le deuxième livre des Commentaires.

1. César, dans cette campagne, avait huit légions, et outre les auxiliaires attachés à chaque légion, il avait un grand nombre de Gaulois à pled et à cheval, un grand nombre de troupes légéres des iles Baléares, de Cràte et d'Afrique, qui lui formaient une armée trésnombreuse. Les 300,000 hommes que les Belges lui opposérent étaient composés de nations diverses, sans discipline et sans consistance.

2. Les commentateurs ont supposé que la ville de Fismes ou de Laon était celle que les Belges avaient voulu surprendre avant de se porter sur le camp de César. C'est une erreur : cette ville est Biévre; le camp de César était au-dessous de Pont-à-Vaire; il était campé, la droite appuyée au coude de l'Aisne, entre lont-à-Vaire et le village de Chaudarde ; la gauche à un petit ruisseau ; vis-à-vis de lui étaient les marais qu'on y voit encore. Galba avait sa droite du cóté de Craonne, sa gauche au ruisseau de la Mielle, et le marais sur son front. Le camp de César à Pont-à-Vaire se trouvait éloigné de 8,000 toises de Biévre, de 14,000 de Reims, de 22,000 de Soissons, de 16,000 de Laon, ce qui satisfait à toutes les conditions du texte des Commentaires. Les combats sur l'Aisne ont eu lieu au commencement de juillet.

3. La bataille de la Sambre a eu lieu à la fin de juillet, aux environs de Maubeuge.

4. La position de Falais remplit les conditions des Commentaires. César dit que la contrevallation qu'il fit établir autour de la ville était de douze pieds de haut, ayant un fossé de dix-huit pieds de profondeur : cela parait être une erreur ; il faut lire dix-huit pieds de largeur, car dix-huit pieds de profondeur supposeraient une largeur de six toises ; le fossé était en cul-de-lampe, ce qui donne une excavation de neuf toises cubes. Il est probable que ce retranchement avait un fossé de seize pieds de largeur sur neuf pieds de profondeur, cubant 486 pieds par toise courante ; avec ces déblais il avait élevé une muraille et un parapet dont la crête avait dix-huit pieds sur le fond du fossé.

Il est difficile de faire des observations purement militaires sur un

texte aussi bref et sur des armées de nature aussi différente; comment comparer une armée de ligne romaine, levée et choisie dans toute l'Italie, et dans les provinces romaines, avec des armées barbares, composées de levées en masse, braves, féroces, mais qui avaient si peu de notions de la guerre, qui ne connaissaient pas l'art de jeter un pont, de construire promptement un retranchement, ni de bátir une tour, qui étaient tout étonnés de voir des tours s'approcher de leurs remparts?

5. On a cependant avec raison reproché à César de s'étre laissé surprendre à la bataille de la Sambre, ayant tant de cavalerie et de troupes légères. IL est vrai que sa cavalerie et ses troupes légères avaient passé la Sambre; mais, du lieu où il était, il s’apercevait qu'elles étaient arrêtées à 150 toises de lui, à la lisière de la forêt ; il devait donc ou tenir une partie de ses troupes sous les armes, ou attendre que 8es coureurs eussent traversé la forêt et éclairé le pays. ll se justifie en disant que les bords de la Sambre étaient si escarpés qu'il se croyait en sûreté dans la position où il voulait camper.

1. L'exploitation des mines et certains monopoles exercés par les chefs des tribus avaient concentré en quelques mains d'énormes capitaux ; de là, la réputation d'opulence dont la Gaule jouissait lors de l'arrivée des Rcmains, et beaucoup plus tard encore ; c'était le Pérou de l'ancien monde. La richesse gauloise passa méme en proverbe, (AMBDEE THIERRY.)

9. Sénonais. Ils réunissaient dans leur vaste territoire les diocèses de Sens, de Troyes et de Meaux,

3. Rémois. Indépendamment du diocése dc Reims et de celui de Laon , il faut leur attribuer aussi celui de l'évéché de Châlons. (WALCKENAER.)

4. Suessiones, peuple du Soissonnais, avec Noyon, Compiègne et Senlis. .

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