‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 81 sur 280 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

terrain nous étant défavorable, lorsqu'ils descendraient rapidement de la montagne dans la vallée et qu'ils lanceraient leurs traits, leur premier choc serait irrésistible. De plus, ils se désolaient que leurs enfants fussent séparés d'eux pour servir d'otages, et ils étaient convaincus que ce n'était point seulement pour faire des.chemins que les Romains essayaient d'occuper le sommet des Alpes, mais pour en prendre à jamais possession, et annexer ces contrées à la Province voisine. |

III. En apprenant ces faits, Galba, qui n'avait pas entièrement terminé les travaux pour le campement d'hiver et les ouvrages de défense, et qui n'avait pas non plus réuni en quantité suffisante les blés et les autres vivres, parce qu'aprés la soumission du pays et la remise des otages il avait cru ne rien avoir à craindre de la guerre, rassembla immédiatement le conseil, et recueillit les avis. En se trouvant tout à coup et contre toute attente en face d'un pareil danger, lorsque déjà on voyait la plus grande partie des hauteurs couvertes par une foule d'hommes en armes, lorsque les communications étaient coupées, qu'on ne pouvait n'y recevoir des renforts ni faire arriver de vivres, quelques hommes, désespérant presque du salut de l'armée, ouvri-

quum ipsi ex montibus in vallem decurrerent et tela conjicerent, ne primum quidem posse impetum suum sustineri existimabant. Accedebat quod suos ab se liberos abstractos obsidum nomine dolebant, et Romanos non solum itincrum causa, sed etiam perpetu: possessionis culmina Alpium occupare conari et ea loca finitimz Provincie adjungere sibi persuasum habebant.

HI. His nuntiis acceptis, Galba, quum neque opus hibernorum munitionesque plene essent perfectæ, neque de frumento reliquoque commeatu satis esset provisum, quod deditione facta obsidibusque acceptis nihil de bello timendum existimaverat , consilio celeriter convocato, sententias exquirere coepit. Quo in consilio, quum tantum repentini perículi prxter opinionem accidisset , ac jam omnia fere superiora loca multitudine armatorum completa conspicerentur, neque subsidio veniri neque commeatus supportari interclusis itineribus possent, prope jam desperata salute, non-

rent l'avis dans le conseil d'abandonner les équipages, de faire une sortie et de s'échapper par les routes qu'on avait suivies pour venir. La majorité cependant décida qu'on n'emploierait ce moyen qu'à la derniére extrémité, et qu'en attendant il fallait tenter les chances de la lutte et défendre le camp.

IV. Quelques instants plus tard, et lorsqu'on avait à peine eu le temps de prendre les dispositions arrêtées dans le conseil, l'ennemi, obéissant à un signal, descendit précipitamment de la montagne, et lanca dans la vallée des pierres et de lourds javelots*. Les nôtres, qui n'étaient point encore fatigués, résistérent d'abord avec vigueur, et du haut du retranchement ils ne lançaïent pasun seul trait qui ne portát; aussitót qu'ils voyaient quelque partie du camp dégarnie de défenseurs et pressée trop vivement, ils couraient pour y porter du secours; mais ils avaient un grand désavantage, en ce sens que les ennemis, quand ils étaient fatigués de s'étre battus longtemps, se retiraient pour faire place à des troupes fraiches, tandis que de notre cóté nous étions trop peu nombreux pour en faire autant; et nonseulement les hommes fatigués ne pouvaient s'éloigner du champ de bataille; mais il était impossible aux blessés

null? hujusmodi sententie dicebantur, ut impedimentis relictis, eruptione facta iisdem itineribus , quibus eo pervenissent, ad salutem contenderent. Majori tamen parti placuit, hoc reservato ad extremum consilio, interim rei eventum experiri et castra defendere.

IV. Brevi spatio interjecto, vix ut his rebus, quas constituissent, collocandis atque administrangis tempus daretur, hostes ex omnibus partibus signo dato decurrere, lapides gæsaque in vallum conjicere. Nostri primo integris viribus fortiter repugnare neque ullum frustra telum ex loco superiore mittere, ut quæque pars castrorum nudata defensoribus premi videbatur, eo occurrere et auxilium ferre, sed hoc superari, quod diuturnitate pugna hostes defessi proelio excedebant, alii integrissviribus succedebant ; quarum rerum a nostris propter paucitatem fieri nihil poterat, ac non modo defesso ex pugna excedendi, sed ne saucio quidem ejus ioci, ubi constiterat, relinquendi ac sui recipiendi facultas dabatur.

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