LIVRE Ill
espéce de raisons pour croire la Gaule pacifiée, les Belges étant soumis, les Germains chassés, les Sédunes vaincus dans les Alpes: il était donc parti au commencement de l'été pour l’Illyrie, car il voulait aussi visiter ces peuples et connaitre ce pays, quand la gerre éclata tout à coup dans la Gaule. Voici quelle en fut la cause. Le jeune Publius Crassus avait pris avee la septiéme légion ses quartiers d'hiver sur les bords de l'Océan, chez les Andes; et comme il n'y avait point de blé dans ce pays, il chargea les préfets et les tribuns militaires d'en aller chercher dans les cités voisines, et envoya Titus Terrasidius chez les Sésuves, Marcus Trébius Gallus chez les Curiosolites, et Quintus Vélanius avec Titus Silius chez les Vénétes ?.
VIII. Ces derniers l'emportent de beaucoup en influence sur les peuples de toute cette partie du littoral, parce qu'ils possédent de nombreux navires avec lesquels ils font la traversée de la Grande-Bretagne; qu'ils sont, en fait de navigation, plus instruits et plus expérimentés que les autres, et que, maitres du petit nombre de ports qui se trouvent placés à de grandes distances les uns des autres sur les côtes sans abri de cette mer orageuse??, ils ont pour tributaires la plupart de ceux qui la fréquentent. Les pre-
Galliam existimaret, superatis Belgis, expulsis Germanis, victis in Alpibus Sedunis, atque ita inita hieme Illyricum profectus esset, quod eas quoque nationes adire et regiones cognoscere vo lebat; subitum bellum in Gallia coortum est. Ejus belli hzc fuit causa. Publius Crassus adolescens cum legione septima proximus mare Oceanum in Andibus hiemarat. Is, quod in his locis inopia frumenti erat, præfectos tribunosque militum complures in finitimas civitates frumenti causa dimisit; quo in numero erat Titus Terrasidius, missus in Sesuvios, Marcus Trebius Gallus in Curiosolitas, Quintus Velanius cum Tito Silio in Venetos.
VIII. Hujus est civitatis longe amplissima auctoritas omnis ore maritimæ regionum earum, quod et naves habent Veneti plurimas, quibus in Britanniam navigare consuerunt, et scientia atque usu nauticarum rerum reliquos amteceduut et in magno impetu maris atque aperto paucis portibus interjectis, quos tenent
miers ils retinrent Silius et Vélanius, parce qu'ils espéraient, par eux, se faire rendre les otages qu'ils avaient donnés à Crassus. Entrainés par leur exemple, leurs voisins, avec cette promptitude que les Gaulois apportent dans leurs décisions, retiennent*également Trébius et Terrasidius; et se mettanttoutde suite en rapport entre eux par des députés, ils conviennent, par l'entremise des personnages les plus considérables de leurs cités, de ne rien faire que d'un commun accord, de subir, quelles qu'elles fussent, les chances de la méme fortune; et ils supplient les autres peuples de conserver la liberté qu'ils ont recue de leurs pères, et de ne pas se soumettre au joug des Romains. Toutes les populations du littoral s'étant tout de suite associées à cette résolution, ils envoient, au nom de toutes les cités, des députés à P. Crassus, pour lui signifier que, « s'il voulait que les envoyés lui fussent rendus, il eût luiméme à rendre les otages. »
IX. César fut informé par Crassus de ce qui se passait; mais, comme il se trouvait alors à une grande distance de la Gaule, il ordonna, en attendant son retour !!, de construire des galéres dans la Loire, qui se jette dans l'Océan, d'organiser des rameurs levés dans la Province, de rassembler
ipsi, omnes fere, qui eo mari uti consuerunt, habent vectigales. Ab his fit initium retinendi Silii atque Velanii, quod per eos suos se obsides, quos Crasso dedissent, recuperaturos existimabant. Horum auctoritate finitimi adducti (ut sunt Gallorum subita et repentina consilia) eadem de causa Trebium Terrasidiumque retinent , et celeriter missis legatis, per suos principes inter se conjurant, nihil nisi communi consilio acturos eumdemque omnis fortunæ exitum esse laturos, reliquasque civitates sollicitant , ut in ea libertate, quam a majoribus acceperant, permanere, quam Romanorum servitutem perferre mallent. Omni ora maritima celeriter ad suam sententiam perducta, communem legationem ad P. Crassum mittunt : « si velit suos recipere, obsides sibi remittat. »
IX. Quibus de rebus Cæsar ab Crasso certior factus, quod ipse aberat longius, naves interim longas ædificari in flumine Ligere,