‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 86 sur 280 · LIVRE lil · texte numérisé non relu

LIVRE lil

des matclots et des pilotes. Tout cela fut vite fait, et lui-

même, dès que la saison lui permit de partir, se rendit auprès de l’armée. En apprenant son arrivée, les Vénètes et les autres peuples, qui avaient la conscience du grand attentat qu'ils venaient de commettre, en retenant et en jetant dans les fers des hommes qui portaient le titre de députés, — titre sacré et respecté dans tous les temps par toutes les nations, — firent des préparatifs de guerre en rapport avec la grandeur du péril; ils s’attachèrent surtout à réunir ce qui était nécessaire à l'armement des vaisseaux, et leur espérance était d'autant plus grande qu'ils comptaient beaucoup sur la nature du pays. Ils savaient que les routes de terre étaient souvent interceptées par les marées, qu'il nous serait difficile de naviguer à cause de notre ignorance des lieux et du petit nombre des ports; notre armée, ils en étaient convaincus, ne pourrait, faute de” vivres, s'arréter longtemps chez eux; et en supposant qu'il arrivát tout le contraire de ce qu'ils pensaient, ils auraient encore par leur flotte la supériorité sur les Romains, qui n'avaient point de navires et qui ne connaissaient ni les bas-fonds, ni les ports, ni les iles du pays dans lequel ils

quod influit in Oceanum , remiges ex Provincia institui, nautas gubernatoresque comparari jubet. His rebus celeriter admiuistratis, ipse, quum primum per anni tempus potuit, ad exercitum contendit. Veneti, reliquæque item civitates, cognito Cæsaris adventu certiores facti , simul quod, quantum in se facinus admisissent, intelligebant, legatos (quod nomen ad omnes nationes sanctum inviolatumque semper fuisset) retentos a se et in vincula conjectos, pro magnitudine periculi bellum parare et maxime ea quz ad usum navium pertinent, providere instituunt, hoc majore spe, quod multum natura loci confidebant. Pedestria esse itinera concisa æstuariis, navigationem impeditam propter inscientiam locorum paucitatemque portuum sciebant, neque nostros exercitus propter frumenti inopiam diutius apud se morari posse confidebant ; ac jam ut omnia contra opinionem acciderent, tamen se plurimum navibus posse, Romanos neque ullam facultatem habere navium neque eorum locorum, ubi bellum gesturi

devaient faire la guerre; ils savaient aussi que la navigation sur une mer entourée par la terre est bien différente de ce qu'elle est sur l'Océan, que rien ne borne dans son immensité.

Aprés avoir ainsi arrété leur plan, ils fortifient leurs villes, transportent des campagnes leurs blés dans les places fortes, et rassemblent à Vannes tous les navires dont ils peuvent disposer, parce qu'il était évident que les premiéres opérations de César auraient lieu de ce cóté. Ils s’associent pour cette guerre les Osismes, les Lexoves??, les Nannétes??, les Ambiliates!*, les Morins!5, les Diablintres'*, et les Ménapiens", et envoient demander des secours dans la Bretagne, qui est située vis-à-vis de ces peuples.

X. La guerre présentait en effet toutes les difficultés dont nous venons de parler, mais plusieurs motifs portaient César à l'entreprendre : l'insulte qu'on nous avait faite en retenant des chevaliers romains; la révolte aprés la soumission; la défection aprés la remise des otages; la ligue formée entre tant de cités. On pouvait craindre surtout qu'en ne s'occupant point de cette partie de la Gaule, les autres peuples ne se crussent autorisés à faire la méme

essent, vada, portus, insulas novisse; ac longe aliam esse navigationem in concluso mari atque in vastissimo atque apertissimo Oceano perspiciebant. |

His initis consiliis oppida muniunt, frumenta ex agris in oppida comportant, naves in Venetiam, ubi Cæsarem primum esse bellum gesturum constabat, quam plurimas possunt, cogunt. Socios sibi ad id bellum Osismios, Lexovios, Nannetes, Ambiliatos, Morinos, Diablintres, Menapios asciscunt : auxilia ex Britannia, quae contra eas regiones posita est, arcessunt.

X. Erant hz difficultates belli gerendi, quas supra ostendimus; sed multa Cæsarem tamen ad id bellum incitabant : injuriæ retentorum equitum Romanorum, rebellio facta post deditionem , defectio datis obsidibus, tot civitatum conjuratio; in primis, ne hac parte neglecta, reliquæ nationes sibi idem licere arbitrarentur. Itaque quum intelligeret omnes fere Gallos novis rebus studere et ad bellum mobiliter celeriterque excitari, omnes autem homines

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