LIVRE IV
Invasion des Usipètes et des Tenctères — César les défait au confluent de la Meuse et du Rhin V passage du Rhin — Dumnorix — 1''' expédition en Bretagne.
(fi09 de Rome — 55 ev. J.-C.)
1, L'hiver suivant, sous le Consulat de Cnéius
Pompée et de Marcus Pison, les Usipètes et les Tenctères, deux peuples Germains, rassemblés en une multitude considérable, franchirent le Rhin non loin de son embouchure. Voici quelle était la cause de cette émigration. Depuis longtemps ils étaient en but aux attaques des Suèves. La guerre les accablait et les mettait dans Pimpuis* sance de cultiver leurs champs. De toutes les nations Germaines, celle des Suèves est de beaucoup la plus importante et la plus belliqueuse. Les Suèves — à ce qu'on dit — - possèdent cent cantons. Chaque année, chacun de ces cantons fournit mille guerriers qui vont combattre au
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dehors, pendant que les autres demeurent au
pays et cultivent la terre pour eux-mêmes et pour les absents. L'année suivante, c'est leur tour de rester aux champs, et ce sont les laboureurs de la saison précédente qui deviennent les guerriers. Grâce à cette combinaison, il n'y a jamais d'interruption ni dans les travaux de Tagriculture, ni dans la pratique de la guerre. Personne chez eux ne possède un morceau de terre qui lui appartienne en propre. Nul n'a le droit de rester plus d'une année sur le même champ pour cultiver. JLes Suèves ne font pas grand usage du blé. Leur principale nourriture consiste dans le • lait et la viande de leurs troupeaux. Ils vivent aussi beaucoup de la chasse. Cette dernière habitude, ce genre de nourriture, une activité incessante et une liberté sans bornes, fruit de leur éducation première (car dans leur enfance on ne les astreint à aucune discipline et ils s'accoutument à n'avoir aucune autre règle que leur volonté), telles sont les conditions qui favorisent le développement de leur vigueur physique et qui font d'eux des hommes d'une taille colossale. Sous un climat extr<^* mement rigoureux, tel qu'est le leur, ils ont rhabitudc de porter pour tout vêtement des peaux de bêtes, dont l'exiguité ne leur couvre
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qu'une partie du corps, et de se baigner dans les rivières.