‹ Guerre des GaulesChapitre 51 sur 66 · SB · texte numérisé non relu

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fourrageurs. Il les avait soumis au régime de la

faim et du cachot, et avait pris soin de leur faire d'avance la leçon. « Nous sommes — disent les « esclaves — des soldats légionnaires. Pressés par « la faimy manquant de tout, nous nous sommes « évadés du camp Romain pour tâcher de décou-a vrir dans les champs quelque chose à manger^ « grains ou viande. Toute l'armée est en proie « aux mêmes souffrances que nous. Le soldat est • à bout de forcés^ incapable de supporter plus « longtemps la fatigue du siège. Aussi le Général « a-'t-il décidé que, si dans trois jours, la place a n'avait pas capitulé, il lèverait le siège, n a Voilà « — reprit Vercingétoriz — voilà ce que j'ai fait « pour vous, et c'est moi que vous accusez de « trahison 1 Grâce à mes combinaisons, et sans « que vous ayez verse une seule goutte de t votre sang, vous voyez cette armée, naguère «r triomphante et toute-puissante, déjà à demia détruite par la famine. J'ai pris mes mesures « pour que dans leur fuite honteuse les Romains ^ ne puissent trouver de refuge chez aucune « nation de la Gaule. »

XXI. La foule pousse des cris et, à la mode Gauloise, fait résonner ses armes : c'est leur manière d'applaudir l'orateur, a Vercingétorix est

a un grand chef — s'écrient toutes les voix — sa « loyauté est au-dessus de tous soupçons ; il « conduit la campagne avec un talent incompara- « ble. » On décide que Ton prendra dans Parmée dix mille hommes d'élite et qu'on les jettera dans la place. 11 faut éviter que les Bituriges suppor* tent à eux seuls tout le poids de la guerre nationale, car, s'ils réussissaient à défendre leur oppide sans le secours des Gaulois, ils ne manqueraient pas de s'attribuer à eux seuls tout Thonneur de la victoire.

XXII. A la valeur héroïque de nos soldats les assiégés opposaient toutes sortes de moyens de défense. Les Gaulois sont très adroits et doués d'une aptitude singulière à imiter tout ce qu'ils voient faire aux autres. Ils détournaient nos faux à Faide de lacets ; une fois accrochées, ils les hissaient dans Pintérieur de leurs retranchements au moyen de machines. Ils creusaient des galeries souterraines jusque sous notre terrasse, et ils apportaient à ce genre d'ouvrages une habileté toute particulière en raison de leur grande expérience comme mineurs, les mines de fer étant nombreuses chez eux. Sur tout le périmètre de la défense, ils avaient élevé des tours à cheval sur la muraille et blindées de cuir. Ils faisaient des sor-

lies de jour et de nuit, tantôt mettant le feu à nos ouvrages, tantôt attaquant nos travailleurs. Chaque jour, ils mesuraient de rœîl de combien nos tours avaient monte, et, au moyen de grosses charpentes, élevaient les leurs au même niveau. Au fur et à mesure que nous ouvrions une mine, ils réventalent, et Fembarrassaient avec des pieux aiguisés et durcis au feu, avec de la poix brûlante, avec des blocs de pierre d'un volume énorme. Ils retardaient ainsi nos travaux d'approche.

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