‹ Guerre du Canada, 1756-1760; (volume 2)Chapitre 12 sur 37 · Nom sous lequel les sauvages désignaient les Anglais · texte numérisé non relu

Nom sous lequel les sauvages désignaient les Anglais

MONTCALM ET LEVIS

Alors Montcalm, levant le collier à six mille grains, qu’il tenait entre ses mains, ajouta : — “ Par ce collier, gage sacré de sa parole, symbole de bonne intelligence et de force par la liaison des différents grains qui le composent, je vous lie tous les uns avec les autres, de manière qu’aucun de vous ne puisse se séparer avant 1a, défaite de l’Anglais et la destruction du fort Cleorge

Cette parole fut alors rapportée par les divers interprètes, et le coiffer jeté au milieu de l’assemblée.

Il fut relevé par les orateurs des différentes nations, qui les exhortèrent à l’accepter, et Peunaliouel, en le présentant à celles des pays d’en liant, leur dit :

— “Voilà maintenant un cercle tracé autour de nous par le grand Onontbio, qu’aucun de nous n’en sorte ; tant que nous resterons dans son-enceinte, le Maître de la vie sera notre guide, nous inspirera ce que nous devons faire, et favorisera toutes nos entreprises. Si quelqu’un en sort avant le temps, le Maître de la viene répond plus des malheurs qui pourront le frapper ; que son infortune ne retombe que sur lui, et non sur les nations qui se promettent ici une union indissoluble et la plus grande obéissance à la volonté de leur père ”.

Les officiers français s’étaient peu à peu glissés à travers les rangs et obstruaient la vue des orateurs. Les Sakis, les Folles- Avoines et les Renards quittèrent alors l’assemblée, parce que, disaient-ils, on les empêchait de voir leur père et d’entendre sa parole.

Le marquis de Montcalm, averti à temps, les envoya chercher, et fit retirer les curieux.

L’assemblée paraissait avoir réussi, quand on apprit que les Miamis s’étaient dérobés secrètement avec leurs

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canots, qu’ils avaient portagés à travers les bois, de crainte d’être retenus. Cette désertion amena un ébranlement général : deux cents sauvages s’en allèrent, le reste ne fut retenu qu’à force de cajoleries, de présents et de promesses. La plupart d’entre eux, bivouaqués à la sortie du lac, s’y livraient jour et nuit à des orgies indescriptibles. Les bûchers qu’ils allumaient de tous côtés, sans la moindre précaution, mirent le feu au camp de M. de Contrecœur, qui, à partir de ce jour, porta le nom de Camp Brûlé. Faute de viande fraîche, ou de prisonniers anglais à manger, ils envahirent un parc où l’on tenait en réserve un troupeau de bétail, en tuèrent dix-huit et les dévorèrent. Cette hécatombe, ou, comme l’appelle Bougainville, cette Saint-Barthélemy de bestiaux les calma.

Enfin, le 29 juillet, l’armée commença à se mettre en mouvement. Elle comptait huit mille dix-neuf hommes, de toutes armes, répartis comme suit :

2,570 hommes de troupes de terre ;

3,470 de troupes de la marine et de milice ;

180 canonniers ;

1,799 sauvages.

Chaque tribu, imitant, sans le savoir, une coutume de la plus haute antiquité, fit le dénombrement de sa troupe en présentant autant de bûchettes qu’elle comptait de guerriers h

il avait été convenu que l’armée marcherait en deux divisions : la première, sous M. de Lévis, suivrait par terre la rive occidentale du lac, tandis que la seconde

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