‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme] (volume 2)Chapitre 52 sur 85 · LEE RS · texte numérisé non relu

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Du reste, la prise de Louisbourg amènerait peut-être entre les deux gouvernements la paix si désirée de part et d'autre, On en parlait entre ces hommes qui devaient se couper la gorge le lendemain ; on s’en réjouissait à l’avance, et l’on faisait des projets de fête.

“ Ils ent convenu de nous avertir sur le champ si la paix se signait ; ils ont demandé que nous en fissions autant, si nous étions les premiers instruits. Ils souhaïitent que les officiers des deux armées se traitent mutuellement dans une des îles du lac Saint-Sacrement, sitôt la nouvelle recue de la paix.

“ Bougainville les a assurés qu’ils pouvaient s'amuser à la pêche toute la journée d'aujourd'hui (16 août) le long du lac Saint-Sacrement, et qu’il n’y avait point de partis à la guerre.

“ Revenant sur la bataille du 8 juillet, ils ont avoué y avoir perdu une foule de gens de distinction et des meilleurs officiers, surtout dans le régiment de Lord Howe, qui sembla vouloir venger la mort 4e son colonel. Le lieutenant-colonel, le major, le capitaine des grenadiers et un enseigne furent tués sur place, Un jeune officier écossais de la plus haute naissance, parent des Stuarts, ayant été blessé dangereusement, fut abandonné avec quatre grenadiers pour le secourir. Vers la fin du combat, ayant fait signe du chapeau de derrière une souche, pour qu'on vint le chercher, il fut pris sans doute pour un homme qui voulait rallier ses troupes, et on lui tira un coup de fusil à travers la tête, Les grenadiers emportèrent son corps qu'on retrouva sous quelques feuillages et qu’on fit enterrer ”,

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MONTCALM ET LÉVIS 455 Un déserteur entré à Carillon sur ces entrefaites apporta des nouvelles fort inquiétantes. Il confirma d’abord la marche du général Bradstreet vers le lac Ontario, et ajouta qu’Abercromby avait encore quatorze ou quinze cents berges sur le lac George, avec une barque portant dix-huit canons ; qu’outre les milices, les compagnies franches de Rogers et deux cents sauvages Mohicans, il avait huit mille hommes de troupes régulières ; qu’enfin il venait d'établir un poste avancé sur le lac.

Ces informations furent confirmées par Marin, qui,

avec son audace ordinaire, avait pénétré avec dix Mis-

sissagués et trois Francais jusqu'aux abords du camp anglais, où il avait entendu calfater des bateaux.

Ainsi, aux inquiétudes qu'inspiraient d’un côté Louisbourg, et de l’autre la frontière des lacs, vint se joindre celle d’une attaque de Carillon. On se prépara plus que jamais à se défendre, Et il ne fallait pas perdre de temps, car, assurait-on, “l'ennemi devait revenir avant huit jours. L'armée tout entière fut employée aux retranchements” excepté un homme par chambrée pour faire la soupe ; elle s’y porta avec un zèle infativable,

Cependant les nouvelles de Louisbourg devenaient plus rassurantes, et les vainqueurs de Carillon applaudissaient à l’énergique défense de leurs frères d'armes, D’après les dernières nouvelles de M. de Drucour, datées du 7 juillet, “ l'ennemi n’a pu encore ouvrir la tranchée... Nous nous défendons avec science et valeur, et l'ennemi attaque très mal; ce qui nous donne lieu de bien augurer ”.

On était sous ceite heureuse impression, lorsque le 3 septembre, Bougainville, qui avait parié avec les officiers anglais qu’ils n'auraient pas de sitôt la place, recut d’un neveu du général Abercromby ‘“ une gazette rapportant la capitulation de Louisbourg, le 26 juillet 1”,

Ce fut un coup de foudre ; on se refusa d’abord d’y croire : la nouvelle demandait confirmation, Qu’était-il advenu à Louisbourg ?

1 — Le maréchal de camp Desandrouins.

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