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cations évidentes que les cadavres avaient été dévorés par les bêtes sauvages,
“ Enfin, arrivé à un détour de la rivière peu éloigné du théâtre du combat, l’Indien s'arrêta, regarda un instant autour de lui pour se rappeler la configuration du terrain, puis s’élança soudainement dans liatérieur de la forêt, Un cri se fit bientôt entendre, et les autres guides firent signe aux troupes de les suivre, Comme elles approchaïent du lieu où se tenait l’Indien, celui-ci montra du doigt un arbre auprès duquel l’offcier avait dû tomber, Le détachement fit cercle autour de lui pendant qu’il enlevait l’épaisse couche de feuillage dont le sol était jonché. Deux squelettes renversés l’un en travers de l’autre furent bientôt mis à découvert, Le major Halket saisit un des crânes, et après un instané d'examen : ‘“ C’est mon père”! s’écria-t-il, et il tomba à la renverse entre les bras de ses compagnons, Les soldats creusèrent une fosse, y déposèrent les ossements sur lesquels fut étendu un plaid écossais, et après l'avoir remplie, ils leur rendirent les honneurs militaires 1?
Le général Forbes avait épuisé le reste de ses forces dans cette expédition, Il ne s'arrêta que deux jours au fort Duquesne pour donner ses derniers ordres, et confier les deux cents hommes de garnison qu'il y laissait au commandement du lieutenant-colonel Mercer. Toujours étendu dans sa litière, portée entre deux chevaux, il reprit péniblement la route de Philadelphie où il languit tout l'hiver, et mourut aux premiers jours du
1— Olden Times — Galt, Lifeof Eenjamin West.
mamie emmenés
MONTCALM ET LÉvis 563 4
és printemps, Sa conquête n'avait pas été plus brillante F | que celle de Bradstreet ; mais elle avait porté un coup } HE plus décisif, en ralliant à la cause britannique les tribus à ge Sauvages. Depuis l'origine de la guerre, le fort ) 7 Duquesne avait été l'épine la plus cruelle dans le flane ( sf des colonies, ne Quand Forbes l’eut arrachée, un immense soupir de Yi) soulagement partit des bords de l’'Hudson et se répéta ; Ain jusqu'aux sources du KRoanoke, Le nom de Forbes | Ë ue rendu plus cher par une fin prématurée, fut béni dans à res toutes les familles et n’a pas été oublié, k Hi La campagne de 1758 se termina avec la journée du ù vo 25 novembre, La petite armée française s'était noble- à Ge. ment défendue sur toute la ligne des frontières, depuis H : Louisbourg Jusqu'à Duquesne : maïs écrasée par le i a re nombre, elle avait été enfoncée sur les deux ailes; le Le centre seul avait résisté par un prodige de bravoure et ï en un bonheur inespéré. Les trois portes par où l’Angle- La terre pouvait pénétrer au Canada n’en étaient pas non moins ouvertes, Les petits forts de Carillon et de or Niagara, abandonnés À eux-mêmes, ne pouvaient qu’arrêter quelques jours les masses qui allaient s’y porter, Farope La défense n’était possible qu'au centre même de la He colonie, en réunissant autour de Québec toutes les forces Fonte du pays. Montcalm et V audreuil, séparés par des dr haines désormais invétérées, s’accordaient sur un point ÿ DU et poussaient le même cri: la paix! seul moyén de E de re sauver la colonie, | ars du
Nore. — Le commissaire des guerres, Doreil, dans une lettre au maréchal de Belle-Isle (31 août 1758), exposait aussi énergiquement que Montcalm et Vaudreuil l'état désespéré de la
colonie et l’absolue nécessité de la paix: “Il ne s'agit plus de se flatter, Monseigneur, écrivait-il, le Canada est perdu, si la paix ne se fait pas cet hiver, Les Anglais ont, dès à présent, au delà de soixante mille hommes de troupes réglées ou provinciales en Amérique ; nous n’en avons pas cinq mille à leur opposer, terre et marine compris, dont il y en a près de mille répandus dans les différents postes et garnisons. Les colonies anglaises sont en état de mettre sur pied, indépendamment des troupes, plus de deux cent mille hommes; et en faisant marcher le ban et l’arrière-ban du Canada, on n’en rassemblerait pas dix mille en état de porter les armes, ce qui, joint aux troupes réglées que nous avons, formerait un total de quatorze à quinze mille hommes; et pour pouvoir s'en servir à la guerre, il faudrait abandonner tous les travaux, l'entretien des postes pour la traite des pelleteries, la culture des terres, par conséquent renoncer aux récoltes, seule ressource pour ne pas mourir de faim. Tel est le vrai point de vue dans lequel le Canada doit être considéré à présent. Il est donc de nécessité absolue, Monseigneur, de ne penser qu’à faire la paix”.