‹ Guerre du Canada, 1756-1760 [microforme]Chapitre 70 sur 86 · PER UNE RENE · texte numérisé non relu

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La ville se réveillait chaque matin au son des tambours et du clairon, comme dans un camp. Tout y annoncait la proximité de l'ennemi, la sévérité de la discipline militaire, la rigueur de la loi martiale appliquée aux citoyens, les précautions prises contre les ailants et venants, les corps de garde stalionnant à toutes les issues, le cordon de sentinelles faisant cercle autour des remparts, les postes avancés échelonnés sur les routes jusqu’à Lorette et Sainte-Foye. A l’intérieur des maisons, toute lumière devait être éteinte à dix heures du soir; aucun citoven ne pouvait sortir dans la rue, la nuit, sans un fanal à la main, et jamais après dix heures.

Avant la fin de l'automne, la froideur des rapports entre ennemis commença à s’adoucir. Les vainqueurs furent bientôt subjugués par les grâces, la courtoisie et la spirituelle conversation des dames canadiennes. Knox s’en fait l'écho dans plus d’une page de son Journal.

Il ne tarit pas d’éloges sur les religieuses hospitalières, celles de l'hôpital général en particulier, dont il eut l’occasion de connaitre la charité et le dévouement. Ce fut pour lui une agréable diversion quand il reçut l’ordre d'aller pendant une semaine y commander la garde, veiller à la discipline et observer l'ennemi, dont la cavalerie s'était montrée dans le voisinage. Ce monastère, avec son hôpital délicieusement situé dans un endroit salubre, au bord de la rivière Saint-Charles, à un mille de Québec, était alors ouvert aux blessés des deux armées, qui y jouissaient des mèmes soins.

« Quand, dit-il, nos pauvres malades recevaient l'ordre de sortir de nos détestables hôpitaux militaires pour v être transportés, ils ne pouvaient assez exprimer leur joie et leur contentement. »

En rentrant dans ses quartiers, le capitaine trouva la ville toute pleine de rumeurs. Les cavaliers de la Rochebeaucour et des partis de sauvages s'étaient montrés à Sainte-Fove et jusqu’à Beauport, où ils avaient fait quelques prisonniers. Le capitaine Canon, avec la flotte du munitionnaire ancrée au-dessus du Richelieu, avait desseim de forcer le passage devant Québec pour retourner en France. Ce ne fut cependant que le 22 novembre qu'elle parut à la hauteur du cap Rouge. Elle ne se composait que d’une douzaine de voiles, deux frégates et deux autres navires en ayant été détachés pour hiverner à Sorel. Le capitaine Canon appareilla hardiment durant la nuit obseure du 2%, et franchit le passage, malgré les boulets et les bombes lancés de la haute et basse ville. Trois frégates et un navire s'étaient échoués dans le trajet. Les équipages les abandonnèrent après v avoir mis le feu. Un de ces vaisseaux, l'Édisabeth, n'avant pas brûlé, les Anglais envoyèrent une goélette armée pour Sen emparer; mais le commandant français lança sur elle deux de ses embarcations, montées de ses plus braves marins conduits par son second, M. de la Giraudæis. Is l'abordèrent, sous le feu de ses canons et de sa mousqueterie, la saisirent et allèrent triomphalement rejoindre la folte.

Dans les derniers jours de novembre, la bordée de neige de la Sainte-Catherine étendit comme d'habitude son voile blanc sur le front chauve du cap Diamant et sur la contrée qu'il domine. Les vieux chasseurs prédisaient un hiver précoce et rigoureux : ils faisaient remarquer Le départ hâtif des outardes, des barnaches et autre gibier d'automne. Ils prétendaient en voir encore des indices dans Pinstinet prévoyant des bêtes forestières. À la mi-décembre, le fleuve charriait déjà d'énormes

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champs de glaçons. L'hiver du Canada était définitivement étawli, avec ses avalanches de neige enveloppant tout de sa blancheur uniforme, ses ouragans, ses nuages de poudrerie, ses froids hyperboréens, ses bises glaciales fouettant les joues, les déchirant comme des morsures. Et quand le ciel :2devenait serein, le soleil versait un déluge de lumière sans chaleur sur la nappe éblouissante déroulée à perte de vue ; puis venaient les longues nuits claires, avec leurs aurores boréales et leurs myriades d'étoiles. Les soldats, trop légèrement vêtus, ne savaient comment se défendre contre les rigueurs d’un tel climat. Les sentinelles, quoique relevées d’heure en heure, revenaient avec les pieds, les doigts insensibles, et presque sans connaissance. « Il y a eu à Québec, écrivait Malartic, deux sentinelles de gelées; nos partis enlèvent quelquefois celles des postes avancés. »

« Aux heures de parade, rapporte Knox, sur la place d’armes, nos gardes ont une apparence des plus grotesques sous leurs divers accoutrements. Les moyens que nous inventons pour nous garantir contre l’extrème rigueur de ce climat sont variés au delà de toute imagination. L’uniforme si propre et si régulier du soldat est enseveli sous la grossière robe de fourrure des habitants de la froide Laponie. Nous ressemblons plutôt à une mascarade qu’à un corps de troupes régulières; et il m'arrive souvent d’être accosté par des personnes de ma connaissance que je reconnais à la voix, mais qu'il m'est impossible de distinguer sous leur costume. En outre, tout le monde parait être continuellement pressé; car, au lieu de marcher tranquillement dans les rues, chacun se précipite et va au pas de course. »

Le capitaine fut nommé de garde à la basse ville, un jour que le sol s'était couvert de verglas à la suite d’un dégel accompagné de pluie. « Il nous fut impossible, dit-il, de marcher dans la côte sans danger d'accident avec nos fusils chargés. Force nous fut de nous asseoir et de nous laisser glisser du haut en bas l’un après l'autre. »

Les Highlanders, avec leurs genoux à l'air, selon leur costume national, avaient plus à souffrir du froid que les autres troupes, ceux du moins qui n’eurent pas l'avantage d’être de garde à l'hôpital général et aux ursulines; car les bonnes religieuses, touchées de pitié, employèrent leurs rares loisirs à tricoter de grands bas dont elles leur firent présent.

La coupe et le charroi du bois de chauffage étaient devenus la principale occupalic. des troupes, malgré les réquisitions de combustible exigées des paroisses voisines. Chaque matin, quand le temps le permettait, des escouades de bûcherons, escortés par de forts détachements destinés à les défendre en cas d'attaque, se rendaient dans les bois de Sillery et de Sainte-Fove, où ils abattaient et débitaient les arbres. D'autres soldats, attelés sur des traineaux, transportaient le bois en ville.

\ Montréal, la population avait à lutter contre un ennemi plus redoutable que le climat, c'était la faim. Jamais, depuis le eommencement de la guerre, elle ne s'était aussi cruellement fait sentir. Une barrique de vin se vendait deux mille quatre cents livres, un minot de sel de trois à quatre cents; le pain valait huit sous la huge, le lard quarante, le bœuf vingt; un chou coûtait vingt sous, une douzaine d'œals cinquante. Durant l'été suivant, la barrique de vin fut portée jusqu'à dix mille livres, et le reste en proportion.

On se demande comment la constance du peuple ne se démentit pas plus que

le courage du soldat en présence d’une misère si profonde, venant s'ajouter aux malheurs de la dernière campagne. Deux choses y contribuaient plus que tout le reste : l’accord rétabli entre les chefs, lequel amenait l’unité dans le commandement, et la confiance extraordinaire qu'inspirait l’habileté du général de Lévis. Grâce à son exemple et à ses paroles, les dissensions qui naguère avaient causé tant de maux disparaissaient rapidement. « Des citoyens aisës, dit Pouchot, se faisaient un plaisir de nourrir leurs défenseurs; l’on vivait fort cordialement ensemble, des malheurs communs resserrant cette union. » Pouchot en cite des exemples personnels :

« Monsieur, lui di’ un jour une dame, les vivres sont très chers; on à bien de la peine à avoir des provisions. Faisons ordinaire ensemble : ce que vous y mettrez et ce que j'ai nous feront vivre plus aisément. »

Durant les deux ,: ois et demi qu’il séjourna à Montréal, Pouchot pressait souvent cette dame de recevoir quelque argent pour les dépenses qu'il lui causuit.

« Nous compterons à la fin de hiver, » lui répondait-elle invariablement. A son départ, il lui devait deux mille livres, et, malgré les instances les plus vives, il ne put réussir à faire accepter la moindre somme à celte femme généreuse. « Plusieurs autres officiers, ajoute Pouchot, ont eu à se louer de procédés pareils. »

A la fin de l'automne, l'armée avait suivi par la pensée la garnison de Québec embarquée pour l'Europe. À la veille du départ, quelques-uns de ses ofliciers, comme Joannès, Marcel et autres, avaient obtenu Pautorisation d’aller dire adieu à leurs camarades à Jacques-Cartier, et s'étaient chargés de messages pour leurs familles et leurs amis. Durant la dernière campagne, on avait été privé de toute communication comme pendant l'hiver. Les derniers liens qui rattachaient au vieux monde s'étaient brisés au départ de la flotte du munitionnaire. Personne ne pouvait dire quand ces liens pourraient être renoués. Le chevalier Le Mercier avait été chargé par Vaudreuil d'aller exposer à la cour de Versailles l'extrémité où était la colonie, et demander de prompts et énergiques secours. Il avait emporté avec lui les dernières dépèches du gouverneur et la correspondance des officiers civils et militaires.

Le peuple aussi bien que l’armée sentaient que le dénouement de la crise ne pouvait tarder. Cette pensée rendait les uns et les autres plus impatients de la paix: les Français pour rentrer dans leur patrie, les Canadiens pour rétablir un peu d'ordre dans leurs fovers dévastés et réparer leurs ruines. En attendant, la société de Montréal s’étourdissait comme avait fait celle de Québec durant les hivers précédents. Le faible traitement des officiers pouvait à peine suffire aux premiers besoins de la vie, attendu le prix exorbitant de toutes choses. On conçoit l'avidité avec laquelle les officiers couraient à toutes les distractions, au sortir de l'esclavage militaire et de la dure campagne qu'ils venaient de faire. Où prenaient-ils des ressources ? « Le jeu v suppléait, dit Pouchot. Le plus gros qu'on imagine en France n'est rien en comparaison de celui qui se jouait, L’intendant et les dames de sa société, ainsi que les officiers canadiens, qui la plupart avaient beaucoup gagné par leurs pacotilles, perdaient des sommes dont les ofliciers français profitaient. Quelques-uns de ceux-ci ont rapporté en France beaucoup d'argent. »

Vaudreuil et Lévis fermaient les veux ou ne réagissaient que faiblement contre ces entrainements, qui surgissaient en partie de la situation. Ces amusements

aux jetaient la ville dans un tourbillon qui y maintenait la vie et faisait oublier bien t le des privations. Les deux commandants étaient d’ailleurs absorbés par un bien plus de- grand souci : celui de préparer la revanche. La parfaite entente qui régnait entre vis. eux doublait leurs moyens d'action ; d’autre part, le tyrannique intendant, menant tant de front, comme toujours, les plaisirs et les affaires, créait des ressources à force ! ient d'activité, portait partout son œil d’oiseau de proie, et se faisait livrer par les 1e. | ble , habitants ce qui leur restait de grains et de bestiaux, sans autr2 compensation (hi) à ples qu’un papier-monnaie tellement discrédité, qu’on n’en voulait plus. « Guerre et pitié | Ji 1. ne s’accommodent point, » écrivait-il à Lévis. | UT) de Le plan de campagne du général fut prêt avant le 4e décembre : il était aussi 1 | rez hardi que promptement conçu et clairement élaboré. Dans le mémoire qu’il pré- RU senta au gouverneur, il lui faisait comprendre que la célérité était la condition du | he i vent succès, et il propusait d'emporter Québec d'assaut au cœur de l'hiver. Vaudreuil, (pal! séduit par l’exposé lucide du général, donna son assentiment sans hésitation, et UN son l’entreprise fut résolue. On prépara un grand nombre d’échelles et tout ce qui 1 Le ne élait nécessaire à l'expédition. L'ordre de marche fut mème écrit et prèt à ètre |. 1 eurs proclamé. La question la plus difficile était celle des vivres; on espérait cependant 18 | la résoudre. Chaque habitant fut requis de tenir prèt un mois de provisions, tant 1:18 bec pour lui-même que pour les soldats qu'il logeait. Mais un obstacle imprévu força 11e iers , d’ajourner lexpédition : les froids excessifs firent arrêter les moulins et empè- É eu à chèrent de réduire les blés en farine. On fut même obligé de faire descendre près leurs des deux tiers de la garnison du fort Lévis, sans quoi elle serait morte de faim. oute Le général aurait voulu entretenir pendant tout l'hiver un gros corps de sauvages Haue et de coureurs canadiens dans les bois de Lorette, d’où ils auraient fait des courses ivait continuelles aux environs de Québec, pour empècher la garnison anglaise de couper été du bois et la tenir nuit et jour en alerte; mais la mème difficulté des vivres le it la contraignit à renoncer à ce projet. Le major Dumas, réduit à sa faible garnison lui de Jacques-Cartier, ne put que détacher de petits partis pour inquiéter les avantls et postes anglais. Ceux-ci s'étaient établis avec du canon dans les églises de Lorette et de Sainte-Fove, qu’ils avaient entourées de solides retranchements palissadés, munis e ne de nombreuses garnisons.

aix: Le fort Jacques-Cartier, dont on distingue encore très bien les restes sur le côté peu droit de la rivière, avait une forme oblongue fort irrégulière. Son enceinte contourciélé nait la crête d’un promontoire qui rappelle Québec en miniature. Les constructions récé- du fort étant trop petites pour loger toute la garnison, une partie des soldats soins s'étaient fait à l'extérieur des cabanes avec tout ce qu'ils avaient pu trouver. La avec misère sv montrait plus grande encore qu’à Montréal. Les troupes étaient presque mili- nues; leurs vêtements, usés et déchirés, tombaient en loques. Elles ne pouvaient r'es- vivre qu'en achevant de ruiner les habitants des paroisses environnantes. ance « À peine dans chaque famille, raconte un ancien curé du lieu, put-on conle sa server ce qui était absolument nécessaire pour la subsistance. Heureuse celle où on 5 par laissait une seule vache. Ceux des habitants qui purent conserver un mouton ou Quel- deux n’y réussirent qu'en cachant soigneusement ces animaux jusque dans leurs caves, pour les soustraire aux recherches continuelles que l'on faisait pour se proontre curer des aliments. » (à | ments Le fort Jacques-Cartier devint le dépôt général du matériel et de l'équipement nl

destinés à l'expédition contre Québec. Lévis n'avait attendu que l'ouverture des chemins d'hiver pour en faire commencer le transport, sur des traineaux expédiés de Montréal et des forts voisins. Tandis que Bourlamaque, épuisé, gardait la chambre pour réparer ses forces; que Bougainville, plus exténué encore, prenait le lit, le général ne paraissait pas s'apercevoir des fatigues et continuait à se livrer à un travail herculéen. Voyant l'impossibilité de faire avancer immédiatement son armée, il songea à proliter du temps où le passage des glaces devant Québec, au fort de l'hiver, y rend la traversée du fleuve difficile et dangereuse, pour porter un détachement de quatre cents hommes à la pointe Lévis. Par cette manœuvre, il enlèverait aux Anglais la meilleure partie de leurs approvisionnements venant de celte côte, et s’en servirait pour sa propre armée. Malheureusement la continuité du froid, retardant loujours la mouture des grains, fit ajourner jusqu’à la fin de janvier le départ de l’expédition. Le capitaine Saint-Martin, qui la commandait, émule de Repentigny en bravoure et en intelligence, n’arriva à la pointe Lévis que pour voir le pont de glace se former devant la ville. l

La rumeur de l'attaque projetée du chevalier de Lévis y avait transpiré, causé de vives alarmes et donné cours à des rapports fantastiques. Le général français, disait-on dès le mois de novembre, rassemblait une armée de quinge mille hommes, composée de troupes régulières el de tout ce qu'il v avait de plus ague@igeparmi les Canadiens, et s'avancerait bientôt pour emporter Québec d'assaut. En décembre , on précisait le jour de cet assaut : il se ferait dans la nuit du 22; car le nouveau don Quichotte (c'est ainsi qu'on désignait le uénéral) se vantait de venir diner à Noël dans Québec, à l'ombre du drapeau franvais. I avait fait construire une quantité d’échelles, et exerçait ses troupes en leur faisant escalader des remparts de neige. Des informations prises à de meilleures sources firent taire les moqueries.

L'infatigable Repentigny se montrait si actif, avec sa poignée d'hommes campés à la Pointe-aux-Trembles, il surprenait, tuait ou enlevait si souvent les sentinelles où quelques-uns des « bûcheurs », qu’on craignail l’apparition de ses francs-tireurs jusque sous les murs de Québec. Ses partis de sauvages venaient de prendre coup sur coup six Anglais qui s’'amusaient à patiner sur les glaces au pied du cap. Le général Murray réiléra la défense déjà faite de ne laisser franchir les portes de la ville à aucun soldat sans qu'il eût un passeport.

Saint-Martin se fortilia dans l'église et le presbytère de la pointe Lévis, el mit en marche plusieurs convois de vivres. Connaissant bien quel épouvantail étaivnt les sauvages pour les Anglais, il fit savoir à Québec qu'il avait à sa disposition un bon nombre d’habiles perruquiers prêts à faire la chevelure à tous les démandants.

Le 13 février, à la pointe du jour, le major Dalling traversa le fleuve sur la glace avec Pinfanterie légère, quelques pièces d'artillerie, et commença à canonner l'église, pendant qu'un autre corps de deux cents hommes descendus plus bas l'attaquait du côté de l'est. Le capitaine de Naint- Martin, dont le détachement était beaucoup diminué par lPenvoi de plusieurs partis dans les paroisses environnantes pour y faire des levées de vivres, fut abandonné aux premiers coups de canon par les sauvages, qui gagnérent les bois. Il fil cependant une résistance opiniâtre, jusqu'à ce que, se vovant sur le point d'être cernë par des forces supérieures, il se replia sur le coteau voisin, où il continua à se défendre, puis derrière des retranchements construits un peu plus haut pendant le siège, d’où il retraita en bon

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ordre jusqu’au delà de la rivière Chaudière. Quoique les rangers qui s’attachérent à sa poursuite fussent montés sur des raquettes aussi bien que ses hommes, ils ne purent lui faire que seize prisonniers, dont un officier.

Quelques jours après, sur lavis qu’un parti ennemi venait faire une reconnaissance, Qil passa la rivière, s’embusqua et les attaqua. Il en tua beaucoup, fit quelques prisonniers et dispersa le reste. » Il s’avançga même jusqu'en face de

Lévis n'avait attendu que l'ouverture des chemins d'hiver pour faire commencer le transport du matériel sur des traineaux expédiés de Montréal et des forts voisins,

Québec, après avoir grossi sa troupe d’une partie de la garnison de Jacques-Cartier, envoyée par Dumas pour reprendre le poste de la pointe Lévis; mais les Anglais v étaient en force, barricadés et munis de canons. Une sortie conduite par Murray en personne, avec plusieurs régiments, l’obligea de battre en retraite. Bourlamaque, qui était descendu jusqu'à la Pointe-aux-Trembles pour se mettre à la tête de l’expédition, reconnut l'impossibilité de s’approvisionner de ce côté, et retourna à Montréal. Les Anglais se vengèrent de ces attaques en incendiant une centaine de maisons à la pointe Lévis, trois moulins et plusieurs autres constructions au calvaire de Saint-Augustin. Le capitaine Donald Mac-Donald, avec cinq cents Écossais et troupes légères, y avait surpris un poste où commandait le capitaine Herbin, avec cent cinquante hommes, l'avait mis en déroute et en avait pris la moitié. Herbin n'eut que le temps de fuir, laissant derrière lui sa montre et son chapeau à plumes. Il fut blâmé par M. de Repentigny, qui aurait eu le temps d’accourir si on lui avait fait les signaux convenus. L’alarme fut grande à Jacques-Cartier. On crut que les Anglais arrivaient en masse pour emporter le fort d’assaut. La milice des Trois-

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